Anti Nouvel Ordre Mondial

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 Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse

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GarfieldLove



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MessageSujet: Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse   3/4/2009, 12:37

Il est des moments de l’Histoire, au gré des évènements, où les slogans redoublent de pertinence, où ils retrouvent toute leur force, tout leur sens. Face à la tentative d’assassinat perpétrée par les gardes mobiles à l’encontre d’un jeune corse de 14 ans, les collégiens, les lycéens, les Corses descendus spontanément dans la rue au lendemain de cet acte inacceptable ont eu mille fois raison de scander tout au long du cortège : Statu francese assassinu ! Et les Corses qui les regardaient défilés fièrement, pour peu qu’ils fassent preuve d’un tantinet de responsabilité, ont eu mille fois raison d’acquiescer.

Plongé pour plusieurs jours dans le coma, mâchoire doublement fracturée, infection pulmonaire, œdème cérébral, tel est le prix qu’a eu à payer ce jeune garçon de 14 ans pour avoir crié son indignation, sa révolte face à l’injustice faite à l’un de ses frères, injustement condamné à la prison à vie quelques jours auparavant. La réponse des forces dites de l’ordre : un tir tendu de grenade à bout portant – 5 mètres environ – qui a heurté au visage un enfant met tout un chacun devant ses responsabilités .

Cet acte abject, d’un courage immense dénote une dérive dangereuse qui s’inscrit dans le contexte répressif que connaît la Corse. L’an passé, on prélevait de force leur ADN à des jeunes du même âge, aujourd’hui un pallier supplémentaire a été franchi. Ce sont d’inquiétants signaux qui ne trompent pas

Toute proportion gardée, un constat s’impose. Comme dans d’autres pays de par le monde, de jeunes gens pour faire face à une injustice se retrouvent confrontés à des hommes armés. Comme dans d’autres endroits du globe, pour quelques caillasses tirées sur des hommes suréquipés, on leur tire dessus… Lorsque de telles exactions se déroulent dans d’autres régions de la planète, l’indignation est légitimement de mise ; depuis cette infâme tentative d’assassinat perpétrée dans les rues de Bastia, les humanistes béats, les biens pensants politiquement corrects, les démocrates autoproclamés en tout genre sont étrangement silencieux. Ils en seront redevables devant leur Peuple, devant leurs enfants.

Dans cette affaire, les médias corses ont encore une fois relayé docilement la version officielle du Procureur général et de la Préfecture. Par un traitement de l’information qui n’a rien à envier à la partialité que l’on connaissait à Radio Paris dans les années 1940, ces médias transformés pour l’occasion en Préfecture-Matin et Radio-Commissariat n’ont eu de cesse de minimiser tant la forte mobilisation de la jeunesse corse que les graves blessures du jeune Orsini. La presse française n’en demandait pas tant pour emboîter le pas.

Il est de notre devoir de rétablir ces contrevérités flagrantes :

- Non, les jeunes corses n’étaient pas « entre 80 et 100 dans toute la Corse » a manifesté leur soutien à Yvan Colonna, à l’ensemble des patriotes incarcérés et à refuser les juridictions d’exception et les agissements de la police dite antiterroriste. Les images l’attestent, ils étaient plus de 500 mardi matin dans les rues de Bastia où s’est produit ce drame, alors que dans les autres villes de Corse (Aiacciu, Corti, Purtivechju, Lisula, Fium’Orbu) ils défilaient également par centaines depuis la veille.

- Le blessé n’a pas 20, mais 14 ans comme le relaient l’AFP, le Figaro ou Europe 1 !

- Non, le projectile n’est pas de « nature indéterminée » comme le suggère le journaliste de Corse-Matin Fabrice Laurent qui tente également de minimiser les blessures du jeune garçon de 14 ans.

- Non, il n’a pas été blessé par un projectile qui l’aurait atteint dans le dos – sous-entendu par ses amis – il n’a pas non plus été poussé ( !)

- Xavier est dans le coma après avoir été victime d’une tentative d’assassinat caractérisée de la part de gardes mobiles qui, en conscience l’ont mis en joue et ont tiré à bout portant une grenade qui l’a atteint en pleine tête !

Pour quelques espaces de pelouse foulés par des manifestants en août dernier, le chef de la sécurité en Corse a été limogé : pour l’heure et eu égard à la gravité des faits aucune mesure ne semble se dessiner à l’encontre des donneurs d’ordre et des supérieurs hiérarchiques responsables de cette tentative d’assassinat.

Face à la répression sauvage que subit le Peuple Corse depuis maintenant trop longtemps, les patriotes de ce pays manifesteront samedi 4 avril à Bastia.

De manière spontanée, par une saine mobilisation, la jeunesse corse a ouvert la voie et en a payé le prix fort, il revient désormais aux Corses dans leur globalité, aux adultes de ce pays de faire face à leurs responsabilités pour dire : Basta à a ripressione !

version officiel !




Mais que fait la police ??? ... Elle ment !!!


Mais que faisait un enfant de 14 ans en première ligne d’une manifestation ? Largement véhiculée par les tenants du « y’a pas d’fumée sans feu », cette interrogation mérite néanmoins d’être clairement posée.

Il n’est en effet pas acceptable que face au contexte répressif que connaît la Corse au quotidien, des adolescents se retrouvent seuls à descendre dans la rue pour que cesse cette situation.

La jeunesse corse a massivement compris que ce que dénoncent les indépendantistes à longueur de temps n’est pas une vue de l’esprit : interpellations quotidiennes de Corses régulièrement relâchés sans l’ombre d’une charge ; procès de militants pour avoir foulé leur terre à Purtivechju afin de dénoncer les effets dévastateurs du PADDUC ; prises d’ADN systématisées y compris sur des enfants de 13 ans ; convocation d’un village entier personnes âgées comprises pour une « dictée » indigne dans le cadre d’une enquête policière ; interpellations sur un campus universitaire pour de prétendus « actes terroristes en préparation » ; violences quotidiennes de la police dite antiterroriste à l’encontre de femmes, d’enfants, de personnes âgées ; incarcération de prisonniers politiques par dizaines hors de Corse ; justice d’exception ; condamnation à la prison à vie assortie d’une peine de sûreté de 22 ans sans l’ombre d’une preuve :

Effectivement que faisaient donc tous seuls ces adolescents dans les rues de Corse pour dénoncer cet état de fait ?

Ces jeunes Corses étaient en état de légitime révolte face à l’injustice faite à leur peuple. La perception de l’injustice ne connaît pas de limites, ni d’âge, ni de frontières. Nier leur capacité à comprendre qu’ils grandissent dans un pays où les libertés sont en danger, aux quotidiens mises en échec ; nier leur droit à s’auto organiser, à manifester pour exprimer leur révolte c’est leur faire offense.

Comme l’a fort justement rappelé Denis Luciani au nom de l’Associu di i Parenti Corsi, on ne peut pas en appeler en permanence à la construction du citoyen par le biais de l’Ecole de la République, en effectuant des lectures de lettres de Guy Moquet, en organisant des concours sur le thème de la résistance et condamner les mêmes élèves lorsqu’ils font acte de citoyenneté active… Sauf à comprendre que l’Ecole laïque et républicaine n’a pour but que de formater notre jeunesse dans le moule uniformisant des valeurs réactionnaires, limite fascisante, des Jacobins de 1789.

Jolie camouflet qu’a adressé notre jeunesse aux nostalgiques du Comité de Salut Public réhabilité à la sauce moderne en Cour d’Assises Spéciale. Ceux-là même qui crient à la manipulation des jeunes par les indépendantistes et qui jouent à longueur d’année aux grands marionnettistes dans le cadre scolaire.

Les militants indépendantistes de Corsica Libara étaient dans les rues de Bastia avec la jeunesse corse au lendemain de la tentative d’assassinat perpétrée par les Gardes mobiles à l’encontre de Xavier Orsini, un collégien de 14 ans. Non pas pour récupérer ce mouvement, non pas pour en manipuler les auteurs comme le suggèrent volontiers, préfets, recteurs et autres prétendus démocrates bleu-blanc-rouge, mais simplement pour faire face à leurs responsabilités de Corses, d’adultes. Pour éviter de nouveaux drames, pour ne pas laisser des adolescents en première ligne face à l’injustice qu’ils dénoncent légitimement.

Tous ceux qui, à raison, ne souhaitent plus voir la jeunesse de ce pays livrée à elle-même pour faire face à l’affront permanent fait à notre peuple, ont le devoir d’assumer leur statut d’adulte responsable en exigeant que cessent les causes qui ont amenées collégiens et lycéens à descendre battre le pavé par centaines.

Ils nous ont ouvert la voie, aux forces vives de la Nation de leur emboîter le pas, de ne pas les décevoir.

Petru Antone Tomasi


Qui manipule qui ?

Depuis le début du mouvement lycéen né aux lendemains du verdict inique prononcé à l’encontre d’Yvan Colonna, les accusations de manipulation vont bon train à l’encontre des indépendantistes, accusés de vouloir récupérer à leur profit cet élan de révolte spontané. Ces allégations prêteraient à sourire si elles ne provenaient pas de gens qui cautionnent politiquement les professionnels du formatage intellectuel.

Voici ce que disait Jérôme Rivière, député UMP des Bouches-du-Rhône, au moment de la décision prise par l’Assemblée Nationale de rendre obligatoire la Marseillaise dès l’école primaire : « Les paroles de ce chant sont guerrières, mais je ne crois pas que les enfants du primaire seront traumatisés. Ils voient des choses beaucoup plus violentes à la télévision. Il ne faut pas attendre le collège pour étudier La Marseillaise. L'adhésion à l'idée de la République commence quand on est tout jeune. Dans le primaire, les élèves n'ont pas encore de convictions bien affirmées. »
Affligeant. Qui manipule nos enfants ?

http://www.uribombu.com/corse_legitime_revolte02042009.htm
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weedass



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MessageSujet: La résistance s'organise en Corse aussi... de nouvelles nuits bleues en perspective, ca va péter !!!!!   14/11/2009, 12:01

J'ai trouvé ce site par hasard :

http://urcresist.wordpress.com/
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Bardamu
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MessageSujet: Re: Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse   24/6/2015, 20:26

Rares sont les textes qui parlent vrai de ce que je sais être le plus beau pays qui soit. On peut ne pas aimer les passages qui évoquent autre chose que la Corse et l'âme de son peuple, cela reste quand même une description sensible et belle qui rend hommage à l'île de Beauté et à ses habitants. Je crois que l'on ne remerciera jamais assez ceux des corses qui se sont battus pour résister autant que possible à la modernité et aux fléaux qui l'accompagnent.


La Corse de Jean-Marie Rouart



Converti aux charmes de l'île de Beauté et de ses habitants, Jean-Marie Rouart en est devenu un fervent admirateur. Saint-Florent, la plus méridionale des cités du cap Corse, ses arts et ses artistes n'ont plus de secret pour lui.


Face à Saint-Florent et à sa baie qui se teinte selon le temps du bleu céruléen du ciel ou, quand l'orage menace, d'une couleur d'ardoise, j'ai l'impression de contempler un tableau de Corot, ceux qu'il a peints dans sa jeunesse pleine d'enthousiasme pour l'Italie. Je ne sais pourquoi flotte devant ce paysage, l'un des plus beaux du monde, des réminiscences de Volterra, de San Gimignano, et même de Rome : il y a pour moi une étrange parenté entre le fort génois et le château Saint-Ange que j'associe à la prison où Fabrice Del Dongo fut enfermé. Tout se mêle devant cette vue sublime: Stendhal et le charme de l'Italie, parent de celui d'aimer, la magie de la peinture, l'austère beauté des montagnes du cap Corse auréolées de nuages qui filent au gré du libeccio. S'y ajoute l'envoûtement des souvenirs qui donnent aux paysages cette touche humaine qui les relie directement à notre cœur. S'y ajoute encore la nostalgie des amitiés perdues qui errent dans le maquis odorant de ciste, de romarin, de bruyère, de lavande sauvage, où les cigales et les grillons font entendre leur assourdissante symphonie de castagnettes.


Les amis disparus qui m'ont fait connaître la Corse semblent étrangement présents sur ce rivage méditerranéen, comme si, à l'instar des déités de la mythologie grecque, ils s'étaient métamorphosés, qui en cyprès ou en eucalyptus, qui en chardon bleu ou en belle-de-nuit. Le paysage de Saint-Florent continue de réverbérer leur présence, leurs rires, les discussions enflammées par le vin de Patrimonio sous les pergolas de canisses en dégustant le bruccio ou ces diaboliques fromages de chèvre, si forts en goût qu'il faut les adoucir avec de la confiture de figue.

Si je déroule la pelote de laine des souvenirs, je retrouve le fil qui m'a conduit en Corse dans une île qui lui est en tout point opposée: Noirmoutier est aussi plate, blonde, sablonneuse, océanique et paisible que sa lointaine cousine méditerranéenne est escarpée, accidentée, tumultueuse.
C'est là que j'ai contracté la passion des îles qui ont la particularité de se ressembler tout en étant chaque fois différentes. Sur le port d'Erbalunga ou de Saint-Florent, de Centuri, de Sagone, de Cargèse, ou de Bonifacio, je retrouve les mêmes marins-pêcheurs au visage boucané ravaudant leurs filets et leurs casiers, la même odeur de saumure, de caques de poissons; et les barques de pêche mêlées aux yachts amarrés à quai font entendre le même cliquetis des haubans.





Comme toujours quand il s'agit de passion, j'ai connu la Corse par un de ces hasards devenu nécessité. C'est la rencontre avec une femme exceptionnelle, fantasque, anticonformiste comme peuvent l'être certaines aristocrates qui cherchent dans la fantaisie un antidote à la trop stricte observance des impératifs sociaux. Coiffée d'une large capeline blanche en organza, gantée pour se protéger du soleil auquel elle vouait un culte païen, Paule de Beaumont faisait figure d'originale. Elle aimait la vie comme une aventure permanente. Boulimique d'écrivains, elle avait eu une longue et tumultueuse liaison avec Bertrand de Jouvenel, qui appartient à l'histoire littéraire. Elle était l'amie de Tennessee Williams, dont elle a fait monter les premières pièces à Paris, traductrice d'un roman d'Hemingway et bien sûr l'amie de toute la gent gouvernante, pensante, écrivante sur lesquels elle exerça son charme et surtout qu'elle corsifia. Car aimant l'aventure et les explorations, elle s'était entichée d'un vaste territoire de maquis et d'une bâtisse aux allures de manoir gothique, construite par un lord écossais excentrique qui chassait le renard dans le maquis.

Elle jeta son dévolu sur cette terre aride au début des années 1950, à une époque où aller en Corse restait une expédition. Elle planta, défricha et sema non seulement des graines végétales mais aussi ces graines encore plus rares qui donnent des écrivains, des artistes (Leonor Fini s'installa en face de chez elle dans un monastère en ruine). Elle fit ainsi des boutures humaines, des greffes intellectuelles, et y créa une sorte de colonie d'amis épris tout autant qu'elle de ces aspirations en apparence contradictoires: le goût de la solitude et le bonheur de l'amitié, l'existence sauvage mais aussi la plus haute forme de civilisation de l'esprit, l'amour de la vie, des plaisirs. Un seul oukase, aussi impératif qu'une règle monastique: éviter ces plaies redoutables des sociétés littéraires, la pédanterie et le sérieux, qui jettent sur les plus belles intelligences un voile de deuil mortel.


Elle nageait chaque matin durant des heures, dans le sillage d'une barque, un pointu, à bord de laquelle ramait Octave, son marin-intendant-jardinier; à l'arrière se tenait un de ses invités qu'elle réquisitionnait pour lui lire des poèmes: c'est ainsi que les vers aériens de Baudelaire, de Verlaine, d'Apollinaire voletaient vers les belles plages de Salecce, du Ludo, et les tours de guet génoises en ruine, se mêlant aux cris des mouettes et aux arômes brûlants exhalés par le désert des Agriates. N'ayant aucune vocation à ce rôle d'aède nautique, c'était l'heure où je descendais vers la mer à travers un verger où se dressait un antique pressoir à huile qui semblait dater du temps de Sénèque, cueillant dans l'arbre une pêche de vigne ou un abricot chauffé par le soleil, recouvert d'une poudre d'or qui crissait sous la dent : le sable du désert venu du Hoggar ou du Tassili porté durant la nuit par le sirocco, ce vent chaud embaumé de parfums d'oasis qui a sans doute inspiré à Bonaparte un irrésistible, désir d'Orient.
Sa passion pour la Corse qu'elle me fit partager avait sa source dans ce mélange rare de terre sauvage à la beauté foudroyante et de civilité que confèrent d'anciennes traditions patriarcales et pastorales. Elle aimait les paysages autant que les hommes courageux, opiniâtres, qui au long des siècles les ont façonnés.

Quel courage il aura fallu pour conquérir sur une terre aride les magnifiques champs de vignes de Patrimonio ou d'Ajaccio et les belles cultures en terrasses, ces planches soutenues par des murets en pierre sèches. La volonté qui a animé ces bâtisseurs a aussi sculpté leur caractère. Ceux qui n'aiment pas l'austérité d'une vie simple et vraie, la Corse n'est pas faite pour eux.


Et contrairement aux clichés qui abondent sur ce peuple souvent méconnu, le Corse n'est pas hostile à l'étranger: au contraire, il peut se montrer très sentimental et fidèle en amitié, sauf peut-être envers ceux qui troublent ou dérangent son mode de vie, centré sur le bonheur de savourer l'instant sans être taraudé par le démon de la rentabilité et du profit. Il n'y a pour ainsi dire pas de classe sociale en Corse: le riche et le pauvre se parlent comme pair à compagnon avec la même fierté héritée du citoyen romain. L'arrogance de l'argent ne s'y fait pas sentir comme ailleurs. On est dans de vraies valeurs, de vraies richesses, celles dont parle Giono. Il est vrai que le trésor en partage appartient à tous: ce sont les paysages. Le fil de fer barbelé, cette manie des possédants égoïstes, n'y est guère prisé. Que l'on n'y apprécie guère non plus les promoteurs bétonneurs de paysages me semble obéir à un réflexe de survie et de patriotisme esthétique compréhensible - même si tous les moyens pour l'obtenir ne le sont pas toujours.

Mais je sens que je frôle la politique. Ecartons ce sujet scabreux. Mieux vaut, quand on se dirige vers la Corse, ne pas s'embarrasser de préjugés. Néanmoins pour ceux que la question intéresse, je recommande des lectures émanant de deux esprits aussi différents qu'il est possible: les articles d'Alain Peyrefitte publiés dans Le Figaro, qui sont un chef-d'œuvre d'analyse, et la bande dessinée de Pétillon intitulée L'Enquête corse: l'étude de mœurs la plus finement observée et la plus drôle. Le caricaturiste du Canard enchaîné jette un regard plein d'humour sur cette question complexe et désamorce les passions par l'humour.


Le charme de la Corse, il faut le chercher dans sa vie cachée, loin des touristes et des estivants, dans les villages haut perchés des montagnes figés dans le silence, la solitude, impassibles devant le passage du temps, d'une superbe indifférence au monde qui change trop vite, avec leurs ruelles sonores, leurs fontaines bruissantes et leurs monuments aux morts qui les rattachent d'un lien si poignant à l'histoire de la France. Derrière Calvi et l'Ile-Rousse, les villages de Feliceto où séjournèrent Suzanne Valladon et son fils Maurice Utrillo, à Belgodère, à Barcaggio dans le cap Corse où tant de maisons patriciennes, appelées maisons d'Américains, rappellent que les Corses furent de grands voyageurs. Je me souviens de cette maison de Centuri louée à un délicieux vieil administrateur colonial nostalgique de son poste au Laos. Les murs étaient couverts de peaux de tigres. Il me racontait avec force détails comment, au cours d'une partie de chasse, il s'était trouvé face à un grand nombre de ces fauves. « Pan-pan-pan, et puis un autre, un autre encore : c'était la Marne. Oui, la Marne du tigre. »

J'ai découvert ailleurs en Corse des paysages et des amis très chers. Pour affronter l'hiver parisien et ses pluies glacées, j'ai une bonne provision de souvenirs: le café, le matin, en compagnie d'Auguste, mon ami de Figarella, sur le port d'Erbalunga, en lisant l'article hebdomadaire de Jean-René Laplayne dans Corse Hebdo, un des plus subtils analystes politiques, après une visite rituelle à Francis, le coiffeur. L'air y est tiède sur la piazzetta à l'ombre de la maison du père de Paul Valéry; les pointus dans le port s'agitent mollement sous la brise, tirant sur leurs amarres. Je me souviens des processions nocturnes à la lumière des torches de la confrérie de Santa-Maria-di-Lota, la nuit du vendredi saint, les âpres et beaux chants corses dans l'église de Figarella; la magnifique forêt d'Aitone et ses pins centenaires qui font penser aux voûtes d'une cathédrale ; les déjeuners de poissons égayés de vin rosé glacé dans les restaurants de la baie de Girolata après une excursion à la Scandola ; l'émeraude de la mer sur la plage de Sallecce devant des vaches qui baguenaudent d'un air nonchalant. Je me revois écrivant face à la mer sous une hutte en cannisses au milieu des oliviers chez Maurice Rheims, autre grand amoureux de la Corse avec qui la vie était toujours une fête: il observait de son regard expert ces spécimens humains dont il était aussi curieux que des objets, mêlant dans un désordre baroque ses voisins corses à des amis venus des horizons les plus divers comme Niki de Saint Phalle et Tinguely, arrivant avec une brosse à dents pour tout bagage, et qu'il brochait avec Jean-François Deniau, venu faire escale dans cette collection d'individualités atypiques. Et les bains de mer avec Jean d'Ormesson à l'ombre d'une tour génoise suivis de marches, pieds nus, dans les sentiers aux pierres brûlantes, à parler d'écrivains aussi proches et lointains que ces étoiles scintillantes que nous observions le soir sous un figuier centenaire, noueux, perclus de rhumatismes. Comme tous ces souvenirs si chauds aident à faire passer l'hiver, pire, la vie maussade, l'ennui.


Quand on a contracté le virus de cette île vraiment à part, il ne vous lâche plus. François Mitterrand disait qu'il aurait aimé vieillir comme un berger corse assis devant sa porte sur une chaise de paille. L'art de vivre corse, c'est de savoir prendre son temps, surtout quand il s'agit de mourir.

Jean-Marie Rouart

http://www.lefigaro.fr/voyages/2010/08/07/03007-20100807ARTFIG00004-la-corse-de-jean-marie-rouart.php

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Dernière édition par Bardamu le 24/2/2016, 17:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse   16/7/2015, 20:14

Voce di Corsica - Dio vi salvi Regina


"Dio Vi Salvi Regina" est adopté comme hymne Corse le 30 janvier 1735, alors que la nation corse proclame son indépendance.
Il s'agit d'un chant religieux en latin du XIe siècle de l'évêque du Puy. Il a été exporté avec une traduction en italien par un jésuite qui s'occupait des démunis des quartiers mal famés de Naples pour leur offrir un chant qu'ils puissent comprendre. Les relations entre Naples et la Corse ont fait que ce chant est arrivé en Corse où dans la traduction certains mots italiens ont été remplacé par des mots corses. Si ce chant n'est ni Italien ni Corse seul les Corses en ont fait un Hymne à la gloire de leur Nation. et peu importe ces querelles de clochers, on ne peut qu'être touchés par la profondeur des voix des paroles et du chant.
Ce chant est devenu l'hymne de la Corse car un certain Salvatore COSTA a chanté "Dio vi salvi Regina" dans la chapelle San Marcu à Corscia le 25 avril 1730 en hommage aux martyres du Niolu, qui furent tués par les soldats Français. Le Consulte de Corte a choisi ce chant comme hymne en 1735, car il symbolisait la résistance des Corses à l'oppression et la volonté d'invasion de la France et d'autres Nations.


Diu vi salvi Regina, / Que Dieu vous garde Reine,
E madre universale. / Et mère universelle
Per cui favor si sale, / Par qui on s'élève
Al Paradisu. / Jusqu'au paradis.

Voi siete gioia è risu, / Vous êtes la joie et le rire
Di tutti i scunsulati, / De tous les attristés,
Di tutti i tribulati, / De tous les tourmentés
Unica speme. / L'unique espérance.
Di tutti i tribulati, / De tous les tourmentés
Unica speme. / Unique espérance.

A voi suspiera è geme, / Vers vous soupire et gémit
Il nostru afflittu core, / Notre cœur affligé,
In un mare di dolore / Dans une mer de douleur
E d'amarezza. / Et d'amertume.

María, mar' di dolcezza, / Marie, mer de douceur,
I vostri ochji pietosi, / Vos yeux pieux,
Materni ed amurosi, / Maternels et aimants,
A noi vulgete. / Tournez-les vers nous.

Noi miseri accuglite, / Nous, malheureux, accueillez-nous
Nel vostru santu velu, / En votre saint voile,
Il vostru fligliu in celu, / Votre fils au ciel,
A noi mustrate. / Montrez-le nous

Gradite ed ascultate, / Acceptez et écoutez,
O vergine María, / Ô Vierge Marie,
Dolce è clemente è pia, / Douce, clémente et pieuse,
Gli affetti nostri. / Nos marques d'affection.

Voi dai nemici nostri, / Sur nos ennemis
A noi date vittoria / Donnez-nous la victoire,
E poi l'Eterna gloria / Et l'éternelle gloire
In Paradisu. / Au paradis.



La dévotion Mariale en Corse

24 janvier 2014  Article de Danièle Sanchez
http://www.locationencorse.eu/blog/la-devotion-mariale-en-corse/ (superbe blog !)

On ne peut pas voyager en Corse, la parcourir dans tous les sens, sans remarquer le nombre impressionnant d’églises, de chapelles, d’oratoires qui révèlent l’identité Chrétienne de ce peuple. Même dans le plus petit village, l’église tient une place importante, souvent imposante, en son cœur. Que vous soyez croyant ou pas, osez pousser leurs portes; elles sont pour la plupart d’entre elles, ouvertes et vous réserverons bien des surprises. La richesse de leur histoire, et de leur patrimoine culturel (architecture, peintures, tableaux, statues….) ne vous laissera pas indifférents. En les visitant, vous ne pourrez plus ignorer l’importance de la dévotion des Corses à la Très Sainte Vierge Marie. Même l’hymne National Corse « Dio vi Salve Régina » est une louange à la Vierge.

Il faut dire que cette île a été le théâtre d’apparitions mariales, dont deux ont été officiellement reconnues par l’Église. Cette dévotion  à Marie remonte au lVème siècle et 126 églises paroissiales lui sont consacrées.

Au XVlllème siècle, le village de Pancheraccia, situé à 92 Km de Bastia (1h 40 environ de route) a vécu l’histoire extraordinaire de cette petite fille, gratifiée de la visite de la Sainte Vierge. Marie a fait jaillir une source afin de venir en aide à cette enfant qui allait mourir de soif. Depuis cette apparition, des fidèles venant de tous les coins de l’île et même du Continent, se réunissent à Pancheraccia. Après avoir prié en procession le long d’un sentier marqué d’un chemin de croix, les fidèles se retrouvent dans la petite chapelle dédiée à Notre Dame pour y puiser de l’eau provenant de cette source miraculeuse et assister à une messe en hommage à la Madone. Ne traversez pas ce village sans vous rafraîchir à la source et faire une halte sur la petite place ombragée qui s’ouvre sur la plaine et la mer.

Si vous avez la chance d’être en vacances en Corse dans ce village ou aux alentours, les 7 et 8 Septembre, posez votre voiture loin de la chapelle, suivez les pèlerins pour vous mêler aux fidèles nombreux, rassemblés là pour rendre ce culte marial dans l’espoir d’obtenir Grâces et guérisons. Voir l’histoire de Madone.

C’est à Campitello exactement, petite commune située à 42Km de Bastia, qu’a eu lieu la seconde apparition. La Vierge est apparue à Madeleine dite Lellena, enfant née d’une famille nombreuse, pauvre et pieuse, environ 17 fois, sous le vocable, comme à Lourdes, de » Notre Dame de l’Immaculée Conception. » La première fois fut le 26 Juin 1899. A cette époque le village comptait 50 familles et comportait 3 hameaux : Bagnolo, Progliolo, Panicale. Le rocher sur lequel apparaissait la Vierge à Madeleine puis à d’autres enfants puis à quelques privilégiés, est situé tout en bas d’un chemin caillouteux, au départ de la petite église du village. Le cadre ne vous fera pas regretter votre descente…..

Pourquoi ne pas consacrer un peu de vos vacances en Corse pour partir sur les pas de ces lieux d’apparitions Mariales? Peut-être y rajouterez-vous un circuit « d’églises en églises » ou de « chapelles en chapelles » si, vous aussi, vous vouez une dévotion particulière à Marie ou si vous êtes simplement curieux ou amoureux du patrimoine religieux de la Corse.


a Madonna di Pancheraccia (2013)


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MessageSujet: Re: Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse   24/2/2016, 17:03

L'unità di i ghjusti - L'unité des justes



Le texte affiché ci-dessous est disponible en pdf ici : http://www.muvrini.com/Raisons-d-esperer.pdf

Je place ce texte dans le sujet sur la Corse mais il est évident que la belle façon de voir les choses de Jean-François Bernardini peut s'appliquer à quantité d'autres situations, notamment en ce qui concerne les blessures encore ouvertes attachées à l'histoire coloniale de la France.
Beau texte écrit avec du cœur et à méditer !







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Mon passé, Ô Seigneur, à Ta Miséricorde, mon présent à Ton Amour, mon avenir à Ta Providence.  Padre Pio                                                                    
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Corsica é u populu corsu - La Corse et le peuple corse
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