Anti Nouvel Ordre Mondial

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 Alexandre Douguine et l 'Eurasisme

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aryo-romain



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MessageSujet: Alexandre Douguine et l ''Eurasisme   23/5/2009, 19:19

Depuis une quinzaine d'années,une nouvelle idéologie a surgie en Russie post soviétique développée en Russie .Bien qu'encore peu connue en Occident, cette doctrine s'est fortement développée et enrichie parmi les elites russes mais aussi les républiques musulmanes ex soviétiques,et meme en Europe, en Turquie , en Iran etc.Cette idéologie s'appelle l 'Eurasisme , et elle est inséparable de la figure de
son fondateur , le philosophe et géopoliticien russe Alexandre Douguine.
Cette idéologie oppose thalassocratie et tellurocratie, "ile mondiale"( l'Amérique) et "terre mondiale" ( Eurasie ),à la hauteur d'une explication de l'histoire.
La civilisation thalassocratique,anglo saxonne, protestante,d esprit capitaliste, serait irréductiblement opposée à la civilisation continantale ,eurasienne, orthodoxe et musulmane, d esprit socialiste .
L'Eurasie représente la renaissance,c'est le pays des dieux,là ou le soleil se lève.Le but du mouvement eurasiste est de constituer un grand bloc continental eurasien, pou lutter contre l'Amérique, la puissance maritime "atlantiste",qui représente le "mal mondial", entrainant le monde vers le chaos.Ainsi l'eschatologie se mèle à la géopolitique.
Parmi les oeuvres de Douguine publiée en français:
-le prophète de l'Eurasisme ed avatar 2006 ibsn 10 09544627x
-la grande guerre des continents ed avatar 2006 ibsn o 954465206 1

L'Eurasisme contre le Nouvel Ordre Mondial et le "choc des Civilisations".
Salutations europennes .
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Khorasan

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MessageSujet: Alexandre Douguine et la quatrième théorie politique   9/5/2014, 02:37

Alexandre Douguine et la quatrième théorie politique
par Friedrich von Dietersdorf.

Le monde que, petit à petit, insidieusement, nos penseurs et dirigeants nous préparent sera un monde uniforme, dominé par une pensée matérialiste, athée et individualiste.

Ce sera un monde où une seule grande puissance, un Empire, exercera son hégémonie dans tous les secteurs : politique avec sa démocratie et le suffrage universel, économique avec sa conception libérale des échanges, mondialiste dans sa dimension, un Empire qui, à l'instar des colonialistes de jadis, imposera ses concepts mentaux sous des vocables engageants mais trompeurs, « droits de l'homme », « démocratie », « égalité des sexes et des genres » etc...

Cette uni- polarité se veut basée sur des valeurs « modernes », soit le consumérisme, l'individualisme, le capitalisme qui toutes rompant avec les traditions nationales sont génératrices des cataclysmes passés (les deux guerres mondiales) et futurs. René Guénon, à l'instar des hindouïstes parle du « Kali Yuga » (âge de fer) pour définir notre époque.

Ces prétextes fallacieux (droits de l'homme, démocratie, mondialisme) cachent en fait l’expansionnisme d'une puissance au détriment de la souveraineté de toutes les autres.

Alexandre Douguine, à propos de la mondialisation, parle de Grande Parodie et du royaume de l'Antéchrist, dont les États-Unis sont l'orchestrateur et le chef dirigeant une guerre idéologique contre la multiplicité des cultures et des traditions qui s'opposent à son impérialisme. Cette opposition prend des formes diverses ; depuis la culture « Disney », le cinéma d' Hollywood et les séries télévisuelles , jusqu'à l'agression brutale (toujours maquillée en intervention humanitaire) de pays résistants à son expansionnisme.
L'Irak, l'Afghanistan, la Libye, en sont la preuve douloureuse.

Douguine en appelle donc à tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, veulent s'opposer à cette aliénation rampante qui, aujourd'hui, ne cache même plus son jeu et nous impose ses vues, ses objectifs et ses moyens d'une manière de plus en plus brutale et contraignante.

Les forces qui luttent contre l'occident, les États-Unis, la démocratie libérale, la modernité et la post-modernité doivent s'unir. Il n'y a, dans ce contexte, plus de juifs, de chrétiens, de musulmans de bouddhistes, ni de gauche, ni de droite etc.. il n'y a que des hommes qui se battent pour préserver leur identité, leurs traditions, leur religion.

Comment les unir tout en respectant leurs différences ? Voilà le défi qu'Alexandre Douguine a relevé.


La Quatrième Théorie Politique ?

C'est un concept qui englobe le refus des théories libérales, démocratiques, capitalistes, globalistes et (post) modernistes. Pour Douguine les théories anti-libérales de jadis (fascisme et socialisme) ne font plus le poids. Il faut, dès lors, retenir de ces dernières leurs côtés positifs, l'anti-libéralisme et l'anti-capitalime certes, mais aussi la justice, la solidarité sociale, et rejeter le matérialisme athée, moraliste et individualiste.

De même, rejet de tout racisme, xénophobie et chauvinisme national. Il n'y a pas de supériorité d'une race sur une autre. Les ethnies, les races sont différentes et s'expriment d'une manière qui l'est autant. L'humanité est pareille à un orchestre symphonique avec des cordes, des bois, des percussions, des cuivres etc... qui tous, depuis leurs pupitres concourent à l'harmonie de l'ensemble.

Mais pas question que d'aucuns imposent leurs structures mentales à d'autres. Il n'y a pas de « valeurs universelles », même des concept allant de soi comme la liberté et l'équité se doivent d'être saisis dans le cadre ethnique et religieux qui leur est propre.

Douguine nomme cette voie : national-bolchevisme, soit un socialisme non matérialiste, exempt d'athéisme, de progressisme et de modernisme, sans le racisme et le nationalisme du fascisme.

A cela, il ajoute la Tradition pré-moderne, la hiérarchie naturelle, la vision théologique du système social et politique normatif (qu'il soit chrétien, musulman, bouddhiste, juif ou hindou, peu importe).

C'est la République de Platon, ni plus ni moins !

C'est cette source pré-moderne qu'il appelle Quatrième Théorie Politique. Une voie qui n'est pas celle des socialismes matérialistes, des fascismes racialistes et des libéraux capitalistes. Une voie qui transcende la Gauche et la Droite, les préjugés communistes et fascistes et qui englobe les mouvements religieux et anti-modernes (comme les écologistes). Ce dépassement de préjugés cultivés par les tenants du libéralisme de l'élite mondialiste refusera toute confrontation entre juifs et musulmans, chrétiens et hindous etc... Toutes ces exacerbations religieuses et ethniques travaillent pour les forces libérales qui profitent de ces divisions et sapent les traditions propres à chaque groupe pour les remplacer par la religion libérale du progrès matériel.

Justice sociale, souveraineté nationale, valeurs traditionnelles sont les trois principes de cette idéologie.

Douguine nomme « sujet », ou « acteur » de cette Quatrième Théorie Politique , le « Da Sein » dans le sens le plus heideggerien du terme. Il y avait la classe (ouvrière, capitaliste …) du communisme, la « race » ou la « nation » du fascisme, pour les religions c'est la « cité de Dieu » d'un St Augustin, soit la communauté des Croyants, comme la « oumma » de l'islam. La Théorie de Douguine se propose de négocier avec cette diversité par le « Da Sein ». Sur le plan ontologique, le « Da Sein » (être-là, ou plutôt être-le-là) consacre l'existence de l'étant jailli de l'Etre dans toute son intégrité . L'être qui donne naissance à l'être-le-là n'est subordonné à aucune influence extérieure pour la bonne et simple raison que l'Etre est le Tout. Il n'y a pas d'être religieux, philosophique, social, économique, politique, mais simplement l'Etre.

Chaque culture, chaque nationalité est son « être-le-là », toutes sont issues de l'Etre (a-spatial, intemporel), toutes ces cultures peuvent avoir en commun leur conception propre de la justice sociale, la souveraineté nationale et la spiritualité traditionnelle.

Douguine en appelle aussi au « νους » de Plotin, soit l'intellect, cette inclinaison qui fait que tout est Un et multiple à la fois, uniforme et divers, mélangés mais homogène. Nous soulignerons que Douguine aurait pu, en bon chrétien orthodoxe, ajouter le « Logos » (Parole) vivifiant opposé à la lettre stérilisante.

Source:http://www.4pt.su/fr/content/douguine-et-la-quatri%C3%A8me-th%C3%A9orie-politique
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Khorasan

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MessageSujet: Re: Alexandre Douguine et l 'Eurasisme   20/8/2014, 21:36

À propos de l’eurasisme chrétien-orthodoxe



1 – Les termes « eurasisme orthodoxe » sont de plus en plus fréquemment utilisés par la junte putschiste au pouvoir à Kiev pour qualifier la vision du monde de la République de Novorossia. Même s’il est clair que cet élément de langage a été conçu à Washington, il est cependant, à mes yeux, tout à fait exact.

2 – Presque tous les eurasistes historiques étaient des patriotes russes orthodoxes. Contrairement aux slavophiles et à Leontiev cependant, ils étaient sceptiques quant à la possibilité d’unir tous les Slaves du fait qu’ils estimaient que les différences culturelles, religieuses et historiques entre eux étaient plus importantes que leur proximité ethno-linguistique. Dans le même temps, ils soulignaient que la civilisation russe avait intégré dans une unité de destin un certain nombre de peuples non-slaves (Turcs, Caucasiens, peuples de Sibérie) en contact géographique avec nous.

3 – L’eurasisme, dès les années 1990, a, sous notre influence, intégré dans son corpus la géopolitique (thalassocratie contre tellurocratie, Eurasie contre monde atlantique, Eurasiens contre Atlantistes) et le traditionalisme (la Tradition contre le monde moderne et postmoderne).

4 – Tout cela constitue, en fait, le fondement idéologique de la République de Novorossia. Premièrement, celle-ci est à la pointe de l’identité religieuse orthodoxe dans un sens culturel (contre le nationalisme ukrainien et l’Église uniate, ainsi que contre la théorie libérale des droits de l’Homme et de la protection des minorités sexuelles). Deuxièmement, il s’agit d’une opposition des choix géopolitiques, l’Euromaïdan étant purement atlantiste. Troisièmement, la République de Novorossia suit une orientation anti-libérale et sociale, et en faveur des valeurs traditionnelles. Quatrièmement, la présence symbolique dans les rangs de son armée de volontaires Ossètes ou Tchétchènes, correspond à l’unité de destin précitée.

5 – Plus intéressant encore, dans la confrontation civilisationnelle aiguë actuelle cause de dizaines de milliers de morts, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie contre la population civile sont ordonnées par la junte atlantiste au pouvoir à Kiev afin de punir la République de Novorossia vue comme un bastion de l’Orthodoxie et de l’Eurasie opposée à l’atlantisme, au libéralisme et au nazisme, tandis que dans l’esprit des dirigeants de la République de Novorossia et de ses citoyens le même schéma prévaut : ils sont sur la ligne de front d’une bataille opposant la Russie et l’Occident, l’Orthodoxie et la modernité antireligieuse, l’Eurasie et le monde atlantique.

En Russie, a-t-on la même compréhension de la situation ? Oui, chez les patriotes de base, mais pas dans l’élite. Une partie considérable de celle-ci est libérale, atlantiste et postmoderniste. Ses membres ne se pensent pas comme des ressortissants d’une grande nation, mais comme des habitants d’un petit pays, et ils ne constituent pas une cinquième colonne qui agirait en secret, mais une sixième ouvertement intégrée dans le réseau mondial de l’atlantisme, du libéralisme, du capitalisme et de la postmodernité. Ils ne pensent plus en tant que membres d’un peuple mais uniquement comme membres de ce réseau.

6 – En Russie, l’eurasisme orthodoxe reste passif et à l’état implicite, il ne devient pas conscient car il n’est pas confronté à un ennemi existentiel direct et franc. La Russie est un pays énorme et la vie quotidienne des Russes est remplie d’une myriade de détails techniques qui ne permettent pas à la plupart d’avoir une vision d’ensemble de la situation. Tenter d’en faire prendre conscience, même de manière approximative, est aussi difficile que d’expliquer un koan. Mais quand, comme dans la République de Novorossia, les citoyens sont face à une volonté de détruire leur culture, leur religion et leur ethnicité, alors il devient urgent de déterminer son identité. C’est la raison pour laquelle l’eurasisme othodoxe y est passé de l’état implicite à l’état explicite. Là ce n’est plus une affaire de mots mais de guerre, il s’agit d’une question vitale.

7 – Ainsi est née la dissonance entre l’élite russe moderne et la République de Novorossia. Il y a de plus en plus de contradiction entre elles, d’où les retards et les échecs de l’assistance concrète de la Russie à la République de Novorossia et l’explication des ratés précédents comme l’action de spin doctors (depuis renvoyés) au Kremlin qui entreprirent de marginaliser tous ceux qui étaient conservateurs, patriotes, orthodoxes ou eurasistes. Ainsi, la contradiction entre l’idéologie de l’élite du monde russe et celle de la majorité des habitants de la Novorossia et de la Russie devient de plus en plus apparente. La sixième colonne s’est particulièrement révélée dans son hostilité hystérique à l’armée de volontaires de la République de Novorossia, elle peut être clairement définie idéologiquement (c’est à dire par ses positions religieuses, culturelles et géopolitiques) comme un rejet de l’eurasisme orthodoxe.

8 – Maintenant, il est inévitable que l’eurasisme orthodoxe devienne le paradigme idéologique de la République de Novorossia. L’orthodoxie est le noyau spirituel de l’identité, l’eurasisme le marqueur géopolitique, culturel et civilisationnel. Depuis la Novorossia, cette idéologie ne fera que croître et qu’élargir le champ d’action de son combat. En conséquence, face à la République de Novorossia, Moscou va devoir composer avec les eurasistes orthodoxes de l’État russe. Les volontaires de la Fédération de Russie qui combattent dans la milice de la République de Novorossia, en se confrontant avec leur véritable ennemi spirituel et géopolitique, ont découvert cette identité et ils rentreront chez eux avec. Maintenant les paroles des prêtres qui officient dans les églises orthodoxes russes, les livres d’histoire et les manuels de géopolitique seront perçus différemment : à la fois comme une question existentielle qui engage la vie, la mort et le sang, et comme une colonne vertébrale. Grâce à ceux qui se seront engagés dans la défense de la République de Novorossia et qui ont vécu cette identité orthodoxe eurasiste particulière, le reste de la population russe apprendra à mieux connaître son identité idéologique. Dans le même temps, les acquis de l’Union soviétique ne seront pas exclus mais inclus dans un contexte plus large débarrassé de l’orthodoxie marxiste, du matérialisme et de l’athéisme. C’est cela l’idéologie eurasiste : elle intègre principalement l’héritage de l’orthodoxie, de la monarchie byzantine et du nationalisme russe, sans oublier l’interprétation russe de l’histoire soviétique telle qu’elle s’est exprimée brièvement dans le national-bolchevisme. L’eurasisme orthodoxe reprend les thèses de la revue d’Oustrialov « Changement d’orientation » et les intègre dans un paradigme général les opposant à l’atlantisme, à l’Occident, au libéralisme et au postmodernisme. On peut écrire que c’est l’« idéologie organique naturelle » de la grande nation russe. Se battre tous les jours, en Russie même, pour la République de Novorossia renforce les positions eurasistes orthodoxes.

9 – Cette analyse explique pourquoi la sixième colonne en Russie est si alarmée et tente de jeter le discrédit sur toutes les initiatives politiques patriotiques en faveur de la République de Novorossia. S’ils n’arrivent pas à éradiquer l’eurasisme orthodoxe, celui-ci va accroitre son influence dans la société russe et devenir une grave menace pour l’ensemble du réseau libéral et atlantiste de l’élite russe. Ceci explique tout, y compris ma récente exclusion de l’université. Nous sommes face à des actes symboliques qui ont une grande importance : frapper les eurasistes orthodoxes bénéficie aux atlantistes libéraux.

10 – Où est la place de Poutine dans ce schéma idéologique ? Il a toujours préféré être au-dessus de la mêlée des libéraux et des conservateurs, des atlantistes et des eurasistes, des agents de l’ennemi et des patriotes.  C’est sa tactique mystérieuse. Habituellement, Poutine lui-même s’exprime de manière ambiguë, de sorte que ses paroles peuvent être interprétées soit comme eurasistes, soit comme atlantistes. De même le soutien ou l’opposition à Poutine ne sont pas structurés idéologiquement : ses partisans et ses adversaires sont, indistinctement, eurasistes, orthodoxes, libéraux et atlantistes. Cependant, la grande majorité des orthodoxes eurasistes sont en faveur de Poutine et la grande majorité des atlantistes libéraux lui sont hostiles. Poutine n’est pas fondamentalement opposé à l’eurasisme orthodoxe comme, hélas, il n’a pas d’objection au libéralisme atlantiste. Il ne révèle pas lui-même son idéologie. Il fait des déclarations évasives qui sont immédiatement interprétées d’une manière ou d’une autre. Poutine ne suit pas une ligne droite et cela n’a pas de sens de demander qui il soutient des atlantistes ou des eurasistes : il est au-dessus de la mêlée. Il s’est habitué au rôle du souverain mystérieux et imprévisible, dont les discours sont comme des koans contradictoires, mais quand il convient d’agir, il fait ce qui doit être fait et, dans les situations critiques, il fait toujours la bonne chose en terme eurasiste orthodoxe.

Jusqu’à récemment, dans l’élite, les atlantistes libéraux dominaient les champs idéologique et technologique, et ils avaient le monopole médiatique de l’interprétation de la parole présidentielle. Maintenant, ce monopole est en danger du fait des événements d’Ukraine et le temps est venu de l’interprétation eurasiste orthodoxe.

Source : http://www.4pt.su/fr/content/propos-de-leurasisme-chretien-orthodoxe
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Khorasan

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MessageSujet: Alexandre Douguine sur les Identitaires, la Tradition et la révolution globale   24/8/2014, 19:04

Alexandre Douguine
Sur les Identitaires, la Tradition et la révolution globale


Je considère que les Identitaires sont des alliés quand ils refusent la modernité, l’oligarchie globale et le capitalisme libéral mortifère pour les cultures ethniques et les traditions.

L’ordre politique moderne est essentiellement global et est purement basé sur l’identité individuelle. C’est le pire ordre possible et il doit être totalement détruit.

Quand les Identitaires militent pour une réaffirmation de la Tradition et des anciennes cultures des peuples européens, ils ont raison. Mais quand ils attaquent les immigrés, les musulmans ou les nationalistes des autres pays (sur la base de conflits historiques), quand ils défendent les États-Unis, l’atlantisme, le libéralisme ou la modernité, quand ils considèrent la race blanche (qui est celle qui a produit la modernité) comme la race supérieure et affirment que les autres races sont inférieures, je suis en total désaccord avec eux.

Plus que cela, je ne peux défendre les Blancs contre les non-Blancs pour la seule raison que je suis un Blanc et un Indo-Européen moi-même. Je reconnais la différence des autres groupes ethniques comme une chose naturelle et je refuse toute hiérarchie entre les peuples parce qu’il n’existe pas, et qu’il ne peut pas exister, de mesure universelle pour comparer les sociétés ethniques et les systèmes de valeur.

Je suis fier d’être Russe, exactement comme les Américains, les Africains, les Arabes ou les Chinois sont fiers d’être tels qu’ils sont. C’est notre droit et notre dignité d’affirmer notre identité. Non pas les uns contre les autres, mais les uns à côté des autres, sans ressentiment envers les autres ni remords envers soi-même.

Je ne peux pas défendre la nation, parce que la nation est un concept bourgeois imaginé par la modernité afin de détruire les sociétés traditionnelles (Empire) et les religions pour les remplacer par de pseudo-communautés artificielles basées sur l’identité individuelle. Actuellement, la nation est en voie d’être détruite par les mêmes forces qui l’ont créée dans la première période de la modernité. Les nations ont remplies leur rôle de destructeur des identités organiques et spirituelles, et maintenant les capitalistes détruisent leurs propres instruments pour rendre possible la globalisation.

Nous devons attaquer le capitalisme comme un ennemi absolu, responsable tant de la création de la nation comme simulacre de la société traditionnelle que de sa destruction actuelle. La raison de la catastrophe actuelle a ses racines dans les bases idéologiques et philosophiques du monde moderne. Et la modernité qui était blanche et nationale à son origine est devenue globale sur sa fin. C’est pourquoi les Identitaires doivent choisir leur camp réel : la Tradition (ce qui inclue leur propre Tradition indo-européenne) ou la modernité ? L’atlantisme, le libéralisme, l’individualisme sont les formes du mal absolu pour identité indo-européenne, elles sont incompatibles avec elle.

Si les Identitaires aiment réellement leur identité, ils doivent devenir eurasistes et rejoindre les traditionnalistes, les ennemis du capitalisme de tous les camps politiques, races, religions ou cultures. Être aujourd’hui anti-communiste, anti-musulman, anti-Oriental, pro-Yankees, atlantiste, signifie appartenir à l’autre camp, être du côté du Nouvel ordre mondial et de l’oligarchie financière. Mais c’est une attitude illogique parce que les conséquences du globalisme détruisent toutes les identités sauf celles qui sont individuelles et faire alliance avec ceux qui le soutiennent signifie trahir l’essence même de l’identité culturelle.

Le problème avec la gauche est différent. Elle est positive dans son opposition à l’ordre capitaliste mais elle manque de dimension spirituelle. La gauche se présente habituellement comme une autre voie vers la mondialisation ce qui est la raison de son opposition aux valeurs organiques, aux traditions et à la religion.

Ce serait donc une bonne chose que de voir apparaître des « Identitaires de gauche » qui d’un côté défendraient la justice sociale en attaquant le capitalisme, et d’un autre défendraient les traditions spirituelles en attaquant la modernité.

L’ennemi est unique, c’est l’ordre global libéral capitalisme de l’hegemon nord-américain (qui est dirigé aussi contre la véritable identité américaine).


Nous ne vaincrons que si nous unifions nos efforts.

Source : http://www.4pt.su/fr/content/sur-les-identitaires-la-tradition-et-la-revolution-globale
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Khorasan

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MessageSujet: Re: Alexandre Douguine et l 'Eurasisme   2/11/2014, 12:33

Le long parcours : une interview avec Alexander Dugin
Une récente interview d’Alexander Dugin et d’un journaliste sud-américain que nous avons le plaisir de publier ici sur Open Revolt.



1. Le grand public ne vous connaît pas, donc pouvez-vous parler un peu de votre parcours intellectuel en Russie ?



Sincèrement, c’est un long parcours. Avant tout, dans ma jeunesse j’ai été  profondément inspiré par le Traditionalisme de René Guénon et Julius Evola. J’ai alors clairement choisi un camp – celui de la Tradition sacrée, contre le monde moderne (et postmoderne). Ce choix et toutes ses conséquences sont encore là dans le présent. Je défends fermement les valeurs spirituelles et religieuses contre l’actuelle culture matérialiste, pervertie et décadente. Le Traditionalisme était et reste le centre philosophique de tous mes développements ultérieurs.

Dans le même esprit, j’ai découvert un peu plus tard la tendance idéologique de la Révolution Conservatrice et son renouveau dans la Nouvelle Droite française d’Alain de Benoist qui est devenu personnellement mon ami et qui m’a influencé directement. En même temps j’étais intéressé par le domaine de la géopolitique, découvrant les travaux classiques de Mackinder, Mahan, Spickman et Haushofer. J’ai identifié des idées très similaires dans les textes des eurasistes russes des années 1920-1930 qui dans l’émigration tentèrent de créer une idéologie originale combinant tradition, conservatisme et concepts slavophiles avec quelques notions contemporaines dans le domaine de la géopolitique (Savitsky), de la linguistique structurelle (Troubetskoï), du droit (Alexeev), de la science historique (G. Vernadsky), etc. Ce fut donc le point de départ du néo-eurasisme, développé par moi à partir du milieu des années 80 quand les principaux traits d’une nouvelle vision-du-monde m’apparurent clairement.

Plus tard au début des années 90, j’ai commencé à appliquer cela à l’analyse politique des événements actuels dans les domaines intérieur et international, élargissant et détaillant le cadre général du néo-eurasisme. Donc j’ai fondé l’école russe de géopolitique, présentant les principaux textes et auteurs tout en développant des concepts nouveaux et originaux. En même temps j’ai posé les bases de la pensée traditionaliste en tentant d’appliquer les idées de Guénon et d’Evola à la tradition chrétienne orthodoxe russe. J’ai aussi exploré le domaine de la Révolution Conservatrice Russe en me basant sur les valeurs historiques russes.

Après avoir été anticommuniste durant l’ère soviétique, j’ai changé d’avis en 1991 devant la révolte libérale que j’ai jugée pire que le socialisme. Le résultat de cette analyse fut le premier changement sérieux dans ma vision du monde : j’ai rompu avec l’anticommunisme et je me suis concentré sur l’antilibéralisme, le libéralisme étant vu comme l’ennemi principal et l’incarnation finale de l’esprit de la Modernité que j’ai toujours considéré comme le mal absolu (au sens de Guénon et d’Evola). La victoire du libéralisme sur le communisme fut la preuve à mes yeux de sa nature eschatologique. Je suis donc passé du traditionalisme de droite plus classique au traditionalisme de gauche, parfois appelé national-bolchevisme. En fait ce n’était pas vraiment du communisme ou du bolchevisme. C’était et c’est toujours un refus total du libéralisme identifié comme l’idéologie qui durant son combat contre les communistes et les fascistes s’est révélée être la plus implacablement moderne et identique à la nature même, à l’essence même de la modernité.

Le tournant décisif de l’histoire politique qui se produisit en 1991 me confirma que le fascisme et le communisme étaient moins modernes et possédaient certains traits antimodernes.

C’était presque évident pour le fascisme, mais beaucoup moins évident pour le communisme. J’ai donc proposé une lecture de droite du marxisme et du socialisme, et une lecture de gauche du Traditionalisme (« Evola vu de gauche » – tel fut le titre de ma conférence à Rome en 1994 durant le congrès à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort d’Evola).

Les années 90 se passèrent donc dans cette recherche d’une synthèse antilibérale gauche-droite. Dans le contexte politique de l’époque, cela signifiait le refus total de la politique de Boris Eltsine et ma participation personnelle à divers groupes d’opposition patriotique de droite et de gauche.

Cette période nationale-bolchevik dura de 1991 à 1998. A partir de 1998, avec quelques mesures du gouvernement russe en faveur du patriotisme (la politique de Primakov), j’ai commencé à développer une version modérée de l’ancienne mais essentiellement identique idéologie politique, sous le nom de Centre Radical. L’idée était que dans l’Occident moderne, au centre absolu se trouve le libéralisme (à droite et à gauche en même temps – à droite en économie, à gauche au sens culturel et social). Donc pour l’Occident la synthèse nationale-bolchevik des deux extrêmes antilibéraux est significative et correcte. Mais la Russie a une structure politique particulière où le libéralisme est quelque chose de formel et de non-essentiel. C’est pourquoi nous devrions plutôt promouvoir l’idée de Centre Radical, qui n’est pas une création artificielle de certaines parties de la droite et de la gauche, mais qui ressortit d’une idéologie russe originale qui n’est absolument pas libérale, et qui n’est ni communiste ni nationaliste. L’eurasisme convient ici parfaitement, n’étant ni de droite ni de gauche.

De 1998 à 2004 j’ai été le conseiller officiel du président du Parlement russe [Douma], G. Selezniev, et j’ai aussi été le directeur du Centre d’Expertise Géopolitique à la Douma russe.

En 2000, Poutine arriva au pouvoir. De l’imitation par Eltsine du libéralisme occidental, on passa à une politique russe plus organique. Le moment était venu pour le Centre Radical et l’eurasisme. Le Mouvement Eurasien fut alors formellement construit comme le réseau de ceux qui acceptaient la même philosophie politique. Bientôt les branches étrangères du Mouvement Eurasien suivirent, et la structure devint internationale. Avec Poutine, ma position qui avait déjà commencé à s’orienter vers le Centre Radical dès 1998, devint moins marginale. Et les idées eurasiennes furent partiellement acceptées par le gouvernement russe.

A partir de cette période, ma position fut assurée dans l’establishment politique comme la forme extrême mais acceptée de l’attitude patriotique russe.

C’est durant cette période que le concept de la Quatrième Théorie Politique fut finalement élaboré, continuant les idées du Centre Radical et de l’eurasisme. Ce fut là le second changement important dans mon évolution idéologique : le passage de l’acceptation du communisme et du nationalisme dans leurs aspects antilibéraux, au dépassement de toute sorte de Modernité politique, incluant le communisme et le fascisme.

A partir de 2008, quand les principes majeurs de la 4TP (Quatrième Théorie Politique) furent clairement formulés, j’ai renoncé à tout appel aux deuxième ou troisième théories politiques (communisme et nationalisme) et je me suis concentré exclusivement sur l’élaboration d’une Quatrième Théorie Politique pleinement indépendante, rompant tous les liens avec la Modernité.

Au lieu de cela, la 4TP est vue comme l’alliance entre la prémodernité (le traditionalisme prémoderne) et la postmodernité (l’existentialisme heideggérien et la centralité du Dasein pris comme principal sujet politique).

Entretemps Poutine revint au pouvoir pour un troisième mandat, et ce fut le moment de sa rupture décisive avec le libéralisme. Maintenant Poutine acceptait l’orientation de l’eurasisme et du Centre Radical, se rapprochant chaque jour un peu plus de la Quatrième Théorie Politique. Et ce mouvement continue en ce moment même.

Symétriquement, ma position dans l’establishment politique évolue aussi – passant de la frange patriotique extrême des partisans de Poutine, et parvenant au cœur du courant politique majoritaire. Ainsi en ce moment même le réalisme politique de Poutine est en train de rejoindre ma Quatrième Théorie Politique et la version améliorée de l’eurasisme. Nous en sommes exactement là.



2. Qu’est-ce que l’‘Eurasisme’, dont beaucoup disent que c’est la stratégie  géopolitique derrière la politique étrangère de Poutine ?



L’eurasisme est basé sur la vision multipolaire et sur le refus de la vision unipolaire de la continuation de l’hégémonie américaine.

Le pôle de ce multipolarisme n’est pas l’Etat national ou le bloc idéologique, mais plutôt le grand espace (Grossraum) stratégiquement uni dans les frontières d’une civilisation commune. Le grand espace typique est l’Europe, l’unification des USA, du Canada et du Mexique, ou l’Amérique Latine unie, la Grande Chine, la Grande Inde, et dans notre cas l’Eurasie.

L’Eurasie est le territoire de l’ancien Empire tsariste de Russie ou l’Union Soviétique. Nous l’appelons aussi Grande Russie (Bolshaya Rossia) ou encore Russie eurasienne. Pour consolider ce pôle indépendant, nous devons unir des pays différents dans une entité géopolitique, économique et sociale centralisée.

La vision multipolaire reconnaît l’intégration sur la base d’une civilisation commune. Ainsi nous parlons d’une civilisation eurasienne commune non seulement aux Russes et aux Slaves et/ou aux peuples orthodoxes, mais aussi aux peuples turcophones et aborigènes d’Asie Centrale, de Sibérie et du Caucase. La politique étrangère de Poutine est centrée sur la multipolarité et sur l’intégration eurasienne qui est nécessaire pour créer un pôle vraiment solide.



3. Qu’est-ce qui vous a poussé à soutenir Poutine ?




J’ai expliqué cela dans la première réponse. Le réalisme politique et le patriotisme émotionnel de Poutine l’ont fait se rapprocher de plus en plus de ma propre position géopolitique et idéologique. Je soutiens Poutine précisément parce qu’il déclare et accomplit les buts et les idéaux qui sont essentiellement les miens.



4. Poutine a dit un jour que la fin de l’URSS avait été la plus grande tragédie géopolitique du XXe siècle. Que pensez-vous de cette déclaration ?



Il faut mettre ici l’accent sur le mot géopolitique. Cela indique que Poutine déplore non pas le contenu idéologique de l’idéologie soviétique mais plutôt l’effondrement de l’espace politique unifié longtemps avant le bolchevisme et représentant la Grande  Russie comme l’entité politique basée sur la similarité civilisationnelle entre l’histoire et les cultures de groupes ethniques et de peuples différents. L’Occident ne connaît que peu de choses ou rien du tout sur l’histoire réelle de la Russie. Parfois ils croient que l’Union Soviétique était une création purement communiste et que des Etats comme l’Ukraine, le Kazakhstan ou l’Azerbaïdjan étaient indépendants avant l’URSS et qu’ils furent conquis par les bolcheviks ou forcés à entrer dans l’Etat soviétique.

Le fait est qu’ils n’existèrent jamais en tant que tels et qu’ils ne représentaient que des districts administratifs sans aucune signification politique ou historique dans l’Empire russe aussi bien que dans l’URSS. Ces pays furent créés dans leurs frontières actuelles artificiellement, seulement après l’effondrement de l’URSS et en résultat de cet effondrement.

Ainsi Poutine veut souligner le caractère artificiel, fortuit et infondé de ce processus et suggère que des pays créés aussi artificiellement ne sont que des Etats manqués. Pour empêcher cet échec, ils ont besoin d’être intégrés dans un nouveau cadre géopolitique – c’est-à-dire l’Union Eurasienne.

L’idée de l’Union Eurasienne n’est pas de conquérir ou de forcer à entrer dans la sphère d’influence russe des pays complètement indépendants et réussis, mais plutôt d’empêcher leur effondrement inévitable qui est annoncé par les événements comme la crise de Géorgie en 2008 ou d’Ukraine en 2014.



4. Que pensez-vous de l’annexion de la Crimée et des protestations des groupes pro-russes en Ukraine orientale ?



Durant ces dernières semaines, la Crimée est devenue partie intégrante de la Fédération russe et quelques républiques nouvelles (Donetsk et Lougansk) sont apparues sur la carte politique de l’ex-Ukraine. C’est le résultat logique des efforts des forces ultranationalistes qui accomplirent un coup d’Etat à Kiev en mars 2014 pour imposer l’identité ouest-ukrainienne (principalement néo-nazie) à toute la population ukrainienne. Mais le fait est que l’Est et le Sud de l’Ukraine ont une population avec une identité historique et culturelle complètement différente.

L’Ukraine est typiquement un Etat manqué postsoviétique et extrêmement artificiel, qui n’a jamais existé dans l’Histoire avant 1991. L’ouest de l’Ukraine a une identité, le Sud et l’Est une identité différente et parfois opposée. La première est pro-Hitler, pro-Bandera et fortement antirusse. La seconde est prorusse, antifasciste et approximativement prosoviétique (pro-Staline). La population du Sud-est appartient au Monde Russe (Russky Mir) et à la civilisation eurasienne. D’où l’actuelle guerre civile et le retour logique des parties séparées vers la zone géopolitique russe.

C’est seulement le commencement de ce processus : pour l’instant seule une population de 8.000.000 avec une identité eurasienne prorusse a annoncé son désir d’indépendance ou d’entrée dans la Russie. Mais il y a au moins 12.000.000 de gens avec la même identité prorusse qui sont encore sous le contrôle de Kiev. Donc le combat continue.



5. L’actuelle situation en Ukraine est-elle un défi pour la renaissance de la Russie comme superpuissance mondiale ?



Oui, c’en est un. Si la Russie parvient à le relever, nous vivrons dans un monde multipolaire. Si la Russie échoue, l’unipolarité continuera un peu plus longtemps… mais je doute que l’hégémonie américaine puisse durer encore longtemps. Donc la Russie gagnera.



6. Comment évaluez-vous le rôle de la diplomatie russe dans la guerre civile en Syrie ?



Il est réellement important. Poutine a montré au monde entier et à toute la région qu’il n’y a plus de lieu unique où sont prises les décisions stratégiques concernant l’identité des bons et des méchants. Les USA et leurs instruments sous-impérialistes au Moyen Orient (Arabie Saoudite, Turquie, etc.) soutiennent les rebelles. Moscou et la Chine soutiennent Assad. Il y a donc une position forte, et un exemple à suivre sur la manière dont le monde multipolaire devrait être. Il n’y a pas d’option unique dans cette situation critique. Et pas de lieu unique de décision stratégique majeure concernant des questions problématiques.





7. Que pensez-vous des lois anti-gays de la Russie ?



Elles sont parfaitement justes. Le libéralisme insiste sur la liberté et la libération vis-à-vis de toute forme d’identité collective. C’est l’essence même du libéralisme. Les  libéraux ont libéré l’être humain de l’identité nationale, de l’identité religieuse, etc. La dernière sorte d’identité collective est le genre. Ainsi le moment est venu de l’abolir, en le rendant arbitraire et optionnel.



La majorité absolue des Russes est opposée à cela et ont une attitude conservatrice devant l’identité collective en général et l’identité de genre en particulier.

Avec ces lois, Poutine lutte non contre les relations homosexuelles mais contre l’application de l’idéologie libérale sous la forme de lois obligatoires, contre la normalisation et la légitimation juridique de ce qui est considéré comme une perversion morale et psychologique.



8. Que pensez-vous de la réaction occidentale aux lois anti-gays de la Russie ? Pensez-vous qu’elle puisse nuire à l’image de la Russie ?



La Russie n’est pas un pays libéral et ne prétend pas en être un. Donc les libéraux sont libres de la critiquer.

Mais dans le monde, il y a beaucoup de sociétés et de groupes non-libéraux et conservateurs qui applaudissent au contraire la position russe dans ce domaine. Les élites politiques de l’Occident réagissent contre le choix russe de s’opposer aux normes dans le domaine du genre. Mais des masses de gens dans les pays occidentaux soutiennent Poutine et la Russie précisément pour la même raison.



9. Vous avez dit un jour dans un article pour le Financial Times que le monde doit comprendre Poutine, comment le monde peut-il faire cela ?



Comprendre Poutine, c’est la même chose que comprendre l’Autre. La Russie est l’Autre. Nous avons d’autres valeurs, une autre histoire, d’autres idées, une autre morale, une autre anthropologie, une autre gnoséologie que l’Occident libéral moderne.

Si l’Occident identifie ses propres valeurs aux valeurs universelles, alors il ne peut pas comprendre Poutine.

Vous ne pouvez que le critiquer et le blâmer pour tout ce qu’il fait. Parce qu’il est autre (que l’Occident moderne), il pense autrement et agit autrement. Ou vous acceptez le droit d’être Autre – dans ce cas vous posez votre question sérieusement, et la réponse demande une connaissance profonde de l’histoire russe et de la culture russe. Ou c’est juste une question symbolique, montrant l’absence de volonté d’accorder à l’autre la chance d’affirmer son altérité positivement.

Dans le dernier cas, vous êtes obligés de haïr l’autre. Nous sommes prêts à un dialogue basé sur une compréhension mutuelle de l’autre. Mais nous sommes aussi prêts à la haine de la part de l’Occident.

Nous connaissons les manières eurocentriques, culturellement racistes, universalistes et impérialistes de l’Occident pour traiter avec l’Autre.

Donc il vaut vraiment mieux essayer de nous comprendre. Essayez de lire nos classiques attentivement… Essayez de saisir le sens de notre philosophie orthodoxe chrétienne, de notre théologie, de nos auteurs mystiques, de nos stars et de nos saints, de nos poètes et de nos écrivains (Dostoïevski, Pouchkine, Gogol). Et vous trouverez sûrement le moyen de comprendre Poutine, de comprendre la Russie, de nous comprendre tous.



Alexander Dugin (né en 1962) est l’un des auteurs et des commentateurs politiques les plus connus de la Russie postsoviétique. En plus des nombreux livres qu’il a écrits sur les sujets politiques, philosophiques et spirituels, il enseigne actuellement à l’Université d’Etat de Moscou, et est le leader intellectuel du Mouvement Eurasia. Pendant plus d’une décennie, il a aussi été un conseiller de Vladimir Poutine et d’autres membres du Kremlin pour les questions géopolitiques.

Source : http://www.4pt.su/fr/content/le-long-parcours-une-interview-avec-alexander-dugin
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Alexandre Douguine et l 'Eurasisme
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