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 une solution : Baclofène et alcoolodépendance

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GarfieldLove

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MessageSujet: une solution : Baclofène et alcoolodépendance   30/9/2010, 11:38

Baclofène et alcoolodépendance

Le Bacloféne a été testé dès le début des années 1990[15]. Il a ensuite de nouveau été testé à la fin des années 1990[16] à de petites doses avec, comme résultat prometteur, une réduction de l'envie de boire[17] [18]. Ces résultats n'ont, cependant, pas été retrouvé par d'autres chercheurs[19].

Olivier Ameisen, teste de fortes doses sur lui-même et publie sa propre expérience et sa découverte en 2004[20]. Il appelle à des essais cliniques concernant de fortes doses[12] . Mais puisqu'aucun ne se prépare, il publie en octobre 2008 un livre à destination du grand public, Le dernier verre[21], qui a fait réagir la Société Française d'Alcoologie [22] qui reste très critique sur une utilisation systématique du Baclofène à doses importantes sans essais complémentaires. Son livre est publié peu après aux États-Unis et en Grande-Bretagne, sous le titre « The End Of My Addiction », soulevant une controverse initiale identique[23].

En juillet 2009 , La presse [24] fait état d'expériences non publiées par de nombreux médecins (généralistes ou hospitaliers), sur des dizaines de patients avec des résultats très encourageants. L'article parle également de nombreux témoignages individuels sous formes de forum internet. Les malades ayant suivi le protocole décrit dans le livre du docteur Ameisen décrivent, dans leurs témoignages, une notion inédite en alcoologie, celle "d'indifférence à l'alcool". Ils se disent capables de consommer occasionnellement un verre d'alcool sans retomber dans une consommation compulsive. Au-delà de la quantité d'alcool consommée c'est la sensation de dépendance à l'alcool qui semble être atténuée par le médicament. Les témoignages révèlent également que la plupart des malades alcooliques qui ont fait des cures "à l'ancienne" en sont ressortis avec l'habitude de consommer des benzodiazépines et notamment du diazépam (Valium®) alors que celui-ci entraîne un rique de dépendance s'il est utilisé plus de quinze jours en continu. L'usage chronique de benzodiazépines (tranquillisants, somnifères) est une pratique connue pour entraîner des effets secondaires graves[25] [26]. Les malades alcooliques abstinents se voient très souvent prescrire des benzodiazépines de façon chronique, médicaments agissant aussi sur le GABA. Le médecin prescripteur de ces médicaments ne fait alors que répondre à la demande du malade. Il est à noter que l'utilisation de baclofène à haute dose n'est pas dénuée d'effets secondaires plus ou moins importants selon les individus et la consommation, ou non, d'alcool pendant la durée du traitement.

Cette prescription pourtant très courante de benzodiazépines au long cours, comme la prescription de baclofène dans l'indication « traitement de la maladie alcoolique », restent, en France, des prescriptions hors « Autorisation de mise sur le marché », les indications ne figurant pas sur les notices de ces benzodiazépines ni du baclofène .

Pour cette raison le médecin prescripteur de baclofène ou de benzodiazépines pour une duréee de plus de quelques semaines consécutives dans cette indication engage sa responsabilité pénale en cas de problèmes graves avec le traitement et notamment en cas de décès du patient. Notons cependant qu'aucun décès n'a jamais pu être imputé à l'administration de baclofène en trente années de pratique en neurologie (y compris à haute dose). Certains médecins ont pris cependant la décision d'engager leur responsabilité et de prescrire du baclofène à des malades sévères.

En France, une nouvelle étude est en cours afin de tester l'indication "traitement de la maladie alcoolique" pour le baclofène. Cette étude a pour base un test clinique sur un large échantillon de patients. Elle sera réalisée à la dose maximale de 90 mg/j (soit à une dose inférieure que celle préconisée dans la méthode de traitement d'Ameisen). La publication de ces résultats n'est pas attendue avant 2011[27]. Par contre, en Allemagne, à la suite d'un cours du professeur Ameisen suivi d'un débat ouvert au public et à la presse (19 octobre 2009) ,le professeur Andreas Heinz, chef du service de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Charité à Berlin (Université Humboldt) a officiellement annoncé qu'il mettrait au plus tôt en place un essai clinique randomisé de baclofène, cette fois à doses adéquates (hautes doses).

Actuellement des recherches fondamentales sont en cours dans le domaine de la neuroscience. Le matériel utilisé permet de visualiser quasiment en temps réel l'activité cérébrale des malades à l'aide d'images en haute résolution et couleurs artificielles (les couleurs matérialisent l'activité cérébrale et son intensité dans les différentes zones concernées). Ces études ont montré que le fonctionnement neuronal des malades toxicomanes (y compris les malades alcooliques) était profondément perturbé. A l'aide de ce nouveau procédé, l'activité cérébrale du baclofène sur le "craving" (envie irrépressible de consommer) dû à l'utilisation de cocaïne peut être mise en évidence.

En février 2010, paraissent les résultats d'une étude en ouvert[28](sans groupe placebo) menée sur des patients alcoolodépendants ayant reçu le traitement en ambulatoire. A trois mois, 88 % des patients ont totalement arrêté ou significativement diminué leur prise d'alcool et la plupart d'entre eux sont devenus indifférents à l'alcool sans effort. Les doses de baclofène nécessaires ont été très variables d'un patient à l'autre, allant de 15mg/jour à 300mg/jour, avec une moyenne de 145mg/jour. Environ deux tiers des patients ont eu besoin d'une dose supérieure à celle autorisée de 80mg/j. Les auteurs précisent que rien ne permettait de prévoir la dose nécessaire avant le traitement, cette dose n'ayant apparemment pas de lien avec la corpulence des patients, ni avec le sexe, même si des analyses précises n'ont pas été faites. drunken

http://wapedia.mobi/fr/Baclof%C3%A8ne

http://www.alcool-et-baclofene.fr/
et

http://www.forum-baclofene.fr/
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lorelianeGTQ

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MessageSujet: Re: une solution : Baclofène et alcoolodépendance   1/10/2010, 19:02



cheers
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GarfieldLove

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MessageSujet: Re: une solution : Baclofène et alcoolodépendance   18/10/2010, 08:12

voila ce que mon toubib m'a donner a lire a ce sujet :


Le Baclofène dans le syndrome de sevrage alcoolique : une étude comparative
contre le diazépam

Baclofen in the Treatment of Alcohol Withdrawal Syndrome: A Comparative Study vs
Diazepam
Addolorato G, Leggio L, Abenavoli L, Agabio R, Caputo F, Capristo E, Colombo G,
Gessa GL, Gasbarrini G.
Am J Med. 2006 Mar;119(3):276.e13-8.
Le syndrome de sevrage alcoolique se présente sous des formes variables, parfois sévères
avec convulsions et coma conduisant au décès dans 5 à 10% des cas (1). Actuellement, les
traitements recommandés pour la phase de sevrage sont les benzodiazépines à doses
initialement fortes puis rapidement dégressives (2). Le baclofène est un agoniste sélectif
des récepteurs GABA(B) utilisé dans le traitement de la spasticité ; des travaux
préliminaires ont montré qu’il était également efficace dans la suppression du syndrome de
sevrage même dans ses formes sévères et compliquées de délirium (3).
L’objectif du travail commenté ici était de comparer l’efficacité, la tolérance et la sûreté du
baclofène au traitement de référence par les benzodiazépines, dans les formes modérées
et sévères, non compliquées, du syndrome de sevrage alcoolique.
Sur 130 patients consécutifs en demande de sevrage alcoolique, 49 remplissaient les
critères d’inclusion : consommation de 80g d’alcool par jour au moins jusqu’à la veille de
l’inclusion, critères de dépendance DSMIV, pas de comorbidité psychiatrique, d’épilepsie ou
d’état délirant à l’entrée dans l’étude, pas d’affection évolutive et pas d’autre dépendance à
l’exception du tabac. Un score de sevrage modéré à sévère conditionnait l’inclusion. 37 ont
participé à l’étude ; 32 hommes et 5 femmes, d’âge moyen 45±1.9 ans (21-73),
consommant 223.1±18.2g d’alcool par jour (90-600), sur une durée de 14.8±1.6 ans (3-39).
Deux groupes ont été randomisés, comparables pour les données sociodémographiques,
mais pas pour les quantités consommées (256±19.3 vs 191.3±28.9g/jr dans les groupes
Baclofène vs Diazépam- p<0.005). Le baclofène était administré à la dose de 10mg trois
fois par jour pendant dix jours, le diazépam en six doses quotidiennes de 0.5-0.75mg/kg/jr
avec diminution de 25% par jour du 7° au 10° jour. L’analyse a été faite en intention de
traiter.
Le score de sevrage était plus élevé dans le groupe Baclofène (p<0.0001) avant tout
traitement. Les deux traitements ont diminué les scores de sevrage sans différence entre
les deux traitements. Les sueurs, l’anxiété étaient initialement plus élevées dans le groupe
Baclofène (p<0.001 et 0.005) mais les deux traitements ont été équivalents pour ces items.
Le score de tremblement était identique au niveau basal et atténué de façon équivalente par
les deux traitements. L’agitation était plus marquée dans le groupe Baclofène (p<0.05). Les
deux traitements ont diminué le score d’agitation de la même manière mais de façon
légèrement plus lente pour le Baclofène où les scores restaient plus élevés au 2ème et
3ème jour (p<0.5). Les transaminases, GGT et VGM ont diminué également dans les deux
groupes. Il n’y a pas eu d’effets indésirables ni de sortie d’essai.
Ces résultats sont encourageants car les benzodiazépines ont des effets secondaires
fréquents avec sédation excessive, troubles mnésiques, dépression respiratoire rendant
leur utilisation délicate notamment chez les patients avec insuffisance hépatique. Par
ailleurs, elles ont des propriétés addictives délétères.
Le baclofène avait déjà montré des effets de diminution de la consommation d’alcool et du
craving ainsi qu’une augmentation du maintien de l’abstinence chez l’homme (4). Des
données récentes rapportent des effets comparables dans le sevrage des opiacés (5).
L’hypothèse est que la stimulation des récepteurs GABA(B) équilibre l’hyperactivité de la
neurotransmission par le glutamate.
L’intérêt de ces travaux est de montrer qu’il peut y avoir une alternative aux
benzodiazépines avec un médicament bien toléré, pouvant être efficace dans le sevrage
mais aussi le maintien de l’abstinence et pouvant plus facilement être prescrit en
ambulatoire ou dans les sevrages mixtes. Le petit nombre de patients inclus ne permet pas
de rendre ces conclusions définitives mais les études ultérieures sont attendues avec
impatience.
(1) Lerner WD, Fallon HJ. The alcohol withdrawal syndrome. N Engl J Med. 1985;313:951-
952.
(2) Mayo-Smith MF. Pharmacological management of alcohol withdrawal: a meta-analysis
and evidence-based practice guideline: American Society of Addiction Medicine Working
Group on Pharmacological Management of Alcohol Withdrawal. JAMA. 1997;278:144-151 .
(3) Addolorato G, Leggio L, Abenavoli L, et al. Suppression of alcohol delirium tremens by
baclofen administration: a case report. Clin Neuropharmacol. 2003;26:258-262 .
(4) Flannery BA, Garbutt JC, Cody MW, et al. Baclofen for alcohol dependence: a
preliminary open-label study. Alcohol Clin Exp Res. 2004;28:1517-1523 .
(5) Aknondzadeh S, Ahmadi-Abhari SA, Ass

et aussi :

janvier 2009 SCIENCES & AVENIR
Le baclofène guérit-il l'alcoolisme ?
Dans un livre à succès, le Dr Olivier Ameisen raconte comment
cette molécule connue comme myorelaxant a guéri sa
dépendance. Enquête auprès des enthousiastes et des
sceptiques.

••
C'est ce qui s'appelle donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Depuis sa parution au début
du mois d'octobre, le livre du docteur Olivier Ameisen, le Dernier Verre (1), n'en finit pas d'ébranler
le petit monde de l'addictologie. L'auteur, ancien alcoolique, y décrit comment il s'est libéré de ce
fléau en s'auto-prescrivant depuis plusieurs années un vieux médicament utilisé depuis près de
quarante ans comme décontractant musculaire. Non seulement son sevrage s'est fait sans le renfort
d'une prise en charge psychothérapique, mais le Dr Ameisen avoue ne plus ressentir la moindre
sensation de «craving», une compulsion irrépressible et obsessionnelle contre laquelle le patient
abstinent doit lutter jour après jour, pendant des années, pour ne pas replonger.
Plus étonnant encore, cette indifférence inédite vis-à-vis de l'alcool permet à Olivier Ameisen, en de
rares occasions festives, de s'accorder un verre ou deux sans redevenir dépendant pour autant ! Une
augmentation des doses du médicament durant les quelques jours suivant cet «écart» suffit à tout
faire rentrer dans l'ordre. Lorsque l'on sait les difficultés rencontrées par les alcooliques pour
«décrocher» et tenir bon, on comprend le retentissement d'un tel témoignage et les espoirs
démesurés qu'il suscite... «Depuis la sortie de ce livre, le standard de notre secrétariat explose
régulièrement, car tout le monde veut ce médicament, témoigne le docteur Laurent Karila, du Centre
d'enseignement, de recherche et de traitement des addictions de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif
(Val-de-Marne). Il y a encore une heure, j'avais au bout du fil une mère désespérée qui voulait que
j'en prescrive à son fils alcoolique.» Ce médicament, c'est le baclofène, un myorelaxant prescrit
depuis 1972 pour les spasmes musculaires dont peuvent souffrir les paraplégiques, les victimes de
la sclérose en plaques ou dans quelques cas de torticolis chez l'enfant. Il serait sans doute resté un
médicament parmi des centaines d'autres si un article du New York Times, paru en 2000, n'avait
conduit Olivier Ameisen à s'y intéresser.
L'article décrivait comment un patient cocaïnomane paraplégique avait réduit son envie de drogue
grâce au baclofène prescrit pour soulager ses spasmes musculaires. Lorsque Olivier Ameisen
découvre l'information, «entre deux cuites», il se demande si le baclofène ne pourrait pas l'aider à
arrêter de boire. A cette époque, le brillant cardiologue, installé à New York depuis vingt ans, et
professeur associé de médecine et de cardiologie au New York Presbyterian Hospital des universités
Cornell et Columbia, se trouve dans un état lamentable. Alternant les cures de désintoxication et les
réunions chez les Alcooliques anonymes, il va de rechute en rechute, se réveille aux urgences le nez
cassé après s'être effondré dans un caniveau, ou refait surface dans un taxi, du sang sur le visage,
sans le moindre souvenir de ce qui a pu lui arriver. Désespéré d'avoir essayé sans succès tous les
traitements et toutes les solutions de maintien de l'abstinence existants, il est persuadé que l'alcool
aura bientôt sa peau. Comme celle des 20 000 Français qui décèdent de cette addiction chaque
année (lire l'encadré p. 71).
Déterminé, Olivier Ameisen se met alors à parcourir toute la littérature scientifique sur le baclofène.
Il est notamment intrigué par un fait qui recoupe son expérience personnelle : grand anxieux, il a
toujours été persuadé que le stress était le moteur de son alcoolisme, son craving étant toujours
précédé d'épisodes de tension musculaire importante. «L'alcool était le médicament de mon malêtre
», comme il l'analyse aujourd'hui. Un myorelaxant comme le baclofène pouvait-il réduire son
anxiété et donc son envie compulsive d'alcool ? Un autre article datant de 1997 accentue sa
curiosité. On y décrit la suppression du craving chez des rats cocaïnomanes par une haute dose de
baclofène. L'effet de ce médicament dépendrait-il de la dose administrée ? L'idée fait son chemin
dans l'esprit d'Olivier Ameisen : il suppose qu'une dose-seuil serait potentiellement capable de le
délivrer de la dépendance, et pas simplement de le soulager.
Dès lors, le médecin saute le pas et décide de mettre au point un protocole précis. Après avoir
contacté des collègues neurologues sur les effets secondaires du produit (notamment
l'endormissement) et les doses régulièrement prescrites, il débute l'expérience le 9 janvier 2004. Il
augmente progressivement les doses pendant un mois jusqu'à parvenir à 270 mg de baclofène par
jour. Médusé, il constate alors que l'alcool le laisse totalement indifférent sans qu'il ne ressente
d'autres effets secondaires qu'une légère somnolence au début de son traitement. «J'étais le seul
alcoolique sur la planète à s'être totalement débarrassé de l'alcool, dit-il aujourd'hui. Je n'y pensais
plus du tout. J'étais effaré que ce traitement ne soit pas connu et j'ai décidé de faire partager mon
expérience.» Olivier Ameisen rédige alors un article, publié en décembre 2004 dans la version
électronique de la revue Alcohol and Alcoholism et appelle à la réalisation d'essais cliniques.
Incidemment, c'est la première fois qu'un médecin avoue son alcoolisme dans une revue
scientifique. «Briser l'anonymat fut la décision la plus dure de ma vie, reconnaît-il. Mais si je ne le
faisais pas, je perpétuais le tabou sur la maladie.» Son intervention n'obtient pas l'écho attendu et
aucune étude clinique n'est engagée pour vérifier son résultat. Pourtant, quelques travaux très
encourageants corroborent cette expérience étonnante, comme celui réalisé en 2003 par une équipe
italienne de l'université de Cagliari qui démontre que le baclofène supprime la motivation à
consommer de l'alcool chez des rats rendus alcooliques. Quelques études de cas viennent également
s'ajouter à celle du médecin français. Ainsi, celui très détaillé publié en 2006 dans Alcohol and
Alcoholism concernant un homme d'affaires alcoolodépendant sévère : son addictologue a prescrit
du baclofène à hautes doses et il a complètement supprimé son craving. Ce patient boit maintenant
sans dépendance deux à trois bières par semaine. Une autre étude a été publiée dans The Lancet du
8 décembre 2007 par des chercheurs italiens au sujet de patients alcooliques cirrhotiques. Plus de
70% d'entre eux ont maintenu une abstinence durant les douze semaines de traitement par
baclofène, soit plus de deux fois plus que sous placebo.
Mais, il manque toujours un essai de grande envergure qui démontrerait que le baclofène à hautes
doses permet, à l'inverse de tous les médicaments utilisés aujourd'hui, de supprimer la dépendance
au lieu de simplement l'atténuer. «Après qu'un essai dans les hôpitaux Cochin à Paris et Paul-
Brousse à Ville-juif est tombé à l'eau, j'ai décidé d'aller plus loin que les seuls articles scientifiques
et d'écrire un livre. C'était le seul moyen pour moi de livrer cette information aux médecins et à
leurs patients, afin qu'ils fassent pression sur les pouvoirs publics», explique le Dr Ameisen. Le
baclofène étant générique depuis 1997, il n'y a en effet aucun avantage financier pour Novartis, la
compagnie à l'origine de sa découverte, à mettre en place des études cliniques pour évaluer
l'efficacité de la molécule dans le cadre du traitement de l'alcoolisme. Le salut ne pourra donc venir
que de la recherche publique. Du côté des spécialistes de l'addiction, on s'efforce de rester prudent
face à la vague d'espoir suscitée par le témoignage d'Olivier Ameisen. Pour le docteur Bertrand
Nalpas, chargé de mission alcool/addiction et directeur de recherche à l'Inserm, «des livres sur
«mon histoire avec l'alcool» et des personnes qui se sont sorties de l'alcoolisme grâce à un
médicament, j'en connais beaucoup. On ne peut pas faire d'un cas une généralité.» Pour Jean-Pol
Tassin, du Collège de France, il ne faut pas négliger non plus l'effet placebo qui peut être associé au
médicament. «Le fait que ce soit écrit par un médecin, que ce soit médiatisé, que des médecins se
mettent à en prescrire sera déjà un pas vers la guérison pour un grand nombre de personnes.»
Outre-Atlantique, les réactions sont plus enthousiastes et montrent qu'Olivier Ameisen est sur une
piste très intéressante. Pour Anna Rose Childress, directrice du Centre de recherche et de traitement
de l'addiction à l'université de Pennsylvanie (Philadelphie), «cela ne peut qu'encourager à explorer
l'effet du baclofène à hautes doses pour déterminer son réel potentiel pour nos patients». David
Roberts, de la Wake Forest University (Winston-Salem), ou Eliot Lawrence Gardner, du National
Institute of Health (Baltimore), sont également convaincus que le baclofène mérite une plus grande
attention, ce dernier se désolant qu'à ce jour «aucune large étude clinique n'ait encore été
entreprise».
Si le témoignage du Dr Ameisen dérange, c'est qu'il bouscule les dogmes autour de l'alcoolisme et
de l'addiction en général puisqu'il pourrait avoir aussi une utilité contre le tabagisme, la boulimie et
la dépendance à l'héroïne ou à la cocaïne. Premier point d'achoppement : il nie toute la dimension
sociale et psychologique de la dépendance à l'alcool. La maladie serait essentiellement biologique et
le sevrage pourrait donc s'accomplir sans l'aide d'une thérapie comportementale ou d'une
psychothérapie. «A mon sens, c'est une hérésie scientifique, assène Laurent Karila, à Villejuif. Un
médicament anti-addiction sans thérapie, ça ne marche pas. Sans compter qu'on ne peut pas en
prescrire un comme celui-ci sans faire rentrer le malade dans un programme de soins. Il faut être
prudent. Même si le baclofène me semble une piste intéressante, il faut vraiment prouver son
efficacité. La prescription hors AMM [autorisation de mise sur le marché] doit être pondérée.»
Soumis à une forte pression, des médecins prescrivent en effet depuis 2005 la molécule à leurs
patients alcooliques en dehors des indications pour troubles musculaires qui lui ont valu son AMM.
«Cela fait deux ans et demi que je prescris du baclofène, témoigne Pascal Gache, responsable de
l'Unité d'alcoologie aux Hôpitaux universitaires de Genève. En tout à trente-quatre patients. Sept
l'ont mal supporté et l'ont arrêté. Pour le reste, les retours sont étonnants, très différents de ceux
que j'ai avec les autres médicaments. L'enthousiasme des patients est vraiment l'aspect qui
m'impressionne le plus.»
Seconde pierre d'achoppement autour du Dernier Verre : ce verre, justement, qui n'a jamais besoin
d'être le dernier puisque le baclofène permettrait de continuer à boire sans sombrer de nouveau dans
la dépendance. «C'est le côté le plus révolutionnaire, en même temps que le plus pernicieux, évalue
Bertrand Nalpas. Car, soyons clairs, les gens qui viennent nous voir pour leurs problèmes d'alcool
ne veulent pas s'arrêter de boire. Que l'on puisse continuer à le faire semble miraculeux.»
Miraculeux et... dérangeant. Ce n'est pas seulement notre vision de l'alcoolisme qui s'en trouve
bouleversée, mais également celle que nous avons de l'alcoolique. Même si les mentalités ont
évolué, ce dernier reste moins considéré comme un malade que comme un être faible, qui doit
nécessairement souffrir pour redevenir sobre. L'échec reste forcément dû à son manque de volonté.
Lors d'un de ses nombreux séjours à l'hôpital, Olivier Ameisen rapporte ainsi avoir entendu une
patiente pousser ce cri déchirant : «Pourquoi est-ce que le Bon Dieu ne m'a pas donné un cancer du
sein ? Au moins mes enfants me rendraient visite !»
Enfin, l'expérience d'Olivier Ameisen pose le problème de la dose à atteindre pour supprimer le
craving. Le médecin s'est autoadministré pendant douze jours 270 mg de baclofène par jour, soit
plus de trois fois la dose maximale recommandée pour les douleurs musculaires. Il n'utilise
actuellement que la faible dose de 30 à 50 mg/j, traitement qui sera probablement à vie. «Les gens
qui viennent nous voir ont la terreur de devenir dépendants à un médicament, poursuit Bertrand
Nal-pas. Normalement, on part sur l'idée que le traitement sera temporaire.» Avec le baclofène, la
crainte de substituer une drogue à une autre est réelle s'il faut en croire les discussions d'internautes
sur les forums qui prolifèrent actuellement sur le sujet. Un argument que n'élude pas Olivier
Ameisen. «Ce problème de dose ne saurait être résolu autrement qu'avec une véritable étude
clinique que j'appelle de mes voeux depuis quatre ans !», plaide le médecin. Et de rappeler que des
neurologues américains prescrivent depuis des décennies le baclofène à des doses proches de 300
mg par jour dans le cas de dystonies musculaires. Sans effets secondaires notables.
Quoi qu'il en soit, l'arrivée d'une nouvelle molécule sur le front de la lutte contre l'alcoolisme est
une très bonne nouvelle. Depuis 1994 et l'apparition du naltrexone, aucun nouveau médicament n'a
été commercialisé. Ce dernier ne s'est d'ailleurs pas révélé beaucoup plus efficace que ceux qui l'ont
précédé, l'acamprosate et le disulfiram. Prescrites en apport d'une prise en charge thérapeutique, ces
molécules ne modifient que peu la triste réalité, à savoir un taux de rechute compris entre 70 et 90%
selon la plupart des études cliniques. «C'est vrai, nous sommes dans un véritable désert
thérapeutique, reconnaît Bertrand Nalpas. Je dis souvent que l'alcoolisme est une maladie
orpheline. Nous avons désespérément besoin d'un médicament.»
Face à la déferlante médiatique, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps) a réagi en s'autosaisissant du dossier baclofène. Ses experts sont en train de se pencher sur
la littérature scientifique pour décider ce qui peut être fait pour inciter à la réalisation d'une étude
clinique. Devant la demande pressante des médecins et des patients, celle-ci a désormais toutes les
chances de se faire. Se déroulera-t-elle en France, en Suisse où elle est en bonne voie de réalisation
selon Pascal Gache, ou aux Etats-Unis où le livre sort début janvier ? Réponse dans quelques mois.
Olivier Ameisen en est d'ores et déjà persuadé : avec le baclofène, l'addiction et la perception que
nous en avons ont toutes les chances d'être totalement transformées.
(1) Denoël, 288 p., 2008.
Hervé Ratel
Les femmes cadres, population à risque
Quatre hommes sur dix et une femme sur dix seraient victimes, en France, d'une alcoolisation
excessive, soit plus de 14 verres par semaine pour une femme et plus de 21 pour un homme. 50%
des hommes sont même concernés dans la tranche d'âge 25-65 ans. Tels sont les résultats -
préoccupants - de la dernière étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la
santé (l'Irdes), parue au début de l'année 2008. Si le nombre de décès annuel a chuté depuis vingt
ans, passant de 35 000 à 20 000, cette baisse a surtout concerné les hommes dont la mortalité liée à
l'alcool reste quatre fois plus importante que celle des femmes. Pourtant, une population inattendue
vient d'être identifiée comme étant particulièrement à risques : les femmes cadres. Le fait d'exercer
de grosses responsabilités, qui plus est dans un environnement plutôt masculin, constituerait ainsi
un facteur aggravant. A l'inverse, le fait de vivre au sein d'une famille jouerait un rôle protecteur,
sauf lorsque au moins un des membres de la famille en question présente un usage à risque de
l'alcool. Au niveau européen, la France est le dixième plus gros consommateur de boissons
alcoolisées, avec l'équi valent de 12,9 litres d'alcool pur par adulte et par an en 2006, selon l'Institut
de recherches scientifiques sur les boissons (Ireb). Cette consommation était de 26 litres il y a vingtcinq
ans.
Comment agit la molécule
Chez tout individu, le gaba 1 est un neurotransmetteur essentiel au métabolisme cérébral.
Abondamment présent dans le cerveau, il se fixe principalement sur deux types de sites, gaba A et
gaba B, et permet le passage de l'information nerveuse entre deux neurones connectés par une
synapse. On sait qu'un dysfonctionnement du système du gaba est à l'origine de troubles du système
nerveux. Lorsqu'un individu boit de l'alcool 2 , cette substance prend la place du gaba sur les sites
gaba A, mimant son action déstressante. Il en résulte une perturbation de la sensibilité de la
membrane du neurone par une modification du flux d'ions chlore qui la traverse. Lorsque la prise
d'alcool est chronique, la désensibilisation des récepteurs a des effets excitateurs et délétères pour le
comportement (tremblements, désorganisation du sommeil, delirium tremens...) Lorsqu'un individu
prend du baclofène 3, cette molécule a une action unique, que l'on ne retrouve dans aucun autre
médicament : elle est la seule capable de mimer l'action du neurotransmetteur gaba sur les sites
gaba B, à la fois en amont et en aval de la synapse. Ce faisant, le baclofène modifie la circulation
des ions calcium et potassium entre neurones. Pour l'instant, on ignore toujours en quoi cette
modification peut rétablir la perturbation synaptique induite par la consommation d'alcool ou de
stupéfiants.
Dr Olivier Ameisen
«Ecrire un livre était le seul moyen de livrer cette information aux médecins et à leurs patients»
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