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 Actualités Syrie

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ziril
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   28/11/2011, 12:46

Article propagande le monde. Lire avec esprit critique en veille.


Les jours du régime de Bachar Al-Assad "sont comptés"





Les jours du régime syrien "sont comptés" a affirmé, lundi 28 novembre, le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, avant de reconnaître que "les choses avancent lentement".

Invité de France Info, M. Juppé pense que la décison de la Ligue arabe de sanctionner économiquement le régime de Bachar Al-Assad va permettre de l'isoler encore un peu plus. "La Ligue arabe, qui a un poids considérable, vient de décider un certain nombre de sanctions qui vont isoler encore un peu plus le régime syrien", a-t-il souligné.

Face à la répression qui continue, M. Juppé a de nouveau affirmé la nécessité de créer des "corridors humanitaires [...] seule façon d'alléger à court terme le martyr des populations", pense-t-il. Il va falloire convaincre l'ONU, peu enthousiaste à l'idée de mettre en place cette demande de l'opposition syrienne. Samedi, la chef des opération militaires de l'ONU, Valérie Amos, estimait que "les besoins humanitaires identifiés en Syrie ne justifient par la mise en place de ces mécanismes".


LA GRANDE-BRETAGNE EN APPELLE À L'ONU



Le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, a appelé l'ONU à soutenir l'initiative de la Ligue arabe qui a adopté dimanche à l'encontre du régime du président syrien des sanctions économiques d'une ampleur sans précédent. La Grande-Bretagne salue l'initiative de la Ligue arabe "visant à mettre un terme à la violence horrible en Syrie", a souligné le chef de la diplomatie britannique dans un communiqué rendu public par le Foreign Office.

M. Hague a promis d'apporter son "soutien aux efforts de la Ligue arabe en vue de rétablir la paix en Syrie" et estimé que l'ONU ne pouvait pas "rester silencieuse sur les violences en cours". Londres se félicite de la décision de la Ligue arabe de s'adresser au secrétaire général de l'ONU à la première occasion afin d'obtenir le soutien des Nations unies dans la recherche d'un règlement de la situation en Syrie, a ajouté le ministre. La Grande-Bretagne continuera à maintenir l'attention de "la communauté internationale fixée sur la Syrie jusqu'à ce qu'un terme soit mis au bain de sang", a assuré M. Hague.



MANIFESTATION ANTI-SANCTIONS


Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées lundi à Damas pour dénoncer les sanctions imposées la veille par la Ligue arabe au régime du président syrien Bachar Al-Assad, a constaté une journaliste de l'AFP. Sur la place Sabaa Bahrat, au cœur de la capitale, les manifestants agitaient des drapeaux syriens géants et des portraits du président Assad en entonnant des chants patriotiques.

La télévision publique syrienne a diffusé des images du rassemblement, en qualifiant la Ligue arabe d'"instrument pour exécuter le plan occidental et américain contre la Syrie". "Ces décisions visent toutes les catégories du peuple syrien", a-t-elle affirmé, en référence aux sanctions économiques de la Ligue arabe, les premières d'une telle ampleur de l'organisation panarabe à l'encontre de l'un de ses membres. "Le conseil de la Ligue arabe punit le peuple syrien pour ses positions", a renchéri Al-Baas, journal du parti au pouvoir.


Source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/28/les-jours-du-regime-de-bachar-al-assad-sont-comptes_1609911_3218.html#ens_id=1481132&xtor=RSS-3208



PS: Article propagande de l'immonde, chacun lira entre les lignes les informations révélatrice d'une situation bientôt explosive.
Citation: "M. Juppé a de nouveau affirmé la nécessité de créer des "corridors humanitaires [...]"
Traduction: Juppé affirme la nécessité de créer des "corridors militaires" pour amener les armes aux "insurgés" et poursuivre la strategie de déstabilisation de la Syrie avant invasion de l'OTAN.
Nous arrivons bientôt au point de non retour... La troisième est proche.



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ziril
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   8/12/2011, 20:13

SYRIE Bachar Al-Assad - 07-12-2011 - ABC News




Citation :
SYRIE Bachar Al-Assad - 07-12-2011 - Grossière manip de ABC News au montage de l'interview entrelardée d'images visiblement non montrées à l'interviewé comme élément de preuves des accusations qui lui sont lancées par la "journaliste".


PS: Desolé, c'est en anglais sans traduction.
Pour vous faire une idée de la teneur des questions posées par la "journaliste", la première n'est pas mal dans son genre:

"Journaliste": La plupart du monde vous regarde comme un dictateur et un tyran. Que dites vous de ca?...

What a Face



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Bardamu
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   11/12/2011, 13:44

Les grandes puissances veulent la guerre civile en Syrie
mais ne parviennent pas à l’imposer !



Voici le complot occidental en Syrie.

Malgré tous les efforts déployés , toutes les tentatives faites pour déclencher la guerre en Syrie sont stériles et inefficaces malgré la puissance de l' Otan.


Les grandes puissances veulent la guerre civile en Syrie mais ne parviennent pas à l’imposer





Propos d’Amin Hoteit recueillis par la revue syrienne Thawra/alwehda, 5 décembre 2011


Le Docteur Amin Hoteit constate que la Syrie a réussi à déjouer le complot fomenté contre elle par des puissances étrangères ; complot dont les objectifs ont été clairement définis par le Président du « Conseil des clients d’Istanbul » [Monsieur Burhan Ghalioun] lorsqu’il a déclaré qu’il se préparait, une fois arrivé au pouvoir, à couper tout lien avec la résistance et à négocier la reconnaissance d’Israël en signant une capitulation du type « Camp David et Wadi Araba ». Pour déjouer ce complot, la Syrie a pu compter sur elle-même et sur un appui international et régional, notamment celui de la Russie, de la Chine, et de l’Iran.

Maintenant que la Syrie a réussi à isoler les insurgés dans une zone relativement étroite (le triangle Homs, Hama, Edleb) pour protéger la population de leur terrorisme et de leur barbarie, et alors que ses forces de sécurité continuent à opérer scrupuleusement selon une technique chirurgicale afin d’éviter un surplus de nuisance, l’Occident prétend craindre de voir la Syrie se diriger vers une « guerre civile » et se met à se lamenter sur le sort des agents terroristes à sa solde en les faisant passer pour des « civils pacifiques qu’il faudrait protéger ».

Une protection que l’Occident prétend assurer par l’intermédiaire d’une intervention militaire déguisée en « zone d’exclusion aérienne », ou « zone tampon », ou encore « couloirs humanitaires »… Autant de formulations qui impliquent l’usage d’une force militaire étrangère ayant pour but de paralyser l’armée syrienne et d’ouvrir la voie vers la prise du pouvoir par le « Conseil des clientélistes » ; mais étant donné qu’il est désormais certain que cette voie est actuellement verrouillée, il utilise tous les moyens possibles pour lancer ses mises en garde tout en faisant la promotion de ce qui inciterait à une « guerre civile en Syrie ». Est-il possible qu’une telle guerre ait lieu ?

Tenant compte des règles et des concepts admis en science militaire, le Docteur Hoteit rappelle qu’une guerre civile ne peut se déclencher que dans un environnement qui réunirait trois facteurs.

- Le premier concerne les pouvoirs officiels de la gouvernance et se traduit par un pouvoir faible et incohérent, une armée désolidarisée et divisée en groupuscules rejoignant à leur tour des forces populaires rivales, ou une armée totalement en décomposition permettant aux forces populaires et aux groupes armés de prendre le contrôle des casernes et de l’armement.

- Le deuxième est le facteur populaire qui se traduit par la division du peuple avec l’émergence de conflits et de peurs réciproques qui poussent chaque partie à prendre les armes pour chercher à contrôler une terre qu’elle interdit à l’autre, avant de la purifier par la déportation et les assassinats. Chacune de ces parties sent son existence menacée du fait de l’obstruction de l’horizon politique et de l’absence d’une force militaire officielle capable de la protéger, ce qui l’oblige à se défendre elle-même et par ses propres moyens.

- Le troisième est le facteur externe et se traduit par l’existence de puissances étrangères qui commencent par empêcher le dialogue et par conséquent l’accord entre les parties, puis leur fournissent armes, argent, et médiatisation ; et enfin, finissent par les conditionner psychologiquement pour qu’elles ressentent un danger imminent qui les incite à se battre.

Comme nous l’enseigne l’Histoire, ce sont là les trois facteurs environnementaux qui déclenchent une guerre civile. Un tel environnement existe-t-il ou serait-il susceptible d’exister en Syrie ?

D’emblée, nous voyons clairement que le troisième facteur existe, puisque nous sommes en présence de forces extérieures qui veulent la guerre civile, l’encouragent, empêchent le dialogue, et fournissent armes et argent à certaines organisations internes. Aussi, malgré les prises de position publiques des puissances étrangères mettant en garde contre une guerre civile, et leurs faux appels à la protection des civils, nous constatons que la Turquie ainsi que des pays arabes et occidentaux sont parties prenantes pour pousser à la guerre de toutes leurs forces disponibles et, par conséquent, si l’un ou l’autre de ces intervenants nie soutenir les terroristes ce n’est que pour éviter la défaite en cas d’échec.C’est pourquoi nous ne croyons pas le démenti des Français lorsqu’ils nient entrainer et armer les insurgés, comme nous ne prenons pas au sérieux les déclarations des Américains lorsqu’ils prétendent refuser de fournir des armes aux terroristes alors qu’ils sont les instigateurs acharnés de la guerre civile, et nous sommes confortés dans cette conviction par le comportement récent de Joe Biden en Turquie. Nous ne croyons pas non plus aux tentatives trompeuses des Arabes qui prétendent vouloir « arrêter le bain de sang et protéger les civils » pendant qu’ils fournissent aux insurgés armes et argent et mènent une guerre médiatique et psychologique contre la Syrie.

Pour toutes ces raisons, nous disons que l’un des trois facteurs prédisposant à une guerre civile est bien présent, et c’est le troisième. Il est externe et étranger à la Syrie. En revanche, comme nous le montre la réalité sur le terrain, les deux autres facteurs nécessaires sont actuellement absents.

En effet, le pouvoir et l’armée syriens continuent de s’acquitter de leurs responsabilités, puisque les trois forces [Armée, Sécurité, Forces de l’ordre] ont démontré leur capacité à préserver leur cohésion et leur unité, leur strict respect des décisions cohérentes du pouvoir politique, tout en faisant montre d’ingéniosité dans le traitement des opérations et des attaques terroristes, jusqu’à les confiner à une zone géographique limitée. De plus, le haut commandement dispose de forces d’intervention rapide de réserve capables de contrer toute opération qui viserait à provoquer l’étincelle susceptible d’ouvrir la voie vers la guerre civile. Quant aux allégations de ceux qui affirment que des dissidents ont formé une « Armée Libre », elles sont assurément fausses. Cette organisation armée, dirigée par un officier technicien à la retraite, ne comprend aucune unité militaire qui se serait désolidarisée de l’armée, mais rassemble des civils et des terroristes infiniment plus nombreux que les déserteurs de l’armée.

Cela signifie que le premier facteur est absent mais, qu’au contraire, les forces militaires sont bien présentes et travaillent à la sécurité des citoyens, leur épargnant la tentation de l’autodéfense armée pour sauver leur vie et protéger leurs droits.

Quant au facteur populaire, le troisième, ceux qui tirent prétexte de la défiance nouvellement apparue entre certaines communautés du peuple syrien du fait des exactions de terroristes et de takfiristes - qui prétendent tuer au nom de telle ou telle doctrine afin de, soi-disant, garantir leur droit à l’existence - devraient plutôt noter le haut degré de conscience du peuple syrien qui a su distinguer entre le terrorisme et la communauté à laquelle il appartient, et surtout qui a manifesté sa ferme condamnation de ces assassins qui n’ont « ni foi ni loi ». Le grand Mufti de Syrie en a témoigné avec une émouvante sincérité au moment même de l’enterrement de son fis assassiné, tout comme l’ensemble des représentants de toutes les communautés religieuses qui se sont déclarées prêtes à « offrir des milliers de martyrs à leur patrie et ont affirmé qu’elles ne se laisseraient pas entraîner dans la guerre civile ».

Autrement dit, semer la discorde pour arriver à monter les communautés les unes contre les autres n’est pas chose facile en Syrie, d’autant plus que les réalités civile et démographique empêchent de dessiner des frontières entre les multiples communautés et, par conséquent, ne se prêtent pas à la création de champs ou camps de batailles civiles. D’où l’extrême difficulté d’une opération extérieure qui chercherait à isoler et à armer massivement des communautés divisées [si division il y a, ce qui est hautement improbable] malgré le contrôle efficace des forces de sécurité et des forces armées déployées sur les frontières.

En outre, il faut tenir compte du peuple syrien lui-même, parfaitement conscient des grosses ficelles du complot fomenté contre son pays et profondément heurté par les déclarations récentes d’une prétendue opposition décidée à établir un gouvernement à la solde des puissances occidentales. Dès lors, les Syriens se posent la question de savoir si cette opposition ira jusqu’à les pousser à la guerre, voire à les anéantir, s’ils ne reconnaissent pas Israël et ne renoncent pas à tous leurs droits. La réponse passera certainement par l’unité nationale et l’adhésion populaire aux réformes en cours et aux positions du gouvernement, qui refuse de céder face à une telle opposition.

Ainsi nous voyons que l’Occident œuvre pour la guerre civile en Syrie parce qu’il a échoué à toutes les étapes précédentes de sa conspiration.

En effet, après avoir utilisé la Ligue Arabe contre la Syrie, l’Occident se réfugie derrière les organisations internationales qui lui sont inféodées, comme le Conseil des droits de l’Homme, Amnesty International, ou autres… Ce qui ne lui servira à rien et ne pourra certainement pas le rendre maître des décisions du gouvernement pour arriver à coloniser la Syrie, raison essentielle qui le pousse à chercher la guerre civile comme dernier recours pour arriver à ses fins et se sortir de ses propres difficultés.Mais il se trouve obligé d’admettre que ses tentatives ont été vaines. Alors, il persiste à mener ses tentatives de perversion secrètement et déclare tout le contraire publiquement, encore une fois, pour ne pas avoir à supporter les conséquences de son échec.

Et le Docteur Hoteit de conclure : La Syrie est plus avisée et plus grande que l’Occident ne le croit, pour se laisser entraîner dans une guerre civile ou se livrer à un clientéliste à la solde d’un colonisateur.


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28132


Amin Hoteit - Propos recueillis par la revue syrienne Thawra/alwehda
5 décembre 2011

Texte original d’Amin Hoteit en arabe :
http://thawra.alwehda.gov.sy/_archive.asp ?FileName=96485209220111205032747

Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal, le 7 décembre 2011
Version française sur le site de Silvia Cattori : http://www.silviacattori.net/article2489.html



[1]http://www.infosyrie.fr/decryptage/barbara-walters-dabc-news-parle-des-conditions-de-son-interview-avec-bachar/

[2]http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Alexandre-Adler/Videos/Fenetre-de-tir-pour-Bachar-al-Assad-853285/

[3]http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Syrie-interview-de-Bachar-al-Assad-a-ABC-il-dement-la-repression-361819/

[4] http://www.24heures.ch/actu/monde/onu-reunit-condamner-repression-syrie-2011-12-02

[5] http://www.silviacattori.net/article2475.html

[6]http://www.radioorient.com/Syrie-Amnesty-International-exhorte-l-ONU-a-reagir-contre-la-repression_a4924.html


Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

Lien vers tous les articles de Amin Hoteit sur mondialisation.ca
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=listByAuthor&authorFirst=Amin&authorName=Hoteit



Texte précédant l'article de Hoteit

En ce 7 décembre 2012, nous avons malheureusement dû constater, une fois de plus, le manque de déontologie, de responsabilité, et surtout de respect humain de la majorité de nos médias « traditionnels ». http://www.silviacattori.net/article2489.html

Les journalistes se sont tous rués sur l’entretien du Président syrien Bachar al-Assad, réalisé par Barbara Walters d’ABC News, pour le démolir [1]. Il ne s’agissait pas ici d’une énième vidéo ou reportage possiblement truqué, mais du chef d’État d’un pays souverain qui, depuis des mois, est injustement jeté en pâture. La Syrie, un pays où 45 communautés, au minimum, cohabitent en paix depuis des siècles, occupe en effet une position géostratégique et politique qui en a fait une cible prioritaire des Occidentaux et de leurs alliés dans la région.

A peine le Président syrien s’était-il exprimé, que tous nos médias l’ont aussitôt condamné. Et lorsqu’ils ne l’ont pas ouvertement calomnié, ils l’ont tourné en ridicule. Ainsi Alexandre Adler, commentant cet entretien sur Europe 1, [2] l’a qualifié de « surréaliste », et a décrété : « Il raconte des absurdités, je n’ai pas tué, tiré… c’est une façon d’occuper le buzz… ! ». Le buzz justement, dont Adler se sert pour nous resservir sa « guerre des religions »... Sujet toujours éminemment commode pour égarer les auditeurs.

Alexandre Adler ne parle plus des chrétiens, c’est devenu trop délicat… En revanche, il parle de sunnites détestant les chiites et inversement… Ainsi la fête chiite de l’Achoura est « une fenêtre de tir » pour Assad... Voilà que l’Irak aussi se met à le soutenir… en plus de tous les autres… Bref, à en croire Adler « nous sommes passés d’une guerre civile syrienne, qui s’intensifie de jour en jour à une sorte de politique des blocs régionale… ». Comprenne qui pourra !

Passer en revue les déclarations des uns et des autres serait péniblement répétitif. Paris Match [3] résume assez bien la doxa en vogue : « … Bachar al-Assad a sans surprise démenti toute responsabilité dans les violences qui ont fait plus de 4000 morts, sans envisager un instant de quitter le pouvoir comme le lui demande la grande majorité de la communauté internationale ». Toujours ce chiffre, non vérifié, de 4000 morts qui a pris valeur de dogme parce que retenu par la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Navi Pillay [4] dans un rapport pourtant vivement contesté pour sa partialité [5]. Sans oublier Amnesty International qui, par la voix de Michel Fournier [6], va jusqu’à accuser l’Armée syrienne de tuer des centaines de ses propres enfants, et voudrait que l’on s’attaque à la Syrie comme en Libye, et passe sous silence plus d’un millier de soldats massacrés par des takfiristes !

Quant à la légitimité de la demande de « la grande majorité de la communauté internationale », c’est à un ami syrien et francophone d’Alep qu’il faudrait l’expliquer. Profondément meurtri par les allégations mensongères de nos médias, qu’il suit jour après jour, il m’a adressé ce message :
« Je passe sur le fait que vos journalistes ne savent plus reconnaître la « dignité » d’un homme, mais ce qui me sidère est qu’ils ne se posent jamais les bonnes questions. Les gouvernants occidentaux déclarent que notre président, pourtant élu par le peuple syrien, n’a plus de légitimité. Mais comment peuvent-ils justifier la légitimité qu’ils ont accordée au président du CNT [président des rebelles] Bourhan Ghalioun que personne ne connaissait en Syrie avant les événements en cours [il réside depuis des décennies en France et enseigne à la Sorbonne] ? Est-ce une nouvelle loi du droit international [qu’ils viennent d’inventer après celle du « droit d’ingérence »] que la légitimité d’un président provient de ses tuteurs étrangers et non du peuple de son propre pays ?! ».

En attendant, l’impatience des puissances occidentales à voir s’installer une « guerre civile » en Syrie se heurte aux réalités sur le terrain, comme nous l’expose l’analyste politique libanais, Amin Hoteit.

Mouna Alno-Nakhal- 7 décembre 2011


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28132

http://sos-crise.over-blog.com/article-les-grandes-puissances-veulent-la-guerre-civile-en-syrie-mais-ne-parviennent-pas-a-l-imposer-92008389.html

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   14/12/2011, 08:02

Chemins de Damas

La Syrie derrière les mensonges médiatiques


Témoignage remarquable par Marie-Ange Patrizio : 1ère partie


Chers amis

Je reviens (samedi 19 novembre 2011) d’un voyage de 6 jours en Syrie, à l’invitation des Eglises d’Orient[1], autorisé par le gouvernement syrien, et, pour ma part, à la demande de Mère Agnes-Mariam de la Croix, dont j’ai fait la connaissance à la fin du mois d’avril 2011 après qu’elle a lu, sur le site du Réseau Voltaire, ma traduction du texte de D. Losurdo ‘Que se passe-t-il en Syrie ?’[2].

La logistique a été assurée en coordination avec Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire.



© photo Samira Saïdi
Marie-Ange Patrizio et Soeur Carmel une des trois religieuses fondatrices de l'Ordre de l'UNité d'Antioche, qui s'occupe du monastère avec Agnes-Mariam.


Prévu pour une cinquantaine de personnes au départ, et destiné prioritairement à des journalistes de la presse catholique, ce voyage n’a en définitive regroupé que 15 personnes arrivant de l’étranger : aucun français parmi les journalistes professionnels de la presse écrite ou radio-télévisée, mais : 5 belges, une journaliste venant de Madrid et un journaliste étasunien. Aucun membre de la presse française contactée n’a donc répondu favorablement et saisi l’occasion d’aller voir sur le terrain ce qui s’y passe. Paradoxe surprenant, alors que nos media ne manquent aucune occasion d’accuser la décision du « dictateur » Assad et de « son » régime d’empêcher les journalistes indépendants d’aller en Syrie. Nous pouvons donc témoigner aujourd’hui non seulement que des journalistes et contributeurs divers peuvent entrer officiellement dans ce pays, mais que certains de ceux qui se plaignent de la censure de ce régime sont aussi ceux qui refusent cette occasion extraordinaire quand elle leur est offerte : sous prétexte d’indépendance de la presse, ne pouvant pas entrer s’ils sont invités ?( !) La liberté ne serait-elle garantie que par la clandestinité dans un pays qu’on se hâte maintenant de déclarer en « guerre civile » ?

Les autres membres du groupe étions des représentants d’associations catholiques (Italie) ou des militants actifs sur Internet, pas (très) catholiques pour la plupart et avec - le moins qu’on puisse dire- des positions politiques hétérogènes.



Les copines © photo Marie-Ange Patrizio


Ce que je vous adresse aujourd’hui, taraudée par une urgence à rendre compte de ce séjour, n’est pas un reportage de journaliste, puisque je ne suis pas journaliste mais psychologue et traductrice, mais une lettre à des amis et camarades. Un témoignage, pour le moment partiel et non chronologique, de ce qui m’a frappée dès les premières heures passées dans ce très beau pays : l’ampleur incroyable, révoltante du mensonge que les media nous assènent ici sur la situation en Syrie. Mensonge en action et en omission, comme on dit. Ces notes seront suivies, ultérieurement, de récits détaillés de plusieurs séquences du voyage, représentatives de la situation actuelle, démontant et démentant l’intoxication époustouflante en cours depuis 8 mois sur les événements qui tentent de déstabiliser ce pays.

Avant tout, j’indique que les organisateurs nous avaient certes préparé un agenda chargé (et annoncé) mais pas obligatoire, bien sûr : chacun des membres de ce groupe a eu la possibilité d’assister ou pas - à visage découvert !- à tout ce qui était prévu, ou/et de quitter le groupe pour aller où il espérait aller, sans forcément avoir à dire où. Je dirai aussi que je ne connaissais pas la composition du groupe avant d’être sur place. Je n’ai constaté aucune entrave (à part des embouteillages monstres, même en Syrie, oui, même ces jours-ci) à une liberté de déplacement, ni aucune surveillance : je dirai même qu’à certains moments, je l’aurais presque appréciée, cette surveillance tant décrite et décriée ici.

Ne parlant pas arabe je me suis contentée (sans être jamais déçue) de rester dans le programme annoncé (et sans cesse bouleversé sous la pression des événements), y compris deux demi-journées pour faire un peu de tourisme. J’ai profité de ces moments d’inoccupation dans un programme dense et éprouvant, intellectuellement, moralement et physiquement, pour promener dans la ville de Damas, qui est superbe. Nous n’avons pas eu le temps de faire davantage d’escapades. A Saint Jacques le Mutilé (Qâra), nous n’avons eu que quelques heures (diurnes) pour promener dans et autour du monastère : j’y ai modestement participé à la fin de la récolte des olives (2 tonnes 4).

Je dirai donc en introduction : liberté, oui, de se déplacer et, en dehors de mon expérience du poste de frontière sur la route Beyrouth-Damas (que je relaterai plus tard sur le thème « que fait la police ? »), personne ne nous a jamais interrogés, ce qui s’appelle interroger, pas bavarder, sur notre présence et nos intentions. Les esprits supérieurs se gausseront : bien sûr, nous étions embedded… Je précise aussi à ce sujet que j’ai payé mon voyage[3], mais que je n’ai quasiment rien dépensé là-bas[4] : une amie syrienne, ici, m’avait dit qu’il était de toutes façons impensable de payer quoi que ce soit dans l’hospitalité syrienne. Chrétienne ou autre.

La liberté de déplacement, pour la plupart d’entre nous y compris les journalistes professionnels, pouvait par contre se trouver limitée plutôt par un élément central et banal dans toute région du monde : parler ou pas la langue du pays, en l’occurrence l’arabe. Je pratique un anglais précaire, et les Syriens parlent parfois le français. Pour tous les déplacements et rencontres, spontanés ou organisés, je n’ai donc, de façon très intéressée, quasiment pas quitté une documentariste algérienne (résidant en France) qui a eu la générosité de (se) faire notre interprète, en plus de son travail (filmer et enregistrer). L’autre interprète inlassable était Agnes-Mariam de la Croix. Le lecteur inlassablement critique pourra dire qu’elles traduisaient ce qu’elles voulaient : évidemment. Les enregistrements (par les journalistes et documentaristes du groupe) faits en arabe avec traduction simultanée permettront de vérifier la fiabilité des traductions. Je dirai ici ma surprise que les rédactions qui ont envoyé leurs journalistes ne leur aient pas aussi adjoint les services d’un interprète, élément essentiel d’un travail annoncé comme indépendant (étant, nous, aliénés dans nos idéologies) dès l’arrivée sur le terrain.

Au monastère et dans certains déplacements, les Sœurs Carmel et Claire-Marie, et deux frères de la communauté, tous quatre francophones, ont rendu notre séjour beaucoup plus confortable y compris matériellement, logistiquement, et moralement. Merci à vous tous de votre présence chaleureuse, constante et courageuse qui a transformé notre séjour. Et à notre patient chauffeur, depuis Qâra, dans la province de Homs et à Banyas.



Manif à LA © photo Marie-Ange Patrizio


La vie, quotidienne, banale, qu’on perçoit dans la rue c’est la vie d’une population qui supporte un embargo et des sanctions : rien moins quand même qu’un « génocide lent » pour reprendre l’expression de Webster Tarpley. Sanctions qui, par des mécanismes bancaires dont je n’expliquerai pas ici la complexité des rouages, entraînent, entre autres choses, l’augmentation des prix des carburants nécessaires au confort domestique : pour se chauffer, notamment, et il fait très déjà froid, et humide, en Syrie ces jours-ci. Sans parler du reste des effets des sanctions, sur quoi nos interlocuteurs ne se sont pas attardés. Les gens continuent à vaquer à leurs occupations avec suffisamment de tranquillité (je parle de la rue, des souks, des marchés etc. à Damas mais aussi sur les routes, dans les campagnes) pour qu’on se sente à l’aise aussi bien dans des ruelles désertes à la nuit tombée, qu’aux souks, ou dans les fabuleux monuments désertés par les touristes, ou au restaurant. Restaurants sans aucun doute beaucoup moins fréquentés qu’en période touristique ou dans le train-train damascène traditionnel (mondain ou non). Il n’y a pas de visiteurs étrangers actuellement en Syrie et le commerce doit s’en ressentir considérablement. En dehors d’un déplacement dans Damas, en cortège de 5 limousines noires qui se voulait sans doute une courtoisie de la part du gouvernement (seule intervention logistique des services du régime), nous n’avons jamais été escortés, sécurisés, surveillés etc. Je l’affirme ici malgré les allusions que j’ai déjà lues dans d’autres commentaires, sans que leurs auteurs ne donnent de détails.



Manif dansante © photo Marie-Ange Patrizio


Je reviendrai plus tard sur ce convoi protocolaire pittoresque et cocasse dans le paragraphe « Que fait la police ? ».

On s’est même perdu plusieurs fois… Comme surveillance (et protection), j’imaginais (et aurais -bêtement ?!- espéré à quelques reprises) autre chose.

L’atmosphère de guerre civile que nous décrivent lourdement nos media, stipendiés par les nôtres de régimes, je ne l’ai pas trouvée (tant mieux) ; et je peux dire que certains membres de notre groupe l’ont vraiment cherchée, librement. Librement pouvant inclure le service recommandé par leurs directions éditoriales. Dire et écrire autre chose que cette simple phrase : « il n’y a pas de guerre civile en Syrie », relève du mensonge. Dire qu’il s’agit d’un début de guerre civile impliquerait que nous eussions assisté (de près ou de loin, ou par des témoignages) à des affrontements armés et singificativement massifs entre des factions de la population, entre elles ou/et avec les forces de sécurité (armée, police etc.) ; la guerre civile n'oppose pas des groupes armés venus de l'extérieur à des soldats de l'intérieur. Dans ce cas cela s'appelle une agression militaire.



Al-Assad en vitrine © photo Marie-Ange Patrizio


Nous aurons l’occasion de revenir sur l’équipement des « insurgés ». Les collègues journalistes qui ont déjà documenté ce voyage ont eux-mêmes reconnus la réalité, terrorisante, atroce dans ses méthodes, de ces incursions depuis l’étranger de bandes de tueurs. Et c’est après chaque témoignage sur cette terreur que j’aurais, pour ma part, bien aimée être parfois plus escortée et surveillée. Et protégée. Le fait que j’écrive aujourd’hui alors que notre voyage était évidemment connu et surveillé par les donneurs d’ordre, étrangers, des escadrons de la mort, est la preuve que, justement, pour le moment au moins, nous pouvions encore circuler en sécurité et sans escorte.

Les Syriens que j’ai rencontrés sont d’une extrême hospitalité : et c’est un pays où il est agréable de se promener même en ce moment, du moins dans Damas. Ailleurs, l’atmosphère que nous avons vécue n’était pas celle d’une tension palpable, mais c’est nous, de là où nous venions, qui étions parfois très tendus (à Homs, à Banyas) : sous l’effet soit de ce que nous venions d’entendre de la part de certains interlocuteurs, victimes des escadrons de la mort, soit sous l’effet de la propagande à laquelle il est difficile d’échapper en France, Italie, Espagne, USA, Belgique ; même quand on est critique par rapport à ces media. Et dans les villes de Homs et Banyas, où nous avons vu et entendu ces victimes et/ou leurs proches, civils ou militaires tués, il est évident qu’il valait mieux être prudent. Le groupe de quelques uns des envoyés spéciaux qui est retourné une deuxième fois à Homs, avec Agnes-Mariam, est même tombé en panne à la sortie (« 10 Kms ») de la ville, à la nuit tombée, et nous a raconté ça le soir, sans drame. Ils sortaient pourtant d’une visite à la famille d’un homme qui avait été enlevé et massacré par les terroristes.

Dans nos déplacements, il était facile de se faire repérer comme étrangers, que les passants soient ou non de ces agents des services de sécurité dont on nous parle tant ici, et qui doivent être très discrets et parfaitement formés car, s’il y en avait, on ne les a jamais vus, ni entendus. Ou bien sommes-nous, nous, de gros benêts endoctrinés (au sabre et au goupillon, n’est-ce pas) et aveugles.

Nous n’avons vu aucun touriste étranger de tout notre séjour. Donc, ma foi, nous avons eu quelque succès …D’autant plus qu’on se baladait avec appareils photos, caméras, carnets de notes etc. Les gosses demandaient (plus ou moins discrètement !) qu’on les prenne en photo ; et ceux qui n’étaient plus des gosses assumaient qu’on les enregistre, à l’improviste, et à visage découvert (eux et nous), donnant (et nous aussi) les noms, adresses etc. A l’opposé exactement de ce que nous a par exemple montré le reportage, diffusé par Arte, de Madame Sofia Amara (dont je vous recommande, pour avoir une idée de sa fiabilité, d’aller voir sur Internet quelles frasques elle a faites avant de se reconvertir avec un grand sens de l’opportunisme dans le prétendu reportage de vraie guerre humanitaire)[5].

Nous avons été le premier groupe de presse entré officiellement en Syrie depuis le début de l’ « insurrection » : je dis officiellement pour signifier que les autres journalistes, ou prétendus tels, sont entrés (si on les croit, car on n’a quand même pas trop de preuves avérées de leur séjour dans le pays) clandestinement[6] : on est en droit, donc, de se demander quelle indépendance ils ont par rapport aux escadrons de la mort qui sévissent dans certaines villes et régions proches des frontières -c’est plus facile pour le moment- où sont établies leurs bases arrières.

Les véritables opposants au régime se déclarent, afin de faire connaître leurs revendications : parmi lesquelles l’ouverture, officielle, assumée, à la presse étrangère.

Depuis qu’a commencé la tentative de déstabilisation du pays, il me semble évident que le « régime » a intérêt à contrôler ceux qui entrent : il y a assez de bandes de tueurs qui s’infiltrent sans, en plus, avoir la stupidité de laisser venir n’importe qui, sous prétexte de prouver -à des gens qui ne veulent de toutes façons rien en savoir- qu’on ne serait pas un régime dictatorial.

Le mot qui revient toujours quand les gens vous abordent c’est « Welcome » ; il paraît que c’est une tradition en Syrie. Mais cette tradition a en ce moment une tonalité particulière pour le visiteur, avec tout ce que les Syriens entendent venant de nos pays : car, eux, ils ne regardent pas que les chaînes de nos media dominant la désinformation. Ils regardent et savent ce que nous on entend mais ils regardent aussi d’autres chaînes, indépendantes : celles n’appartenant pas aux monarchies (libres…) du Golfe. Et ils ont des moyens d’information pour se faire leur propre idée ; d’autant plus, évidemment, que eux sont sur place, à la différence des journalistes ici qui répètent, sans se déranger sur le terrain, ce que leurs rédactions leur commandent.

Dans la rue donc, après vous avoir dit Welcome les passants vous disent souvent We love Assad et, si vous vous présentez comme français, Sarkozy (et parfois Joupé) bad, bad en faisant le geste (sans équivoque), de celui qui écrase quelque chose sous son talon : et ils appuient bien fort, bien franchement. Propagande ? Alors ils sont une majorité, chez les jeunes surtout, à être complètement intoxiqués et aveuglés par le régime : à ce degré de masse, ça deviendrait une dictature populaire… Question à propos du niveau d’information des passants dans les rues de la « dictature » syrienne et chez nous où règne la liberté de la presse et d’opinion etc. : qui, ici, pas dans la rue mais même chez les gens informés, connaît le nom du ministre syrien des affaires étrangères ?

Pour le lecteur perplexe, je précise que je parle ici non pas seulement des gens rencontrés dans les rendez-vous organisés (embedded, n’est-ce pas) mais dans la limite de 6 journées : dans les rues de Damas, avec des passants qui faisaient leurs courses ; sur les routes, lors des haltes imprévues ; dans les rues de Homs, où nous avons débarqué après avoir été reçus par le gouverneur avec des représentants des hiérarchies chrétiennes et deux membres de l’opposition présente dans le pays. Tous donnant leurs noms et téléphones et acceptant d’être filmés et enregistrés : pour eux, tous, aussi, mise en scène du régime ? C’est possible mais alors la comédie était déjà assez critique contre le régime : digne de passer chez nous dans certaines émissions un peu plus indépendantes que la majorité des autres.

Et dans tous les cas, et même pour les deux personnes de l’opposition rencontrées à Homs, il y avait une distinction entre la critique du régime, dont ils pensent qu’il doit être largement et profondément réformé -avec leur participation- et celle du président Bachar al Assad : tous les gens que nous avons rencontrés, spontanément, pseudo-spontanément si la Syrie est totalement contrôlée par les services de sécurité, ou de façon partisane (par exemple certains membres du Parti Baas, dont il était inutile qu’ils nous disent qu’ils étaient membres du parti : c’était évident), tous ont fait cette distinction : apparemment, dans tous les avis que j’ai entendus (y compris avec ma voisine syrienne dans l’avion, installée à Paris depuis plusieurs années, à qui j’envoie ce texte), le président Bachar Al Assad est à l’écart, personnellement, de la masse des critiques. Exceptionnalité d’un régime dictatorial qui serait assez soudé et généreux pour laisser le chef à l’abri et prendrait sur lui toutes les critiques ? Ceci est une des composantes les plus surprenantes pour moi du mensonge époustouflant et grossier des media ici, qui désignent Bachar Al Assad comme un dictateur haï par la population.

Dans ce que j’ai entendu -toujours dans les deux sortes de rencontres : programmées et imprévues- de la critique contre le régime, ce qui revient le plus souvent et avec force est : la bureaucratie, la corruption, l’absence de liberté de parole : critiques, toutes, que nos interlocuteurs attribuent au régime instauré par le père de Bachar mais qu’ils sont prêts à ajourner face à la seule urgence : défendre leur pays, la nation, contre l’agression étrangère. Défendre leur société, leur civilisation, dont ils ne cessent de dire avec fierté qu’elle est plurielle depuis longtemps et que c’est ce qui fait sa solidité. Nous avons rencontré (de façon organisée, oui, annoncée et assumée comme telle) pas mal de chrétiens, mais pas seulement : tout le monde est d’accord sur ce point : ils parlent avant tout en tant que citoyens syriens, pas comme membres de telle ou telle religion, ou association ou parti : même s’ils ont l’honnêteté d’annoncer la couleur -et dans le clergé des églises orientales, souvent éclatante, la couleur !

Ce qui revient toujours aussi c’est la désignation précise de leurs agresseurs véritables, hors du pays : monarchies du Golfe, Qatar, fondamentalistes et capitalistes au service des USA et Israël. Désignés nommément et dans une analyse politique sans faille. Tous témoignages et déclarations (à quelques rares exceptions près) à visage découvert. Nous y reviendrons.

Le dimanche matin (13 novembre 2011) nous avons assisté à la fin d’une manifestation gigantesque : déclenchée par la décision, samedi 12 novembre[7], de la Ligue Arabe (disons plus clairement : Ligue des Arabes du Golfe[8]) de suspendre la Syrie de sa qualité de membre : les citoyens syriens que nous avons rencontrés étaient partagés entre la consternation et la révolte.

Nous arrivons dans une des grandes artères de la ville quand la manifestation est terminée ou presque : nous allons rester sur le terre-plein séparant les deux voies environ deux heures durant, pendant qu’une partie des manifestants quitte le cortège (par une des trois voies d’évacuation possible) : pendant ces deux heures de retour de manif, nous voyons passer des gens souvent souriants, en famille majoritairement, ou par groupes de jeunes qui viennent parler avec nous : toujours les mêmes mots (voir plus haut) et slogans scandés ici gaiement (voire en dansant). Les filles qui se donnent le bras en léchant leurs chupa chups : allures de kermesse, parfois.

Même sans comprendre l’arabe, on identifie assez rapidement un phonème : repérable car il revient sans cesse marteler les interventions des passants ou des orateurs encore au micro, dans ou hors des restes de cortège : Syria (prononcer : Souria). Et je suis frappée aussi par la gravité des jeunes quand ils s’immobilisent pour chanter l’hymne national. Pas parce qu’ils ont gagné un match de foot ; pour défendre leur nation. Embrigadés ? Mais alors, quelle est la proportion dans la population globale, de ces gens qui descendent dans la rue, pas pour écouter en rangs un discours de propagande bien formaté, mais vivants : dansant, chantant, riant, posant pour la photo ? Sous la contrainte ?

Ce dimanche-là, à Damas, alors que la Syrie venait d’être mise au ban de la Ligue Arabe, j’ai reçu une leçon sur les termes : patrie, patriotes. Qu’ils revendiquent (très majoritairement apparemment) ou pas leur admiration pour Bachar Al Assad, tous ceux qui sont là, dans les rues de Damas (et ce sera constant dans toutes nos rencontres spontanées ou organisées) sont avant tout des patriotes, c’est leur nation qu’ils défendent.

Ces salves de slogans (dont ceux « pro Assad »), quelle que soit la réalité de ce pouvoir que je ne connais pas (encore), ont été un des moments impressionnants de ce voyage. Elles avaient une force et une beauté qu’on n’entend pas (plus ?) dans nos pays gavés de libertés d’expression, de droits de parole etc. : celles de l’unité d’un peuple qui est debout, conscient de ce qu’il risque de perdre.

Ces premières impressions seront complétées par des comptes-rendus plus circonstanciés et précis, sur ce que j’ai vu et entendu : impressions, observations non impartiales ? Qui prétend l’être ? Le ministre français des Affaires étrangères qui veut « sauver par des couloirs humanitaires des populations civiles », ingérences qui le conduiront peut-être un jour devant la CPI, avec ses chefs de bande de l’Elysée et Matignon, pour complicité de crime de guerre (assassinat de prisonniers de guerre : Kadhafi, entre autres) et crime contre l’humanité (embargo génocidaire) ? Bernard-Henri Lévy ? Je me limite dans cette lettre à la dénonciation du mensonge, pas à celle de l’obscénité.

« Nous [Syriens, de tous bords] sommes dans un ghetto médiatique, blocus médiatique et nous supplions ceux qui ont la justice, l’équité [au cœur] et qui oeuvrent dans les media de montrer la vérité. Nous ne voulons rien d’autre que montrer la vérité », nous a dit un des représentants de l’opposition à Homs[9].

J’ai lu, vu et entendu depuis mon retour, quelques reportages de nos collègues envoyés spéciaux, présents avec nous en Syrie. « Une part de vérité »[10] annonce l’un d’eux, ménageant l’éventualité de ne pas avoir « tout » vu dans ce « voyage bien balisé par le régime en place mais malgré tout utile ». Ne peut-on entendre aussi dans ces quatre mots un effet du retour d’autres parts de vérité, perçues mais refoulées ? Les auteurs auront leurs raisons, multiples. Mais, fut-ce dans l’équivoque d’un titre, cette autre part peut resurgir, et, à l’insu de l’auteur, produire des effets. On a des précédents fameux dans la région : tel ce fonctionnaire de police zélé au service des occupants impérialistes de l’époque, terrassé (par quoi ?) sur le chemin de Damas. Avec vingt siècles d’effets, en tous genres.

Pendant qu’il en est encore temps, nos directeurs de rédaction occidentaux -européens, étasuniens, israéliens, impérialistes, détenteurs d’armes de distraction de masse[11]- ne perdraient rien à faire un peu d’histoire : la Syrie est un livre rare, à cet égard, et je crois que ses habitants défendent davantage cette richesse là que leurs puits de pétrole.



Marie-Ange Patrizio,

Damas 19 novembre - Marseille, 24 novembre 2011

Notes

Post scriptum : site du monastère de Saint Jacques l’Intercis : http://www.maryakub.org/medias.html et deirmaryakub@gmail.com

Voir aussi la revue de presse transmise le 22 novembre par le Réseau Voltaire :

Cette revue de presse ne comprend pas les émissions sur les télé libanaises (OTV, Al-Manar, NBN) et syriennes.

LA LIBRE BELGIQUE (Christophe Lamfalussy )

« Nous apportons une part de vérité »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

« Des corps mutilés à Homs »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/700974/reportage-des-corps-mutiles-a-homs.html

21 novembre

« Même les éboueurs sont liquidés »
http://www.lalibre.be/actu/international/article/701555/syrie-meme-les-eboueurs-sont-liquides.html

22 novembre

RTBF
http://www.rtbf.be/info/media/video_jt-19h30?id=1412873&mediaset=rtbfinfo--les-derniers-jts&type=video

Journal de 20h de la RTBF, 21 novembre

FRANCE INTER

http://www.franceinter.fr/emission-journal-de-8h-journal-08h00-221111

Journal de 8h France Inter 22 novembre

Reportage de la correspondante RTBF à partir 7mn55s.

IRIB (service français)

Entretiens Thierry Meyssan
http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154346-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais
http://french.irib.ir/analyses/interview/item/154416-thierry-meyssan-journaliste-fran%C3%A7ais

Table ronde : « Syrie vers la guerre civile ? »
http://french.irib.ir/programmes/table-ronde/item/154577-table-ronde-syrie-vers-la-guerre-civile?

RUSSIA TODAY

« Mossad vs Assad? 'CIA death squads behind Syria bloodbath' » with Webster Tarpley
http://www.youtube.com/watch?v=5L49L6iZSSg&feature=channel_video_title



[1] Lettre d’invitation fournie sur demande.

[2] Pour ceux qui ne les auraient pas encore lus voir : http://www.voltairenet.org/Que-se-passe-t-il-en-Syrie et http://www.voltairenet.org/Au-crible-des-informations

[3] 389 euros avec Syrian airlines, plus 150 dollars de taxi privé et non collectif, de la banlieue éloignée de Beyrouth à la porte de l’aéroport de Damas, minuit-5 h du matin. Pas une vraie ballade.

[4] En dehors des achats de souvenirs et quelques taxis pris à l’improviste, et de mes visas : arrivée en Syrie puis retour du Liban = 23 euros puis 12 dollars, cash : avec l’embargo les cartes de crédit ne fonctionnent plus.

[5] http://www.20minutes.fr/medias/803532-sofia-amara-ils-tirent-tout-filme et
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27111

[6] Je ne parle pas ici du voyage de Pierre Piccinin http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-mensonges-et-manipulations-80384964.html

[7] Voir
http://www.20minutes.fr/monde/iran/826190-suspension-ligue-arabe-syrie-erreur-historique-selon-officiel-iranien
et http://www.babnet.net/rttdetail-41213.asp

[8] Tous grands démocrates et champions de la liberté pour tout ce que vous voulez : la presse, la pluralité des partis, les femmes bien sûr -au volant et ailleurs-, contre la corruption etc.

[9] Ecrivain et poète, aaalnaem@gmail.com

[10] http://www.lalibre.be/actu/international/article/701436/envoye-special-en-syrie-nous-apportons-une-part-de-verite.html

[11] http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27233

Autre lien : http://www.maryakub.org/SrCarmel.html




Marie-Ange Patrizio : psychologue clinicienne, depuis 35 ans dans un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés à Marseille, militante anti-impérialiste et traductrice.

Articles de Marie-Ange Patrizio publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27859

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   14/12/2011, 08:58

Dans la vallée de l'Oronte

Où en est l’agression contre la Syrie ?


Témoignage par Marie-Ange Patrizio : 2ème partie





Je reprends mon récit à partir de ce que j’ai entendu cette semaine sur la Syrie dans nos media, et en particulier sur Homs. « Images volées qui mettent en danger la vie de ceux qui font ces images », « au-delà (sic) de la barbarie » (?!). « D’abord qu’est-ce qui reste de la ville ? On a des images de l’Égypte, mais de la Syrie rien ou presque rien » (1). Et pas grand-chose de plus après ces émissions et reportages.

J’illustrerai mon récit, aujourd’hui et plus tard, par quelques photos, faites à visages découverts : le mien et ceux des gens que j’ai photographiés avec leur permission ou à leur demande. Je mettrai tout au long de mon récit les dates, noms des lieux et des gens rencontrés. Au point de sauvagerie irrationnelle où en est l’agression contre la Syrie, tous ces témoins savent que rien ne peut les protéger contre les agresseurs : ils demandent qu’au moins on dise ce qui leur arrive.





Vallée de l'Oronte, Syrie © photo Marie-Ange Patrizio


J’appelle escadrons de la mort, sur la base des informations que nous avons tous entendus (voir reportages de nos collègues journalistes belges non suspects de complicité idéologique avec le régime (2)), les groupes d’assaillants arrivant d’au-delà des frontières, armés parfois de façon très sophistiquée et coûteuse, nécessitant donc un entraînement militaire dans des camps (Liban ? Turquie) et embauchant sur place des Syriens appâtés par le gain : « délinquants de droit commun », « drogués », « malades mentaux », « faibles d’esprit ». Tarifs rapportés par certains interlocuteurs : 100 dollars pour une manifestation « pacifique » contre le gouvernement, 400 dollars pour le coup de feu (et atrocités qui vont avec) : équivalent du salaire syrien mensuel moyen. Qui paye ? Qui entraîne ? Qui commande ?

Des réponses seront proposées par les gens rencontrés : pas par des anonymes, et pas, comme disent D. Pujadas et Martine Laroche-Joubert (3), avec des images « volées » de quelques secondes chacune, « car c’est très difficile, très dangereux » de faire des photos ou des films en Syrie : c’est faux, tous les membres de notre groupe qui peuvent parler librement, c’est-à-dire sans contrôle ou commandes de leurs rédactions, peuvent en témoigner.

Je donnerai aussi tout au long de ce récit des détails qui vous paraîtront peut-être inutiles et/ou incongrus mais qui montreront justement dans quelle atmosphère on peut pour le moment faire des photos, parler, enregistrer des passants, et se déplacer même à Homs et dans ses alentours, dans la semaine du 13 au 19 novembre 2011. Quand je ne donnerai pas précisément les noms de lieux et de personnes, c’est que je ne serai pas arrivée à transcrire les mots arabes, et/ou que mon matériel de journaliste très amateur était défaillant ou incomplet. Des cahiers, carnets et crayons font aussi l’affaire mais quand on écrit vite, on a du mal à se relire… Vous pourrez compléter le plus souvent avec les autres textes et travaux d’autres rédacteurs, membres de notre groupe.



Marie-Ange patrizio et le gouverneur de Homs. © photo Samira Saïdi


Nous sommes partis mardi 16 novembre en fin de matinée du monastère de Saint Jacques l’Intercis (voir site Monastère Saint-Jacques le Mutilé) pour un rendez-vous à 13h chez le gouverneur de la région de Homs (équivalent d’un préfet de région ici). Nous avons pris l’autoroute venant de Damas et allant à Alep via Homs. Route bien asphaltée qui longe en partie les Monts de l’Anti-Liban : paysages arides avec ce jour-là de beaux nuages dans le ciel (photo ci-dessus). Froid. A mi-parcours environ, nous faisons une halte sur le bas-côté, qu’on appellerait ici bande d’arrêt d’urgence. Le chauffeur nous indique qu’on peut acheter quelque chose à manger : il y a sur le bord de l’autoroute une sorte de petit abri sous lequel un jeune homme fait des pizzas dans un four traditionnel : la pizza est cuite sur la cendre.



Four traditionnel, Oronte © photo Marie-Ange Patrizio


Nous en achèterons dix parts pour l’équivalent d’un peu moins de trois euros. Exquises. Nous les mangeons tranquillement en bavardant avec le « pizzaiolo » : j’apprends que la pizza n’a pas été inventée à Naples mais ici en Syrie. A vérifier, puisque, là aussi, nous pourrions être victimes d’intoxication (pas alimentaire, du « régime »). Quelques-uns d’entre nous s’éloignent de la route à la recherche d’un « petit coin ».

De l’autre côté de l’autoroute, une statue monumentale de Hafez El-Assad domine la colline.




Syriens, Oronte © photo Marie-Ange Patrizio


Arrivée à Homs (4), après environ 1 heure de route, à vitesse constante et tranquille ; pas le moindre barrage, pas le moindre checkpoint à photographier… Au grand rond-point de l’arrivée à Homs, où trône une autre statue d’Hafez al-Assad de taille tout à fait raisonnable par rapport à celle de l’autoroute, enfin un « checkpoint », mais plutôt pitoyable : quelques sacs de sable sur le bord de la route (qui ne la barrent pas), d’un mètre de hauteur environ, un petit drapeau effiloché planté dessus, et le portrait de Bachar al-Assad posé à côté (avec un petit bouquet de fleurs en plastique).



Barrage, Oronte © photo Marie-Ange Patrizio


Les trois ou quatre soldats qui sont censés faire un checkpoint nous font signe de nous arrêter : une voiture nous attend sur le côté qui va nous guider vers le rendez-vous avec le gouverneur. Trois ou quatre hommes en costume ou manteau, et cravate, sans doute des fonctionnaires ou membres du parti Baas, vont nous accompagner sans discrétion pendant toute l’après-midi à Homs. Pas d’escorte pour nous surveiller, nous protéger ni nous ouvrir la route qui de toutes façons est tout à fait ouverte : il y a de la circulation dans Homs à cette heure-là, mais pas d’embouteillage. Sur les trottoirs, vie apparemment banale de passants et enfants ou jeunes peut-être sur le chemin de l’école. La plupart sont seuls ou en petits groupes comme on peut en voir chez nous. Notre minicar n’attire pas l’attention. Nous ne traversons qu’une partie de cette ville qui est paraît-il très grande (plus d’un million et demi d’habitants) ; nous n’avons peut-être pas eu autant de temps pour circuler que Manon Loizeau, clandestine et guidée par les « insurgés », qui a déclaré sans peur du ridicule « nous ne voyons pas l’armée de Bachar al-Assad mais elle est partout ». Nous arrivons dans une villa sans barrage à l’entrée et, en apparence au moins, peu sécurisée par des troupes armées. Dans le hall de la villa, oui, forces de sécurité discrètes mais présentes. Qui restent à l’écart et bavardent de façon parfois bruyante, pendant l’entrevue avec le gouverneur Ghassan Abdel-Al et trois membres d’Églises dont je n’ai pas noté les différentes obédiences ; l’un des trois sert d’interprète.



Entretien avec le gouverneur Ghassan Abdel-Al © photo Marie-Ange Patrizio


On nous sert cafés et thés, et quelques biscuits. A la fin de la séance, une jeune femme vient nous servir un sandwich (très bien garni) et une boisson chacun, à emporter : pas de réception luxueuse mais une hospitalité chaleureuse.

Le gouverneur (arrivé après le début de la crise) résume la situation à Homs, depuis le début des événements. Je ne rapporterai ici de son intervention que la réponse à ma question, à la fin de notre débat : « Avez-vous dû fermer les écoles pendant les journées les plus dures de ce que les media européens nous ont décrit comme une "insurrection" populaire ? Avez-vous dû fermer les services publics, et les marchés ont-ils pu continuer à être approvisionnés ? »

Réponse (extraits) :

« Les mouvements (des groupes armés) ont souvent eu lieu au moment ou juste avant l’ouverture des écoles (comme les premiers bombardements à Gaza, le samedi 27 décembre 2008, à 11h30, ndr) ; je ne peux pas du tout accepter que quiconque puisse arrêter ou troubler la vie de nos étudiants ; il y a eu des attaques, des troubles qui essayaient d’empêcher les écoles d’ouvrir, d’empêcher les enfants d’aller à l’école ; des coups de feu le matin pour jeter la panique, pour terroriser la population et contraindre les familles à garder leurs enfants chez eux ; ils ont attaqué et brûlé 7 établissements scolaires.

[…] Le samedi (12 novembre) après la résolution de la Ligue Arabe, des gens ont manifesté pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord » [avec sa position de ne pas faire intervenir l‘armée ou les forces de sécurité contre les fauteurs de troubles ; les manifestants demandaient le déploiement de ces forces dans les rues et sur les toits des immeubles pour protéger la population].
« A Homs et district, il y a 1630 établissements scolaires (vérification faite ensuite car mes notes me semblaient incertaines) (5) et une dizaine d’écoles ont dû être fermées pendant plusieurs jours, dans le quartier de [X] (je n’ai pas su transcrire le nom arabe) où ont eu lieu les plus gros troubles » ; cela nous donne une proportion de l’ampleur des troubles dans la totalité de la ville. « Le territoire de Homs équivaut à peu près à quatre fois la superficie du Liban ».
« Il y a eu 755 civils tués, 142 militaires (police et soldats, qui sont des conscrits), les listes des victimes (blessées, enlevées et tuées) sont à votre disposition. » (Mère Agnes-Mariam a recueilli ces listes, elle les fournit à qui les demandera et voudra bien les traduire de l’arabe)

Question d’un autre membre du groupe : « Qui sont les agresseurs ? »
Réponse du gouverneur : « Pensez-vous qu’il soit possible de dire que c’est l’État qui tire sur ses citoyens en tant qu’État ? »

Intervention de l’archevêque de Homs, Mgr Georges Kassab.
« […] Je voudrais commencer par parler des troubles fomentés par certains media : Al Jazeera, Al Arabya, et au Liban, et vous dire ce que j’ai vu de mes propres yeux.
Devant la porte de l’archevêché, dans le quartier ancien de Homs, j’ai vu un homme sur sa mobylette qui parlait avec un correspondant de Al Jazeera et qui disait "voilà je suis à Deraa et j’entends des coups de feu très forts". C’est notre gros problème : nous vivons surtout ces troubles médiatiques ; nous en tant que chrétiens, nous ne sommes pas isolés dans ce pays, nous existons, nous avons une histoire de 600 ans avant l’Islam et nous avons collaboré quand l’Islam est arrivé dans cette région, nous avons collaboré ensemble à faire l’histoire et notre civilisation. Je voudrais vous assurer que nous n’avons aucun complexe d’infériorité, ni de peur ni de phobie et que nous travaillons en toute liberté.

Le problème est arrivé ici et a touché tous les Syriens. En tant que chrétiens nous nous trouvons dans tous les domaines et fonctions publics.

Quand nous parlons de groupes armés, peut-être y a-t-il même des chrétiens faibles d’esprit qui font partie de ces groupes armés ? Nous avons eu des martyrs, des chrétiens victimes de ces groupes, et ces groupes armés ont fait courir le bruit que c’était des militaires qui ont tiré, alors qu’on nous a dit, à nous, on vous tue parce que vous collaborez avec le régime.

Les manifestations ont commencé par être calmes, puis avec des armes blanches, puis tout d’un coup (ce mot « tout d’un coup » est quelque chose qui revient dans tous les récits, partout, quels que soient les personnes que nous avons rencontrées, ndr) il y a eu des armes très sophistiquées, d’origine européenne, américaine. (« Des balles à un euro pièce » nous dira plus tard un militaire : « qui peut les payer ? »)

Il y a une absurdité : comment peut-on parler de manifestations pacifiques quand on voit toutes ces armes ? »

Intervention d’un opposant (6) présent à cette réunion, écrivain et poète, qui a participé aux rencontres consultatives du dialogue national, il parle en arabe.

« J’habite dans une rue où vivent plusieurs confessions ; nous n’avons jamais connu de conflits confessionnels ; nous nous demandons d’où est venue cette calamité confessionnelle. A ceux qui ne savent pas, nous disons que ce sont les services de la Cia qui ont fondé ces groupes terroristes qui lancent leurs anathèmes.
La Cia a formé les groupes talibans en Afghanistan, les a exportés dans les régions qu’elle veut déstabiliser. Pourquoi ?
Le problème axial de cette région c’est le problème de l’occupation israélienne de la Palestine, de ceux qui veulent en Palestine une nation juive, qui agissent parallèlement aux USA et centres de décision européenne pour déstabiliser la Syrie sur des bases confessionnelles […].
J’attire votre attention sur le fait que les forces de l’ordre [ont eu] à affronter les manifestations sans aucun arme alors que nous citoyens demandions le contraire ».

Je reviendrai sur les ordres de ne pas tirer sur les manifestants donnés par le président Assad, dans le récit fait par un sergent que nous avons rencontré le lendemain à Baniyas.

« Aujourd’hui la Syrie se construit par un rassemblement consultatif qui rassemble différentes factions politiques syriennes, c’est le président de la République qui l’a lancé. Il est allé plus haut que ce que les factions opposantes ont demandé. Accords 1) sur le multipartisme, 2) loi sur les élections générales, 3) loi pour la liberté de la presse, et d’autres lois traitant du multipartisme.
L’opposition n’est pas cohérente (homogène ? ndr) dans ses orientations ; elle a été créée par la Turquie et les services secrets de l’OTAN : c’est le Conseil national formé et proclamé à Istanbul (présidé par Burhan Ghalioun, ndr). Ceux-là refusent tout dialogue avec l’État. Mais il existe des forces d’opposition à l’intérieur (de la Syrie, Ndr) qui ont ouvert le dialogue avec l’État. Nous avons le problème de l’absence de fiabilité médiatique dans le monde. Les media qui sont venus et ont constaté les charniers de cadavres découpés à la scie sont retournés chez eux et n’ont pas montré ce qu’ils ont filmé. Nous sommes dans un ghetto médiatique, dans un blocus médiatique et nous supplions ceux qui ont au cœur justice et équité, et tendresse et compassion […] et qui œuvrent dans le monde, de montrer la vérité. Nous ne voulons rien d’autre que la vérité ».

Nous quittons nos hôtes en fin d’après-midi pour nous diriger vers un quartier où se trouve une manifestation : les gens sont en rang le long du trottoir avec des jerricans vides, ils font la queue pour une distribution de mazout pour le chauffage. Ils refusent qu’on les prenne en photo. De là, nous rejoignons un groupe de manifestants qui réclament le départ du gouverneur à cause de son incapacité à faire baisser le prix du fuel et de son refus (pour le moment) de faire poster l’armée dans les rues et sur les toits pour protéger les habitants : la manifestation n’est pas hostile à Assad, ils ont aussi des portraits du président mais réclament le changement du gouverneur. Quand ils apprennent qui nous sommes, un groupe nous emmène vers un petit hôpital de quartier (dispensaire ?) où nous rencontrons, dans un climat un peu confus, des rescapés blessés par les groupes armés ; ils montrent leurs blessures, racontent les embuscades : vous trouverez ces témoignages (en partie) dans les articles de nos collègues journalistes belges. Une femme médecin-anesthésiste arrive au bout d’une demi-heure peut-être, de chez elle où elle a été prévenue, et raconte ; elle montre la photo sur son portable d’une fillette de 3 ans assassinée, qu’elle a reçue en urgence à l’hôpital.

Un autre nous montre une vidéo qui circule sur Internet, postée par les groupes armés pour terroriser la population : pourquoi Manon Loizeau et M. Laroche-Joubert ne nous les ont-elles pas montrées, celles-là, d’images « volées » ? Filmée par les assassins, c’est l’égorgement d’un homme enlevé par les groupes armés : c’est insoutenable. Je ne regarde plus aucune de ces vidéos qu’on nous montre.



Pharmacie © photo Marie-Ange Patrizio


Je m’éloigne et photographie la petite pharmacie du dispensaire, pour le moment encore bien achalandée malgré notre embargo et nos sanctions. Combien de temps les patients du quartier trouveront-ils encore ces médicaments courants ?

A propos des effets, sur l’approvisionnement en médicaments et mazout, de l’embargo et des sanctions imposés grâce à nos régime européens, j’insère ici le courrier d’une Syrienne travaillant à Paris, jusqu’ici opposante au régime mais consciente des priorités actuelles d’union nationale, dont le père est mort d’un cancer cet été à Homs. Elle m’a contactée après avoir lu ma lettre Chemins de Damas :
« Le médicament qu'aurait dû tenter mon père, est fabriqué par Bristol-Myers Sqibb (7) qui pratique un embargo sur la Syrie, donc pas de médicament, et cette firme honorable, contrairement à Pfizer, n'accorde pas de médicament à usage compassionnel, ça ne fait pas partie de leur politique. (ordre d'idée du coût : 4300 euros/mois). Il y a sérieusement une pénurie de mazout (contrebande) et d'électricité (la Turquie ne fournit plus), et s'ensuivront d'autres pénuries par voie de conséquences ».



Jeunes Syriens, Homs © photo Marie-Ange Patrizio


Dehors, devant l’hôpital, des enfants et adolescents attroupés chahutent. Il fait nuit dans Homs, et il fait froid, je monte m’abriter dans le minicar, je suis transie, choquée et vidée par ce que j’ai vu dans le dispensaire ; je n’attends plus qu’une chose, rentrer au plus vite au monastère, m’abriter dans la communauté. Qui pourtant est isolée.

Nous y arriverons sans problème par le même trajet que le matin, dans le trafic banal de la grand route, où l’on voyage nettement plus discrètement qu’ « à moto à travers champs [et pleins phares], pour échapper à la surveillance des forces de la répression » (sic) (cf. reportages de Sofia Amara, M. Loizeau et Laroche-Joubert). J’espère que les téléspectateurs auront aussi relevé ces détails grotesques et incohérents.

Je me permets de dire au passage à Manon Loizeau de soigner davantage les détails de sa mise en scène : quand on doit courir pour échapper aux tirs de forces de sécurité qui vous traque[raie]nt, il vaut mieux enfiler les deux bretelles de son sac à dos, plutôt que de le porter négligemment en bandoulière. C’est plus commode pour courir et plus crédible et cohérent avec la bande sonore de la caméra qui la filme « courageusement » etc. Ces reportages « de guerre », faits à des tables de montage à Paris, sont cocasses si on ouvre bien les yeux et les oreilles. Les téléspectateurs et auditeurs perspicaces remarqueront (allez revoir les vidéos) le peu d’éléments précis donnés ; pas de dates notamment.

En partant de Homs, vers 19h environ, je remarque sur le bord de la route une femme avec une jeune adolescente qui s’apprêtent à traverser : elles sont chargées de cabas. Elles n’ont pas l’air d’être apeurées ; moi, je suis très étonnée de les voir marcher seules au bord de cette route de la banlieue de Homs, pas très éclairée…

A propos de la population de Homs, autre remarque par respect pour cette population qu’elle dit avoir rencontrée, mais aussi pour sa fiabilité de reporter du service public, concernant l’ « exceptionnelle enquête journalistique en Syrie » et « grandissime (sic) reportage de Laroche-Joubert » (Cool : il n’y a pas « 800.000 habitants à Homs » (9) mais 1.647.000 (10).

Le soir au monastère, Agnes-Mariam nous montre une autre liste, fournie par les hôpitaux, liste complète des soldats et civils tués jusqu’au 23 oct. : 790 soldats et forces de l’ordre et 372 civils massacrés par des groupes armés. Non rapportée par l’ONU qui tient ses listes (non publiées) de l’Observatoire Syrien des Droits de l’homme, à Londres (11).

Massacrés signifie torturés, dépecés. Je ne donnerai pas les détails de ces atrocités. Je reprendrai par contre une phrase d’un des « révolutionnaires » qui a servi de guide à M. Loizeau « ils [les « shahibas », les « agents du régime »] tuent les gens comme des chiens. » : chez les gens que nous avons rencontrés, rescapés ou familles des victimes, je n’ai jamais entendu ce mot, chien, ni pour rendre compte des massacres ni pour parler des agresseurs de leurs proches : mais par contre les termes sauvagerie, barbarie, terrorisme. Qui sont les « chiens » ?

Autre remarque linguistique à propos des images qualifiées de « volées » par nos reporters de guerre : journalistes ou pas, nous n’avons dans notre groupe « volé » aucune photo, aucune image ; les gens que nous avons interviewé l’ont fait en toute connaissance de cause de l’utilisation possible de leur témoignages, oral ou filmé. Que signifie alors « image volée » ? Dans un vol, le voleur généralement lèse ses victimes mais lui, ainsi que tous les receleurs qui en profitent ensuite jusqu’au sommet de l’échelle des complicités, tire bénéfice de son larcin.

Manon Loizeau, Martine Laroche-Joubert, Sofia Amara, de qui parlez-vous quand vous évoquez ces images volées -à qui, par qui et pour qui ?- que vous utilisez pour faire vos reportages ?

Et que penser de reportages de service public qui ne donnent la parole qu’à une des parties en présence -opposée au gouvernement- dans un pays avec lequel nous ne sommes pas (officiellement) en guerre ? Et où l’on qualifie l’armée régulière (et de conscription) de ce pays de « miliciens du régime » ? Voir la Charte de Munich (12).

Je vous parlerai la prochaine fois de notre visite, le 17 novembre, à des soldats rescapés d’une embuscade à Baniyas : 51 victimes dont 9 morts sur 105 soldats attaqués par 200 assaillants, à l’arme lourde.



Notes de lecture


1) Stéphane Paoli interviewe Manon Loizeau, « 3D », dimanche 27 novembre :
http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-la-syrie-et-le-tpi-tribunal-penal-international-un-tribunal-independant
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=225365 )
(2) Liens en fin de ma lettre "Chemins de Damas", pour les émissions et articles de la RTBF et Libre Belgique.
(3) Journal de France 2 mardi 29 novembre à 20h, invitée sur le plateau M. Laroche-Joubert
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Homs
(5) Selon les statistiques de 2008 du ministère de l’éducation, 1727 établissements scolaires (primaire et secondaire) à Homs, pour une population de 375.000 élèves, et 36.000 lycéens, sur une population globale de plus d’1million et demi d’habitants. Informations fournies à ma demande par une amie syrienne à Marseille qui a interrogé des amis habitant à Homs. A vérifier si nécessaire.
(6) Email : aaalnaem@gmail.com
(7) ”together we can prevail” …!
(Cool http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/evenement/66123/grandissime-reportage-de-laroche-joubert.html
(9) Voir http://www.francetv.fr/info/au-coeur-de-la-revolution-syrienne_33819.html, à 1’41 du reportage.
(10) Statistiques de 2007 sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Homs: j’avais entendu : 1,5 million environ.
(11) Voir article de C. Baulieu : extrait : « L’OSDH (le prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) basé à Londres, donne quotidiennement un nombre de morts sans préciser le noms de ces victimes présumées, et n’indique jamais non plus s’il s’agit de forces de l’ordre. Un ex-correspondant d’Al Jazeera et actuel journaliste de la TV syrienne d’information continue, est parvenu à se procurer la liste d’une centaine de noms, liste dont il a entrepris la vérification auprès des familles et qui s’est avérée fausse (abandon des recherches après la quarantième personne) ». http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2057
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_Munich

Voir aussi :«Guerre médiatique : Mensonges et vérités sur la Syrie» par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 novembre 2011 http://www.voltairenet.org/Mensonges-et-verites-sur-la-Syrie

Voir également : Soeur Carmel - Libanaise - une des trois sœurs fondatrices, avec Mère Agnès et Sr. Claire-Marie http://www.maryakub.org/SrCarmel.html


Pour aller plus loin :

SYRIE : Mensonges médiatiques ou le prétexte à une autre «guerre humanitaire»
- par Julie Lévesque - 2011-11-25
Selon de nombreux reportages, un grand nombre de manifestants pacifiques ont été tués par les forces syriennes depuis le début des troubles dans le pays à la mi-mars. Mais d’où viennent les chiffres?
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27865

Syrie: le génocide de l’OTAN approche
- par Tony Cartalucci - 2011-12-01
Il a été révélé que le rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en ce qui concerne “les crimes syriens contre l’humanité” a été en fait co-écrit par Karen Koning AbuZayd, une directrice du think-tank américain privé de Washington.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27979


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28019


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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   15/12/2011, 16:21

Merci pour ces articles très complet. Intéressant les pizza viennent de Syrie Wink.

Citation :

Ce mardi 29 novembre, dans le journal de 20h, un reportage exceptionnel « Voyage au cœur de la contestation » de Martine Laroche-Joubert et Christophe Kenck au cœur de la guerre civile en Syrie.

Je ne sais pas si cela à valeur de qualité sur ce reportage mais... et me demandez pas comment je suis tombé sur ce site. On pourrait oui mettre ça dans humour.
Lisez la suite.

Citation :

Comme tous les vendredis, c'est le jour de la grande prière dans le quartier de Al Hamdia à Homs(Syrie). Et comme tous les vendredis, lors de la manifestation d'opposants réprimée par l'armée syrienne, on dénombre de nombreux blessés par balles.

Martine Laroche-Joubert sera ce soir en plateau et répondra aux questions de David Pujadas.

Jeanmarcmorandini.com vous propose de découvrir en exclusivité un extrait de ce reportage.

lol! Pour rappelle il n'y a que deux personnes en France qui n'ont plus qu'un seul neurone. (source: dieudonné) MDR ça dure 34 secondes juste du buzz comme vous le constaterez.

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-235689-un-reportage-tourne-en-syrie-ce-soir-dans-le-20h-de-france-2-regardez.html

_______

Information plus intéressante du 4 décembre 2011.

Provocation qatarie : l’ambassadeur russe roué de coups

par Gilles Munier

Citation :

L’information est passée pratiquement inaperçue : le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, ambassadeur de la Fédération de Russie au Qatar, ainsi que des fonctionnaires d’ambassade venus l’accueillir à sa descente d’avion sur l’aéroport de Doha, ont été roués de coups par des policiers et des douaniers.

Selon l’agence de presse Novosti, les quataris tentaient de s’emparer de la valise diplomatique russe. Le diplomate a été blessé à la rétine et son corps serait couvert d'ecchymoses.

Le ministère russe des Affaires étrangères a immédiatement protesté contre le « caractère inadmissibles » de ces actes, précisant qu’il s’agit d’ « une violation flagrante des normes du droit international ». Il exige une enquête.

Selon le quotidien libanais Al-Nahar (1), l’attaque s’est produite après que la Russie aurait refusé plusieurs millions de dollars offerts pour qu’elle change de position à l’égard de la Syrie.

Vladimir Titorenko est un ambassadeur qui ne se laisse pas impressionné. En avril 2003, en poste en Irak, il a été blessé alors qu’il roulait en convoi vers la Syrie, son véhicule ayant été délibérément pris pour cible par une patrouille étasunienne. Plusieurs diplomates avaient été touchés. A l’époque, la CIA croyait que le président Saddam Hussein se terrait à Bagdad, caché à l’ambassade russe.



(1) http://www.annahar.com/content.php?priority=4&table=mahaly&type=mahaly&day=Sat
(le lien est mort, mais bon peut être qu'on le retrouvera)

Articles de Gilles Munier publiés par Mondialisation.ca
Source
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28073

_______


Coups, menaces et purge à Al Jazeera - Bruxelles


http://www.michelcollon.info/Coups-menaces-et-purge-a-Al.html

Citation :

COMMUNIQUE DE PRESSE. Selon des sources dignes de confiance, un responsable d'Al Jazeera en poste à Bruxelles a tabassé, licencié et menacé un reporter qui a voulu déjouer une manipulation médiatique fabriquée par Al Jazeera à propos de la Syrie.




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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   18/12/2011, 04:12

Sur cette vidéo

1ère partie
RussiaTV: les rebelles syriens armés par les États Unis ? STFR


2eme partie
Manif du 17/12 avec Dieudo



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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   27/12/2011, 22:20

Syrie et ingérence impérialiste

L’escroquerie provenant des ONG sponsorisés par l’empire…

Les ONG syriennes travaillent directement avec le gouvernement britannique




“L’Observatoire Syrien” basé à Londres est en contact direct avec le ministre des affaires étrangère britannique Hague.





par Tony Cartalucci



Le 26 Décembre 2011 –





url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.com/2011/12/syrian-ngos-working-directly-with.html





~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Pour voir les liens auxquels se référent cet article, le lire sur le site source : http://resistance71.wordpress.com/2011/12/27/syrie-et-ingerence-imperialiste-lescroquerie-provenant-des-ong-sponsorises-par-lempire/




Dans l’article de Mai 2011 “The Siege of Syria,” il était rapporté:

“La couverture des évènements par les médias occidentaux dont les propriétaires sont de grosses corporations, ne dépend exclusivement que sur des “activistes à l’intérieur et à l’extérieur du pays”, comme l’agence de Londres “syrian Human rights Monitoring Centre”, qui n’a apparemment aucune présence sur internet, the Damascus Center for Human rights qui est membre de la National Endowment for Democracy (NED) et la fondation Tides finançant la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et la Coalition for the International Criminal Court, financée par l’Union européenne, la fondation Ford, la fondation John D. et Catherine T. MacArthur, the Open Society Institute (Soros), le Trust Sigrid Rausig et Humanity United.

Humanity United a également des relations de partenariat avec le BBC World Service Trust, Benetech financé par la NED / Open Society / et le ministère des affaires étrangères états-unien, l’Open Society Institute de Soros et le centre for Solidarity financé lui par la NED (NdT: vitrine officielle de la CIA et du ministère des affaires étrangères américain), qui mobilisa les syndicats ouvriers égyptiens, juste au moment où les troubles fomentés par les Etats-Unis commençaient à s’essouffler. En d’autres termes, chaque organisation impliquait une inter-connection avec le vaste réseau impérial financé par les entreprises / fondations se travestissant en des “organisations des droits de l’Homme” individuelles et des ONG sans importance. En réalité, ce réseau de “société civile” cherche à supplanter les gouvernements nationaux et se connecte avec des institution mondialistes comme le FMI, la banque mondiale, et les Nations-Unies, entités qui ont toutes été compromises par les oligarques de la finance corporatiste. Ceci n’est que la création d’un empire des temps modernes.”

Le journal de la NED, Democracy Digest, rapportait dans un article d’Août 2011 intitulé “Syrian military strained as Clinton meets opposition activists”, que l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme fit une des nombreuses déclarations communes impliquant le centre de Damas pour les droits de l’Homme financé par les Etats-Unis. Dans le même temps, l’agence Reuters postait une photo qui montrait le chef de l’observatoire syrien, Rami Abdelrahmane, quittant une réunion avec le ministre des affaires étrangères britannique William Hague.

Il est très clair que l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme basé à Londres et qui reçoit l’entièreté de ses rapports via téléphone et vidéo de You Tube depuis la Syrie, travaille en coordination avec à la fois des ONG financées par les Etats-Unis et le ministère des affaires étrangères britannique. Considérant que Hague pouponna de manière similaire les leaders de l’opposition libyenne à Londres tout en jouant un rôle clef dans la promotion de l’attaque de l’OTAN sur la Libye et l’installation qui a suivie, d’un homme de BP comme “premier ministre”; la collaboration d’Abdelrahmane signifie la répétition à la lettre de la campagne génocidaire de l’OTAN en Libye, maintenant établie ouvertement comme une fraude.

Tout comme pour la Libye, où les “activistes des droits de l’Homme” ont maintenant admis avoir fabriqué les preuves utilisées par la cour internationale de justice et les Nations-Unies pour valider le changement de régime concocter par Wall Street et la city de Londres, de la même manière “les preuves” contre la Syrie se sont avérées totalement frauduleuse, dérivées de “témoins” de l’opposition et compilées par un directeur de think-tank de Washington D.C en un “rapport des droits de l’Homme” à l’ONU.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme sert de source exclusive de “rapports” en provenance de Syrie malgré le fait qu’il est totalement basé à Londres. Alors qu’il est prouvé que les ONG avec lesquelles il travaille en tandem sont financées par les Etats-Unis, l’Observatoire lui-même refuse de publier d’où provient l’argent qu’il utilise où l’origine de ce qui constitue sa base de membres. Nous sommes supposés ensuite croire sur parole une organisation mystérieuse dont le chef rencontre le gouvernement britannique et ses “témoignages” jamais vérifiés, comme preuves afin d’intervenir militairement en Syrie au prix de la perte potentielle de millions de vies humaines.

Le fait que les médias-corporatistes ont totalement échoué à rendre l’Observatoire responsable pour son manque de transparence et répète verbatim ses rapports non vérifiés et non documentés comme s’ils étaient des faits réels, nous donne une nouvelle appréciation du niveau de mensonge auquel nous devons faire face à travers la presse du monde occidental.

Il est déjà confirmé que des terroristes libyens soutenus par l’OTAN sont en route pour la Syrie afin de superviser “l’armée libre de Syrie”, menée par Abdul Belhaj, chef du groupe combattant islamique libyen (LIFG); il est intéressant de noter que ce groupe est classé organisation terroriste étrangère (26ème sur la liste) par le ministère des affaires étrangères américain. Peu de temps après deux bombes explosaient à Damas tuant 44 personnes. France 24 rapporta que le site internet officiel des frères musulmans syriens revendiqua l’attentat, confirmant au passage que les “protestations” étaient le fait de militants armés depuis le départ.

Malgré des rétractions a posteriori du leadership de la confrérie basée à Londres, il devient de plus en plus évident que l’OTAN et ses vassaux sont derrière les troubles et l’escalade dans la violence; tandis que les ONG basées à Londres tel que L’observatoire syrien, pirouettent la responsabilité sur le dos du gouvernement syrien, ceci faisant partie de la même vile escroquerie visant à déclancher le même génocide et la même destruction qui livra les Libyens aux mains des mondialistes fascistes.

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menthe_verte



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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   5/1/2012, 15:04

Salam, Salut, Shalom,

Je suis tombée sur ce site http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2057
via ce blog http://leschroniquesderorschach.blogspot.com/.

Autant pour la Libye j'avais des doutes concernant la manipulation des images.
Parce qu'il semblerait que Khadafi donnait beaucoup à son peuple, mais uniquement
celles et ceux qui vivaient ds ses villes dont Tripoli. Les autres étant considéré comme des non libyens (Dieu seul sait)

Mais là, la Syrie c'est autre chose. le problème c'est que la délégation arabe passe pour une bande de vendus, avec à leur tête un général soudanais avec une belle réputation.

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   8/1/2012, 18:42

5 questions à Thierry Meyssan 03-01-2012






Citation :
5 questions à Thierry Meyssan sur la situation en Syrie.
Point de vue sur la situation?
Rôle de la Ligue Arabe?
Qui sont les observateurs?
Pourquoi sont-ils remis en cause?
Le traitement médiatique de la Syrie?

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   9/1/2012, 06:07

Et si la réalité était plus nuancées que ces deux positions radicalement opposées derrière lesquelles chaque partie de ce conflit se réfugie?

Une vraie contestation du peuple syrien (répression) et l'ingérence occidentale (armement , financement de milices et mercenaires étrangers).

Tout est tellement confus mais j'ai l'impression que nous nous rapprocherions de la complexité de la situation en le reconnaissant.
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   18/1/2012, 15:57

Le fiasco des barbouzes français à Homs


Alors que Paris accuse Damas d’avoir organisé l’assassinat du journaliste de France-Télévisions Gilles Jacquier à Homs, une équipe de journalistes russes vient de présenter une toute autre version des faits. Selon leur enquête, M. Jacquier commandait sous couverture de presse une opération des services secrets militaires français qui a tourné au fiasco. Les accusations françaises ne sont qu’un moyen pour masquer la responsabilité de Paris dans les actions terroristes entreprises pour déstabiliser la Syrie.


Le journaliste français Gilles Jacquier a été tué lors d’un reportage à Homs, le mercredi 11 janvier. Il était venu couvrir les événements en Syrie pour le magazine Envoyé spécial.

Persuadé qu’il n’y avait pas de groupes terroristes, mais une révolution réprimée dans le sang, il avait refusé la protection des services de sécurité et ne portait ni casque, ni gilet pare-balles. Avec des collègues qui partageaient ses convictions, ils avaient loué trois minibus et trouvé des fixeurs, c’est-à-dire des locaux capables de les aider à se repérer, à prendre des rendez-vous, et leur servant de traducteurs.

Tous ensemble avaient demandé à rencontrer des représentants alaouites avant de se rendre dans les quartiers insurgés de Bab Amr et Bab Sbah. Arrivés à l’hôtel As-Safir, ils avaient rencontré par hasard un capitaine qui leur proposa de les accompagner avec son détachement jusqu’au quartier alaouite de Najha où les attendait une assistante du gouverneur de Homs. Avec son aide, les journalistes purent rencontrer des personnalités et interroger les passants. À 14h45, la représentante du gouverneur leur avait demandé de quitter les lieux au plus vite, le cessez-le-feu de facto prenant fin chaque jour à 15h précises.

Cependant, les journalistes de la radio télévision belge flamande (VRT) s’étant aventurés plus loin chez des particuliers jusque dans le quartier d’Akrama, le groupe fut lent à se mouvoir. Des membres de l’association des victimes du terrorisme qui avaient prévu de manifester devant un car affrété par le ministère de l’Information pour une quarantaine de journalistes anglo-saxons, mais qui ne les avaient pas trouvés, se sentirent utiles en scandant des slogans pour le président Bachar à la vue de quelques caméras. À 15h, comme chaque jour, la bataille d’Homs reprit. Un projectile explosa sur la terrasse d’un immeuble, détruisant un réservoir de mazout. Un second projectile tomba sur une école, puis un troisième sur les manifestants pro-Assad, tuant deux d’entre eux.

Les journalistes montèrent sur la terrasse pour filmer les dégâts. Il y eut une accalmie. Gilles Jacquier pensa que les tirs étaient finis et descendit avec son cadreur pour aller filmer les cadavres des manifestants. Arrivé dans l’embrasure de la porte, il fut tué avec six militants pro-Assad par une quatrième explosion qui le projeta sur sa fixeuse qui le suivait. La jeune femme fut blessée aux jambes.

Dans la confusion générale, le mort et la blessée furent évacués dans des voitures vers des hôpitaux. Ce seul incident fit 9 morts au total et 25 blessés. La bataille de Homs se poursuivi avec de nombreux autres incidents durant la soirée et la nuit.

Au premier abord, tout est clair : Gilles Jacquier est mort par hasard. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout ses convictions sur la nature des événements en Syrie lui faisaient croire qu’il ne devait craindre que les forces gouvernementales et qu’il ne courrait aucun risque en dehors de manifestations anti-régime. Il avait donc refusé une escorte, il n’avait pas pris de casque et de gilet pare-balles, et il n’a pas respecté l’heure fatidique de fin du cessez-le-feu. En définitive, il n’a pas su évaluer la situation car il a été victime de l’écart entre la propagande de ses collègues et la réalité qu’il niait.

Dans ces conditions, on ne comprend pas très bien pourquoi, après une première réaction courtoise, la France, qui avait légitimement exigé une enquête sur les circonstances de la mort de son ressortissant, a subitement insinué que Gilles Jacquier avait été assassiné par les Syriens et a refusé que l’autopsie ait lieu sur place en présence de ses experts. Ces accusations ont été publiquement explicitées par un des journalistes qui accompagnait Jacquier, Jacques Duplessy.

Pour la presse française, les faits ne sont pas si évidents qu’il y paraît : un doute persiste sur l’identification des projectiles mortels. Selon la plupart des reporters, il s’agissait de tirs de mortiers. L’armée syrienne confirme que cette arme est quotidiennement utilisée par les terroristes à Homs. Mais selon certains témoins, c’était des roquettes tirées depuis un lance-roquette portatif, et la télévision privée syrienne Ad-Dounia a montré des ailettes de roquette. Des forums se passionnent sur ce sujet, non sans arrières-pensées. En France, les anti-Assad croient au mortier et accusent l’armée syrienne d’avoir tiré. Tandis que les pro-Assad croient à la roquette et accusent les terroristes. En définitive, ce détail ne prouve rien : certes l’armée syrienne utilise des mortiers, mais pas de ce calibre, et les groupes armés utilisent des lance-roquette, mais rien n’empêche chaque camp de varier son armement.

Au demeurant, s’il s’agit de tirs de mortier, les deux premiers ont permis d’ajuster le tir du troisième et du quatrième pour frapper les manifestants qui étaient leur cible. Mais s’il s’agit de tirs de roquette, il était possible de viser beaucoup plus précisément et de tuer une personne en particulier. La thèse de l’assassinat devient possible.

L’étude des images et des vidéos montre que les corps des victimes ne sont pas ensanglantés et criblés d’éclats, comme lors de l’explosion d’un obus qui se fragmente. Au contraire, ils sont intacts, le sang coulant selon les cas par le nez ou les oreilles, comme lors de l’explosion d’une roquette thermobarique dont le souffle comprime les organes provoquant des hémorragies internes. De même, les points d’impact sur le trottoir ne portent aucune trace de fragmentation.

Notez que certains témoins parlent, eux de grenades, ce qui ne fait guère avancer notre compréhension puisqu’il existe des grenades à souffle et des grenades à fragmentation. En définitive, seule l’hypothèse de l’arme de souffle (RPG ou grenade) est compatible avec les éléments médicaux-légaux visibles sur les photos et vidéos. Accourus sur les lieux, des enquêteurs syriens et des observateurs de la Ligue arabe ont retrouvé deux queues de mortier de 82mm et une queue de roquette de fabrication israélienne.

Par conséquent, les autorités françaises ont raison d’étudier la possibilité de l’assassinat même s’il s’agit pour elles de se saisir d’un drame pour l’instrumenter et justifier leur ambition de guerre contre la Syrie. Pourtant les diplomates français, s’ils ont pour consigne de chercher la vérité, ont manifestement aussi pour consigne de s’assurer que les Syriens ne la découvrent pas. Ainsi, ils ont empêché toute personne francophone d’approcher la photographe Caroline Poiron, compagne du journaliste Gilles Jacquier, qui veillait sa dépouille toute la nuit. La jeune femme, en état de choc, ne maîtrisait plus son comportement et aurait pu trop parler. Puis, ils ont interdit l’autopsie sur place et ont rapatrié le corps au plus vite. Quelle est donc l’hypothèse que la France veut vérifier pour elle-même, mais cacher au grand public ?

Ici commence notre plongée dans le monde des services spéciaux occidentaux qui conduisent en Syrie une « guerre de basse intensité », comparable à celles organisées dans les années 80 en Amérique centrale ou plus récemment en Libye pour préparer et justifier l’intervention de l’OTAN.

Gilles Jacquier était un reporter apprécié de ses confrères, et récompensé par sa profession (Prix Albert Londres, Prix des correspondants de guerre etc.). Mais il n’était pas que cela.…

Dans une lettre à en-tête de France-Télévisions, datée du 1er décembre 2011, les rédactrices en chef du magazine Envoyé spécial –l’émission politique la plus regardée du pays– avaient sollicité un visa du ministère syrien de l’Information [document téléchargeable au bas de cette page]. Prétendant vouloir vérifier la version syrienne des événements selon laquelle « les soldats de l’armée syrienne sont victimes d’embuscades et de groupes armés qui sévissent dans le pays », elles demandèrent que Jacquier puisse suivre le quotidien des soldats de la 4e division blindée commandée par le général Maher el-Assad (frère du président) et de la 18e division blindée, commandée par le général Wajih Mahmud. Les autorités syrienne furent surprises par l’arrogance des Français : d’une main, ils encadrent les groupes armés qui attaquent les troupes loyalistes, de l’autre ils entendaient infiltrer un agent de renseignement militaire dans leurs troupes pour informer les groupes armés de leurs déplacements. Il ne fut pas donné suite à cette demande.

Aussi, Gilles Jacquier tenta t-il une autre voie. Il sollicita l’entremise d’une religieuse grecque-catholique au franc-parler, estimée et parfois redoutée par le pouvoir, Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère Saint-Jacques de l’Intercis. Elle avait facilité le premier voyage de presse ouvert aux journalistes occidentaux. La célèbre religieuse fit donc le siège du ministère de l’Information jusqu’à obtention d’un visa pour Jacquier et son cadreur.

Les choses s’accélérèrent le 20 décembre, d’autres médias prièrent Mère Agnès-Mariam de leur obtenir la même faveur. Gilles Jacquier, quant à lui, sollicita un autre visa pour sa compagne, la photographe Caroline Poiron, et pour la reporter Flore Olive, représentant toutes deux Paris-Match. Ce devait être au total un groupe de 15 journalistes français, belges, néerlandais et suisses. Selon toute vraisemblance, les Français et le Néerlandais étaient pour la plupart, voire tous, des agents de la DGSE. Le temps pressait pour leur mission.

Ici un petit retour en arrière est indispensable.

Pour affaiblir la Syrie, les groupes armés par l’OTAN entreprennent diverses actions de sabotage. Bien que le centre historique de la rébellion des Frères musulmans soit Hama, et que seuls deux quartiers de Homs les soutiennent, l’OTAN à choisi cette ville pour concentrer ses actions secrètes. En effet, elle est au centre du pays et constitue le principal nœud de communication et d’approvisionnement. Successivement, des « révolutionnaires » ont coupé le pipe-line, puis les ingénieurs canadiens qui dirigeaient la centrale électrique ont été rapatriés à la demande des États-Unis. Enfin, cinq ingénieurs iraniens chargé de faire re-fonctionner la centrale ont été enlevés, le 20 décembre 2011.


En violation du droit international Paris-Match a publié cette photographie des otages iraniens sans flouter les visages. C’est que ce document constitue la preuve de vie de quatre d’entre eux.


Des médias ont reçu une revendication d’une mystérieuse brigade contre l’expansion chiite en Syrie. Puis, l’ambassade a confirmé avoir débuté une négociation avec les preneurs d’otages. Restait à ceux-ci à transmettre une « preuve de vie », par exemple une photographie datable des otages en bonne santé. Contre toute attente, celle-ci ne fut pas envoyée directement à la République islamique, mais publiée par Paris-Match (édition du 5 janvier). Un photographe du magazine, disait-on, avait pu entrer secrètement en Syrie et réaliser ce cliché. Peut-être les lecteurs français se sont demandés si ce reporter était bien humain pour prendre des photos d’otages sans leur venir en aide. Peu importe, le message était clair : les ingénieurs sont en vie et les preneurs d’otages sont contrôlés par les services français. Aucune réaction officielle, ni d’un côté, ni de l’autre. C’est donc que les négociations se poursuivent.

Arrivés à Damas, les médias français et néerlandais furent logés par les autorités dans des hôtels différents, mais Jacquier les regroupa immédiatement au Fardos Tower Hotel. Le manager de cet établissement n’est autre que Roula Rikbi, la soeur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national basé à Paris. L’hôtel sert de cache aux services secrets français.

En résumé, un agent de renseignement militaire, ayant pour compagne une photographe dont une collègue a pu entrer en contact avec les otages, a formé un groupe de « journalistes » ayant une mission liée à ces otages, probablement leur remise par des Français à des Iraniens. Ils se sont rendus à Homs après s’être débarrassés des services de sécurité, mais le chef de mission a été tué avant de pouvoir établir le contact prévu.

On comprend que, dans ces conditions, l’ambassadeur de France soit devenu nerveux. Il était en droit d’envisager que Gilles Jacquier ait été assassiné par des membres des groupes armés, inquiets de la dislocation de l’alliance militaire France-Turquie, et jusqu’au-boutistes d’une guerre de l’OTAN. Hostiles à la négociation en cours, ils auraient fait capoter sa conclusion.

L’ambassadeur de France, qui n’avait pas le temps de reconstituer les événements, s’appliqua donc à empêcher les Syriens de le faire. Contrairement aux normes internationales, il refusa que l’autopsie soit réalisée sur place en présence d’experts français. Les Syriens acceptèrent de déroger à la règle à la condition de réaliser une radiographie. En réalité, ils en profitèrent pour photographier le cadavre sous tous les angles. Selon nos informations, le corps porte la trace d’éclats à la poitrine et de coupures sur le front.

Puis, l’ambassadeur prit dans ses voitures blindées les « journalistes » français et le néerlandais, et la dépouille du défunt. Il partit avec eux accompagné d’une lourde escorte, laissant sur le carreau la Mère supérieure stupéfaite et un journaliste de l’Agence France Presse : le diplomate pressé avait récupéré ses agents et abandonné les civils. Le convoi passa récupérer les effets personnels de chacun à l’hôtel As-Safir de Homs, puis rejoignit l’ambassade à Damas. Le plus vite possible, il arriva à l’aéroport d’où un avion spécial affrété par le ministère français de la Défense évacua les agents vers l’aéroport de Paris-Le Bourget. Les barbouzes ne feignaient plus de réaliser des reportages en Syrie, ils oubliaient avoir obtenu un allongement de leur visa, ils fuyaient juste avant que les Syriens ne découvrent le pot aux roses de cette opération ratée. Arrivé à Paris, le corps fut immédiatement transféré à l’institut médico-légal et autopsié avant l’arrivée d’experts mandatés par la Syrie. En violant les procédures pénales, le gouvernement français a invalidé le rapport d’autopsie, qui sera tôt ou tard rejeté par la Justice, et a définitivement écarté la possibilité d’établir la vérité.

Afin d’empêcher les journalistes français (les vrais) de mettre leur nez dans cette affaire, les journalistes (les faux) qui accompagnaient Jacquier ont, une fois revenus en France, multiplié les déclarations contradictoires, mentant de manière éhontée pour créer de la confusion et noyer le poisson. Ainsi, bien que 8 manifestants pro-Assad aient été tués, Jacques Duplessis dénonce « un guet-apens tendu par les autorités syriennes » pour l’éliminer avec ses confrères. Vérification faite, M. Duplessy a longuement travaillé pour une ONG réputée avoir servi de paravent …à la DGSE. Pour les Iraniens et les Syriens, la mort de Jacquier est une catastrophe. En laissant circuler le groupe d’espions français et en le surveillant discrètement, ils espéraient bien remonter aux ravisseurs et, à la fois, libérer les otages et arrêter les criminels.

Depuis un an, les services secrets militaires français sont placés au service de l’impérialisme états-unien. Ils ont organisé un début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Par la suite, ils ont manipulé le séparatisme de la Cyrénaïque pour faire croire à une révolution anti-Kadhafi et s’emparer de la Libye. Maintenant, ils encadrent des repris de justice recrutés par le Qatar et l’Arabie saoudite pour semer la terreur, accuser le gouvernement syrien et menacer de venir le changer. Il n’est pas sûr que le peuple français apprécierait de savoir que Nicolas Sarkozy a rabaissé son pays au niveau d’un vulgaire preneur d’otages. Et il ne faudra pas s’étonner si un Etat qui pratique le terrorisme chez les autres doive un jour le confronter sur son sol.
Boris V.

Source
New Orient News (Liban)

http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1254
http://www.voltairenet.org/Le-fiasco-des-barbouzes-francais-a

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Hingis



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MessageSujet: Que penser de ces vidéos d'un Syrien considérant Soral comme BHL ?   28/1/2012, 11:19

Voici les vidéos en question : est-ce que le Syrien en question qui prétend avoir de la famille et des amis en Syrie connaitre la vérité et que Alain Soral serait un agent de Bachar El-Assad et qu'il mentirait sur ce qu'il se passe vraiment en Syrie devrait être pris aux sérieux ?

http://www.youtube.com/watch?v=p_bvOEjsPjQ&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=dXl7oXPWOzU

Il dit que des personnalités Chrétienne qui soutiennent la révolution Syrienne. Sans bien entendu dire le moindre nom ! Il ne fait que nommer Tarik Ramadan côté Musulman ! Côté occidental, il vient louer Michel Collon ( écrite dans une de ses réactions ) dans une de ses interventions sur une de ses vidéos.

Et c'est troublant que cette révolution Syrienne a eu lieu juste après les révolutions de la CIA ( Arabes ). Pour lui, il n'y aurait aucune intervention quoi que ce soit d'étrangers qui auraient provoqué cette révolution mais bon : si ce qu'il dit est vraiment le cas : qu'il ne s'étonne pas de voir de plus en plus de gens mourir dans un bain de sang car il est impossible pour une population de renverser un régime dont l'armée et la police défendent Bachar El-Assad.
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   28/1/2012, 13:33

Cette propagande est destinée aux zombies.

Personne ici ne va prendre au sérieux une argumentation d'un niveau de lecture aussi faible.

On voit bien à qui on a affaire... un athée démocrate libérale ou un juif sioniste.

Ce discours me rappelle celui que j'ai entendu au théâtre de la main d'or, lors d'une conférence sur le 11/09 organisé par LLP.

A la fin de la conférence, l'organisation a laissé s'exprimer un Syrien expatrié, pro-révolutionnaire qui nous a dit qu'il venait d'une famille aisée, qu'il était pilote, qu'il voulait la démocratie et la révolution mais qu'il était contre l'intervention des occidentaux.

Heureusement, lorsqu'il a commencé à cracher sur Khadafi, un proche de Dieudo est intervenu avec force pour le ramener à la raison.


Bref tout ça pour dire qu'on retrouve toujours les mêmes thèmes simplistes pour manipuler l'opinion : démocratie, liberté, droits de l'homme bla bla bla.




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Panisse



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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   28/1/2012, 16:20

C'est marrant comme les petits branleurs qui veulent faire aller faire tomber des régimes politiques dans des pays étrangers qui ne menacent pas la France ont toujours le temps pour faire ce genre de vidéos à la con.
Puisqu'ils sont si meilleurs que nous, je leur propose de se mettre en accord avec leurs convictions et d'aller sur le champ de bataille. Quelque chose me dit qu'il n'y aura pas grand monde...
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Hingis



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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   28/1/2012, 16:25

Il est clair que ce type n'ira jamais sur le champs de bataille : il va envoyer ses amis et sa famille au casse pipe ! Quel courage !
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Bardamu
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   1/2/2012, 13:41

Echec à l’empire en Syrie

La Russie et la Chine secouent l’arrogance impérialiste occidentale à l’ONU…





La Russie devient le garant de la paix dans la région. La partie d’échec contre l’empire continue. Comme nous l’avions dit il y a plusieurs mois, il semblerait que la Russie ait sacrifié politiquement la Libye à la vindicte impériale, sachant que cela ferait “jurisprudence” sur le cas de la Syrie. Le Modus Operandi étant identique, il est clair que Lavrov boit du petit lait en disant “j’ai déjà vu çà”…

La Russie a maintenant l’exemple pathétique des crimes de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord à mettre en exergue pour disqualifier un scenario identique sur la Syrie, qui représente un enjeu géostratégique bien plus important pour la Russie, que l’était la Libye du fantasque Kadhafi.

Bien évidemment, dans leur empressement et leur arrogance les criminels impérialistes occidentaux sont tombés dans le panneau. La Russie tient une position diplomatique avec la Chine très forte, qui s’appuie sur les échecs et les crimes de l’OTAN en Libye.

Pour Lavrov, c’est l’aboutissement d’une carrière… Savoir que la clownesque Clinton fulmine au téléphone pour lui parler, croyant que le sommer de venir discutailler séance tenante allait faire ramper le russe au téléphone…

Hilarante Hillary !…


Rien que cela vaut toute la chienlit de la politique.

Si les criminels occidentaux passent en force ou outre le conseil de sécurité (ce qui est possible), alors le jeu sera à nu: plus de façade pseudo-légale d’une ONU à la botte de l’empire. Les Russes l’ont joué fine sur le coup de la Libye, ils ramassent les dividendes maintenant. L’empire dans son arrogance sans borne est tellement prévisible, que la partie devient monotone…

Et Poutine n’est pas encore revenu président… çà promet !

A suivre donc…

http://leveil2011.syl20jonathan.net/?p=9362

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ziril
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   10/2/2012, 11:39

La révolte syrienne, « positive » pour Israël





Citation :
La révolte syrienne, « positive » pour Israël


La révolte syrienne, « positive » pour Israël par Super_Resistence
Réservé sur l'impact du Printemps arabe, Israël semble l'être de moins en moins au sujet de la situation en Syrie. Illustration avec ces propos d'Amos Yadlin tenus à l'université de Tel Aviv : pour l'ancien chef des renseignements militaires israéliens, les troubles en Syrie apportent des bénéfices stratégiques à l'Etat hébreu. Ils prouvent aussi, toujours selon Yadlin, qu'un traité de paix n'était plus indispensable à l'évolution du régime de Damas, allusion à la rupture de son alliance avec Téhéran. Logiquement, l'ancien patron d'Aman espère donc que la révolution affectera bientôt le régime iranien. Dans un tel cas de figure, Israël n'aurait selon lui plus à choisir entre vivre avec un Iran nucléaire et empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire.


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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   10/2/2012, 17:56

Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident







L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori







Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la « démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :

1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.

2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

Quelle belle expression de « démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain ! Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une « armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : « Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un « Conseil national de l’information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus « démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les « négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus « démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : « la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : « ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu’un homme corrompu, comme l’ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d’un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la « démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

Dr Nadia KHOST
6 février 2012.

Traduit de l’arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29200

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   15/2/2012, 11:48

Fin de partie au Proche-Orient



par Thierry Meyssan



Alors que les combats ne sont pas tout à fait terminés dans le quartier insurgé de Homs et que les autorités syriennes et libanaises n’ont pas encore communiqué sur leur action récente, Thierry Meyssan tirait un premier bilan des opérations, lundi soir, sur la première chaîne russe ; des informations de première main qu’il partage avec les lecteurs du Réseau Voltaire.


Depuis onze mois, les puissances occidentales et du Golfe conduisent une entreprise de déstabilisation de la Syrie. Plusieurs milliers de mercenaires se sont infiltrés dans le pays. Recrutés par des officines de l’Arabie saoudite et du Qatar au sein des milieux extrémistes sunnites, ils sont venus renverser « l’usurpateur alaouite » Bachar el-Assad et imposer une dictature d’inspiration wahhabite. Ils disposent du matériel militaire le plus sophistiqué, incluant des systèmes de vision nocturne, des centraux de communication, et des robots de combat urbain. Soutenus en sous main par les puissances de l’OTAN, ils ont en outre accès aux renseignements militaires indispensables, notamment des images satellites des déplacements des troupes syriennes, et des interceptions téléphoniques.

Cette opération est présentée mensongèrement au public occidental comme une révolution politique écrasée dans le sang par une dictature sans pitié. Bien sûr, ce mensonge n’est pas universellement accepté. La Russie, la Chine et les États américains membres de l’ALBA le récusent. Chacun dispose en effet d’expériences historiques qui leur permettent de comprendre rapidement ce qui est en jeu. Les Russes pensent à la Tchétchénie, les Chinois au Xinkiang, et les Américains à Cuba et au Nicaragua. Dans tous ces cas, au-delà des apparences idéologiques ou religieuses, les méthodes de déstabilisation de la CIA étaient les mêmes.



Groupe d’opposants au gouvernement syrien, appartenant à la nébuleuse communement appelée "armée syrienne libre".


Le plus étrange dans cette situation est d’observer les médias occidentaux s’auto-persuader que les salafistes, les wahhabites et les combattants de la mouvance Al-Qaïda sont épris de démocratie, alors que ces derniers ne cessent d’appeler sur les chaînes satellitaires saoudiennes et qatarie à égorger les hérétiques alaouites et les observateurs de la Ligue arabe. Peu importe qu’Abdelhakim Belhaj (numéro 2 d’Al Qaida et actuel gouverneur militaire de Tripoli, Libye) soit venu personnellement installer ses hommes au Nord de la Syrie, et qu’Ayman Al-Zawahiri (numéro 1 d’Al-Qaïda depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden) ait appelé au jihad en Syrie, la presse occidentale poursuit son rêve romantique de révolution libérale.

Le plus ridicule, c’est d’entendre les médias occidentaux répéter servilement les imputations quotidiennes de la branche syrienne des Frères musulmans diffusant des dépêches sur les crimes du régime et ses victimes, sous la signature de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme. Et d’ailleurs, depuis quand cette confrérie de putschistes s’intéresse t-elle aux Droits de l’homme ?



Ayman Al-Zawahiri, numéro 1 d’Al-Qaida depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden, a appelé au jihad aux côtés des Occidentaux pour faire tomber le régime baassiste syrien.


Il aura suffit que les services secrets occidentaux mettent en scène un fantoche « Conseil national syrien », avec pour président un professeur de la Sorbonne et pour porte-parole la maîtresse de l’ancien patron de la DGSE, pour que des « terroristes » deviennent des « démocrates ». En un tour de main, le mensonge est devenu vérité médiatique. Les personnes enlevées, mutilées et assassinées par la Légion wahhabite sont devenues dans la presse des victimes du tyran. Les conscrits de toutes confessions qui défendent leur pays face à l’agression sectaire sont devenus des soldats alaouites opprimant leur peuple. La déstabilisation de la Syrie par des étrangers est devenue un épisode du « Printemps arabe ». L’émir de Qatar et le roi d’Arabie saoudite, deux monarques absolus qui n’ont jamais organisé d’élections nationales dans leurs pays et embastillent les contestataires, sont devenus des chantres de la révolution et de la démocratie. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui viennent de tuer 160 000 Libyens en violation du mandat qu’ils avaient reçu du Conseil de sécurité, sont devenus des philanthropes responsables de la protection des populations civiles. Etc.

Cependant la guerre de basse intensité que la presse occidentale et du Golfe dissimule derrière cette mascarade a pris fin avec le double veto russe et chinois du 4 février 2012. L’OTAN et ses alliés ont été sommés de cesser le feu et de se retirer, au risque d’assumer une guerre régionale, voire mondiale.




Le président syrien Bashar al-Assad et le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov le 7 février à Damas


Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse, certaine que le retour de la Russie sur la scène internationale marquait la fin du cauchemar. La capitale, mais aussi Alep, la seconde ville du pays, pavoisaient aux couleurs blanc, bleue, rouge, et défilaient derrière des banderoles écrites en cyrillique. Au palais présidentiel, la délégation russe a rejoint des délégations d’autres États, notamment de la Turquie, de l’Iran et du Liban. Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l’ « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l’OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du Mont Qassioum.

Le lendemain, le département d’État des États-Unis a informé l’opposition syrienne en exil qu’elle ne devait plus compter sur une aide militaire US. Comprenant qu’ils ont trahi leur pays pour rien, les membres du Conseil national syrien son partis en quête de nouveaux sponsors. L’un d’entre eux allant même jusqu’à écrire à Benjamin Netanyahu pour lui demander d’envahir la Syrie.



Déploiement de l’armée libanaise lors de son opération au nord du pays.


Après un délai de deux jours nécessaire à la mise en œuvre des accords, les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l’assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l’UNRWA transformée en QG militaire. En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1 500 combattants ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d’un millier de personnes ont été tuées. À ce stade, il n’est pas possible de déterminer parmi les victimes combien sont des mercenaires étrangers, combien sont des Syriens collaborant avec les forces étrangères, et combien sont des civils pris au piège de la ville en guerre.

Le Liban et la Syrie ont rétabli leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire.

Des intellectuels débattent de savoir si Vladimir Poutine n’a pas commis une erreur en protégeant la Syrie au prix d’une crise diplomatique avec les États-Unis. C’est une question mal posée. En reconstituant ses forces durant des années et en s’affirmant aujourd’hui sur la scène internationale, Moscou a mis fin à deux décennie d’un ordre mondial unipolaire dans lequel Washington pouvait étendre son hégémonie jusqu’à parvenir à une domination globale. Le choix n’était pas de s’allier soit à la petite Syrie, soit aux puissants USA, mais de laisser la première puissance du monde détruire un État de plus ou de bouleverser les rapports de force et de créer un ordre international plus juste dans lequel la Russie a son mot à dire.

Thierry Meyssan


Source: http://www.voltairenet.org/Fin-de-partie-au-Proche-Orient


PS: Le son de cloche, du camp d'en face...

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   1/3/2012, 00:26

Citation :
IRIB-Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman. L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/172955-la-france-ouvre-des-n%C3%A9gociations-avec-la-syrie-pour-r%C3%A9cup%C3%A9rer-ses-18-agents
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   2/3/2012, 00:05

12 Mai 2011

La stabilité en Israël dépend de celle de la Syrie, affirme Rami Makhlouf

Le magnat syrien Rami Makhlouf, un cousin du président Bachar el-Assad, a assuré dans une interview publiée hier par le New York Times que le régime allait « se battre jusqu'au bout ». M. Makhlouf a également averti dans cette rare interview que « s'il n'y a pas de stabilité en Syrie, il n'y aura pas de stabilité en Israël ».

« Personne ne peut garantir ce qui se produira si quelque chose arrive à ce régime », a affirmé M. Makhlouf, accusé d'avoir utilisé ses connexions familiales pour bâtir un empire financier en Syrie.

« La décision du gouvernement, maintenant, est qu'il a décidé de se battre. Nous allons nous battre jusqu'au bout. Nous n'allons pas partir », a-t-il ajouté. Au journaliste qui lui demandait de clarifier ses propos, il a répondu : « Je ne parle pas de guerre, mais je dis : ne mettons pas trop de pression sur le président, ne poussez pas la Syrie à faire quelque chose qu'elle ne souhaite pas faire. »

M. Makhlouf a affirmé que l'alternative au régime étaient « les salafistes » (fondamentalistes musulmans). « Nous ne l'accepterons pas, et le peuple les combattra. Nous avons beaucoup de combattants », a-t-il averti.

src :http://www.saphirnews.com/mimoun/La-stabilite-en-Israel-depend-de-celle-de-la-Syrie-affirme-Rami-Makhlouf_a12.html

Article du New-York Times : http://www.nytimes.com/2011/05/11/world/middleeast/11makhlouf.html?pagewanted=all
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   3/3/2012, 08:08

La France exfiltre ses agents restés en Syrie




L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a officiellement visité la semaine dernière la région de Baalbeck, à l’Est du Liban. En réalité, il a voyagé avec une équipe sécuritaire française dans le Nord de la Békaa, région frontalière limitrophe de la province syrienne de Homs.



Côté syrien de la frontière, des officiers et des experts des services de renseignement militaires français, certains sous couvert du statut de journaliste, encadrent les combattants de l’Armée « syrienne » libre. Tous se sont infiltrés illégalement en Syrie.



L’ambassadeur Denis Pietton et ses hôtes ont récupéré à un point de passage illégal des agents des services de renseignement français fuyant l’Émirat islamique de Baba Amr où ils dispensaient leur savoir-faire en matière de combat urbain.



En vertu de la Convention de Vienne, les voitures diplomatiques ne peuvent être perquisitionnées. Le convoi a donc pu ramener les agents français à l’ambassade sans que la police libanaise puisse intervenir.



Avec toute l’arrogance de l’ancienne puissance mandataire, l’ambassadeur de France s’était, une fois de plus, publiquement ingéré dans les affaires libanaises en déclarant le 23 février dernier à nos confrères du Daily Star : « Le Liban devrait rester à l’écart des troubles en Syrie ».



Source : « La France exfiltre ses agents restés en Syrie », Réseau Voltaire, 1er mars 2012, http://www.voltairenet.org/a172951

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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   4/3/2012, 23:42


Les journalistes-combattants de Baba Amr
Citation :


Les États membres de l’OTAN et du CCG ne sont pas parvenus à lancer une attaque conventionnelle contre la Syrie. Cependant ils l’ont préparée, dix mois durant, en conduisant une guerre de basse intensité doublée d’une guerre économique et médiatique. La ville de Homs est devenue le symbole de cet affrontement. L’armée « syrienne » libre a investi les quartiers de Baba Amr et d’Inchaat et y a proclamé un Émirat islamique qui donne un aperçu de son projet politique.
Avec le soutien de la Russie –toujours traumatisée par l’expérience de l’Émirat islamique d’Itchkérie– et de la Chine, soucieuses de voir le gouvernement de Damas protéger ses citoyens, l’Armée nationale syrienne a donné l’assaut le 9 février après épuisement de toutes les tentatives de médiation. L’Armée « syrienne » libre, défaite, se retranchait bientôt dans une zone d’environ 40 hectares, qui était immédiatement bouclée par les Forces loyalistes, qui ne cessa de rétrécir et finit par tomber le 1er mars. Pour se venger, les derniers éléments armés de l’Émirat massacrèrent les chrétiens de deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban.
Durant toute cette période, de grands médias ont été utilisés pour masquer la réalité sordide et cruelle de cet Émirat et pour lui substituer une fiction de révolution et de répression. Un soin particulier a été apporté pour faire accroire que des milliers de civils étaient pilonnés par l’artillerie, voire l’aviation, syrienne. Au cœur de ce système de propagande, un Centre de presse utilisé par les chaînes satellitaires de la Coalition : Al-Jazeera (Qatar), Al-Arabiya (Arabie saoudite), France24 (France), BBC (Royaume-Uni) et CNN (États-Unis) et coordonné par des journalistes israéliens.
L’opinion publique en Occident et dans le Golfe peut légitimement se demander qui dit vrai entre la version de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord et du Conseil de coopération du Golfe d’un côté, et celle de l’Organisation de Coopération de Shanghai de l’autre. Nous allons tenter de lui apporter des éléments décisifs pour trancher et pour établir la vérité. Nous nous appuierons sur les vidéos diffusées par les chaînes occidentales et du Golfe, les témoignages des survivants recueillis par le bureau du Réseau Voltaire en Syrie, et les documents découverts dans le Centre de presse de l’Émirat.
Le double visage des reporters occidentaux
Des journalistes occidentaux bloqués dans l’Émirat ont lancé des appels de détresse sur le Net. Deux d’entre eux y apparaissent blessés, le troisième semble en bonne santé. Leurs gouvernements firent de leur extraction une affaire de principe. La France délégua un fonctionnaire pour négocier avec les rebelles. Plusieurs autres États –notamment la Russie–, soucieux de faire descendre la tension au Levant, offrirent leurs bons offices.
J’ai participé à cet effort collectif. En effet, une journaliste française avait refusé une première occasion de fuir avec la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien. Craignant un piège, elle n’avait pas saisi la main qui lui était tendue. Ma mission avait deux aspects. D’abord, établir un contact avec mes compatriotes, les informer sur le contexte politique et militaire, et faciliter leur remise à un fonctionnaire français qui les place sous protection diplomatique. Ensuite, je devais rapporter à ceux qui œuvrent pour la paix dans cette région le déroulement exact des événements et évaluer la bonne volonté des protagonistes.
Comme on le sait, les négociations ont échoué. Les délégués des services de renseignement des différents États impliqués ont pu constater que les autorités syriennes et les organisations humanitaires ont fait tout leur possible et que le blocage est exclusivement imputable à l’Armée « syrienne » libre.
Quelle n’a donc pas été la surprise, réelle ou feinte, des différents négociateurs d’apprendre soudainement que les trois journalistes que nous avons tenté d’extraire d’Homs, plus un quatrième qui n’avait pas souhaité notre aide, ont franchi les lignes de l’Armée syrienne libre et celles de l’Armée nationale syrienne pour se rendre par leurs propres moyens au Liban.
Après un instant de confusion et la vérification que les initiatives parallèles de la Russie n’avaient pas plus abouti que les nôtres, nous avons dû constater qu’un commando armé d’une grande nation occidentale a exfiltré les quatre journalistes, et peut-être d’autres personnes, pendant que nous mettions inutilement notre vie en danger. Dans ces conditions je n’ai aucune raison de me taire sur les dessous de cette affaire. J’exclurai uniquement de cet article les références aux fonctionnaires et personnalités impliquées, afin de préserver leurs capacités à agir pour la paix, bien que mentionner certains détails auraient eu une utile valeur pédagogique pour nos lecteurs.
Je ne doute pas que les rescapés de Baba Amr publieront leur version des événements pour consolider la propagande atlantiste. Ils continueront à mentir comme ils n’ont cessé de mentir. C’est pourquoi, je tiens d’abord à témoigner de ce que j’ai vu pour prévenir le tissu de désinformation que l’on est en train de nous tisser.
Selon la version médiatique actuelle, une révolution aurait été sauvagement réprimée. Des journalistes occidentaux, mus par leur seul désir d’informer, seraient venus voir et témoigner. Les insurgés se seraient progressivement retranchés dans le quartier de Baba Amr où ils auraient survécu trois semaines sous un déluge de feu. Leur Centre de presse aurait été bombardé avec des GRAD, des « orgues de Staline », mercredi 22 février 2012. Au cours de ce bombardement, Marie Colson (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) auraient été tués, tandis qu’Édith Bouvier (Le Figaro Magazine) et Paul Conroy (Sunday Times) auraient été blessés. William Daniels (ex-Figaro Magazine et Time Magazine) serait resté avec eux, tandis que Javier Espinosa (El Mundo) se serait séparé du groupe.
Les survivants ont posté quatre vidéos sur le Net qui nous racontent une bien étrange histoire.
La mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik
La mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik nous est connue par une vidéo fournie par l’Armée « syrienne » libre. Leurs corps ont été retrouvés après la chute de l’Émirat et ont été identifiés par les ambassadeurs de France et de Pologne (représentant son homologue états-unien).

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Marie Colson était connue pour le chic de ses tenues et le contraste dont elle jouait entre la finesse de ses atours féminins et la dureté du bandeau qui cachait son œil perdu. La vidéo, sur laquelle on voit uniquement de dos deux corps gisants au sol, est authentique et a été validée par divers médias qui l’ont diffusée. Les deux journalistes apparaissent en tenue de combat. Il conviendrait de se demander pourquoi ce détail, qui contrevient sur un champ de bataille au statut de non-combattant des journalistes, n’a pas soulevé d’interrogations du public, ni de commentaires indignés de la profession.
Les blessés Édith Bouvier et Paul Conroy au dispensaire
Sur la seconde vidéo, le représentant du Croissant-Rouge syrien dans l’Émirat, le docteur Ali, un dentiste du quartier qui s’est dévoué avec courage aux blessés, présente Édith Bouvier et Paul Conroy allongés sur des lits dans dans ce qui semble être une sorte de dispensaire hospitalier. Puis, un soldat de l’Armée « syrienne » libre qui se fait appeler « Docteur Mohammed », portant blouse bleue et stéthoscope, livre un commentaire révolutionnaire.



Trois éléments doivent être relevés :
Édith Bouvier refuse de décliner son identité, qui est cependant révélée aux spectateurs, et tente de cacher son visage.
Paul Conroy roule des yeux à la fois inquiets et réprobateurs.
« Docteur Mohammed » est une star des vidéos de l’opposition syrienne. Il joue le rôle d’un médecin révolutionnaire, alors qu’il n’est pas médecin. Il s’exprime dans un langage approximatif, sans aucun vocabulaire médical, mais avec des références salafistes.
Tout laisse à penser que « Docteur Mohammed » a profité de la situation pour faire participer le vrai médecin et les deux journalistes à une petite mise en scène dramatisant outrageusement la situation.
Nouveau message de Paul Conroy depuis sa chambre
Dans une troisième vidéo, le photographe britannique Paul Conroy est à l’écart, allongé sur un canapé, après avoir reçu des soins. Il demande de l’aide. Il s’applique à préciser qu’il est invité et pas prisonnier.



Il semble aussi mal à l’aise que la première fois et glisse des indications aux spectateurs. Il appelle des « agences globales » à intervenir car « elles travaillent pour les mêmes objectifs sur le terrain ». Quelles sont donc ces « agences globales » qui auraient le pouvoir de l’extraire de l’Émirat ? Il ne peut s’agir que d’agences publiques, qu’elles soient intergouvernementales comme celles de l’ONU, ou nationales comme des agences de renseignement. Que signifie : « travailler pour les mêmes objectifs sur le terrain » ? Il ne peut faire référence à une activité des Nations Unies, puisqu’elles n’ont pas vocation à faire du journalisme. La seule interprétation possible est qu’il appelle des agences de renseignement alliées en évoquant son appartenance à une agence de renseignement britannique.
À la différence de Marie Colson qu’il accompagnait comme photographe pour ses reportages dans le Sunday Times Paul Conroy ne porte pas d’uniforme sur le champ de bataille, mais il n’en a pas besoin pour se faire identifier.
« Docteur Mohammed » intervient alors pour nous faire part de son diagnostic. Paul Conroy aurait été blessé la veille à la jambe par un missile GRAD. Il nous montre une jambe au bandage immaculé. Malgré l’extrême gravité de la blessure et sa fraîcheur, la jambe n’est aucunement tuméfiée. « Docteur Mohammed » n’a pas usurpé son surnom : sans avoir de formation médicale, il réalise des prodiges médicaux.
À la fin de son intervention, Paul Conroy ajoute un message pour rassurer « sa famille et ses amis en Angleterre » : « Je vais parfaitement bien ». Si le sens caché a échappé à « Docteur Mohammed », ceux qui savent que Paul Conroy est Irlandais du Nord, pas Anglais, n’ont pas de mal à décrypter. Le « photographe » s’adresse à la hiérarchie de l’agence militaire britannique pour laquelle il travaille et signale que cette comédie ne doit pas induire en erreur, il est en bonne santé.
Cette fois, c’est Paul Conroy qui semble utiliser la mise en scène de « Docteur Mohammed » pour faire passer son message, alors qu’il est immobilisé par sa blessure.
Nouveau message d’Édith Bouvier et de son compagnon
Dans une quatrième vidéo, tournée et diffusée la même journée, Édith Bouvier, allongée sur son lit d’infortune appelle à l’aide. Elle demande (1) « la mise en place d’un cessez-le-feu » et (2) « une voiture médicalisée qui la conduise jusqu’au Liban », afin qu’elle puisse y être rapidement traitée.



Vu que les besoins exprimés sont ceux d’une trêve pour laisser circuler une ambulance et d’un transport dans un hôpital pour y être soignée, ces revendications sont absolument incongrues.
(1) Un cessez-le-feu est un accord qui suspend la totalité des hostilités entre les parties durant une négociation politique, tandis qu’une trêve est une interruption des combats, dans une zone déterminée et durant une période déterminée, pour laisser passer des personnes ou du matériel humanitaire.
(2) De plus, être conduite au Liban implique une amnistie pour le délit d’immigration illégale, Édith Bouvier étant entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles.
Force est de constater que ces deux exigences ne sont pas argumentées, mais correspondent à la création d’un « couloir humanitaire » au sens où l’entend le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.
Alain Juppé est malheureusement connu pour sa facilité à inverser les rôles et son usage des « couloirs humanitaires ». En 1994, il avait obtenu du Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution autorisant l’opération Turquoise, c’est-à-dire la création d’un « couloir humanitaire » pour permettre à la population hutu du Rwanda de ne pas être massacrée à son tour en vengeance des crimes commis par le Hutu Power principalement contre la population tutsie. On sait aujourd’hui que ce couloir n’était pas qu’humanitaire. Il permit à la France d’exfiltrer les génocidaires mêlés aux civils, afin de leur éviter d’avoir à répondre de leurs crimes. Alain Juppé cherche cette fois à exfiltrer les groupes armés responsables des tueries en Syrie.
Il convient donc de constater qu’Édith Bouvier n’exprime pas des besoins personnels, mais que ses exigences correspondent aux intérêts de l’Armée « syrienne » libre tels que la France les défend.
Il n’est pas surprenant que la journaliste se fasse la porte-parole d’Alain Juppé. Elle a été engagée au groupe Le Figaro par Georges Malbrunot. Selon les autorités syriennes, ce dernier était dans les années 80 l’agent de liaison de la DGSE avec les Frères musulmans. Il fut arrêté à Hama, puis restitué aux autorités françaises à la demande expresse du président François Mitterrand.
Dans la séquence suivante, « Docteur Mohammed » explique la situation, tandis que son compagnon le photographe William Daniels (pigiste au Figaro-Magazine, puis à Time Magazine) insiste sur l’urgence de la situation. Les déclarations en arabe sont traduites en anglais par un quatrième personnage que l’on ne voit pas à l’écran. Enfin un cinquième intervenant, le jeune Khaled Abou Saleh, apporte une conclusion révolutionnaire au petit film.
Alors que dans les premières vidéos Édith comme Paul refusaient manifestement de coopérer avec « Docteur Mohammed », elle joue cette fois le jeu de bonne grâce.
Le jeune Khaled Abou Saleh est le chef de Centre de presse de l’Armée « syrienne » libre. D’après les journalistes qui ont utilisé cette installation, le Centre, placé dans un immeuble vétuste, était équipé de tout le matériel hi-tech nécessaire. Les journalistes pouvaient y faire leurs montages, et disposaient du matériel satellitaire pour des diffusions en direct. Certains ironisaient en comparant le niveau informatique du Centre à celui de l’Armée nationale syrienne, qui persiste à utiliser des systèmes de transmission archaïques.
On ne dispose d’aucune information sur les généreux sponsors qui ont offert cette installation dernier cri. Mais on dispose d’une indication lorsque l’on s’intéresse aux activités professionnelles de Khaled Abou Saleh. Le jeune révolutionnaire est lui-même journaliste. Il est correspondant permanent à Al-Jazeera, qui en outre publie son blog son site internet, et pigiste à France24, où il apparaît comme collaborateur de la rubrique « Les Observateurs ». Or, ces deux télévisions satellitaires forment l’avant-garde de la propagande de l’OTAN et du CCG pour justifier un changement de régime en Syrie, comme elles le firent pour en justifier un en Libye.
À titre d’exemple sur la déontologie de la chaîne publique française, le 7 juin 2011, France24 avait diffusé en direct une intervention téléphonique émouvante de l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Shakkour, annonçant sa démission pour protester contre les massacres dans son pays. Immédiatement la machine diplomatique française exerçait des pressions sur l’ensemble des ambassadeurs de Syrie dans le monde pour qu’ils suivent ce bel exemple. Las ! Bien que Renée Kaplan, la directrice-adjointe de la rédaction de France24, ait juré que la voix diffusée était celle de l’ambassadrice qu’elle connaissait bien, il s’agissait en fait de celle de l’épouse du journaliste, Fahd Alargha-Almasri. L’intoxication fit long feu [1 ].
Sous l’impulsion d’Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent-Kouchner, France24 et RFI ont cessé d’être des organes d’information pour devenir des instruments du dispositif militaro-diplomatique français. Ainsi, le 5 juillet 2011, Alain de Pouzilhac, en qualité de PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) signait un protocole d’accord avec Mahmoud Shammam, ministre de l’Information des rebelles libyens. Il s’engageait à créer des médias anti-Kadhafi et à former le personnel nécessaire pour faciliter le renversement du « Guide » libyen. Cette annonce avait soulevé la colère des journalistes de France24 et de RFI, furieux d’être instrumentés dans cette entreprise de propagande. Tout laisse à penser que des dispositions de même nature ont été prises pour encourager « le journalisme citoyen » des « révolutionnaires syriens ». Si c’est le cas, le rôle de Khaled Abou Saleh ne se limite pas à des correspondances et à des piges, il est un acteur clé de la fabrication de fausses informations pour le compte du dispositif militaro-diplomatique de la France.
Précédemment, Édith Bouvier était rétive à la mise en scène. Au contraire, cette fois, elle collabore avec son collègue de France24 et enregistre un appel à l’aide qui vise à manipuler la compassion des spectateurs pour justifier la mise en place d’un « couloir humanitaire », tel que celui dont Alain Juppé a besoin pour évacuer les mercenaires de l’Armée « syrienne » libre et leurs instructeurs occidentaux.
Premières conclusions
À ce stade de l’étude des vidéos, j’ai émis plusieurs hypothèses de travail.
L’équipe du Sunday Times (Marie Colson et Paul Conroy) travaillait pour le MI6, tandis que l’envoyée du Figaro Magazine (Édith Bouvier) travaillait pour la DGSE.
« Docteur Mohammed » a profité de ce que les journalistes soient alités pour enregistrer deux vidéos de plus, mais Paul Conroy en a profité pour adresser un message de détresse aux alliés.
En définitive le pigiste de France24, Khaled Abou Saleh, a mis en scène la revendication d’Alain Juppé.
Échec des négociations ou changement de négociation ?
Tout au long des négociations, j’ai pu apporter divers éclairages qui ont été pris en considération. Mais chaque fois que j’ai évoqué les remarques ci-dessus, il m’a été répondu que ce n’était pas le moment. Il apparaissait que l’Armée « syrienne » libre refusait de laisser sortir les journalistes. L’urgence était de les sauver. On s’occuperait plus tard du statut réel de chacun.
Samedi 25 au soir, les négociations avaient échoué. Pour rétablir le contact avec les takfiristes, les Syriens cherchaient un cheikh modéré avec qui ils acceptent de parler, mais tous les religieux contactés se désistaient les uns après les autres de peur des conséquences. Fallait-il camper sur place pour pouvoir reprendre la discussion dès qu’un cheikh se présenterait ? Ou fallait-il rentrer se reposer en sécurité à Damas ?
C’est en définitive des autorités militaires syriennes que vint la réponse. Nous étions invités à rentrer et nous serions informés lorsqu’une nouvelle occasion de négociation se ferait jour. De retour dans la capitale, un SMS nous informa que les négociations étaient suspendues pour 48 heures.
Suspendues ne signifiait pas que nous pouvions nous divertir dimanche et lundi pendant que des confrères et des compatriotes étaient en danger de mort, mais que durant 48 heures une autre négociation était en cours. Sur le moment, j’ai cru que le relai avait été pris par nos amis russes.
Mardi matin, j’étais réveillé par une amie, reporter de guerre pour un grand média français, qui me téléphonait en m’apprenant l’arrivée de Paul Conroy et probablement des autres journalistes à Beyrouth. J’étais interloqué. Je réveillais à mon tour un haut responsable syrien qui manifesta sa perplexité. De coup de fil en coup de fil, personne à Damas ne savait quoi que ce soit, ou ne voulait parler.
En définitive, je découvris qu’un accord avait été négocié par le général Assef Chawkat avec une haute personnalité française de ses amis pour trouver une solution politique à cet imbroglio. Les Forces loyalistes ont ouvert leurs lignes pour laisser passer nuitamment les conseillers militaires français et les journalistes vers le Liban. Au petit matin, l’Armée « syrienne » libre a découvert leur fuite. Comprenant qu’ils étaient abandonnés, les mercenaires décidèrent de se rendre, abandonnant leur propre arsenal, tandis que les islamistes refusèrent les dernières sommations. Le général Assef Chawkat donna l’assaut final et prit l’Émirat en quelques heures, délivrant de la tyrannie islamiste les civils qui y étaient enfermés.
Depuis son quartier général à l’étranger, l’Armée « syrienne » libre –désormais réduite à pas grand-chose– annonça son « repli stratégique ». La nature ayant horreur du vide, le Conseil national syrien basé lui aussi à l’étranger annonça la création d’un Comité militaire composé d’experts syriens et surtout étrangers. En quatre jours, la question militaire s’est déplacée du champ de bataille syrien aux confortables salons des grands hôtels parisiens.
À suivre…
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MessageSujet: Re: Actualités Syrie   8/3/2012, 11:54

Le « journaliste » Paul Conroy, agent opérationnel du MI6



Présenté comme reporter photographe au Sunday Times, Paul Conroy, qui vient de s’échapper de l’Émirat islamique de Baba Amr, est un agent du MI6 britannique.

Sur cette photo, on le voit en Libye (en gilet pare-balles bleu) avec les dirigeants d’Al-Qaeda : à sa droite Mahdi al-Harati (en gilet pare-balles noir) et Abdelhakim Belhaj (en vareuse camouflée).

• Mahdi al-Harati a épousé une Irlandaise et a vécu à Dublin. Paul Conroy est Irlandais du Nord, élevé à Liverpool.

Selon l’ancien Premier ministre José Maria Aznar, Mahdi al-Harati est toujours recherché en Espagne pour son implication dans les attentats de Madrid du 11 mars 2004.

En 2010, avec une barbe plus soignée et la couverture d’une ONG, Mahdi al-Harati était infiltré par le MI6 au sein de la « Flottille de la Liberté » qui tenta d’apporter de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.

Mahdi al-Harati dirigeait la brigade d’Al-Qaeda qui assiégea l’hôtel Rixos de Tripoli, en août 2011. Selon Khamis Kadhafi, il était encadré par des instructeurs français. Selon une source militaire étrangère de très haut niveau, al-Harati avait reçu pour mission de l’OTAN de capturer les dirigeants libyens réfugiés dans une facilité secrète de l’hôtel, et d’assassiner dans l’hôtel l’ex-congressman et assistant de Martin Luther King, Walter Fauntroy. Il devait aussi éliminer les deux collaborateurs du Réseau Voltaire Thierry Meyssan et Mahdi Darius Nazemroaya qui résidaient à l’hôtel Radisson, où al-Harati installa son centre de torture. Cette décision avait été prise lors d’une réunion restreinte au commandement de l’OTAN à Naples quelques jours plus tôt. Le compte-rendu fait mention de la présence à cette réunion d’Alain Juppé. Interrogé à ce sujet, son secrétariat dément toute participation du ministre français des Affaires étrangères et indique qu’il était en vacances à cette date.

En octobre 2011, Mahdi al-Harati a mis en scène en Syrie, un village témoin situé dans la montagne à la frontière turque. Durant deux mois, il y a reçu des reporters occidentaux pour leur vanter la « révolution » syrienne. Le village est habité par une tribu qui était rémunérée pour jouer des manifestations et poser pour la presse. Al-Harati y a notamment reçu Paul Moreira de Canal Plus et Édith Bouvier du Figaro.

• Abdelhakim Belhaj est le bras droit d’Ayman al-Zawahiri, et l’actuel numéro 2 d’Al-Qaida. Bien qu’il soit officiellement toujours un des criminels les plus recherchés dans le monde, il a été promu par l’OTAN gouverneur militaire de Tripoli.

Abdelhakim Belhaj dispose d’un titre de résident au Qatar.

Abdelhakim Belhaj a effectué récemment plusieurs séjours en Turquie, où il a disposé d’un bureau sur la base de l’OTAN à Incirlik, et en Syrie où il a infiltré plusieurs groupes jusqu’à atteindre un total de 1 500 combattants. Selon Ayman al-Zawahiri, ses hommes ont notamment perpétré les attentats de Damas et d’Alep.

Son organisation, le Groupe islamique combattant en Libye, a fusionné avec Al-Qaeda mais figure toujours sur la liste des organisations terroristes du Département d’État US et du Département de l’Intérieur Britannique.

En s’associant à des terroristes reconnus, Conroy tombe sous le coup de la loi à la fois aux États-Unis et au Royaume-Unis pour soutien ou association à un groupe terroriste. Il encourt 15 ans de prison, sauf à faire valoir son immunité en excipant de sa qualité d’agent de Sa Majesté.

http://www.voltairenet.org/Le-journaliste-Paul-Conroy-agent

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