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 Hiérogamie ou Mariage Sacré

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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   12/6/2011, 09:13

Cette nuit je suis tombé sur un pdf écrit par un "fils de la veuve" (si vous avez bien suivi vous devriez comprendre pourquoi les francs-maçons se dénomment ainsi Very Happy ). J'ai tenté de lire son charabia kabbalistique mais ça m'a surtout apporté un gros mal de tête. J'y ai toutefois trouvé quelques passages se rapportant au sujet et l'ajouterai ultérieurement à ce fil.

Un article précédent m'avait échappé, je le rajoute ici:

La nature divine de Pharaon
Citation :

Pharaon est à la fois dieu et roi humain. Ces deux aspects de sa personnalité sont inextricablement mêlés. Dieu, souvent désigné par l’expression neter nefer , le « dieu parfait », est le fils charnel d’une divinité : à haute époque, du dieu-soleil (Rê), d’Héliopolis, la plus ancienne capitale d’Égypte, et, à partir de la XVIIIème dynastie, du dieu Amon de Thèbes. À l’Ancien Empire, la filiation divine est simplement indiquée par le titre « Fils de Rê », souvent suivi de la précision « de son corps », qui prouve qu’il faut bien interpréter « Fils charnel de Rê » ; au Nouvel Empire, des textes et des représentations décrivent en détail comment le dieu Amon, qui d’ailleurs selon son nom d’Amon-Rê est tenu à cette époque pour une hypostase du dieu Rê, prenait la forme et l’aspect du pharaon régnant pour s’unir charnellement à la reine afin de procréer l’héritier légitime du trône.

C’est sans doute grâce à cette origine divine et au fait qu’un sang divin coule dans les veines de l’enfant royal, garçon ou fille, que, à la différence des autres civilisations antiques, la reine égyptienne peut, le cas échéant, soit exercer la royauté au même titre qu’un mâle, soit transmettre les droits à la couronne à son mari quand il n’est pas héritier légitime. Ces mêmes raisons, et surtout le désir de conserver intacte la pureté du sang divin, expliquent peut-être que le mariage consanguin du pharaon avec une de ses sœurs ou demi-sœurs soit sinon une règle, du moins une pratique très fréquente. Toutefois, on peut aussi expliquer cette coutume, que suivront encore les souverains lagides, en évoquant le désir d’imiter le couple mythique idéal, celui d’Osiris et d’Isis, tous deux enfants du dieu Geb (la Terre) et de la déesse Nout (le Ciel), qui étaient eux-mêmes frère et sœur.

En tant que roi, Pharaon est considéré comme le successeur légitime d’Horus, premier souverain de l’Égypte. De même qu’Horus, dieu-faucon fils d’Osiris et d’Isis, hérita de son père la royauté unifiée de l’Égypte, de même Pharaon est conçu comme l’« Horus vivant », la réincarnation du premier roi mythique. C’est même là son titre le plus ancien. Dès les premières dynasties, à l’époque thinite, le nom du roi est toujours précédé du titre « Horus » : on parle non pas du « pharaon X... », mais de « l’Horus X... » Ce titre subsistera jusqu’à la fin de l’histoire égyptienne, et les souverains lagides ou romains porteront eux aussi leur « nom d’Horus » ; c’est ainsi que l’empereur Auguste se fera appeler « l’Horus, Celui au bras puissant, Le Grand de force ».

http://toutankharton.com/Nature
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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   12/6/2011, 10:15

Identité de la déesse mère originelle:

Partant du principe que la déesse mère est qualifiée de "mère des dieux", puis "mère de dieu" par syncrétisme, il serait logique, pour être correct, que nous devrions chercher du côté d'une "mère des démons". Aussi un point important à préciser concernant la hiérogamie ; l'acte sexuel dans ce rite requiert une position bien précise ; la femme doit dominer son amant, autrement dit elle est assise sur l'homme.

A ces éléments nous pouvons affirmer sans trop d'effort qu'il s'agit de Lilith.

Citation :

"Tous ses princes seront anéantis ;
Les épines croîtront dans ses palais,
Les ronces et les chardons dans ses forteresses.
Ce sera la demeure des chacals,
Le repaire des autruches ;
Les chats sauvages du désert rencontreront les hyènes,
Et les Seirims (satyres) s'y appelleront les uns les autres ;
Là aussi se tapira LILITH pour y trouver le calme.
Et trouvera son lieu de repos ;
Là le serpent fera son nid, déposera ses œufs,
Les couvera, et recueillera ses petits à son ombre,
Là se rassembleront tous les vautours."


(Isaïe, 34,14).

Citation :

« Dieu créa Adam et vit qu’il était seul. Il dit : "Il n’est pas bon pour un homme d’être seul". Alors, Il créa une femme, à partir de la terre comme Adam et Il l’appela Lilith. Adam et Lilith se querellèrent. Il lui dit : "Je ne me coucherai pas sous toi, mais seulement au-dessus de toi. Tu es faite pour être dessous, parce que je te suis supérieur". Lilith répondit : "Je ne me coucherai pas sous toi mais sur toi. Nous sommes égaux, nous avons été créés de la même terre". Aucun des deux ne voulut céder. Quand Lilith le vit, elle prononça le Nom Ineffable et partit dans les airs. Adam s’est tenu en prière devant son Créteur et dit « Souverain du monde, la femme que t m’as donnée s’est enfuie loin de moi ».

Aussitôt le Saint béni soit-il a dépêché ces trois anges (Sanoï, Sansanoï, Samnaglof), pour aller à sa rcherche et la faire revenir. Le Saint béni soit-il dit (à Adam) : « si elle veut retourner vers toi c’est bien. Sinon elle devra accepter que cent de ses enfants meurent
chaque jour ». Les anges partirent à la poursuite de Lilith. Ils la retrouvèrent mais elle ne
voulu point revenir. Les anges dirent alors "Nous te précipiteront dans la mer", "Laissez-moi", dit-elle, "je n'ai été créée que pour causer les maladies aux enfants. Si l'enfant est mâle, j'ai la domination sur lui pendant les huit jours après sa naissance, et si c'est une fille, pendant 20 jours." Quand les anges entendirent les mots de Lilith ils insistèrent pour qu'elle revienne mais elle leur proposa alors un marché : Chaque fois qu'elle verrait le nom de ces anges sur des amulettes, elle n'aurait aucun pouvoir sur lui. Elle accepta aussi de voir mourir 100 de ses enfants chaque jour. Ainsi, chaque jour 100 démons périssent et pour la même raison, on inscrit les noms des anges sur des amulettes pour de jeunes enfants. Quand Lilith voit ces noms elle repart en souvenir de sa promesse et laisse l'enfant en vie." (Otsar ha-Midrachim, I, p. 47)

Alphabet de ben Sirah
Source: http://www.akadem.org/photos/contextuels/6787_1_Lilith.pdf

Citation :

Il nous faut remonter en période assyrio-babylonienne, pour retrouver les fondements du mythe de la première femme, Lilith, cette mère obscure qui sous diverses apparences, plane à travers l’espace et les rêves des hommes, à la fois séductrice et envoûtante, vampire ou succube, mais toujours effrayante.

Dotée d’une imagerie très variée, ce qui nous éclaire sur la notoriété de son caractère de démon, c’est souvent sous les traits d’une superbe femme nue, parée d’une longue chevelure ondoyante, qu’elle est représentée, une vulve se dessine sur son front, ses jambes prennent la forme de serpents, et pour couronner sa majesté deux ailes lui confèrent un aspect prodigieux. Une autre image de Lilith, est celle d’une belle femme, coiffée d’une tiare, aux pieds et aux ailes d’oiseau rapace, elle est accompagnée d’une lionne et de chouettes.

Dans la magie gnostique, c’est vêtue de noir et assise sur un globe de même couleur, qu’elle représente une des configurations de la Déesse mère, celle là même qui préside aux plaisirs charnels. Ses qualités de déesse de l’amour et de la mort en on fait une divinité très conjurée dans la magie sexuelle.

De nombreuses incantations retrouvées dans de vieux ouvrages attestent de sa notoriété. Il est demeuré une invocation à Lilith, qui serait le texte délivré en 1592, par une entité inconnue, à Sir Edward Kelly, l’assistant de John Dee, celle-ci lui aurait été donnée lors d’une séance de vision astrale.

Le nom même de Lilith représenterait les ténèbres, l’obscurité : Leila ou Lavlah c’est la nuit, en conséquence le noir, pareillement à ces nombreuses Vierges Noires, parentes de Lilith, telles Isis, Kali, Sarah la noire, Marie l’Egytienne, dont les lieux de cultes étaient souvent établis sur l’emplacement d’anciens sites initiatiques, nous retrouvons là, le lien qui unit les anciennes déesses de vie, de mort, de fécondité et de forces telluriques, bien antérieures au christianisme. (...)

C’est avec Agrat, Mahalath et Naamah, que Lilith passe pour être une des mères des démons, elle serait entre autre dans une tradition la mère d’Ormuzd ou Hormiz, dans une autre légende, c’est Asmodée, Prince des Démons qui est son fils. Alors que Lilith n’est presque pas mentionnée dans la Bible, il nous faut consulter le Talmud et le Zohar, pour mieux connaître son histoire, elle apparaît alors sous la forme d’une créature démoniaque à visage de femme, dotée d’ailes et portant de long cheveux. Ainsi la reconnaissent différents passages du Talmud qui parle d’ « un fœtus ailé comme Lilith », on dit encore d’une femme qu’ « elle laisse pousser ses cheveux comme Lilith ».

Dans tous les cas, elle est définie comme une créature essentiellement nocturne, c’est elle, également, que décrit le « Testament de Salomon », (ouvrage grec du IIIè siècle de notre ère, dérivé probablement d’un écrit ésotérique judéo-héllénique), elle y est définie comme errant à travers le monde et se présentant sous des dizaines de noms, pour rendre visite aux femmes en couche et s’efforcer d’étrangler leur enfant nouveau-né, ce sont par ailleurs ces deux atrocités qui lui valurent sa mauvaise réputation, il était de ce fait pratique courante de protéger les femmes en couche et les nouveaux-nés par des amulettes qui fixées aux murs des chambres et au dessus des lits étaient sensées l’éloigner. Il était aussi d’usage jusqu’au XVIè siècle, en Europe centrale, d’éveiller les enfants qui souriaient dans leur sommeil : on craignait qu’ « ils ne jouent avec Lilith », celle-ci avait la réputation de les emporter avec elle dès qu’elle les avait séduit.

Nous retrouvons dans le Vendidâd (l’un des livres de Zoroastre), un passage qui serait considéré comme l’une des bases du mythe juif de Lilith : « l’homme qui se souille involontairement pendant la nuit, est censé avoir eu des relations avec une succube qui concevra de lui. A moins qu’il ne récite certaines formules à son réveil, l’enfant appartiendra aux démons ». Lilith préside également à l’acte sexuel et dirige les incubes et les succubes, pousse les femmes à jouir de leur corps, et leur donne passions et orgasmes érotiques.

Lilith la séductrice assaille également les hommes, qu’elle provoque à de maléfiques rapports. Voici un texte emprunté à Johann Jakob Schudt qui raconte en 1717 :

« Les Juifs de Francfort croient fermement que lorsque le sperme échappe à un homme, il formera de mauvais esprits avec l’aide de Mahalath et Lilith, mais qu’ils mourront en leurs temps. La semence que répand à terre la masturbation, féconde Lilith et lui engendre des fils ». (...)

Dans la démonologie occidentale, Lilith est la Reine des Striges, ces démones vampires, ailées, munies de serres de rapaces, qui attaquent les hommes et les détruisent après leur avoir procuré des plaisirs érotiques, au Moyen Age, l’image de la Strige était synonyme de Goule et de sorcière, celles-ci étaient accusées de faire disparaître les enfants et de les tuer dans le but d’utiliser leur chair et leur sang pour la confection de philtres et de maléfices. Néanmoins, la légende qui a engendré un véritable « mythe de Lilith » est la traduction d’un passage du livre kabbalistique nommé « L’Alphabet de ben Sirah », ouvrage datant du XIè siècle. (...)

Lilith la réprouvée n’avait cependant rien perdu de sa séduction. Il arriva qu’elle rencontra un jour Samaël, maître des anges déchus, qui la trouva en train de se lamenter sur ses erreurs et sa solitude et il tomba amoureux d’elle. D’accord avec Lilith sur la question de l’égalité des sexes et de la similitude qui existaient entre eux, ils ont deviendront époux, ainsi, Samaël s’installa avec elle dans la vallée de Jehannum, le Gehenne ». Pour désigner davantage le rôle néfaste du couple maudit, le Talmud désignera Samaël du nom d’Adam-Bélial – dans lequel la racine bel est évocatrice de désolation et d’anéantissement. De son union avec Samaël, elle deviendra la Reine des forces du mal, Reine de Saba et immortelle.
Si à sa naissance, Lilith était ornée de toutes les vertus, la légende lui imposera un destin maléfique pour l’humanité, mais surtout pour les autres femmes. A une époque où beaucoup de portes sont ouvertes à notre connaissance, où beaucoup d’écrits sont à notre portée, Lilith a repris la place qu’elle n’aurait pas dû quitter, de nombreux écrivains et peintres de génies l’ont ressuscitées, Victor Hugo dans « La Fin de Satan », en fait la fille ainée de Satan, elle apparaît notamment dans « le gibet », créature obscure qui surveille la tragédie du Golgotha.

http://epra12.wordpress.com/2006/11/28/le-mythe-de-lilith-premiere-femme-cree-bien-avant-eve/
http://www.heresie.com/lilith.htm

Citation :

Une des dames fascinées par Jean Carteret fut Marianne Verneuil qui voyait en Lilith la forme féminine de Samaël, le tentateur d’Eve, Satan ou plus exactement Lucifer en relation avec Vénus. Ainsi comprenait-elle Lilith comme une “Vénus déchue et vouée aux ténèbres“ — ce que l’on retrouve d’ailleurs chez une autre admiratrice de Carteret, Joëlle de Gravelaine.

En effet, Lilith “hante les ruines“ comme il est dit dans la Bible de Jérusalem. Elle s’y délasse en y trouvant un “reposoir“ comme l’écrit André Chouraqui. Elle hante ces “espaces désertiques“, est-il traduit dans la Traduction Oecuménique de la Bible. Passons de la Bible au Talmud où se trouve décrit un “fœtus ailé nommé Lilith“ (Nidd. 24.B). Mais c’est dans l’ésotérisme juif que le mythe de Lilith est le plus développé...

“J’ai trouvé dans un livre ancien que ce que Dieu détacha d’Adam n’était pas une côte mais Lilith la primitive“8. Le mythe de Lilith en tant que première femme d’Adam est connu mais procède d’une “légende tardive“ comme le remarque André Caquot dans “Anges et démons en Israël“. Lilith aurait disputé l’égalité avec Adam, prononcé le nom de Dieu et trouvé refuge dans la fuite...

De la “Terre“, Lilith aurait été créée mais comme le soutient un spécialiste de la Kabbale, “le domicile véritable de Lilith se trouve dans les profondeurs de la mer“. Et il y a tout lieu de se demander, sur un plan astrologique par exemple, de quelle “Terre“ et de quelle “Eau“ zodiacales s’agit-il. Ce n’est pas un hasard si Lilith se sent chez elle en Capricorne ou en Scorpion... (...)

Mais venons-en au Zohar, le “Livre de Splendeur“, commentaire sacré de la Bible suivant la “Kabbalah“ (tradition-transmission), la doctrine ésotérique des hébreux. Car c’est bien là que les aventures de Lilith sont le plus développées.

Ainsi nous lisons : “La lune exerce une bonne influence pendant les jours de sa croissance, et une mauvaise influence pendant les jours de sa décroissance. C’est pour cette raison que la lune est composée de bien et de mal. (...) C’est pendant la décroissance que Lilith fut créée.“ (Tome VI, p. 58).

“Dieu ne trouva pas en Lilith une aide pour l’homme, attendu qu’elle était contre lui. Et c’est alors, après avoir détaché Lilith de l’Homme que Dieu remplaça le plaisir que l’homme éprouvait par son commerce avec celle-ci, par le plaisir de la chair. C’est pourquoi l’Ecriture ajoute : “Et il mit de la chair à sa place“. Remarquez que Dieu a créé l’Homme ici-bas pourvu de tout ce qu’il faut pour suppléer à tous les besoins que les démons font miroiter à ses yeux ; ainsi en détachant “Lilith“ de l’Homme, une de ses côtes a pu lui tenir lieu du plaisir coupable qu’il éprouvait précédemment dans sa cohabitation avec Lilith.“ (Tome I, pp. 215-216).

Le premier acte de Lilith est de se séparer de son époux (T. VI, pp. 338-339). C’est alors un des démons (T. I, p. 173), la femelle des démons (T. I, p.20) et même un de leurs chefs (T. 1, p. 120) qui domine aux heures de la nuit (T. 1, p. 214)...

Quelle est sa demeure ? “Lorsque les fleuves célestes se dirigent à l’océan d’en haut, les fleuves du démon se dirigent également vers l’océan d’en bas. Tous les poissons qui séjournent dans ces fleuves sont distincts les uns des autres. Leur chef est Lilith, qui préside à tous les poissons chargés de missions en ce monde. Les poissons de ce fleuve sont appelés “les premiers-nés des Egyptiens“. Tel est le sens des paroles de l’Ecriture : “Et il sépara les eaux de dessous le firmament d’avec celles qui étaient au-dessus du firmament.“ Ainsi “Dieu sépara les anges sacrés qui séjournent dans les fleuves d’en haut d’avec les messagers de Lilith qui séjournent dans les fleuves d’en bas.“ (Tome III, p. 169).

L’âme des jeunes enfants est abandonnée à la “servante“ : Lilith, qui les tue (Tome III, p. 387). Quant aux femmes qui s’unissent à Samaël, le mauvais Serpent, compagnon de Lilith, l’impie, celle-ci les rend enceintes. Lilith, s’échappant de sa prison de “haine“, rôde parfois autour de la porte où, comme le mal, elle reste “accroupie“ (Tome III, p. 435)...

C’est pourquoi elle cause aux enfants toutes sortes de malheurs comme l’épilepsie (Tome I, p. 317) ou, bien entendu, les tue (Tome I, p. 120). Il est recommandé à l’homme d’éloigner Lilith du lit conjugal car elle menace l’épouse (Tome III, p. 19). Ainsi, les sages-femmes juives font écrire sur les murs de la chambre où va accoucher une femme : “Adim ch Anah Chouts Lilith“ : Que Lilith soit éloignée d’ici.

Bien que Lilith s’oppose à la procréation et représente une image de stérilité, on peut parler sur un plan symbolique des enfants de Lilith (Tome V, p. 332), de la race des serpents, de celle qu’on appelle “fumier“ (Tome VI, pp. 448-449)...

Lilith représente aussi l’orgueil. “L’homme qui regarde souvent dans la glace réveille l’esprit mentionné, lequel lui amène “Lilith“, la mère des démons. Comme le fait de se regarder dans la glace a l’orgueil pour mobile, “Lilith“, qui aime les orgueilleux, exige de cet homme qu’il ait du commerce avec elle durant le sommeil, ou elle le tue.“ (Tome IV, p. 301).

Lilith, l’instigatrice des châtiments qui demande la rigueur chaque jour (Tome II, p. 33), restera en vie jusqu’au jour où le Saint épurera le monde de l’esprit impur... (Tome I, p. 317).

http://www.paganguild.org/pissier/divers/lilith_et_le_mythe01.htm

Citation :

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme,
O Beauté ? Ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l’on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l’aurore,
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l’enfant courageux,

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux, l’Horreur n’est pas le moins charmant ;
Et, le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
O Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton sourire, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu’importe ? Ange ou Sirène,
Qu’importe, si tu rends, – fée au yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! –
L’univers moins hideux et les instants moins lourds ?


Charles Baudelaire, Hymne à la beauté, Les fleurs du mal, 1861

Edit: j'avais d'abord vu ce poème de Baudelaire associé à Lilith par plusieurs personnes mais après courte enquête rien ne permet de l'affirmer - je le laisse néanmoins
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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   12/6/2011, 18:49

Dans l'Epopée de Gilgamesh (aurait vécu vers ~ -2600), la déesse (Ishtar) avait la réputation de changer ses amants en animaux et de leur apporter toutes sortes de malheurs. Elle fait ses avances mais celui-ci refuse.

Citation :

Quant il eut coiffé sa couronne,
Ishtar-la-Princesse fut fascinée par la beauté de Gilgamesh.

«Allons, Gilgamesh (lui dit-elle), épouse-moi!
Offre-moi ta volupté! *[littéralement: "offre-moi en cadeau ton fruit"]
Sois mon mari, je serai ton épouse!
Je (te) ferai équiper un char de lazulite et d'or,
Aux roues d'or pur, au guide-rêne en ambre,
Attelé de bêtes fougueuses :*[lit.: "attelé de tempêtes"] de grands mulets,
Pour t'introduire en notre Palais, parmi les fragrances du cèdre!
Et quand tu y pénétreras,
Les plus hauts <dign>itaires du clergé te baiseront les pieds!
Se prosterneront devant toi les rois, les seigneurs et les princes!
Ils t'apporteront en [tri]bu[t] (tous) les produits de l'étranger et de chez nous.
Tes chèvres (ne) mettront bas (que) triplés, tes brebis, (que) bessons;
A la charge tes ânons l'emporteront sur les mulets adultes;
Tes chevaux de char triompheront à la course;
[Et tes boeufs], sous le joug, n'auront pas leur pareil!»

[Mais Gilgamesh] ouvrit la bouche, prit la [par]ole,
[Et s'adressa] à Ishtar-la-princesse:
«[Combien devrai-je te pay]er, si je t'épouse?
[Te faudra-t-il], pour ton corps, [parfums] et garde-robes?
[Te faudra-t-il] provisions et victuailles?
[Devrai-je te nourrir] d'une chère divine,
[Et te désaltérer] de breuvages royaux?
Me faudra-t-il [ ] [ ] ?
Devrai-je (te) verser [ ]?
[Me faudra-t-il (t')envelopper d'une cape [ ]?
[No]n! Je ne veux pas de toi [pour épouse]!
[(Car) tu (n')es (qu')un fourneau] [qui s'éteint au froid];
Une porte branla[nte] [qui n'a]rrête ni courants d'air, ni vents;
Un palais qui s'écra[se] sur ses (plus) braves [défenseurs];
Un éléphant [qui jette à bas] son harnachement;
Un morceau-de-bitume qui so[uille] qui le touche;
Une outre qui [se vide sur] son porteur;
Un bloc de pierre-à-chaux qui cause l'effondrement d'un mur de pierre;
Un bélier-de-siège qui démolit le rempart d'alliés;
Une chaussure qui bl[esse] son porteur!
Pas un de [tes] amants [que tu aurais aimé] toujours!
Pas un de tes favoris, [qui] aurait échappé [à tes pièges]!
Viens ça, que je [te] récite [le triste sort] de tes amoureux!

Tammuz, le chéri de ton je[une âg]e,
Tu lui as assigné une déploration annuelle!
Le Rollier polychrome, tu l'as aimé,
(Puis, tout à coup,) tu l'as frappé, et tu lui as brisé les ailes!
Et le voilà, réfugié dans les bois et qui piaille : "Mes ailes!"
Le Lion, à la vigueur incomparable, tu l'as aimé,
(Puis, tout à coup,) tu n'as cessé de lui faire tendre embûches sur embûches!
Le Cheval, passionné de combat, tu l'as aimé,
(Puis, tout à coup,) tu lui as assigné le Fouet à pointes et lanières;
Tu l'as condamné à des courses sans fin,
Et à ne boire (son eau) qu'après l'avoir souillée!
Tu as même endeuillé sa mère Silili!
Tu as aimé le Pâtre, le Berger-chef
[Qui] te préparait assidûment galettes (cuites) sous la cendre,
Et [chaq]ue jour te sacrifiait ses <che>vrettes,
(Puis, tout à coup,) tu l'as frappé et changé en loup,
Si bien que ses propres valets le pourchassent,
Et que ses chiens lui entament l'arrière-train!
Tu as aimé Ishullânu, le jardinier de ton Père,
Qui ne cessait de t'offrir des dattes par couffins
Et te procurait tous les jours un menu plantureux.
Tu avais jeté les yeux sur lui et tu l'étais allée provoquer:
"Jouissons de ta vigueur, mon (petit) Ishullânu!
Avance donc ta main et me (!) touche la vulve!"
Mais Ishullânu te disait: *[Ishullânu ne comprend pas l'allusion sexuelle]
"Que me demandes-tu là? Ma mère n'a-t-elle pas cuisiné?
Et n'ai-je pas (déjà) mangé?
(Tu ne m'offres) pour aliments que pain de malédiction et d'opprobres,
Et contre le froid, que joncs pour m[e] couvrir!"
Et toi, en l'entendant (ainsi) pa[rler],
Tu l'as frappé et chan[gé] en Crapaud,
L'assignant à demeure à son (lieu de) tra[vail],
Où [ ] ne monte ni ne descend!

Alors, moi aussi, si tu m'aimes,
Tu [me traiteras] (donc) comme eux!»



Jean Bottéro, L'Epopée de Gilgamesh,
p. 122-128; Tablette VI, version ninivite
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roma



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   12/6/2011, 23:11

Je suis très déçu.
Ici, on parle de Guénon, de tradition. Mais on ne sait pas de qui ni de quoi on parle. Dès qu'un homme, dont on sait ne pas s'appeler Guénon, parle : on le méprise. Car chacun a ses visions monothéistes. Chacun construit sa vie sur des certitudes superficielles, binaires. On dit que le nouvel ordre mondial est païen. Donc sataniste. On dit aussi que les représentants des monothéismes qui fautent, ou qui ne sont pas dans notre ligne, sont des hérétiques ou des erreurs... humaines. Mais pour les représentants d'autres vues (autres que des vues monothéistes), se sont les systèmes qui sont des erreurs. Qu'est-ce qu'un monothéisme, sinon une perspective, et une seule ? Une tentative d'unification forcée pour un ordre véritablement mondial. Je rappelle que "païen" tire son étymologie de pays et que, par extension, établit le psychisme suivant lequel chacun doit avoir sa place. Il faut aussi réaliser que les monothéismes, conceptions récentes, renient l'histoire et nos ancêtres qui nous ont faits. En échange de quoi ? - De chaos absolutistes, forcément chaotiques, sujets à une infinitude d'interprétations, puisque toute manifestation est orientée et dénie, par le fait, l'omni (...) qui n'a, par définition, aucun sens.

Bref. Je viens en défense de notre intervenant, et contre les méprisants. Mille vies ne suffiraient pas à apprendre la sagesse élaborée par l'expérience de dizaines, centaines, milliers de siècles. Dont nous sommes les fruits, avec l'amnésie en plus, et, parfois, comme ici, le caractère obtus.

Petits caporaux, vous êtes. Hélas.

Savez-vous seulement l'origine des sociétés lignagères et héroïques ? Ce qu'est le peuple, fondamentalement (et le roi qui est le représentant de ses fantasmes) ?

Il faudrait moins parler et plus apprendre. Je ne pensais pas être aussi vindicatif sur ce forum qui me semblait orienté vers la recherche. Je me navre moi-même.
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ziril
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   13/6/2011, 11:50

Je me doutais que ce terrain allait être fertile pour les esprits gnostiques et athées. Les croyants regardant cela avec un certain recul, voir un recul certain...

Cela n'a pas grand intérêt, et ceux qui connaissent un tant soit peu cette tournure d'esprit, savent déjà comment cela va finir.

Affirmations gratuites basées sur des généralités et in-fine, attaque frontale du monothéisme.

Dans le cadre d'une nouvelle étude sur la "subversion aux monothéismes", laissons l'infiltration en cours se poursuivre.


Des passerelles s'ouvriront peut être?... What a Face

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Nicolas Boileau épître IX.
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nonwo



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   13/6/2011, 13:37

roma a écrit:
Il faudrait moins parler et plus apprendre. Je ne pensais pas être aussi vindicatif sur ce forum qui me semblait orienté vers la recherche. Je me navre moi-même.
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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   13/6/2011, 17:21

Merci roma pour ta réponse, mais tu y vas un peu fort.

Je vois ce que tu veux dire, quantité de milieux monothéistes sont fermés sur eux-même et appliquent La Loi sans chercher à la comprendre. Et pourtant tout a bien un sens. De plus, face à tout ce qui ressort de ce topic, chacun peut se rendre compte combien nous savons peu de choses en définitive. Maintenant ta manière d'en accuser des gens de ce forum ce n'est pas constructif.

Enfin il ne faudrait pas en venir à défendre l'athéisme, comprenez-moi bien. Si j'analyse tout ce matériel avec un regard neutre, celui de l'observateur, c'est pour vous faire réfléchir. Dans ce monde, tout est sacré, tout est profane. Tout est religieux. Et personne n'échappera au Jour du Jugement, il vous faudra tous choisir votre camp.
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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   13/6/2011, 19:13

Le christianisme et Jésus Christ

C'est un sujet que je n'ai pas suffisamment approfondi. Je ne dirai que 2 choses concernant le personnage de Jésus et le Nouveau Testament qui me semblent logiques dans le contexte.

1) A l'époque Jésus Christ a été pris pour un de ces dieux qui parcouraient la Galilée, tels nous l'avons vu, Empédocle ou encore Démétrius en Grêce. Les gens du peuple attendaient de lui qu'il opère des guérisons et des miracles. Tout le monde a du être surpris lorsque celui-ci commença à leur prêcher la bonne parole et raconter toutes sortes de paraboles afin de mieux connaître le Père, le dieu unique des juifs à l'époque. D'ailleurs ce sont les milieux juifs qui étaient visés par les paroles du Christ au départ, c'est parmi les juifs de l'époque qu'il se répandit. Ce n'est qu'avec Paul que le christianisme s'est universalisé. Mais pour les païens qui entendaient ses discours, il est évident qu'ils ne comprenaient pas et qu'ils firent de Jésus un de ces dieux ou fils de dieu. Preuve en est ce passage de L'Evangile de Marc ou le scribe croit que Jésus possède un démon (car il réalise des guérisons), et la réponse du Christ on ne peut plus claire :
Citation :

22 Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : Il est possédé de Béelzébul; c'est par le prince des démons qu'il chasse les démons.
23 Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ?
24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister;
25 et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.
26 Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c'en est fait de lui.
(...)

30 Jésus parla ainsi parce qu'ils disaient : Il est possédé d'un esprit impur.

Ensuite l'histoire de Jésus Christ a pu être confondue avec celle de quelqu'un autre se faisant passer pour le Messie à la même époque. A tout hasard, Simon le Magicien.

Citation :

Les Gnostiques Helléniens

Les Helléniens étaient des Gnostiques issus de la Samarie. Ils ignoraient Jésus et la plupart de leurs maîtres prétendaient être des incarnation du Dieu suprême. Au début ils pratiquaient le baptème, comme Jésus, et les Esséniens de Jean Baptiste.

Simon le magicien et les Helléniens Simoniens :

Simon le magicien (moer en 64 ?) fait partie des plus anciens Gnostique dont on ait conservé le souvenir. Il était né à Gitta en Samarie..

C'est dans les "Actes des Apôtres, VIII.9-24", qu'il est parlé de lui pour la 1ère fois :

"... Or, avant cela, il y avait dans la ville un homme nommé Simon, qui exerçait la magie et étonnait le peuple de la Samarie, se disant être quelque grand personnage ; auquel tous s’attachaient, depuis le petit jusqu’au grand, disant : 'Celui-ci est la puissance de Dieu appelée la grande'. Et ils s’attachaient à lui, parce que depuis longtemps il les étonnait par sa magie. Mais quand ils eurent cru Philippe qui leur annonçait les bonnes nouvelles touchant le royaume de Dieu et le nom de Jésus Christ, tant les hommes que les femmes furent baptisés.
Et Simon crut aussi lui-même ; et après avoir été baptisé, il se tenait toujours auprès de Philippe ; et voyant les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il était dans l’étonnement. Or les apôtres qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, étant descendus, prièrent pour eux, pour qu’ils reçussent l’Esprit Saint : car il n’était encore tombé sur aucun d’eux, mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du seigneur Jésus. Puis ils leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.
Or Simon, voyant que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, leur offrit de l’argent, disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que tous ceux à qui j’imposerai les mains reçoivent l’Esprit Saint. Mais Pierre lui dit : 'Que ton argent périsse avec toi, parce que tu as pensé acquérir avec de l’argent le don de Dieu. Tu n’as ni part ni portion dans cette affaire ; car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de cette méchanceté, et supplie le Seigneur, afin que, si faire se peut, la pensée de ton cœur te soit pardonnée ; car je vois que tu es dans un fiel d’amertume et dans un lien d’iniquité'.
Et Simon, répondant, dit : Vous, supplierez le Seigneur pour moi, en sorte que rien ne vienne sur moi de ce dont vous avez parlé."


Saint Augustin, dans "Des hérésies", dit ceci à propos de Simon :

"Les Simoniens étaient attachés au parti de Simon le Magicien, dont il est parlé aux Actes des Apôtres. Ce personnage reçut le baptême de la main de saint- Philippe, et quand il vit que les Apôtres donnaient le Saint-Esprit par l'imposition des mains, il leur offrit de l'argent pour obtenir d'eux le même pouvoir. Ses magies lui avaient servi à tromper un grand nombre de personnes; et il enseignait l'abominable communauté des femmes. Selon lui, Dieu n'a pas créé le monde : les corps ne doivent pas ressusciter. Il assurait qu'il était le Christ, et se faisait passer pour Jupiter : Minerve était personnifiée par lui en une personne de mauvaise vie, nommée Hélène, dont il avait fait la complice de ses crimes; il donnait à ses disciples son portrait et celui de cette concubine, comme des objets dignes d'adoration, et à Rome il les avait fait placer, par autorité publique , parmi les images des dieux. Ce fut dans cette ville que saint Pierre mit fin à ses magies, en le faisant mourir, parla vertu toute-puissante de Dieu"..

Pseudo-Tertullien, dans "Adversus omnes haereses", en dit ceci :

"Il osa se proclamer la Vertu Souveraine, c’est-à-dire le Dieu suprême. Il ajoutait que le monde avait été créé par ses anges ; que, grâce à un démon qui errait autour de lui, et qui était la sagesse, il était descendu chez les Juifs pour se faire reconnaître par ce peuple ; qu’il n’avait pas souffert sous le fantôme de Dieu, mais qu’il avait comme souffert."

Et Irénée, dans "Contre les Hérésies, Livre 1 chap. 23; 1-3", ajoute cela :

"Il s'agit en effet de Simon de Samarie, ce magicien dont Luc, disciple et compagnon des apôtres, dit: 'Il se trouvait déjà auparavant dans la ville un homme du nom de Simon, qui exerçait la magie et émerveillait les gens de Samarie (.....)
Dans son désir de rivaliser avec les apôtres et de devenir célèbre lui aussi, il s'appliqua davantage encore à toutes les pratiques magiques, au point de rendre muets d'admiration une foule d'hommes. Il vivait au temps de l'empereur Claude, qui, dit-on, alla jusqu'à l'honorer d'une statue pour sa magie. C'est ainsi qu'il fut glorifié par un grand nombre à l'égal de Dieu. C'était lui-même, enseignait-il, qui s'était manifesté parmi les juifs comme Fils, qui était descendu en Samarie comme Père et qui était venu parmi les autres nations comme Esprit Saint: il était la suprême Puissance, c'est-à-dire le Père qui est au-dessus de toutes choses, et il consentait à être appelé de tous les noms dont l'appelaient les hommes.
Simon de Samarie, de qui dérivèrent toutes les hérésies, édifia sa secte sur le système que voici.
Ayant acheté à Tyr, en Phénicie, une certaine Hélène, qui y exerçait le métier de prostituée, il se mit à parcourir le pays avec elle, disant qu'elle était Ennoîa (sa Pensée première), la Mère de toutes choses, celle par laquelle, à l'origine, il avait eu l'idée de faire les Anges et les Archanges. Cette Pensée avait bondi hors de lui: sachant ce que voulait son Père, elle était descendue vers les lieux inférieurs et avait enfanté les Anges et les Puissances, par lesquels fut ensuite fait ce monde.
Mais, après qu'elle les eut enfantés, elle avait été retenue prisonnière par eux par malveillance, parce qu'ils ne voulaient pas passer pour être la progéniture de qui que ce fût. Lui-même, en effet, fut totalement ignoré d'eux: quant à sa Pensée, elle fut retenue prisonnière par les Puissances et les Anges qu'elle avait émis: pour qu'elle ne pût remonter vers son Père, elle fut accablée par eux de toute espèce d'outrages, jusqu'à être enfermée dans un corps humain et à être comme transvasée, au cours des siècles, dans différents corps de femme.
Elle fut, entre autres, en cette Hélène qui causa la guerre de Troie, et ainsi s'explique que Stésichore, pour l'avoir outragée dans ses poèmes, devint aveugle, tandis que, après s'être repenti et l'avoir célébrée dans ses 'palinodies', il recouvra la vue. Tout en passant ainsi de corps en corps et en ne cessant de subir des outrages, pour finir elle vécut même dans un lieu de prostitution: c'était la 'brebis perdue'..
C'est pourquoi il vint en personne, afin de la recouvrer la première et de la délivrer de ses liens, afin aussi de procurer le salut aux hommes par la 'connaissance' ('gnose') de lui-même. Car, comme les Anges gouvernaient mal le monde, du fait que chacun d'eux convoitait le commandement, il vint pour redresser cette situation. Il descendit, en se métamorphosant et en se rendant semblable aux Principautés, aux Puissances et aux Anges: c'est ainsi qu'il se montra également parmi les hommes comme un homme, quoique n'étant pas homme, et qu'il parut souffrir en Judée, sans souffrir réellement. Quant aux prophètes, c'est sous l'inspiration des Anges auteurs du monde qu'ils avaient débité leurs prophéties. Aussi les fidèles de Simon et d'Hélène ne devaient-ils plus se soucier d'eux."...


Simon le magicien aurait aussi écrit un livre appelé "Apophasis mégalè" ( Grande révélation / Grande déclaration) dont il ne reste que ce passage :

"Ces six racines, Noûs (Intelligence), Phoné (Voix), Logitmos (Raison), Epinoïa (Réflexion), Onoma (Nom), et Enthymésis (Pensée), sont aussi appelés les six grandes puissances. Mélée avec eux était la grande puissance, la puissance sans limites. Hestos (Celui qui se tient debout) fut la septième puissance, correspondant au septième jour après les six jours de la création. Cette septième puissance existait avant le monde, c'est l'Esprit de Dieu qui planait sur la face des eaux".

Dosithée (Dositheos) et les Helléniens Dosithéens :

Il est difficile de savoir si Dosithée était le disciple ou le maître de Simon le magicien car les documents se contredisent sur ce point. Ces deux hommes semblent bien s'être disputés la direction de la secte des Gnostiques Helléniens.

Dans les "Constitutions apostoliques" il est prétendu ceci :

"Cléobius et Simon le Magicien étaient disciples de Dosithée; mais ils le chassèrent, et lui ôtèrent le premier rang qu'il s'était voulu donner parmi eux."

Mais dans les "Homélies clémentines II, 23", il est affirmé cette version :

"... Conformément à la loi de la parité, Jésus avait douze apôtres, ce qui correspond au nombre des douze mois solaires, alors qu'il (Simon) avait trente disciples, ce qui correspond au nombre de jours de la lunaison. Un de ces trente disciples était une femme nommée Hélène, c'était le premier et le plus apprécié de Simon. Mais après la mort de Jean (Baptiste), il est parti en voyage en Egypte pour apprendre la pratique de la magie, et Dosithée, en répandant une fausse rumeur sur la mort de Simon, a réussi à prendre la tête de la secte.
Simon, en revenant, a pensé qu'il valait mieux dissimuler, et, sous prétexte d'amitié pour Dosithée, a accepté la deuxième place. Bientôt, cependant, il a commencé à faire allusion, devant les trente, que Dosithée ne connaissait pas aussi bien que lui les doctrines de l'école."


Le Pseudo-Tertullien, dans "Adversus Omnes haereses" (Contre tous les hérétiques) dit ceci :

"Je laisse de côté les hérétiques du judaïsme, le Samaritain Dosithée, par exemple, qui le premier osa répudier les prophètes comme n’étant pas inspirés par l’Esprit saint".

Et la chronique samaritaine raconce ceci :

"Dousis (Dosithée) fit différentes altérations à la loi de Moïse. Le grand-prêtre des Samaritains envoya différentes personnes pour se saisir de ce Dousis et de sa copie corrompue du Pentateuque."

Photius raconte ceci à propos de Dosithée

"Après l'entretien que Jésus-Christ eut avec la Samaritaine auprès du puits de Sichem, il s'éleva dans Samarie deux partis considérables, dont l'un soutenait que Jésus-Christ était le vrai Messie prédit par Moïse, en disant : 'Dieu vous suscitera un prophète semblable à moi'. L'autre soutenait que Dosithée, né à Samarie, et contemporain de Simon le Magicien, était le véritable Messie."

(Origene affirme également que Dosithée voulait persuader les apôtres qu’il était le Messie prédit par Moïse.)

Certains pensent que Dosithée aurait été le maître de Sadoc, le fondateur des Saducéens. Mais ce Sadoc vivait plusieurs siècles avant Dosithée. En fait Dosithée était un Samaritain, et comme tous les Samaritains il rejetait les livres les plus récents de l'Ancien Testament ... ce qui le rapprochait des Juifs Saducéens qui faisaient de même.

Ménandre et les Ménandriens :

Le Gnostique Ménandre est né à Capparétée en Samarie et a enseigné vers 98-117 ap.Jc à Antioche. Il disait qu'Ennoïa, la Pensée de Dieu, avait créé tous les univers par voie d'émanations successives d'entités de moins en moins pures à mesure qu'elles s'éloignaient de l'Être absolu. Il pratiquait également le baptème (par l'eau et le feu) pour rendre les gens immortels.

Irénée, dans "Contre les Hérésies, Livre 1;23; 5", dit ceci sur lui :

"Il (Simon) eut pour successeur Ménandre, originaire de Samarie, qui atteignit, lui aussi, au faîte de la magie. La première Puissance, disait-il, était inconnue de tous; quant à lui, il était le Sauveur envoyé des lieux invisibles pour le salut des hommes. Le monde avait été fait par des Anges, lesquels, affirmait-il à l'instar de Simon, avaient été émis par Ennoia (la Pensée)."

Saint Augustin, dans "Des hérésies", raconte ceci :

"Le chef des Ménandriens fut Ménandre, magicien lui-même comme Simon, son maître : il attribuait la création du monde, non à Dieu, mais aux anges."

Satornil / Saturninus et les Saturniniens : (...)
Basilide et les Basilidiens : (...)

http://atil.ovh.org/noosphere/helleniens.php

2) Le Nouveau Testament possède un symbolisme propre au gnosticisme. La Passion, la mort, la mise en terre, et enfin la résurrection du dieu avec le personnage de Marie Madeleine, puisque c'est elle qui ouvre le tombeau, tout cela n'a rien de surprenant pour un initié gnostique à l'époque. De plus, lors de la scène du baptême dans le Jourdain par Jean Baptiste, Dieu apparaît sous la forme d'une "Colombe". Et qui parle en plus ^^
Ce qui est ridicule puisque Dieu n'a pas de symbole. Par contre, la "Colombe" est encore un de ces symboles de la déesse.
Cela s'est-il fait en plusieurs couches successives ou est-ce que le premier exemplaire du NT était un NT gnostique, il est impossible de le dire.

"Un de ces trente disciples était une femme nommée Hélène, c'était le premier et le plus apprécié de Simon." J'ai souligné cette phrase car le parallèle avec l'Evangile de Philippe dans lequel il est dit la même chose de Jésus et de Marie Madeleine est troublant.


Il y a aussi ces représentations de Christ crucifiés, dont les abdominaux sont saillants et représentent en fait un phallus et rappellent encore le dieu Priape.

Un christianisme à deux visages.

(http://www.lecoindelenigme.com/MM-veuve.htm
- Attention à la manipulation de cet article pro-sataniste)

(et merci tonino j'ai vu ton sujet Jésus est Dieu
http://novusordoseclorum.discutforum.com/t6848-jesus-christ-est-dieu
Coïncidence?
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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   16/6/2011, 18:02

La légende de Mélusine

Ce conte allégorique du moyen-âge possède un sens caché connu des seuls initiés. Le même symbolisme se répète encore... nous le reprendrons plus en détail à la suite. Cette histoire sert à justifier une origine divine à cette lignée des Lusignan.

Citation :

Une belle légende médiévale... La fée Mélusine



Sire Philippe le Templier prend la plume pour nous conter une très vieille légende que sa sœur l’Abbesse Clémence lui a transmise. L’origine en est très lointaine, bien avant le Moyen Age. Le mythe de la fée serpent est universel et très ancien, on retrouve des histoires semblables chez les Celtes, les Romains, les contes Arabes et même au Japon… En France c’est le roman en prose de Jean d’Arras écrit au Moyen Age entre 1387 et 1392 qui a contribué à sa popularité. Peut être que vous-même, un soir au coin du feu, vous raconterez à vos petits enfants cette belle légende, contribuant ainsi à la transmission orale de nos contes, légendes et traditions... Je laisse la parole à Philippe…


Je vais vous conter aujourd’hui, à défaut des grandes douleurs du Moyen Age, une histoire que Clémence a recopiée et enluminé et qu’elle m’a racontée, je parle donc par sa bouche. Il s’agit du mythe de Mélusine, grande bâtisseuse et grande amoureuse s’il en fut… Histoire faite de rencontres et de coups de foudre, et mettant en relief l’inconstance des hommes et leur méfiance funeste.

Nous sommes loin dans le temps de la légende et de l’histoire entremêlées, le Roi d’Ecosse Elinas, chassant, rencontre en forêt une femme se baignant nue dans une fontaine (à la claire fontaine), il s’agit de la Fée Persine, la reine des Fées d’Ecosse. Elinas rempli d’amour la contemple, tandis que celle-ci lui annonce que leurs vies vont se mêler en un amour parfait, néanmoins, pour que cela soit, Elinas doit promettre de ne jamais rencontrer Persine durant ses couches, Fou d’amour, Elinas jure tout ce que l’on veut. Le marché étant conclu, Persine met au monde trois filles : Mélusine, Mélior, et Palestine. Malheureusement le bonheur comme toute chose est éphémère, Mataquas, fils d’un premier lit d’Elinas distille le doute dans l’esprit de son père, tant et si bien qu’un jour ce dernier surprend Persine et ses trois filles au bain. Fatalitas.. ! Le couple se sépare et la Fée disparaît alors avec ses trois enfants pour la célèbre île d’Avallon où elle élève seule et dans le chagrin Mélusine, Mélior et Palestine. Du sommet de l’île elle contemple l’Ecosse et ressasse sa rancœur : ses filles s’en aperçoivent et à l’appel de l’aînée, Mélusine, elles décident de venger leur mère. Devenues expertes en sciences occultes elles enferment par magie leur père au sein d’une montagne. Apprenant le sort funeste d’Elinas, Persine maudit ses trois filles et les chasse d’Avallon, prédisant à Mélusine, seule responsable à ses yeux, un avenir incertain : tous les samedis (jour de sabbat) elle sera changée en femme à queue de serpent, personne ne pouvant la voir durant cette période, et surtout pas un hypothétique époux. Persine prédit également à Mélusine qu’elle sera la source d’une nombreuse descendance noble et célèbre. Mélior quant à elle deviendra la Reine des étoiles filantes, tandis que Palestine sera princesse des cygnes blancs…

Mélusine chassée d’Avallon entre en terre de France, plus précisément en Poitou, et passant de nuit près de la Fontaine de Sée, en forêt de Colombier, se dénude et se baigne à la clarté de l’astre des nuits. Dans les environs, Raimondin, compagnon du Comte de Poitou, galope furieusement, car… Fatalitas… Il a occis son oncle Aimeri lors d’un accident de chasse. L’histoire se répète, rencontrant Mélusine, il tombe en amour et oublie ses tourments, la Fée lui promettant la félicité à condition de ne jamais chercher à la rencontrer le samedi. Raimondin, pardonné pour la mort d’Aimeri obtient le fief de Lusignan (nom qui deviendra fort célèbre), épouse Mélusine dans une chapelle construite dans la nuit par cette dernière. La Serpente Fée donne alors tout son art à la construction : abbayes, églises, châteaux, aidée en cela par le Petit Peuple des Lutins, Farfadets et autres Korrigans. Ainsi sortent de terre grâce à la Fée Architecte, Tiffauges, Talmont, Parthenay, Vouvant, les tours de la Rochelle et de Niort et tant et tant d’autres. Il ne faut surtout pas déranger la Fée dans son œuvre, sinon le travail sera inachevé, ainsi il manque la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.

De son union avec Raimondin elle aura dix fils, bizarres, bizarres, l’un a une griffe de lion, l’autre une grande dent, un gros nez, les yeux pers, voire une peau de serpent comme sa mère. Fatalitas, l’histoire se répétant et la jalousie aidant, Raimondin conseillé par son frère le Comte de Forez craignant une tromperie surprend un samedi Mélusine en Serpente Fée au bain, cette dernière lance alors un cri déchirant et s’envole par la fenêtre, disparaissant et quittant Raimondin pour toujours… Raimondin fou de douleur se fait ermite au Monastère de Montserrat, tandis que la fée, mère avant tout revient en cachette s’occuper des ses dix enfants, lesquels deviendront les ancêtres de lignées fabuleuses.

L’on dit qu’elle est toujours présente, veillant sur son petit monde, et qu’elle apparaît lorsque l’un de ses héritiers est proche du trépas ou lorsque l’une de ses constructions doit quitter le legs familial. On la nommera alors la Mère Lusigne (mère des Lusignan, l’un d’entre eux deviendra un jour Roi de Jérusalem, mais ceci est une autre histoire) Par cette légende, nous retrouvons quelque peu le mythe d’Isis et de celui de Médée... Comme quoi l’inconstance et la méfiance sont de toutes les époques.

http://www.medieval-moyen-age.net/article-2078282.html

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Atrahasis



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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   16/6/2011, 19:54

Saint Georges et le dragon

Citation :

Saint Georges, le Chevalier qui délivra la Fille du Roi de Lydie mais ne l'épousa pas !
LE CHEVALIER GEORGES

VAINC LE DRAGON DE LYDIE


Le Chevalier Georges de Lydda délivre la fille du roi et tranche la tête du dragon vaincu par le signe de la croix de son épée.

Mais Georges, victorieux, contrairement à ses prédécesseurs héros et chevaliers, n'épousera pas la fille du roi ; il continuera ses pérégrinations et sera christianisé sous le nom de saint Georges.

Son image est très répandue dans tout l'Occident chrétien.

Le Héros ou le Chevalier, le Dragon et la Dame sont les facettes d’une même unité. Avec saint Georges, il y a rupture de ce symbolisme, le saint se devant, au contraire du héros antique et du Chevalier, de se consacrer au célibat. Saint Georges est omniprésent dans toutes les églises d'Europe, et en particulier dans les églises orthodoxes.

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-saint-georges-le-chevalier-qui-delivra-la-fille-du-roi-de-lydie-mais-ne-l-epousa-pas-47407990.html

Saint Georges et Horus représentés en cavalier, une ressemblance?


Icône peinte sur verre, Vojvodina, Yougoslavie.


Horus, homme à tête de faucon, oiseau solaire, transperce de sa lance le crocodile.
Musée du Louvre, antiquités chrétiennes.


Il est à noter que cette représentation de Horus est anachronique si nous pensons qu'elle nous provient de l'Egypte ancienne. En effet les égyptiens utilisaient les chevaux pour tirer leurs chars mais ne les montaient pas. Il s'agit d'une représentation grecquo-romanisée datant du IVe siècle; Horus porte en effet une armure de soldat romain.
Plus d'infos: http://www.louvre.fr/llv/oeuvres/detail_notice.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198673225568&CURRENT_LLV_NOTICE%3C%3Ecnt_id=10134198673225568&FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500810&baseIndex=29

Voyons maintenant ce que nous dit Frazer dans son chapitre consacré à saint Georges. Il nous montre un saint Georges aux multiples faces. Frazer nous parle tout d'abord de cette fête des Parilies qui avait lieu le 21 avril. C'est la fête des bergers et la fête de la fondation de Rome. Puis constate que cette fête subsiste encore (tout du moins à son époque).

Citation :

(...) Or - et cela ne peut guère être le fait d'une simple coïncidence - jusqu'à l'époque actuelle, une grand fête de ce genre est célébrée seulement deux jours plus tard par les bouviers et les pâtres de l'Europe orientale. Ceux-ci nourrissent encore une forte croyance aux sorciers, et craignent encore, avec bien plus de raison, les attaques des loups sur leurs troupeaux. La fête qui tombe le 23 avril est consacrée à saint Georges, patron des chevaux, du bétail et des loups. (...)

En Russie, le saint est appelé Yégory ou Yury, et , comme en Estonie, il est patron des loups ainsi que des troupeaux. Bien des légendes montrent les rapports qui existent entre saint Georges et le loup. Dans la petite Russie, la bête s'appelle «chien de saint Georges» et on ne mange pas les moutons que les loups ont tués, considérant qu'ils ont été cédés aux bêtes des champs par un ordre divin. La fête de la Saint-Georges, le 23 avril a, en Russie, un caractère à la fois national et religieux et les chants mi-fabuleux consacrés à ce jour prouvent que ce saint avait supplanté quelque ancienne divinité slave qu'on avait l'habitude d'honorer à cette saison à l'époque païenne. Ce n'est pas comme vainqueur de dragons ni champion de demoiselles désolées que saint Georges figure dans ces chants, mais comme patron des fermiers et des pâtres, qui protège de tout mal le bétail; et on choisit son jour de fête pour mener les troupeaux paître pour la première fois dans les frais pâturages après leur réclusion pendant le long hiver de Russie. «Ce que le loup tient entre ses dents, c'est Yegory qui l'a donné», est un proverbe qui montre à quel point on le croit maître de la bergerie et de l'étable. (...)

Mais pour les paysans russes, les loups ne sont pas les seuls ennemis du bétail à cette saison. La veille de la Saint-Georges, de même du reste que pendant la nuit avant la Pentecôte et avant la Saint-Jean, les sorcières sortent toutes nues dans l'obscurité et vont couper des petits bouts de bois dans les portes et les barrières des fermes Elles font bouillir ces bouts de bois dans un seau à lait et font, par ce charme, tarir le lait des fermes. (...)

Les Ruthènes de Bukovine et de Galicie croient qu'à minuit, la veille de la Saint-Georges, les sorcières viennent par bandes de douze sur les collines qui entourent les villages, et là dansent et jouent avec du feu. Elles cueillent aussi sur les montagnes les herbes dont elles ont besoin pour leurs enchantements diaboliques. Comme les Estoniens et les Russes, ils mènent paître leurs troupeaux pour la première fois le jour de la Saint-Georges; (...)

(...) Donc, sommes toute, comme les Parilies de l'ancienne Italie, la fête actuelle de la Saint-Georges est une cérémonie ayant pour but de protéger les bestiaux contre leurs ennemis réels et imaginaires, les loups et les sorciers, à l'époque critique où les troupeaux sortent paître pour la première fois au printemps.

(...) Mais saint Georges n'est pas seulement le patron des troupeaux. Le masque qui s'habille de fraîche verdure le jour de la fête du saint, et qu'on appelle Georges Vert, personnifie évidemment le saint lui-même, et un tel déguisement ne convient qu'à l'esprit des arbres ou de la végétation en général. Comme s'ils voulaient en faire une démonstration évidente, les Slaves de Carinthie portent un arbre orné de fleurs dans la procession où figure Georges Vert; et les cérémonies auxquelles prend part le masque vêtu de feuillage indiquent bien qu'on le croit en relation intimes avec la pluie comme avec le bétail. Dans quelques parties de la Russie on connait ce pendant de notre Jeannot dans la verdure, et les Slovènes l'appellent Georges Vert. Revêtu de fleurs et de feuillage il paraît en public le jour de la Saint-Georges portant une torche allumée d'une main et de l'autre une tarte. Ainsi paré, il va dans les champs de blé, suivi des filles qui chantent des chansons de circonstance. On fait un feu de broussailles, arrangé en cercle, au milieu duquel on place la tarte. Tous ceux qui prennent part à la cérémonie s'asseyent en rond autour du feu et reçoivent un morceau de la tarte. Cette pratique a peut-être autant rapport au bétail qu'aux champs de blé, car dans certaines régions de la Russie, lorsque les troupeaux sortent pour la première fois pour paître au printemps, on fait un gâteau en forme de mouton que le principal berger découpe; on en conserve les morceaux comme remède contre les maladies auxquelles sont sujets les moutons.

(...) Et même quand nous aurons dit que le saint Georges de l'Europe orientale représente une ancienne divinité païenne des moutons, des vaches, des chevaux, des loups, de la végétation et de la pluie, nous n'aurons pas épuisé tous les domaines sur lesquels il est censé étendre son empire. Suivant une opinion qui semble être très répandue il a le pouvoir d'accorder des rejetons aux femmes stériles. (...)

Il est naturel de supposer qu'un saint qui peut accorder des enfants puisse aussi rapprocher les amoureux. Aussi chez les Slaves, où saint Georges est si populaire, son jour de fête est un de ceux où jeunes gens et jeunes filles se servent de charmes et de divination afin de découvrir celui ou celle qui les aime, ou de gagner son amour. (...)

En orient saint Georges aussi a la réputation de faire avoir des enfants aux femmes stériles et en cette qualité il est vénéré par musulmans et chrétiens également. On trouve de ses autels dans toute la Syrie; on en trouve plus que pour tout autre saint du calendrier. Le plus célèbre de ses sanctuaires est à Kalat el Hosn, dans le nord de la Syrie. Des femmes de toutes sectes s'y rendent afin que le saint efface leur opprobre. (...) De nos jours on a commencé à comprendre quel est le véritable caractère de l'endroit et plusieurs musulmans ont défendu à leur femme d'y aller. Ces pratiques et ces croyances prêtent quelque vraisemblance à la théorie que, en Orient, ce saint a remplacé Tammouz ou Adonis.

Le Rameau d'Or, T1, p. 442-455

Et encore un passage qui ne nous aura pas échappé :
Citation :

Ce Georges (en grec georgios est le “laboureur”, c’est à dire ce
Sator, Lou Satre, que nous avons vu au § Cronos de l’art.
Astrologie* nordique) est Siegfried tuant le Dragon.
Dans nos Folklores, il figure le Dieu Fils récurrent c’est à dire le
printemps renaissant sous le nom du Georges-le-Vert britannique et
c’est lui aussi que nous connaissons sous le nom de Robin Hood
(ou Robin des Bois). Chez nous, il vit toujours sous le nom de
Prince de Mai


http://racines.traditions.free.fr/bla3croi/bla3croi.pdf

Saint-Georges est donc l'adaptation chrétienne de divinités païennes plus anciennes et fêtés à la même époque de l'année. On en revient encore à cet époux de Mai. Et tout naturellement il s'est doté des attributs de ses prédécesseurs. Cette image du cavalier tuant le dragon pour sauver la belle dame est l'une de ces figures mythiques et qui deviendra le fondement de nombreux contes et légendes. Il est maintenant possible de donner un sens à ce scénario, c'est ce que je tenterai d'expliquer.
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   19/6/2011, 16:18

Le dieu cornu : symbolisme du cerf rendeer

Un article de “Les Origines de l’Arbre de Mai” .

Citation :

CERNUNOS



Étymologie :


Cernunos signifie “le bel encorné” ou “celui qui a le crâne comme celui d’un cerf”, ou bien encore “celui-au-quatre-coins” (Persigout). Son nom est issu d’une racine Pré indo-européenne* KRN2 “corne”, crâne –› (massacre de cerf) qui a donné aussi le mot cairn (les cairns sont les ancêtres des hermaï, cf. art. Hermès* 3 ).

Ce mot est aussi à rapprocher du grec Koré et du latin Cérès, ce qui nous guide vers l’anglais corn et l’allemand Kern, “grain, noyau”, et n’oublions surtout pas le latin cornu copia, qui est la “corne d’abondance*”… adoptée par les alchimistes*.

En celtiqcauren, o, karnon signifient “corne”, qui se dit Srnga en sanscrit (shringin “le cornu”) et le mot grec proche, syrinx est une “flûte de Pan”, en corne à l’origine, mais c’est aussi la tombe souterraine des Rois de Thèbes. (...)

ll se pourrait aussi qu’il y ait une parenté avec corona… (borealis, la constellation de la Couronne Boréale) : lorsque le cerf a perdu ses bois qui lui font comme une royale couronne, ils repoussent comme deux boules très poilues qui peu à peu s’allongent et semblent être une couronne de velours comme nous pouvons le voir sur certaines sculptures celtiques… (...)

Dans l’archéologie, il est la synthèse :

- 1/ de ce Grand Cerf Elaphe du Musée des Antiquités Nationales (St-Germain-en-Laye) en tant que Dieu* de la fécondité mâle de nos ancêtres des cavernes, puis du cerf mésolithique Vane que nous retrouverons ci-dessous en tant que “Dieu enseignant, c’est à dire Initiateur* !

-2/ ou/ et du Taureau, à travers la Déesse Mère* mégalithique – la vache Audumbla nordique, ou la grecque Io – qui l’ont souvent remplacé en figurant l’aspect féminin de cette fécondité… de la Terre-Mère !

Cernunos figure le culte solaire(!) masculin qui s'est répandu lentement dans la préhistoire en complément – et non en opposition – du culte de la Déesse Mère*, la Terre-Mère dans son aspect positif de donneuse de vie (cf. le synécisme résultant de la Guerre de Fondation*) mais aussi de celui, négatif, du serpent/ dragon* chthonien qui figure les colères de la Terre (cf. notre art. Déluges*) : on dit d'ailleurs que Cernunos est l'ennemi des serpents (cet aspect, ainsi que tous ses autres attributs, furent récupérés par l’Église* grâce à un hypothétique “saint” Hubert survenu à point pour écraser les “connaissances populaires” (folk-lore) de la “vieille coutume” païenne*.



Cernunos est bien l’archétype d’Odhin/ Wotan* car le genos de celui-ci est un surgeon de l’arbre cosmique Yggdrasil/ Irminsul*. On le voit ici en position de Lug, assis “à la gauloise”, sur la reproduction du célèbre chaudron de Gundestrup “la coupe de sacrifice des Cimbres” (DK). On voit aussi qu’Odhin-Wotan est Cernunos – en tant qu’Ase il en est le continuateur – et qu’il porte sur le front deux bois de cerf particulièrement droits et finissant en “rune* de Vie” Algiz comme celle qui orne le sommet de notre traditionnel Arbre de Mai. Or, ce n’est pas la forme naturelle des bois de cerfs : (...)

(...) « Dans son livre Le Dieu des Sorcières, Margaret Murray a démontré que le christianisme, qui a assimilé toute divinité païenne à un démon, a fait du dieu celtique cernunos, le Diable* par excellence ; le dieu des forces de la nature de l’ancienne religion devenant le diable* de la nouvelle. Et les druidesses de cette ancienne religion celto-druidique dégénérée, perdant peu à peu conscience de leurs nobles origines, et recueillant nombre d’éléments étrangers divers, devinrent les sorcières* ou les fées. » Marc Questin, La Tradition des Celtes*, Lanore, 1994. (...)

Citation :

Le cerf chez les grecs

Son nom Elaphios, “élan”, nous guide vers la racine indo-européenne *elen qui signifie “cerf” et qu’on retrouve aussi dans un nom de la rune* de Vie Algiz . C’est cette même racine *elen qui figure dans le nom générique des Hellènes (Doriens), “les clair, les lumineux”, et dans celui de la torche hélané, “feu maîtrisé” par… Prométhée 10 et, très certainement aussi, dans l’Ollen celte* ou dans Ollenzaro, le Père Neu Helle* des Basques*.

Par ailleurs, relisons ce passage de la mythologie grecque, traité par un auteur récent : “Actéon surprit Diane au bain et les nymphes, le voyant, se mirent à crier. Diane, surprise, le transforma en cerf et lança sa meute après lui. Déchiqueté, ses morceaux épars et sans sépulture sont devenus les inquiétantes ombres de la forêt” : comment ne pas penser ici à la Grande Submersion boréenne et à Osiris/ Dionysos : n’est-ce pas le même mythème actualisé par une autre ethnie ?

Dans l’Antiquité : Lors des grandes processions votives grecques, comme à Patras, c’est dans un char tiré par des cerfs qu’apparaît la prêtresse d’Artémis. Assez curieusement Karénos, qui est le nom grec du carême, notre carnaval – fête* où l’on célébrait à l’origine l’arrivée de la Déesse ou du Dieu* de la re-naissance de la terre descendant d’un Char… Naval* – nous entraîne sur une piste : notre carême est très certainement une “forme christianisée” d’un vieux rite* dédié à Cernunos dieu récurrent de la fécondité de la nature, ce que les folklores européens, danois en particulier confirment d’évidence !
« Mais le nom du grand gibier étant frappé d’interdiction magique*, on lui substitua l’épithète “cornu”, sens du latin Cervus… » Dictionnaire historique de la langue française “Robert”.

Dionysos : Il se pourrait fort que Dio-Nysos soit le représentant de Cernunos* car dans les Dionysies rurales il est figuré sous forme d'un phallus qui portait les surnoms d'Orsigyne "qui excite les femmes", de Koirophallos, d'Euorchos “belles bourses”. Mais, s’il fut victime du Kataclysmos (ce qui semble évident dans plusieurs aspects du mythe*) et, si nous en croyons le mythe d'Osiris, il y perdit le meilleur de lui-même ! [NDR: son membre viril]

En effet, sur l’anse du “vase François” du VIème siècle, Artémis (» Héra) s’interpose entre un cerf (Hère) et un félin (Fenrir/ Cerbère?), ce que nous retrouvons sans doute sur une amphore béotienne du VIIème siècle AEC, où Artémis/ Héra est entourée de fauves rugissants et d’animaux aquatiques (deux aspects du déluge* nordique du XIIIème siècle renouvelant celui de Théra* : séisme et raz de marée)…

Cernunos est donc, au moins symboliquement, l’ancêtre de Dionysos-Bacchus !
On en retrouve des caractères dans le personnage de Zagréus, le “fils de Zeus” (le ”Dieu-Fils”) et, par conséquent, dans Zeus Kouros (“garçon”). Quand à son ivresse et à sa fougue sexuelle traditionnelle, signalons que les zoobiologistes ont remarqué que le chevreuil est ivre après avoir mâché les feuilles de la bourdaine ou “arbuste à paniers”…

La fête* de Cernunos avait lieu à Athènes le 10 d’Élaphebolion (“mois du Cerf” = mars). Au cours de cette fête, un phallus était porté en procession (Dionysos). C’est à l’équinoxe de printemps que le Vieux Roi portant les cornes d’Elaphios était mis à mort symboliquement par des “femmes sauvages”, des Reines, et le mois de Phoronée (cf. § Grenouille° in Bestiaire*) apportait alors les Fêtes du Mai avec sa célèbre hiérogamie* à partir de laquelle débutait l’antique nouvel an.

La Nébride [NDR: une peau de bête servant de vêtement] : On se rappellera que dans la Mythologie, Taygété une des sept Pléiades° fut transformée en biche et poursuivie par Zeus “guisé” en Alce cernunos : de là naquit Lacédémone/ Sparte et le rite de la Nébride et l’on sait l'importance de cette peau de faon° ou de daim dans les mystères Dionysiaques ; la nébride que portait sur son épaule l’officiant des Bacchanales faisant de lui un Dio-Nysos, c’est à dire un “dieu récurrent” incarné, et le souvenir de la mort du vieil ancêtre avant sa re-naissance hivernale faisait de lui un “Dieu-Fils”. Cette peau de daim ou de faon était probablement le manteau caractéristique de l'As(e)trologue* Dionysos phanatès “le brillant” ou celui de Brisaïos l'inventeur du miel (lequel est Liber* pour les Latin, et Osiris pour les Égyptiens)…


Vase du peintre d’Altamura (M. Spina à Ferrare) : Dionysos adulte (le récurrent) tenant Dionysos enfant (son remplaçant… devenu Christophoros par la grâce de l’Église*). On remarquera la Nébride qui montre avec précision la tête et les sabots du daim “pard” (ocellé).

Dans le monde gallo-romain, cette nébride est traditionnellement en peau de loup, loup dont la tête sert de coiffure à l’initié*, ce qui était aussi le cas de notre Taranis succelos (le Thor gaulois).

En Gaule : « Les Gaulois élevaient au fond des bois, en l’honneur d’Ardhuina, des statues ayant une tête de cerf sur un corps d’homme ou de femme. Pour se la rendre plus favorable dans leurs chasses, ils suspendaient autour de l’idole les pieds, les peaux, les cornes des bêtes qu’ils avaient tuées.

« Cernunos, qu’on représentait aussi avec une figure humaine mais portant toujours des cornes de cerf, avait un autel à Lutèce, sans doute à cause des grand bois qui couvraient alors les deux rives de la Seine.

« Le Cernunos gaulois conserva une espèce de culte après l’établissement de la religion chrétienne. Ainsi au cinquième siècle, Germain le chasseur intrépide qui devint plus tard évêque (c’est à dire “surveillant”) d’Auxerre avait, non loin de sa demeure, un chêne au tronc colossal (cf. art. Arbres* des Dieux), véritable cernunos qu’il chargeait des dépouilles des bêtes tuées de sa main. Dans certains pays ou le cernunos était resté en vénération, il recevait les offrandes de tous. On choisissait ainsi le plus bel arbre, le plus vieux du canton, pour y suspendre à la fois les trophées des guerriers et des chasseurs et, plus tard, quand les chasseurs clouèrent à l’entrée de leur habitation les têtes de cerf, ce fut là, évidemment, un souvenir de l’ancienne tradition. » Bernard Quentin, Il était une fois la chasse, Dossiers secrets de l’Histoire, n° hs Mars 2002.

L e “dieu cornu” que l’on retrouve assis en tailleur, aussi bien sur le chaudron de Gundestrup (supra) que sur les monuments de Reims16, de Vendoeuvres (infra), de Saintes, de Sommerécourt, porte le torque au cou ou en main, ainsi que le globe d’ambre ou Pomme d’Or (le Reichapfel de nos ancêtres Francs).



On le retrouve aussi sur les gravures du Val Camonica, tout comme dans la position du squelette de Lepenski Vir en Yougoslavie (6500/ 5500 AEC) et jusque sur les idéogrammes de Mohenjo-Daro (supra) sur l’Indus (2500 AEC) sous le nom de Pashupati “le Seigneur des Animaux”, assis lui aussi à la gauloise (mais on dit localement “en position du lotus”).

« Dans le Panthéon celte*, Cernunos est le dieu-cerf de la force fécondante et de l’Éternel retour. Comme l’animal qui chaque hiver perd sa ramure pour la retrouver plus belle encore au printemps, il est le géniteur accompli et le maître des grands bois. Au déclin succède toujours le rajeunissement : le symbole de cernunos se rapporte aussi bien à la vie de l’âme qu’à celle de la nature. Le dieu est également lié à la Terre-Mère dont il devient l’époux et qu’il féconde ; aussi règne-t-il à la fois sur les animaux et le monde d’en dessous. Notons enfin que dans la symbolique sacrée* de tous nos peuples, les cornes, parce qu’elle jaillissent du crâne, représentent la Connaissance. » Ariane, Fête de Cernunos.

Pour les Irlandais, c’est le Roi-Cerf “Nemed le sacré”. Mais, son peuple fut vaincu par les Fomoiré, ce peuple souterrain dont le roi était Élatha (cf. aussi art. Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes). Les Celtes* Oisin sont “les fils du Faon”, les descendants de Finn l’Irlandais (leur Cernunos) ; et les Oscar sont “ceux qui aiment les cerfs”… (...)

Daniélou nous précise bien que le dieu cornu est taurin lorsqu’il est ithyphallique, et muni de bois de cerf lorsqu’il n’est pas phallique : nous conclurons de cette judicieuse remarque qu’il s’agit bien de deux personnages ou figurations différents : l’un en rapport avec la fécondité (3ème fonction*), l’autre avec l’intelligence ramifié (1ère fonction*) ; nous retrouverons ces personnages symboliques dans notre article romancé Ulysse* et Nausicaa, avec le roi Alcinoos et le Grand Ase car “les deux font la paire”)…

Citation :

En alchimie*, Cerf et Licorne* sont très souvent associés. Mais toutes les cornes ne sont pas de même symbolique* car, s’il faut en croire René Guénon : « Les cornes de bélier sont solaires et les cornes du Taureau sont lunaires. » En effet, les unes figurent comme une paire d’ailes, attribut solaire, et les autres figurent un croissant lunaire couché, ce qui est le symbole de Diane (voire celui de l’Éclipse) Ce à quoi nous rappellerons : les cornes du cerf symbolisent l’intelligence ramifiée, et celles du bélier symbolisent la fougue génésique du printemps…

Citation :

Source:
http://racines.traditions.free.fr/cernesu/cernesu.pdf
Tristan Mandon
“Les Origines de l’Arbre de Mai” dans la cosmogonie runique des Atlantes boréens
http://racines.traditions.free.fr

J'adore chez cet auteur la façon de dire les choses à demi-mots... Twisted Evil mais en même temps il en dit beaucoup! Le cerf, animal majestueux des forêts, est une des plus anciennes représentations de Satan. Ses cornes sont la couronne des rois. Si les cornes poussent en excroissance du crâne, c'est parce qu'elles symbolisent la Connaissance. Si elles tombent et repoussent, c'est parce qu'il s'agit d'un dieu qui se réincarne. C'est là un symbolisme similaire au serpent. Le Cernunos des gaulois est ce principe mâle/solaire qui se réincarnait dans leurs anciens rois. Le 1er de leurs ancêtres, importé du moyen-orient. Enfin, si les cerfs mâles s'affrontent au printemps pour voir s'imposer le mâle dominant de la harde, les anciens rois en faisaient autant, imitant la nature, à travers ce rituel que l'on retrouve au bois de Némi, mais qui était fort connu et répandu de l'antiquité.

Et c'est ce rituel de passation du pouvoir, qui se termine par la mort du roi, et une hiérogamie, qui est la compréhension de ce symbolisme du cavalier tuant le dragon!

Le chasseur, ou le cavalier, est ce prétendant qui engage le duel pour conquérir la dame.
Le dragon, c'est le roi. L'ancien roi est toujours représenté sous les traits d'une bête terrifiante. Le dragon se prête bien puisqu'il se réfère directement du serpent. Il est blanc ou rouge. La belle dame, c'est le principe féminin, la déesse.

En tuant le dragon, il aura un lourd fardeau sur ses épaules; lui reviendra la royauté; lors de la hiérogamie il s'unira avec la femme, faisant entrer ainsi en lui l'esprit de l'ancêtre, ce qui lui conférera ses pouvoirs et le mènera vers une mort certaine. De nombreux contes oublient ce détail et préfèrent limiter la fin de l'histoire à "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" ^^

Si le vieux roi est représenté comme une bête terrifiante, ou un dragon, et qui doit être mis à mort, ça nous montre qu'il y a là une idée de dégénérescence. En tout cas je l'interprète ainsi : après un certain temps passé dans le corps, l'esprit de l'ancêtre dégénère. Si dans un premier temps, le dieu déverse ses faveurs en accordant l'abondance des récoltes et du bétail, dans un second temps, il exige de nombreux sacrifices. Ces exigences peuvent alors grandir en intensité, jusqu'à constituer une menace pour la communauté. Il faudra alors mettre le roi à mort afin de "régénérer" ses forces.

Remarquez encore cette image issue de l'article et qui symbolise parfaitement 2 prétendants, marchant sur le serpent, tentant de dérober le "rameau" afin de pouvoir provoquer le vieux roi en duel.

Outre la chasse au dragon, cette figuration de l'ancienne tradition est souvent représentée au moyen-âge dans des scènes de chasse... au cerf! rendeer

Remarquez encore combien ce symbolisme figure jusqu'à nous, dans les jeux vidéos :

- Mario : doit tuer le dragon Bowser pour sauver la princesse Peach. Le nom Peach signifie pêche et fait encore penser au fruit défendu. Mario porte en grand la lettre 'M' satanique de 'Magie' sur sa casquette. Il est rouge. Son frère Luigi porte la lettre 'L' de lucifer, il est vert. (rappelez vous l'importance de ces 2 couleurs dans "les vierges noires").

- Zelda : le chevalier Link doit tuer Ganon, monstre minotaure/cochon, pour sauver la princesse Zelda et restaurer la tri-force (lol). Link est vert, porte le bonnet phrygien, joue de l'ocarina comme Pan de sa flûte...


Dans la légende de Mélusine, on découvre un Raymondin en fuite, parce qu'il a commis un meurtre. Il est même précisé "lors d'une partie de chasse". Ce n'est pas n'importe quel meurtre! Il s'agit de CE meurtre-là justement! Son mariage dans l'histoire avec Mélusine survient juste après et ce n'est donc pas un hasard.


(NB: Je pensais analyser plus en détail des contes comme Mélusine ou encore mieux Siegfried mais je dois avouer que ça dépasse mes connaissances scratch)
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   27/6/2011, 07:22

Voilà. Je pense avoir réuni les éléments nécessaires à ce que je souhaitais exposer.
A mon niveau, c'est plus d'une année de recherches qui se trouve ici réuni. Et pourtant ce n'est pas énorme au vu de l'étendue de ce domaine et de l'implication de tout ceci, de l'ancienne cérémonie du bois de Némi au principe de royauté, des écoles des mystères aux enseignements gnostiques, du christianisme à ses déviances christiques et à l'adoration des saints, on en vient au fondement même de l'humanité, son histoire, sa culture, ses traditions et ses étranges relations avec l'invisible... beaucoup de nouvelles questions émergent à l'esprit comme tout autant de champs d'investigations.

D'un autre côté, le lecteur qui aura été persévérant sur ce sujet, même débutant, devrait avoir acquis les notions nécessaires pour comprendre ce qu'est le satanisme et l'enjeu délicat dans lequel nous nous trouvons. Par exemple, le christianisme a ses fondements a du être confronté à un problème de taille ; en combattant la pratique de ces unions terre-ciel, c'est tout le passé d'un peuple qui serait anéanti, son savoir, sa culture, ses traditions, puisque ces peuples étaient centrés autour de leur roi qui personnifiait leurs connaissances, à travers ses réincarnations successives, à une époque ou l'écriture était sommes toute marginale. Enfin, on retrouve cet ancêtre primitif qui parait commun à pratiquement tous les peuples. Ce qui me tend à penser qu'il s'agit du même personnage à l'origine, et il s'agit de satan. Il se serait essaimé sur la terre, comme Osiris a été démembré, ainsi ses reliques ont pu êtres portées aux 4 coins du monde. Et bien entendu le rôle tout aussi important tenu par sa parèdre, la déesse, ou plus précisément Lilith, celle qui fut la première condamnée à errer sans corps, à peupler l'enfer, et qui de ses amants transforme en démons à leur mort.


A présent voici l'article que j'avais mentionné dont il ne fait aucun doute qu'il soit écrit par un occultiste ou un franc-maçon. C'est un document pdf de 64 pages sur la secte des Ophites ou Naasènes. Il contient des enseignements gnostiques et hermétistes donc n'est pas facile à lire.

Citation :

LES ORAISONS DU SERPENT

PROLEGOMENES

Nous allons tenter, au travers des pages qui vont suivre, de brosser un tableau, non de croyances simples, mais, d'un courant infra-historique, voire d'une légende vivante qui se meut "reptilignement" depuis des millénaires dans l'ombre, décrié et maudit tel le génésique Serpent, pourchassé et nié mais toujours renaissant comme le dieu Priape1. Toutefois, malgré le titre, nous ne composerons pas non plus une symbolique nouvelle ou surannée du serpent. L'on comprendra également que nous ne voulions pas parler au travers de ce travail des antiques naasènes mais bien des actuels et modernes... Malgré les termes utilisés ici, nous rejetons toute volonté déiste dans nos propos et nous exposons des idées et une vision du monde qui se veulent libres du dogme habituel du dieu mièvre, aimant, de colère ou encore de ses adversaires ténébreux.

Que le lecteur ne se méprenne donc point, nous n'annonçons aucune Nouvelle Parole, aucune cosmogonie figée, mais bien plutôt une histoire qui peut, tel est notre unique voeu, donner une piste de réflexion à "ceux qui cherchent afin d'être étonnés." Ce texte se veut donc une sorte de rébus mystique ou un morceau de psychothérapie taillé par l'auteur pour lui-même, selon...


1- SON SYMBOLE

Le symbolisme du serpent est très ancien et a toujours été associé à l'idée de la Mort et de la Vie mais également à la notion d'Éternité - car il peut changer de peau régulièrement retrouvant ainsi l'apparence de la jeunesse. Pour les Anciens, cette mue représente le principe de l'éternel retour, du passage permanent de la vie à la mort et vice-versa. Ainsi, de la mort sort la vie comme la désagrégation d'une graine dans le sol annonce la venue d'une vie nouvelle.

Au niveau individuel, l'homme se doit de réaliser le renouveau du monde et de vaincre la mort et il personnifiera alors "la force créatrice de l'univers qui, se couvant elle-même dans l'introversion, serpent enlaçant son propre oeuf, menace la vie de sa morsure empoisonnée pour la conduire à la mort et se réenfanter elle-même de cette nuit, en se surmontant"2.

Déjà Philon nous dit du serpent qu'il est, de tous les animaux, le plus spirituel, sa nature étant du feu, sa vie longue et qu'en même temps de sa peau, il se dépouille de sa vieillesse.

Son venin provoque le passage de la vie à la mort, mais, utilisé à de faibles doses, il avait aussi la réputation d'être un remède3. Le serpent était également souvent associé aux forces secrètes de la terre d'où il surgissait et aux énergies sexuelles car, "le Serpent est phallique par sa forme. Caché, lové dans les anfractuosités de la terre, on le voit s'élancer soudain. Il est mythiquement le fils de la Terre, le dynamisme mâle engendré par la Grande Femelle"4.

Lisons à présent ce qu'en dit le Dictionnaire des Symboles5 : “ Il joue des sexes comme de tous les contraires; il est femelle et mâle aussi, jumeau en lui-même, comme tant de grands dieux créateurs qui sont toujours, dans leurs représentations premières des serpents cosmiques... Le serpent visible n'apparaît donc que comme la brève incarnation d'un Grand Serpent Invisible, causal et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces de la nature. C'est un vieux dieu premier que nous retrouvons au départ de toutes les cosmogénèses, avant que les religions de l'esprit ne le détrônent. ”.

A la fois mortel et guérisseur, symbole du bon et du mauvais démon (Agatho-daïmon et Kokadaïmon), de Satan et du Christ, les Gnostiques faisaient de lui le symbole du bulbe cérébral et de la colonne vertébrale, lui conférant ainsi une identité certaine avec la psyché et l'inconscient.

Le principal symbole attaché au serpent reste le caducée, et son explication réside dans l'association serpent-bâton. En tant que symbole d'Esculape6, le serpent y représenterait le remède, la médecine tandis que le bâton symboliserait l'Arbre de Vie, vie que le praticien essaye de maintenir grâce à ce remède.

En Grèce, une légende relate qu'Hermès découvrit le premier la puissance de son bâton magique quand il l'utilisa pour séparer deux serpents engagés dans un combat mortel. Les reptiles cessèrent immédiatement le combat, s'enlacèrent autour du bâton et s'embrassèrent. Il faut voir dans l'enlacement des serpents qui se font face, l'équilibre des forces antagonistes utilisé par l'hermétisme et sa discipline-fille, l'alchimie, pour décrire la notion d'unité dans l'opposition. On rejoint ici la figure de l'AMPHISBENE qui comporte deux serpents enlacés dont l'un a une tête blanche qui symbolise l'initié qui a dégagé le volatil du fixe et a ainsi vaincu sa nature inférieure symbolisée par la tête noire de l'autre serpent.

Les correspondances entre le serpent, les forgerons et l'alchimie - et il suffit de lire l'ouvrage magistral "Forgerons et alchimistes" de Mircea Eliade pour s'en convaincre - sont soulignées par cette sentence du peuple Dogon : "Tout forgeron lorsqu'il travaille est comme assis sur la tête du serpent". Et l'on nous indique alors l'existence de rites magiques funéraires qui ont pour fonction de transmettre aux vivants les pouvoirs et connaissances issues du monde des morts. Selon René Alleau7, "Le nom de "serpent" a été donné, à toutes les époques et en des aires culturelles diverses, aux initiés euxmêmes, qui recevaient le double pouvoir de "faire monter ou descendre" la force magique universelle. C'est pourquoi, dans les sociétés traditionnelles anciennes, le roi divinisé, qui avait reçu son pouvoir sacré par une transmission directe du démiurge ou de l'ancêtre, appartenait, comme l'attestent des textes abyssins archaïques donnant la liste des pharaons, à la "progéniture" du serpent".

A propos du caducée encore, Chevalier et Gheerbrandt, dans leur Dictionnaire des Symboles, écrivent : "le serpent possède ce double aspect symbolique : l'un bénéfique l'autre maléfique, dont le caducée présente, si l'on veut, l'antagonisme et l'équilibre; cet équilibre et cette polarité sont surtout ceux des courants cosmiques, figurés d'une façon plus générale par la double spirale; Dans l'ésotérisme bouddhique, par exemple, le bâton du caducée correspond à l'axe du monde et les serpents à la Kundalini, cette énergie cosmique qui se trouve à l'intérieur de chacun". Enfin, la Tradition conserve un certain nombre de techniques afin d'éveiller le serpent ou le dragon endormi en dirigeant les forces vitales vers le sommet du crâne. Ainsi, dans l'ésotérisme oriental, l'acte de libérer la puissance du serpent est appelé la Montée de la Kundalini8.

Conscients des dangers de cette technique, l'oriental insiste toutefois sur le fait que la Kundalini ne doit pas être gardée prisonnière de l'épine dorsale mais qu'elle doit se voir ouvrir les Portes des sphères supérieures afin de permettre au pratiquant d'Éveiller sa conscience au monde supérieur. Dans cette tradition, l'association symbolique entre le phallus, le serpent et la langue (verbe) sont très présente et elle est significative du lien qui existe entre énergie vitale, sexe et connaissance, comme nous le verrons plus loin.

Selon Bayard, les deux serpents enroulés du caducée, le yin et le yang du T'ai Chi et le swastika ou croix gammée des Hindous, symbolisent tous une force cosmique, avec ses deux sens de rotation inversés. Dans ce caducée, les deux serpents reposent leur tête sur ‘Hesed9 et Gebourah10 et, ce sont justement ces deux Sephiroth que relie la Voie de Teth11, la Voie du Serpent (confer "La Lettre Teth et le Serpent"12). Au sein du caducée, les ondulations des deux serpents forment la lettre Aleph, symbole de l'Air, par laquelle dieu insuffla la vie dans les narines d'Adam. Leurs queues forment le Mem, lettre symbolisant l'Eau, et les ailes au sommet du caducée forment la lettre Shin, symbole du Feu de la Vie.

Enfin, le Serpent symbolise également le NUMEN de l'Acte de Métamorphose en même temps que la substance métamorphosée elle-même. Et on le retrouve ainsi dans la légende de GABRICUS et de BEYA, couple royal frère-soeur. Lors du hiérogamos, le frère pénètre entièrement dans le corps de sa soeur où il disparaît complètement, il se métamorphose alors en son sein en SERPENS MERCURIALIS13.


2- LES OPHITES OU NAASENES

"De Toi, un Père, et au travers de Toi une Mère, les Deux Noms Immortels, géniteurs des Æons. O Toi citoyen des Cieux, Homme de grand nom".

Le terme d'Ophite14 dérive du mot grec pour serpent tout comme Naasène dérive du mot hébreu désignant le serpent, na'hash15. Le terme de naasène fut tout d'abord donné aux prêtres du culte des adorateurs du serpent. Ce mot pourrait avoir également comme origine l'image du cobra égyptien qui était de couleur bronze, avec la gorge rouge que l'on pouvait voir lorsqu'il se préparait à cracher son venin.

"Il est impossible d'ignorer les fortes affinités qui existent entre les doctrines ophites et celles des sectes païennes qui nous sont connues par les littératures hermétiques. Ces sectes furent probablement pré-chrétiennes et, sans doute, antérieures à l'émergence de la Gnose historique... En dépit de détails occasionnels qui suggèrent l'influence de grandes écoles gnostiques, nous ne trouvons qu'une faible trace au sein de l'Ophisme de développements plus caractéristiques - par exemple, l'aeonologie, la chute de la Sophia. Si les mythes ophites sont nés d'une recombinaison de systèmes plus vastes, des traces en auraient été certainement trouvées dans un endroit ou l'autre.

Sur ces considérations, on peut conclure que l'Ophisme, bien qu'il ait pu être modifié ultérieurement par l'influence d'autres écoles gnostiques, représente la phase primitive du mouvement gnostique. Il prend ses racines dans ces sectes théosophiques qui naquirent en Egypte et dans le Proche-Orient durant l'époque du syncrétisme, et il marque le début de l'alliance de ces sectes étrangères au Christianisme. Et c'est ici que consiste l'importance historique de l'Ophisme. Il reflète le mouvement gnostique à ses débuts et nous aide à déterminer les sources et le caractère intrinsèque de ses croyances. Nous pouvons donc assumer que la Gnose, bien qu'elle ait revêtu une forme d'hérésie chrétienne, était en substance non chrétienne, et que ses spéculations étaient pour l'essentiel mythologiques et syncrétiques"16.
(...)

Voyons maintenant ce que nous en disent les auteurs chrétiens, qui sont, malheureusement, les rares sources disponibles, sur le courant historique du moins. Saint Thomas d'Aquin, dans son ouvrage "Sur les Articles de la Foi" opuscule V, nous relate les choses suivantes à leur propos : "La cinquième [hérésie] est celle des Ophidiens ou
Ophites qui, pensant que le Christ est un serpent, ont un serpent accoutumé à lécher le pain avec sa langue, et le leur sanctifie comme l'eucharistie".
On peut comparer ces rituels, où les ophiens embrassaient également les serpents, à ceux des mystères de Démeter joués lors des Mystères d'Éleusis. On retrouve encore ces rites dans les cultes d'Asclepios, dans les orgies Dionysiaques ou dans les mystères de Sabazios dans lesquels, selon Arnobius20on faisait usage de l'image du serpent. Ou ces rites seraient-ils des restes des antiques cultes voués à la constellation d'Ophiuchus lors desquels les adeptes tenaient des serpents sur leurs poitrines et les caressaient comme étant les symboles vivants de l'image célestielle qu'ils adoraient ?

Origène lui nous dit : "Il y a une certaine secte qui n'admet pas un nouveau membre avant qu'il n'ait prononcé un anathème contre Jésus; et cette secte est digne du nom qu'elle s'est choisie; car c'est la secte des Ophites, qui blasphème dans ses prières au serpent"21.

Selon les auteurs chrétiens Clément22, Tertullien23et Irénée24, on les nomme Ophites car ils magnifient le serpent à un tel degré qu'ils le préfèrent au Christ lui-même car c'est lui qui est à la source de la Connaissance du bien et du mal. (...)

Les Ophites accordent donc au Serpent un rôle de rédempteur au travers de la figure de l'OPHIS-CHRISTOS32. Le Serpent a voulu éclairer l'homme sur sa nature et son pouvoir divin en lui révélant l'immortalité de l'Union. D'ailleurs, on peut rapprocher les pratiques ophites du tantrisme par l'idée que le salut peut être obtenu par l'accouplement sensuel et l'échange de l'Élixir de Vie. Ainsi, le Serpent Na'hash est assimilé au Christ au travers de la figure de l'Agathodaïmon ou du Kokadaïmon ainsi que par le symbole du Serpent cloué sur la Croix33, le Serpent est alors le Rédempteur. Il est à noter d'ailleurs que la Première Cause s'est toujours révélée Elle-même par la Croix; la Croix par Un tracée à partir de deux, et chacun des deux étant divisé afin que deux constituent quatre; la Croix, qui est la clé des mystères de l'Inde et de l'Égypte, le TAU des Patriarches, le symbole divin d'Osiris, le Stauros des Gnostiques, la Pierre Angulaire du Temple, le symbole de la Sagesse divine, du Verbe divin, la Puissance divine rayonnante à partir du centre, manifestée dans l'Univers; la Croix, ce point central de la jonction des angles droits de quatre Triangles. (...)

Les Naasènes pensaient que le moyen pour reproduire l'hermaphrodite originel résidait dans la pratique sensuelle dont les rites basés sur la musique et le vin avaient pour but de réunir l'homme à la femme en une hiérogamie divine. Cette hiérogamie se manifestait enfin par l'absorption de l'amrita36 qui est l'Élixir de Vie et source de Toute Vie. Lors de ces rituels, l'homme est le Serpent initiateur de la femme avant que d'être lui-même l'homme initié par la femme. Ce rituel reproduit également l'initiation conférée par Jésus à Myriam, qui sera l'initiatrice de Jean. Selon les paroles du Christ même : "Si vous ne buvez mon sang et ne mangez ma chair, vous ne connaîtrez le royaume des cieux." Et encore : "celui qui ne boira pas à la même coupe que moi, là où j'irai, celui-là n'entrera pas" [Jean VI. 53 ; Marc X. 38.].

Les Naasènes participaient donc aux mystères de Zoé, la Grande-Mère, cérémonies musicales durant lesquelles était adoré NAAS qui n'est autre que Na'hash, le Serpent. Les Temples (Naos ou Nous, Noun Vav Samek, refuge) sont dits situés "Sous les Etoiles" - car ainsi, ils n'étaient jamais à découvert et n'avaient pas d'existence véritable - et en leur sein se déroulaient les cérémonies d'initiation et les mystères de la Grande-Mère. Un rituel nous est d'ailleurs rapporté par Épiphane37, qui le déforme sans en comprendre la portée : "Ils ont un véritable serpent et ils le gardent dans un panier. Lorsque le temps est venu de pratiquer leurs mystères, ils sortent ce panier et posent du pain sur la table en appelant le serpent; lorsque le panier s'ouvre, le serpent sort. Et ensuite le serpent rampe sur la table et sur le pain". Le rituel se poursuit ensuite avec des "hymnes au Père". Ceci, toujours selon notre auteur, serait l'eucharistie suprême des ophiens avec les "baisers au serpent".

Les Naasènes possédaient, et possèdent encore, des serments qui peuvent être adaptés aux époques et aux lieux où ils doivent être prêtés. Ils sont aussi parfois absents afin de laisser les adeptes face à leur liberté et à leur conscience. En voici un particulier, ancien mais toujours d'actualité :

"Je jure par le Dieu Bon qui est au-dessus de tout, de garder ces mystères et de ne les
divulguer à quiconque, et de ne point être relaps au Dieu Bon de toutes les créatures".


Et lorsqu'il a donné ce serment, l'adepte se rend devant l'image du Dieu Bon et regarde alors "tout ce que les yeux n'ont pas vu et ce que les oreilles n'ont pas entendu, et qui ne sont pas entrées dans le coeur de l'homme" (1 Cor. II 9) et il boit alors l'eau de la Fontaine de Vie qui est le Baptême de l'Eau qui donne la Vie. Car, il y a eu une séparation faite entre l'eau et l'eau, et il y a l'eau qui est sous le firmament, l'eau avec laquelle les hommes terrestres sont lavés, et les eaux au-dessus du firmament, l'Eau qui donne la Vie, l'Eau qui est Feu, l'Eau du Dieu Bon, en laquelle les hommes spirituels vivants sont lavés et dans laquelle Elohim lui-même s'est lavé au début des temps. Ce baptême est le Baptême du Feu. (...)

Nous touchons ici à un point essentiel de la doctrine ophienne, doctrine qui relie le culte de la Femme comme vecteur de l'Éveil à la Connaissance.

Isha est l'Épouse qui doit s'unir à Ish son Époux afin de réaliser la hiérogamie divine. Mais avant cela, Isha doit réunir ses deux faces que sont Ève et Lilith alors qu'Ish doit réunir ses deux visages que sont l'Adam d'en bas et Samaël. De cette hiérogamie doit naître la Couronne, Kether41. L'Adam Primitif, Androgyne primordial que nous sommes tous en puissance. "Au moment où elle se débarrasse de ses vêtements elle s'unit à son époux dans une proximité de la chair, comme il est dit “ Os de mes os et chair de ma chair, celle-ci sera appelée Isha car de l'homme Ish elle a été prise, c'est ainsi que l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils seront une chair une" (Gen. II, 23).

"Quitter" [‘Azob, bzi] c'est s'arracher une peau ! Car "peau" se dit ‘Or [rvi]. Nous retrouvons à nouveau le personnage du serpent avec cette symbolique de la peau que l'on doit quitter afin de devenir éveillé. Car ‘Or prononcé Our, éveillé, est le symbole d'un champ de conscience dont la lumière n'est que ténèbres par rapport à celle d'un champ nouveau qui nous appelle. Cet acte de quitter signifie donc abandonner nos critères de jugement, renoncer aux idées reçues, "ce que l'on croyait sage nous semble fou; ce que l'on croyait vrai devient relatif, voire faux", A. de Souzenelle.

Quitter le père et la mère et donc la conscience et l'inconscient auxquels nous sommes identifiés afin de prendre notre propre chemin.

Ish et Isha unit deviennent alors UN, Adam Supérieur en contact avec les Æons Supérieurs. (...)
Citation :

3- LE BIEN ET LE MAL SELON LA VISION NAASENE

(...) Selon les kabbalistes naasènes, il ne s'agit pas simplement, lors de l'acte sexuel, de connaître sa femme mais également d'en connaître sa part de divinité. Se connaître lors de la relation sexuelle reviendrait à "reconnaître" mutuellement l'étincelle divine sertie en chacun de nous.

Il existe donc un secret des relations de l'homme et de la femme qui serait le fondement de la vérité intelligible et constituante de la relation spéciale entre l'humanité et la divinité. La "Lettre sur la Sainteté45" explique ainsi la relation de Connaissance entre l'homme et la femme : "Sache que la conjonction de l'homme et de la femme comprend deux modes. Le premier mode : cette relation est quelque chose de sain et de propre lorsque la chose se passe comme il convient, aux temps convenables et avec une intention juste. Que nul ne pense qu'une relation convenable comporte quoique ce soit de vil ou de laid... car la relation convenable est appelée Connaissance".

L'acte sexuel permet de connaître dieu et de lui ressembler. "La relation sexuelle comprendrait donc le secret de la vie divine, non seulement de la vie comme structurant l'existence divine, mais comme la spécificité même du dieu vivant" (Gérard Israël, Volupté et crainte du ciel, Payot).

La relation sexuelle est spirituellement indispensable à l'établissement et à la conservation du lien intime qui rapproche les deux pôles de la création. De même, la "Lettre" dit : "La conjonction selon les formes requises, de l'homme et de la femme est comparable à la création du ciel et de la terre." Et le Talmud de poursuivre : "Quand l'homme se joint à sa femme dans la sainteté, la Chekhina est entre eux selon le secret de Ish et Isha." (Traité Sota 17A). "Toute âme mâle est déjà unie à une femelle, de sorte que le mariage d'ici-bas ne fera que confirmer cette union céleste." (Zohar, I 85 G)

Ainsi, l'acte sexuel est Connaissance et donne la Connaissance qui mène à la divinité.

"Comme grain de semence de la connaissance, l'Amour" Rig Veda, 10, 129.

Et la "Lettre" de continuer : "Quant au secret de la Connaissance que je t'indique, il s'agit du secret de l'homme en tant qu'il est composé du secret de la Sagesse de l'intelligence et de la Connaissance; car l'homme est le secret de la sagesse (‘Hochmah); la femme le secret de l'Intelligence (Bina) et de la relation sexuelle pure, le secret de la Connaissance. Tel est le secret de l'homme et de la femme, selon le secret des chemins de la tradition intérieure." La tradition intérieure étant cet état suprême recherché par les kabbalistes.

Nous voyons ainsi, sans entrer dans les considérations moralisatrices des rabbis, que l'union du serpent et de la femme participe à une initiation à la Connaissance et que cette Connaissance est le secret révélé par la relation sexuelle de l'homme et de la femme. Dans ce cadre, le Serpent n'est que le véhicule de la Sagesse Suprême, la Sophia Achamoth que l'on peut assimiler à la Source Ayin... (...)

Les Ophiens, ou Naasènes n'adorent donc pas le Serpent pour lui-même mais pour sa fonction et en tant que véhicule de la Sophia. Ils adorent donc la Femme Supernelle au travers de toutes les femmes et ils disposent l'image de Celle-ci à l'Est avec le He et le Shin, place de Bina et de l'Intelligence.

Le rôle de la Femme dans ce système est donc central et comme il est dit dans l'Évangile de Thomas : "Simon Pierre leur dit : que Marie [Madeleine] sorte de parmi nous car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! Jésus dit : voici, moi aussi je l'attirerai pour que je la rende homme afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant, pareil à vous les hommes ! Car toute femme qui se fera homme entrera dans le Royaume des Cieux" (Logion 118). La femme est ainsi liée à Isha par sa nature et à l'image divine scellée dans sa chair elle est donc pneumophore. "Son sacerdoce lui est intrinsèque" nous dit A. de Souzenelle (Le Féminin de l'Être).

Les Portes mystiques ne peuvent donc s'ouvrir que par la pure union sexuelle de l'âme afin de lui permettre à nouveau d'atteindre, par le coeur fidèle de la femme, le "Véritable homme Parfait". Au travers de l'homme, la femme ; au travers de la femme, le monde ; au travers des deux, les espaces de la vie céleste ; au travers de ceux-ci la Divinité elle-même.
Citation :

4- LE BAPHOMET

Le terme de Baphomet remonte au procès des Templiers, ce serait la fameuse "tête magique", prétendue idole des pauvres chevaliers du Christ. Cet objet du culte templier était tantôt une idole ayant une seule tête barbue et tantôt une idole possédant trois têtes, mais il n'est jamais fait mention - à notre connaissance - de son corps. Une de ces têtes sera d'ailleurs retrouvée avec l'inscription "CAPUT LVIII". Dans les comptes rendus du procès, ces têtes étaient censées donner la richesse, le pouvoir et la santé aux chevaliers. Selon Hugh Schonfield, dans son "The Essene Odyssey", on ne peut qu'admettre, en considérant les implications de ces têtes et du décodage du Baphomet comme étant la Sagesse qu'"il ne peut y avoir que peu de doutes sur le fait que l'idole des Templiers représentait la Sophia en son aspect féminin et isiaque et qu'elle était liée à Marie-Madeleine dans son aspect chrétien".

Baphomet n'en reste pas moins le champ psychique généré par l'ensemble des êtres vivants sur cette planète. Depuis l'Ère Shamanique, on l'a souvent représenté comme Pan48, Pangenitor, Pamphage, le Destructeur, Shiva-Kali - le phallus créateur et l'abominable et destructrice mère - comme Abrasax49 comme le Démon du sexe et de la mort à tête d'animal, comme l'Archonte démoniaque qui dirige ce monde, comme Ishtar ou Astarté - déesse de l'amour et de la guerre - comme l'Anima Mundi ou Monde des Âmes ou simplement comme la "Déesse". D'autres représentations comprennent l'Aigle, ou le Baron Samedi, ou Thanateros, ou Cernunnos.

Aucune image ne peut représenter la totalité de ce que cette force est, mais on la montre conventionnellement comme un dieu hermaphrodite, divinité sous la forme d'un homme qui comprend diverses caractéristiques mammaires ou reptiliennes. L'image contient souvent des éléments floraux et minéraux ainsi que des éléments ramenant au concept de la mort car cette force comprend aussi la mort. Vie et Mort ne sont que de simples phénomènes au travers desquels la force vitale se réincarne continuellement. Nier la mort c'est nier la vie. Les aspects de la divinité mâle et femme qu'est Baphomet sont toujours soulignés car c'est par le sexe que la vie est créée et la sexualité mesure la force vitale ou la vitalité, quelle que soit la manière dont elle est exprimée. (...)

Il existe un ensemble de documents templiers sur lesquels on peut examiner des symboles et des personnages dont l'essence remonterait aux cultes de Priape ou du Serpent. (...)

Lisons à présent un extrait de "Les demeures philosophales"51de Fulcanelli :

"Dans l'expression hermétique pure, correspondant au travail de l'OEuvre, Baphomet vient des racines grecques Bapheus, teinturier, et mès, mis pour mètè, la lune, à moins qu'on ne veuille s'adresser à mèter, génitif mètros, mère ou matrice, ce qui revient au même sens lunaire, puisque la lune est véritablement la mère ou la matrice mercurielle qui reçoit la teinture ou semence du soufre, représentant le mâle, le teinturier, - Bapheus - dans la génération métallique. Baphè a le sens d'immersion et de teinture. Et l'on peut dire, sans trop divulguer, que le soufre, père et teinturier de la pierre, féconde la lune mercurielle par immersion, ce qui nous ramène au baptême symbolique de Mété exprimé encore par le mot baphomet. Celui-ci apparaît donc bien comme l'hiéroglyphe complet de la science, figurée ailleurs dans la personnalité du dieu Pan, image mythique de la nature en pleine activité.

Le mot latin Bapheus, teinturier, et le verbe meto, cueillir, recueillir, moissonner, signalent également cette vertu spéciale que possède le mercure ou lune des sages, de capter, au fur et à mesure de son émission, et cela pendant l'immersion ou le bain du roi, la teinture qu'il abandonne et que la mère conservera dans son sein durant le temps requis. C'est là le Graal, qui contient le vin eucharistique, liqueur de feu spirituel, liqueur végétative, vivante et vivifiante introduite dans les choses matérielles.

Citation :

5- NAHASH

On traduit ordinairement le mot Na'hash par serpent, alors que son sens en hébreu est plus large et peut désigner aussi toute espèce de reptiles et même des animaux tels que le dragon. Ce terme de dragon a de plus l'avantage d'être suggéré par saint Jean (Ap. 12, 20) lorsqu'il parle du grand dragon, de l'antique Serpent. Pour l'auteur de la Genèse l'animal merveilleux qui parle à Ève et la trompe est tout d'abord pourvu de pattes comme les animaux supérieurs, sans doute à la manière du dragon qui réunit les perfections de plusieurs espèces, possédant pattes et parfois ailes.

La nature sexuelle du serpent Na'hash reste tout aussi imprécise et ceci nous est dévoilé par ce passage du Zohar du Cantique des Cantiques : "La Femme de Prostitution descendit ainsi que celui qui la chevauche et la domine", où la femme de prostitution est assimilée au Serpent primordial et celui qui la chevauche à l'ange Samaël.

Citation :

QUELQUES LIMINAIRES CONSIDERATIONS (...)

Le Tantrisme - La Rose et la Kundalini

La Kundalini est l'énergie subtile, identifiée parfois à l'énergie sexuelle, de caractère cosmique, latente et assoupie au bas de la colonne vertébrale et que certaines pratiques tantriques cherchent à éveiller. Dans le Yoga, sont mentionnés les nadis (canaux) - selon les yogins, il en existerait 72 - et les chakras (centres d'énergie) au travers desquels, du bas de la colonne vertébrale jusqu'au sommet du crâne, une énergie, appelée Kundalini, s'élèverait tout du long grâce à la pratique de certaines formes du Yoga. C'est au travers du nadi médian, le susumna, que monte la Kundalini, la Serpente...

Serge Hutin58 nous la décrit ainsi : "La Déesse-Serpent Kundalini, par laquelle les initiés tantriques symbolisent la force endormie tout en bas du corps humain, méthodiquement cultivée, procure l'illumination tout d'abord, mais bel et bien ensuite, la régénération corporelle, le rajeunissement et l'immortalité physique... Le Tantrisme suppose, sous sa forme ascétique radicalement solitaire, la totale "reconversion" de l'énergie sexuelle vers des buts supérieurs. Il s'agirait sans doute de faire servir le prodigieux capital énergétique individuel qu'est la sexualité à dominer totalement les mécanismes corporels jusqu'à pouvoir remodeler le corps de l'adepte".

La rose que Rome connaissait comme Fleur de Vénus était le signe de leurs prostituées sacrées. Les choses révélées sub rosa faisaient partie des mystères sexuels de Vénus qui ne devaient pas être révélés aux profanes.

On retrouvera plus tard le symbole de la Rose dans les cathédrales dédiées à Notre-Dame, la Rose Mystique... Sophia.

Zagreus : Il est le serpent à corne de la mythologie grecque. Selon Nonnus, Zeus transformé en Dragon viole sa fille Perséphone. De cette union est produit un oeuf cosmique d'où naît Zagreus, nommé le "petit cornu". Ces cornes font de lui un souverain, un roi à l'égal de Zeus et Héra, l'épouse de Zeus, jalouse, excite alors contre Zagreus les Titans qui se jettent sur lui pour le dévorer. Zagreus essaye de leur échapper en se métamorphosant en divers animaux, mais en vain. Les Titans le mettent en pièce alors qu'il s'est métamorphosé en taureau, ils font bouillir les morceaux de viande et le mangent, ne laissant intact que le coeur. Zeus avale alors ce coeur, et Zagreus renaît sous la forme d'un chevreau, et est connu alors sous le nom de Dionysos. Le culte de Dionysos-Zagreus aurait été introduit dans les Mystères d'Eleusis62.

On peut rapprocher Zagreus-Dionysos d'Orphée par sa mise à mort par les Ménades et son nom en phénicien est Sabazios, le dieu de la végétation (qui était la primordiale fonction de Dionysos). Dans les mystères de Sabazios, le serpent jouait un grand rôle sous le nom de "dieu à travers le sein", ce qui nous est signalé par Clément qui en parle comme "le dieu à travers le sein, mais c'est un serpent et celui-ci est tiré à travers le sein du myste63". De plus, les cultes de Dionysos et d'Orphée sont réunis dans de nombreuses régions hellènes de l'Antiquité et selon Apollodore, c'est Orphée luimême qui institua le culte de Dionysos.

Zagreus est le symbole de l'immortalité et reproduit les drames osiriens de la mort - par démembrement - et de la résurrection, drames qui perdureront jusqu'à aujourd'hui sous leurs formes christiques. Nous retrouvons aussi, dans une variation de ce mythe, l'homme comme étant le détenteur de l'énergie divine. Lorsque les Titans dévorèrent Zagreus, Zeus les foudroya et de la cendre des Titans naquirent les hommes. Chaque homme possède ainsi en lui une parcelle de Dionysos et quand l'univers prendra fin et que tous les hommes auront rejoint le royaume de l'au-delà, ces milliards de parcelles seront enfin réunis et Dionysos ressuscitera alors en son entier. C'est pourquoi les hommes aspirent à l'élévation des cieux car elles aspirent à se rassembler afin de retrouver leur demeure d'origine au sein du Dieu.

Le Baptême : Il existe en réalité deux baptêmes dans ce courant particulier. Le Baptême de l'Eau est celui de la mort et de la résurrection de l'adepte et celui de l'Eau de Vie ou Eau de Feu est le baptême secret révélé lors de l'Illumination finale de l'adepte. Que le lecteur se souvienne de ce que nous avons dit de l'amrita...

Ce texte est lu lors du baptême naasène :

"L'Esprit et l'Épouse disent : "Viens !"
Que celui qui entend dise "Viens !",
Et que l'humain assoiffé s'approche,
Que l'homme de désir reçoive
L'Eau de Vie, gratuitement"

(Ap. 22, 17)
Citation :

Le Bahir68 et le Serpent

Nous donnons ici à lire la vision du serpent par les rabbins hébreux afin d'éclairer le lecteur sur les différences d'approche entre le judaïsme et le naasènisme mais aussi afin de dévoiler une partie des éléments qui couvent dans le sein de la Kabbale et que les naasènes utilisent afin de mieux comprendre leur OEuvre.

Mishnah 199
"L'âme de la femme vient du principe féminin et celle de l'homme du principe masculin. Voici pourquoi le serpent courtisait Ève. Il se disait: "puisque son âme provient du Nord, je la séduirai facilement". Et en quoi consiste cette séduction ? Ceci afin qu'elle couchât avec lui. ”

Sur l'Arbre de Vie, le féminin est conventionnellement porté du côté de la rigueur, à gauche, soit le côté Nord du Temple, ou bien l'ouverture à gauche de la lettre bet. C'est par là qu'entre le "yetser hara", le mauvais penchant.


Mishnah 200
“ Ses disciples demandèrent (il s'agit de Rabbi Amoraï): Comment cela s'est-il passé ? Il leur dit: Samaël le méchant, en accord avec toutes les armées célestes, ourdit un complot contre son Maître, car le Saint Béni Soit-Il avait dit à l'homme dans Genèse 1/28: "remplissez la terre et soumettez la ! Commandez aux poissons de la mer..."

Samaël se dit: Comment pourrions-nous inciter l'homme à commettre des péchés et le chasser ainsi de devant de D. ? Samaël descendit avec toutes ses armées et se mit à chercher sur la terre un complice. Il rencontra le serpent qui avait l'apparence d'un chameau. Il le monta et se rendit chez la femme. Il lui dit: "Est-il vrai que D. a dit "Vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin ?" (Genèse 3/1). Il se dit: Je vais surenchérir pour qu'elle diminue. Elle répondit: Il nous a interdit seulement de manger le fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin. Elohim a dit: "Vous n'en mangerez pas et vous n'y toucherez pas sous peine d'en mourir." Elle a ajouté deux choses. Elle a dit "du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin" et dans l'Ecriture, il est dit seulement "de l'arbre de la connaissance". Et elle a dit encore "vous n'y toucherez pas sous peine d'en mourir"

Que fit Samaël le méchant ?

Il s'approcha et toucha l'arbre. L'arbre s'écria: Méchant ! Ne me touche pas !, comme il est dit dans Psaumes 36/12-13 : "Que le pied de l'orgueil ne m'atteigne point; que la min des méchants ne me mette point en fuite ! Au contraire, qu'ils tombent, les malfaiteurs; qu'ils soient renversés, sans pouvoir se relever !" Il vint vers la femme et lui dit: Vois ! J'ai touché l'arbre ! Je n'en suis pas mort ! Touche le toi aussi, tu n'en mourras pas. La femme s'approcha de l'arbre, le toucha et vit l'Ange de la mort venir à sa rencontre. Elle dit : Malheur sur moi ! Je vais peut-être mourir, et le Saint Béni Soit-il va faire une autre femme pour la donner à Adam. Je vais lui donner le fuit défendu. Qu'il en mange avec moi. Si nous devons mourir, que nous mourrions ensemble, et si nous restons en vie, que nous vivions tous eux.

Elle prit des fruits de cet arbre, en mangea et donna à son mari. Alors les yeux d'Adam se dessillèrent et se dents s'émoussèrent. Il lui dit: Que m'as-tu donné là à manger ? Comme mes dents se sont émoussées, ainsi s'émousseront les dents de tous les hommes !

Alors Celui dont il est dit dans Psaumes 9/5: "Oui ! tu as fait triompher mon droit, ma cause, pris place sur ton trône en juge équitable", s'assit et appela Adam et lui dit: "Pourquoi t'es-tu enfui de devant Moi ?" Adam répondit: "Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin (et mes os se sont mis à trembler), et j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché (Genèse 3/10). Je suis nu devant mon créateur. Je suis "dénudé" à cause de l'interdiction que j'ai transgressée, je suis nu par suite de mes actes répréhensibles, comme il est écrit dans Genèse 3/10.

Quel était le vêtement d'Adam?

Un vêtement en corne. Aussitôt après avoir mangé des fruits de l'arbre, il s'est trouvé dépouillé de sa peau de corne, et il se vit nu, ainsi qu'il est dit dans Genèse 3/11: "Alors il dit: Qui t'a appris que tu étais nu ? Cet arbre dont je t'avais défendu de manger, tu en as donc mangé ?" Adam parla devant le Saint Béni Soit-Il : Béni soit le Maître de tous les univers ! Quand j'étais tout seul, est-ce que j'ai péché? La femme que Tu m'as donnée, c'est elle qui m'a poussé à me détourner de tes paroles, comme il est dit dans Genèse 3/12: "L'homme répondit : "La femme que tu m'as associée, c'est elle qui m'a donne du fruit de l'arbre, et j'ai mangé" Alors le Saint Béni Soit-Il lui dit: Non seulement tu as péché, amis tu as incité Adam à commettre un péché. Elle dit alors: Maître de tous les univers! C'est le serpent qui m'a incitée à pécher contre Toi !

Alors D. les fit venir tous trois et prononça contre eux neuf malédictions, ainsi que la mort. Il précipita Samaël le méchant ainsi que toute sa cohorte du lieu saint qu'il occupait aux cieux, et il amputa les pieds du serpent. Il le maudit plus que toutes les bêtes des champs et tous les animaux, et il lui ordonna de se dépouiller, tous les sept ans de sa peau.

Samaël fut puni en ce qu'il devint le "prince" d'Esaü le méchant. Aux temps à venir, avant d'extirper le royaume d'Edom; puisse l'événement se produire de nos jours -- le Saint Béni Soit-Il abaissera d'abord le prince d'Esaü le méchant, ainsi qu'il est dit dans Isaïe 24/21: "En ce jour, l'Éternel châtiera les milices du ciel au ciel, et les rois de la terre sur la terre", à cause de l'ordre transgressé et de la mort qui s'inscrit. Ce châtiment fut infligé parce qu'Ève avait ajouté à l'ordre donné par le Saint Béni Soit-Il. C'est à ce propos qu'il est dit "celui qui ajoute, ôte".

Que le Nom éclaire nos yeux par le luminaire de sa Torah ! Qu'il mette dans notre coeur sa crainte et nous trouve dignes d'accueillir celui qui éclairera tous les coeurs, les remplira de crainte et les rendra dignes de le recevoir. Celui qui va illuminer les coeurs, réveillera l'intelligence et fera éclater la grande splendeur !"



source:
http://misraim3.free.fr/divers2/les_oraisons_du_serpent.pdf


Voilà qui sont ces gens, on peut s'en faire un portrait. Avec leur manie du secret et de jouer avec les mots, et à cause de leurs enseignements tordus, ils sont incapables de comprendre la simplicité du message de la Bible. Pour eux, tout est symbolique, tout est interprétation. Ils ont compris Moïse et Abraham comme étant des initiés, tout comme eux, et le Christ comme étant satan... Et bien sûr ils ne peuvent voir les choses différemment, puisque d'une part l'histoire leur donne raison quant à l'ancienneté de la chose (pour ces dix milles dernières années tout du moins) et de l'autre il y a ce petit sourire moqueur et auto-suffisant au coin de la bouche, tel celui de la Joconde signifiant "Qui perçera mon mystère? Il est si bien gardé et sa confidence est ennivrante", ce sentiment de puissance qui atrophie la logique de leur esprit. Mais ce mystère a fait son temps!

Aussi c'est une toute autre conception de la vie et de la mort qui en ressort. Ils recherchent le Salut dans cette union avec le "divin" car conformément à la croyance hindoue, cela permet de sortir du cycles des incarnations en se transformant en "ancêtre". Mais ils ne semblent pas comprendre qu'en réalité ils n'ont qu'une seule vie et que devenir un "ancêtre" c'est en vérité une damnation éternelle. Les sorciers après-eux pourront alors se donner à coeur-joie et les invoquer pour leur confier toute sorte de travaux ingrats.

Enfin une dernière chose utile à comprendre est que ces gens sont profondément athés. Les qualifier d'"adorateurs de satan" est un raccourci de la pensée. Dans les faits, leur dieu c'est leur propre personne dans cet union des principes masculins et féminins. Pour les plus religieux d'entre-eux, mais je les imagine minoritaires, c'est à l'aspect féminin auquel ils vouent le plus volontiers un culte, à travers la déesse-mère.


J'aurais encore peut-être quelques exemples à partager mais voilà, je suis parvenu à la fin de cette démonstration. Pour ce que j'en sais du moins. Le mariage sacré est le thème-clé qui permet d'ouvrir bien des portes.


(NB: merci pour votre attention)
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Bardamu
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   27/6/2011, 09:11

Comme souligné au début de ce post, je n'interviendrais pas sur un fond pour lequel j'éprouve, sans honte ni remords, une répulsion irraisonnée et subjective dont j'assume totalement ce qu'elle peut dévoiler de mon inculture sur ces sujets. Mais ceci ne m'empêche pas d'apprécier ta persévérance, la qualité de tes apports au niveau de la présentation et du référencement des sources, ainsi que la modération dont tu as fait preuve face aux réactions épidermiques des autres, à commencer par la mienne. Pour cette dernière en particulier, je te remercie sincèrement. Pour le reste, le sujet reste ouvert à ceux qu'il intéresse et qui auraient des éléments à y apporter.

_________________
Mon passé, Ô Seigneur, à Ta Miséricorde, mon présent à Ton Amour, mon avenir à Ta Providence.  Padre Pio

Or, si les rituels sont les vêtements du croyant, sa véritable religion ne se situe que dans son cœur. Rahma Alayoubi
                                                                   
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   28/6/2011, 23:25

De nos jours, celui qui sera appellé à incarner l'antichrist est le résultat d'une telle union.
La cérémonie d'accouplement a eu lieu le 31 Decembre 2000 dans les locaux des nations unis à New York, pour une naissance programmée 9 mois plus tard aux alentours du 11 septembre.
Cet enfant va bientôt avoir 10 ans et beaucoup de films préparent le public à l'adorer comme un dieu.

On peut citer "The Road" mais aussi "Valhala Rising" et également "Let Me In"
Avec ce dernier film, quelques informations importantes nous sont transmises, il semble que l'entité démoniaque qui va s'attacher à cet enfant est la même qui avait possédé Adoph Hitler.
http://leschroniquesderorschach.blogspot.com/2011/06/hitler-lelu-du-dragon.html


Le film raconte donc la passation de pouvoir entre l'ancien et le nouveau receptacle de ce démon connu sous le nom de "Wotan" chez les nordiques et qui a la particularité d'être représenté sous la forme d'un borgne.

Le titre du film "Let me In" signifie littéralement "laisse moi entrer", c'est à dire symboliquement "accepte moi dans ton esprit, laisse moi te posséder".
Il raconte la rencontre entre une créature de la nuit (une fillette vampire ) et un jeune enfant innocent et comment ils vont tisser des liens d'affection.
C'est d'ailleurs le même acteur qui jouait dans "the Road"
http://leschroniquesderorschach.blogspot.com/2011/05/le-doux-visage-de-lantechrist.html

Citation :
Synopsis

Owen, jeune garçon de douze ans de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, vit seul avec sa mère. Victime d'intimidation à l'école, Owen aimerait bien se défendre mais ne trouve pas la force. Un soir, une mystérieuse nouvelle voisine s'installer à côté de chez lui. Elle ne sort que la nuit, n'a jamais froid et vit avec un homme, qui semble être son père, qui est très mystérieux lui aussi. Leur arrivée coïncide avec la découverte de cadavres, saignés à blanc, qu'un enquêteur de la police tente d'expliquer. Lorsque le jeune Owen réalise que sa nouvelle amie est un vampire, leur complicité devient plus puissante encore.



L'une des affiches du film, les autres sont également intérréssantes au niveau de la symbolique.
Ici il est question de mariage entre le blanc et le noir, entre la lumiére et l'ombre, c'est à dire entre notre monde et celui des ténébres.
Le sang représente la signature du pacte entre le démon et son hote.



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Malcolm X.
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MessageSujet: Re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   27/7/2011, 00:40

Je ne sais où poster cette publicité de 2008 au risque de baisser le niveau de ce sujet tant pis.
Car elle n'a pas grand intérêt, si ce n'est que nous y retrouvons encore et explicitement ce symbolisme (mais quelle imagination monocorde ont ces artistes Rolling Eyes à ce stade c'est une maladie)


Naomi Campbell pénètre dans un lieu sombre. S'y rend-elle pour être initiée ou pour initier quelqu'un?
Eclairée derrière elle par une lumière aveuglante, elle est la sophia, la déesse noire (littéralement).
A ses pieds apparait ce lézard.
Elle marche à côté du serpent; il ne faudrait pas qu'elle vienne à lui écraser la tête au risque de se faire mordre le talon.
Les offrandes sont offertes!
Au menu un liquide rouge qui ressemble à du sang à l'attrait irrésistible pour nos lézards.

L'effet est à son comble.

Le doux breuvage apporte délivrance aux malheureux par l'apparition soudaine d'une crise magnétique et qui se transmet à tous les individus... Rolling Eyes

Les joyeux zombies se mettent en formation triangle et entament une danse macabre sur le tube Thriller de MJ. Un nouveau pouvoir certes à couper le souffle.
Et enfin focalisation sur le produit : Life Water!

L'Eau de la Vie Eternelle.

Merci Naomi de nous initier aux plus grands secrets.
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MessageSujet: re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   10/8/2011, 13:48

DOCUMENT ANNEXE:

Voici un mythe fondateur, préhéllénique, dans lequel on retrouve nos 2 personnages à présent bien connus : Lilith et le Serpent ancien. Les thèmes :
- La mère universelle
- Création vue comme résultante d'une union de 2 principes
- Symboles de la colombe, l'oeuf primordial, le serpent qui s'enroule...

On y retrouve également quelques références au récit de la Génèse.

J'ai retranscrit les pages en intégralité avec les commentaires de l'auteur car ceux-ci apportent un éclaircissement non-négligeable. Robert Graves introduit son ouvrage "Les mythes grecs" avec ce mythe, dans son intention de démontrer la pré-existence de sociétés matriarcales jusqu'à un soudain basculement dans le patriarcat. Hypothèse fort répandue au sein de nombreux chercheurs et à laquelle adhère les FM de ce que j'en ai vu.

Citation :
Le mythe Pélasge de la Création

Au commencement, Eurynomé, déesse de Toutes Choses, émergea nue du Chaos mais elle ne trouva rien de consistant où poser ses pieds, c'est pourquoi elle sépara la mer d'avec le ciel et, solitaire, dansa sur les vagues. En dansant, elle se dirigea vers le sud et le vent agité sur son passage devint quelque chose de nouveau et différent : elle pourrait ainsi faire oeuvre de création. Poursuivant son chemin de sa démarche onduleuse, elle s'empara de ce vent du Nord, le frotta entre ses mains et voilà qu'apparut le grand serpent Ophion. Eurynomé dansait pour se réchauffer ; elle dansait, sauvage et frénétique, devant Ophion et celui-ci, lentement, envahi par le désir, s'enroula autour de ses membres divins et s'unit à elle. Ainsi le vent du Nord, qu'on appelle aussi Borée, est fécondant, et c'est pourquoi les juments offrent leur croupe au vent et mettent au monde leurs poulains sans l'aide d'aucun étalon(1). C'est de la même manière qu'Eurynomé devint mère.

Ensuite ayant pris la forme d'une colombe, elle couva sur les vagues et, lorsque le moment fut venu, elle pondit l'Oeuf Universel. Sur sa demande Ophion s'enroula sept fois autour de cet oeuf jusqu'à ce qu'il éclose et se brise. Et de cet oeuf sortirent ses enfants, c'est-à-dire tout ce qui existe ; le soleil, la lune, les planètes les étoiles, la terre avec ses montagnes, ses rivières, ses arbres, ses plantes et toutes les créatures vivantes.

Eurynomé et Ophion choisirent le mont Olympe pour demeure. Mais il l'irrita en proclamant qu'il était l'auteur de l'univers. Alors elle lui écrasa la tête avec son talon, lui brisa les dents et l'exila dans les sombres cavernes de dessous la terre(2).

Puis la déesse créa les sept puissances planétaires et les fit gouverner chacune par un Titan et une Titanide ; Théia et Hypérion régnaient sur le Soleil ; Phoebé et Atlas sur la Lune ; Dioné et Crios sur la planète Mars ; Métis et Coeos sur la planète Jupiter ; Téthys et Océanos sur Vénus ; Rhéa et Cronos sur Saturne(3). Mais le premier homme fut Pélasgos, l'ancêtre des Pélasges ; il naquit du sol d'Arcadie et d'autres le suivaient à qui il apprit à faire des huttes, à se nourrir de glands et à coudre des tuniques en peaux de porc pareilles à celles que portent encore les gens pauvres en Eubée et en Phocide(4).


1. Dans ce système religieux archaïque, il n'y avait jusqu'alors ni dieux ni prêtres, mais seulement une déesse universelle et ses prêtresses, la femme dominant l'homme qui était sa victime apeurée. On n'honorait pas le père car on attribuait la conception au vent, à l'ingestion de haricots ou à un insecte avalé accidentellement ; l'héritage passait par la ligne maternelle et on considèrait les serpents comme des incarnations des morts. Eurynomé («la grande voyageuse») était le nom de la déesse en tant que lune visible ; son nom sumérien était Iahu («la colombe d'en haut»), nom qui échut plus tard à Iahvé Créateur. C'était en tant que colombe que Marduk la coupa en deux à la Fête du Printemps babylonienne, lorsqu'il inaugura le nouvel ordre du monde.

2. Ophion ou Borée est le serpent démiurge de la mythologie hébraïque et égyptienne - dans l'art méditerranéen primitif, il se trouve toujours auprès de la Déesse. Les Pélasges, nés de la terre, qui semblent s'être réclamés des dents d'Ophion, étaient peut-être, à l'origine, ce peuple à qui l'on doit les peintures de la période néolithique : ils arrivèrent en Grêce continentale, venant de Palestine, vers 3500 avant J.-C., et les premiers Héllènes - qui étaient les émigrants venus d'Asie Mineure par les Cyclades - les trouvèrent occupant le Péloponnèse sept cents ans plus tard. Mais le mot «Pélasges» en vint à désigner peu à peu tous les habitants préhélléniques, en général, de la Grêce. Ainsi Euripide (cité par Strabon : V.2.4) rapporte que les Pélasges prirent le nom de «Danaéens» lorsque Danaos et ses cinquantes filles arrivèrent à Argos (voir 60.f). Les critiques au sujet de leurs moeurs dissolues (Hérodote: VI. 137) sont probablement dues aux orgies qui étaient une coutume préhéllénique. Strabon écrit dans le même passage que ceux qui vivaient près d'Athènes étaient connus sous le nom de Pélargi («cicognes»). La cicogne était peut-être leur oiseau totémique.

3. Les Titans («seigneurs») et les Titanides avaient leurs répliques dans l'astrologie babylonienne et palestinienne où ils étaient les divinités gouvernant les sept jours de la semaine sacrée régie par les planètes ; ils ont peut-être été introduits par la colonie canaanite ou hittite qui s'établit dans l'isthme de Corinthe au début du second millénaire avant J.-C. (voir 67.2) ou même par les premiers Héllènes. Mais lorsque le culte du Titan fut aboli en Grêce et que la semaine de sept jours cessa de figurer dans le calendrier officiel, certains auteurs augmentèrent leur nombre : ils devinrent douze, afin probablement qu'ils correspondissent aux douzes signes du Zodiaque. Hésiode, Apollodore, Stéphanos de Byzance, Pausanias et les autres ne sont guère d'accord sur leurs noms. Dans la mythologie babylonienne les maîtres des planètes de la semaine, c'est-à-dire Samas, Sin, Nergal, Bel, Beltis et Ninibe étaient tous mâles à l'exception de Beltis, la déesse de l'Amour : mais dans la semaine germanique, que les Celtes empruntèrent à la Méditerranée orientale, Dimanche, Mardi et Vendredi étaient gouvernés par des Titanides par opposition aux Titans qui gouvernaient les autres jours; lorsque ce système arriva en Grêce pour la première fois, venant de Palestine, on décida d'adjoindre une Titanide à chaque Titan et d'en faire des couples comme on l'avait fait pour les fils et les filles d'Éole (voir 43.1) ainsi que dans le mythe de Niobé (77.I) afin de sauvegarder les intérêts de la déesse. Mais les quatorzes ne tardèrent pas à devenir un groupe hétéroclite de sept. Les puissances planétaires étaient les suivantes ; le Soleil, pour l'inspiration ; la Lune, pour la magie ; Mars, pour la croissance ; Mercure, pour la sagesse ; Jupiter, pour la loi ; Vénus, pour l'amour ; Saturne, pour la paix. Les astrologues de la Grêce classique adoptèrent le principe des Babyloniens et attribuèrent les planètes à Hélios, Sémélé, Arès, Hermès (ou Apollon), Zeus, Aphrodite, Cronos - dont les équivalents latins mentionnés ci-dessous sont encore utilisés pour désigner les jours de la semaine en français, en italien et en espagnol.

4. Finalement, en termes de mythologie, Zeus avala les Titans y compris lui-même sous sa forme primitive - les Juifs de Jérusalem en effet adoraient un dieu transcendant constitué de toutes les puissances planétaires de la semaine : le chandelier à sept branches et les sept piliers de la sagesse sont des symboles de cette théorie. Les sept colonnes planétaires érigées près du tombeau du Cheval à Sparte étaient décorées dit, Pausanias, selon les coutumes d'autrefois et il est possible qu'elles soient en rapport avec les rites égyptiens qu'avaient introduits les Pélasges (Hérodote: II.57). Les Juifs empruntèrent-ils cette théorie aux Égyptiens ou les Égyptiens aux Juifs? Il est difficile de se prononcer à ce sujet. Mais en tout cas, le Zeus héliopolitain, qu'étudie A.B. Cook dans son Zeus (I. 570-576), était un personnage égyptien et sa cuirasse était décorée sur le devant, des septs puissances planétaires représentées à mi-corps ; généralement aussi dans le dos figuraient les autres dieux de l'Olympe. On a découvert une statuette en bronze de ce dieu à Tortosa en Espagne et une autre en à Byblos en Phénicie ; et on peut voir sur une stèle en marbre à Marseille six bustes des puissances planétaires et un Hermès en pied - ce dernier semble également plus important que les autres dans les statuettes - probablement parce qu'il était l'inventeur de l'astronomie. A Rome, Quintus Valerius Soranus déclarait de même que Jupiter était un Dieu transcendant bien que la semaine nu fût pas la même que celle de Marseille, de Byblos et (probablement) de Tortosa. Mais on empêche toujours les puissances planétaires d'influencer le culte officiel de l'Olympe car elles étaient considérées comme non grecques (Hérodote: I.131) et par conséquent inconciliables avec le patriotisme. Aristophane (La Paix 403 et suiv.) fait dire à Trygalos que la Lune et «ce vieux bandit de Soleil» organisent un complot pour trahir la Grêce et la faire tomber aux mains des Perses barbares.

5. Pausanias, lorsqu'il déclare que Pélasgos était le premier homme, indique par là la présence continue d'une civilisation néolithique en Arcadie jusqu'à la période classique.


source:
Robert Graves, Les mythes grecs - I (p.35-38)

Citation :
Robert Ranke Graves (Wimbledon, Londres, 24 juillet 1895 – Deia (île de Majorque, Espagne), 7 décembre 1985), fils de l'écrivain irlandais Alfred Perceval Graves et d'Amalia von Ranke (petite-nièce de l'historien Leopold von Ranke), est un poète et romancier britannique. Il quitta ses études pour s'engager en 1914 et devint Capitaine dans un régiment des Royal Welsh Fusiliers.

Sa connaissance des mythes européens lui permit de rédiger de nombreux livres, dont deux en particulier ont rencontré un certain succès : la Déesse Blanche (aujourd'hui édité sous le titre Les Mythes celtes) et Les Mythes grecs. Malgré quelques reproches venus d'historiens (notamment concernant un penchant pour l'évhémérisme et certaines réflexions datées du philologue Bachofen sur les sociétés archaïques, supposées matriarcales, par exemple), ces ouvrages, en particulier Les Mythes grecs, sont appréciés essentiellement pour leur exhaustivité, leur ambition en étant de recenser l'ensemble des mythes dans les différentes versions connues, selon les sources, depuis l'Antiquité.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Graves
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MessageSujet: re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   10/8/2011, 15:13

Il a été question de la symbolique du chiffre sept. J'y faisais référence dans un autre sujet dans lequel je parlais d'une autre signification en rapport à 7 portes ou 7 gardiens à rencontrer dans un exercice personnel de l'initié; la descente d'Inanna aux Enfers et le Livre des Morts Egyptien. Il est alors utile de m'expliquer ici sur cette assertion en citant des sources:

Citation :
Inanna, Inann ou Inan : cette déesse, appelée Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens, Astarté plus tard, doit sa renommée à son activité culturelle et mythologique jamais égalée par une autre déesse du Moyen-Orient. À son apogée, elle était déesse de l'amour physique et de la guerre, régissait la vie et la mort. Elle a un aspect hermaphrodite (Ishtar barbata), comme beaucoup de déesses de ce type.

Inanna est considérée tantôt comme la fille du dieu-Lune Nanna, tantôt d'Ishkur (en akkadien Adad), dieu de la pluie.

Elle fait partie de la triade des dieux planétaires. Elle est la déesse de l'étoile Vénus et de l'amour. Inanna est la déesse tutélaire D'Uruk (dans la bible, Erech). Le sanctuaire d'Inanna à Uruk s'appelle l'Eanna. Elle est l'épouse du berger Dumuzi qui deviendra souverain de la cité. Plusieurs récits sumériens racontent le mariage de ces deux divinités. Les textes témoignent d'un grand amour, mais il y règne aussi un pressentiment d'un malheur à venir. Dans certains de ces textes, la mort de Dumuzi est due au simple fait qu'il s'est uni à une déesse.

Inanna ou « la bien-aimée d'Anou » fut la jumelle de Shamash.

Il existe une version assez « hard » de cet épisode, et une autre où Dumuzi le berger est mis en concurrence avec un fermier, symbolisant la lutte entre les deux classes.


La descente d'Inanna aux Enfers :

Ce mythe sumérien est le plus fameux récit mettant en scène Inanna.
Inanna, souveraine du « Grand Royaume d'En Haut », décide de descendre aux enfers pour supplanter sa sœur aînée Ereshkigal, souveraine du Monde Inférieur. Elle entre dans le palais d'Ereshkigal, traverse les Sept Portes et arrive nue, dénuée de tout pouvoir, devant sa sœur et les Sept Juges des Enfers (Anunnaki), qui la tuent. Les dieux sont informés, mais la récusent pour son acte. Enki façonne et envoie cependant 2 messagers asexués en enfer, qui raniment Inanna avec le « breuvage de vie » et la « nourriture de vie ».

Obéissant à la loi qui dit que quiconque pénètre en Enfer ne peut revenir sur Terre, les Anunnaki ne la laissent pas partir. Inanna doit fournir un remplaçant. Elle revient sur terre accompagnée de démons et cherche un remplaçant.

Après diverses recherches, elle trouve Dumuzi confortablement installé sur le trône de la cité et le désigne, par colère. Explication bien « humaine » qui cache un mystère de la mort rituelle du roi pour assurer la fertilité universelle.

Dans la version akkadienne, Ishtar et Tammuz sont les personnages du mythe. Il y semble qu'Ishtar va en enfer, après la mort de Tammuz, pour ramener celui-ci. L'absence d'Ishtar stoppe toute reproduction, ce qui panique les dieux et les poussent à la libérer.


Rite du mariage sacré :

Chaque année au nouvel an, le souverain était tenu « d'épouser » l'une des prêtresses d'Inanna, afin d'assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Ce fut sûrement tout d'abord un rite propre à Uruk, qui s'est ensuite généralisé vers la fin du IIIe millénaire.

Le Roi remplace le dieu Dumuzi du mythe, et l'union avec la prêtresse, représentante de la Déesse, a lieu dans l'Eanna. Les festivités étaient très joyeuses et se déroulaient dans l'allégresse.
Ces hymnes de mariage sacré influencé le Cantique des cantiques, qui présente de nombreux traits similaires.


Source:
http://www.athanase.org/index.php?option=com_content&view=article&id=579:le-code-sacre-francais&catid=1:poesies&Itemid=2
Dans le lien le Livre des Morts Egyptien n'est pas beaucoup développé il s'agira plutôt du Livre des Morts Tibétain; mais c'est pareil.

Citation :
B/ Tantrisme


Le livre des morts tibétain est un ouvrage hors du commun qui se présente comme une anthologie des enseignements dispensés au long des siècles par les sages de l’ancien Tibet. Il s’agit de la mise par écrit au VIIIème siècle de notre ère de traditions orales plus anciennes.

La forme adoptée par ce livre étrange résulte des différents usages auxquels il a été destiné. Tout d’abord, aux yeux des érudits qui l’avaient rédigé, la mort passait pour une activité impliquant une certaine technique ; on pouvait s’en tirer avec art, comme aussi avec maladresse, selon que l’on possédait ou non les connaissances requises à cet effet. C’est pourquoi la lecture de ce livre faisait partie de la cérémonie funéraire ou s’effectuait au chevet d’un mourant pour accompagner ses derniers instants. On assignait donc à cette lecture deux fonctions. La première : aider le mourant à se pénétrer de la nature de chacun des phénomènes accompagnant la mort, si nouveaux et si merveilleux, à mesure qu’il en faisait l’expérience. La seconde : Encourager les survivants à former des pensées bénéfiques, de manière à ne pas retarder le mourant par des manifestations d’amour ou de tension émotionnelle, en sorte qu’il puisse accéder aux plans de l’après vie dans un état d’esprit approprié, dégagé de tout souci terrestre.

Pour parvenir à ces fins, le livre contient une longue description des différentes étapes par lesquelles l’âme passe après la mort (ou au moment ?) de la mort physique. Or, la concordance entre les premiers stades de la mort ainsi présentée et ce que nous soutenons comme nécessaire à la mort chrétienne à travers notre hypothèse est tout bonnement fantastique. De même, on ne peut manquer de remarquer les similitudes avec les récits de l’expérience de ceux qui ont approché la mort[268].


Pour commencer, dans l’exposé tibétain, l’esprit ou l’âme (la précision scolastique des mots n’est pas à rechercher dans ces descriptions) du mourant se détache de son corps. Peu après, cette âme connaît une sorte de syncope et se trouve dans un vide (non pas un vide physique, mais un vide qui possède en fait des limites qui lui sont propres), et où la conscience est conservée. Il se peut que le défunt entende à ce moment là des bruits ou des sons alarmants ou désagréables, qualifiés de grondements, de tonnerres ou de sifflements semblables à ceux du vent. Il se retrouve ensuite, en général, aussi bien lui-même que ce qui l’entoure, comme enveloppé d’un éclairage gris et brumeux.

Il s’étonne en s’apercevant qu’il a quitté son corps. Il voit et il entend ses parents et ses amis qui se lamentent tout en se livrant à la toilette du corps en vue des funérailles. Il voit et il entend, ce qui signifie que, sans être dans son corps physique qu’il peut regarder, il est doté d’une activité sensible qui implique un certain lien de son esprit avec une partie physique de lui-même. C’est donc que la mort au sens chrétien du mot (séparation de l’âme et du corps), n’est pas réalisée. Le mourant ne se rend d’ailleurs pas encore compte qu’il est mort, si ce n’est par le fait que lorsqu’il essaye de parler à ceux qui entourent sa dépouille, ils ne l’entendent pas. Il en est désorienté. Il se demande s’il est mort ou non et, quand il finit par concevoir qu’il l’est effectivement, il ne sait où aller ni quoi faire. Un grand regret s’abat sur lui et il se sent déprimé par ce nouvel état. Il demeure un certain temps au voisinage des lieux qui lui sont familiers.

Il constate qu’il continue à avoir un corps (dénommé par le livre corps brillant) qui ne paraît pas constitué de matière au sens palpable du mot. Ainsi, il peut traverser les murs, les rochers et même les montagnes sans rencontrer la moindre résistance. Les déplacements sont instantanés ; quel que soit le lieu où il désire aller, il y parvient en une seconde. Sa pensée et ses perceptions sont moins limitées ; son intellect devient lucide, et ses sens lui paraissent plus aiguisés, plus parfaits, et d’une nature plus proche du divin. S’il a été, durant sa vie physique, sourd ou aveugle ou estropié, il est surpris de se découvrir dans son corps brillant doté de l’intégrité de ses membres. Il rencontre éventuellement d’autres êtres possédant un corps semblable, et peut aussi se trouver devant ce que le texte désigne comme « une claire et pure lumière. » Les Tibétains conseillent au mourant, lorsqu’il approche de cette lumière, de s’efforcer de n’avoir que des pensées d’amour et de compassion à l’égard d’autrui. Les descriptions de cette lumière sont à la fois physiques et spirituelles. Plus qu’une lumière, il s’agit d’une entité rayonnant lumière physique et spirituelle, chaleur physique et spirituelle. Le mourant est attiré vers elle et découvre à travers sa présence que l’amour seul est digne de foi. Ces descriptions ne peuvent que frapper le chrétien dans la mesure où il ne voit pas autrement le Christ : la gloire de son corps, telle qu’elle est apparue aux disciples le jour de la transfiguration ne rayonnait-elle pas lumière et amour, comme une image sensible de la gloire de Dieu ? En ce qui concerne notre hypothèse, nous ne pouvons manquer de faire remarquer à quel point cette apparition, qui semble appartenir encore à ce monde et devancer la séparation totale de l’âme et du corps, ressemble à une parousie.


Le livre décrit aussi des sensations de paix immense et de bonheur éprouvé par le défunt ; et, également, une sorte de « miroir »dans lequel sa vie entière, les bonnes et les mauvaises actions, se reflètent à sa propre vue comme à celle des entités qui la jugent. Dans cette circonstance, aucune erreur n’est possible. Nul ne peut tricher sur sa propre vie. Ceci nous paraît s’identifier à ce que nous avons cru pouvoir admettre comme nécessaire, à travers une recherche de théologie catholique, au choix qui précède le destin éternel. En termes scolastiques, on parlerait de « disparition du foyer de péché »et de conditions parfaites au choix libre. L’analogie est en tout cas frappante.


Bref, bien que le Livre des morts tibétain contienne encore de nombreuses informations sur les stades ultérieurs de la vie après la mort, qui sont nécessairement teintés de croyances bouddhiques et outrepassent le domaine dont nous nous sommes fixé l’étude, il est notoirement évident que de frappantes similitudes s’établissent entre ce que la théologie catholique fondée sur ses dogmes se doit d’admettre et les descriptions de ces hommes qui semblent avoir expérimenté le phénomène.


• Grande spécialiste du bouddhisme tibétain, Françoise Pommaret rapporte remarquablement des récits d'expériences qu'elle nomme, non sans une certaine pertinence, des "descentes aux enfers. » On rencontre, explique-t-elle,

“Les récits de descente aux enfers par une personne apparemment morte, forment un genre littéraire bien connu aussi en Chine. Il en est de deux espèces... [Dans l'une] un individu quelconque s'évanouit et revient à la vie. L'autre concerne de héros religieux comme Maudgalyâyana qui va volontairement en enfer grâce à sa puissance religieuse... Cette seconde catégorie de personnes [ne traverse pas la mort]... mais descend simplement aux enfers... de son plein gré, pour “ sauver ” un être qui lui est cher et le amener sur terre, ou bien le faire renaître dans un meilleur domaine de réincarnation afin qu'il trouve pleinement le salut.

[Le récit relevant de la première catégorie, lui,]... met en scène un personnage qui n'est au départ ni un héros, ni un saint... Il “ meurt ” à la suite d'une maladie et se trouve propulsé dans un voyage à travers les enfers et quelquefois les paradis... il doit faire face aux acolytes du dieu des morts, Yama Dharmarâya, puis assister aux tortures des pécheurs dans les différents enfers, rencontrer des personnages qui lui expliquent la raison de leurs châtiments... Ce message [pour les vivants] enjoint [à ceux-ci] d'accomplir de bonnes actions et d'éviter les péchés. Tout au long de son parcours dans l'au-delà, le ’das log est souvent accompagné par une entité surnaturelle [!] qui le protège et lui explique ce qu'il voit”[269].


Au Bhoutan, l'auteur a rencontré plusieurs de ces ’das log, qui, en majorité, sont des femmes.


Françoise Pommaret rapporte des récits d'expériences du type NDE, conférant à ceux qui les ont vécues (seulement à l'occasion d'une "maladie" ?), un statut particulier dans la communauté sociale, celui de ’das log. Au Bhoutan, l'auteur a rencontré plusieurs de ces ’das log, qui, en majorité, sont des femmes.

Source:
http://eschatologie.free.fr/livres/traitefinsdern.htm#_Toc286735001

L'article fait bien la distinction entre 2 catégories, c'est important :
- l'âme d'un individu mort lors d'une expérience volontaire
- celle d'un individu mort de maladie

Il faudrait préciser pour ces derniers, toutefois prenez ceci avec des pincettes je ne suis certain de rien: ils sont des esprits errants qui sont rattachés à leur vie passée soit à cause de leurs péchés ou soit parce qu'ils ont subi une mort violente et à cause du traumatisme subit (ce nouvel état peut s'avérer passager - une délivrance ne semble pas impossible pour les âmes des justes mais pour d'autres ça sera un cauchemar sans fin). Les âmes des élus ne s'éternisent pas sur terre après leur mort et atteignent rapidement d'autres cieux, inaccessibles pour le vivant - donc insondables). Ces défunts qui par contre n'ont pas trouvé le Salut sont rattachés à notre monde, ils errent dans l'astral et se retrouve prisonnier d'un rêve sans fin. Au fil du temps, si leur mémoire n'est pas entretenue par les vivants, ils finissent par oublier leur vie terrestre et par s'oublier eux-mêmes, deviennent des ombres. Finalement ils sont rattrapés par ce qui est appelé la "deuxième mort", moment tant redouté, car ils ne sont pas éternels ; à ce moment ils cessent d'exister. Ces pauvres hères sont la cible privilégiée des sorciers qui les utilisent pour accomplir des actes magiques.
(Source: site sataniste... j'ose pas Embarassed + réflexion personnelle)

Mais si vous voulez, ne tenez pas compte de cette précédente précision, car c'est la 1ère catégorie qui nous intéresse ; l'expérience volontaire. Il est difficile de bien saisir l'utilité de ce rite. Est-ce par là que le lien avec le daemon s'établit? Apparemment, il prend place au cours d'une expérience de NDE de l'initié. Est-ce rapport à cette mise en terre de 3 jours et au simulacre de seconde naissance comme dans les mystères d'Eleusis? Ca me semble en tout cas l'explication appropriée.


Dernière édition par Atrahasis le 10/8/2011, 20:16, édité 2 fois
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MessageSujet: re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   10/8/2011, 16:23

Davantage sur le tantrisme, parce que c'est lié, et sans vouloir entrer dans les enseignements complexes de l'hindouisme mais du point de vue d'un hermétiste, probablement un FM:

Le Couple Humain à travers le tantrisme et l’alchimie

Citation :
LE COUPLE HUMAIN A TRAVERS LE
TANTRISME ET L'ALCHIMIE


Serge HUTIN, Docteur ès Lettres
Article paru dans : « Initiation & Science » N° 63 de Juillet 1965, pages 26 à 33.

Les grands Secrets de l' « OEuvre à Deux »


Un grand ésotériste français, Valentin Bresle, nous dit : Le Grand OEuvre est un acte sacré qui réalise sur tous les plans de l'être, à tous les degrés d'âme, du tellurique au céleste, du métallique au psychique, ce que les mystiques comme les alchimistes nomment mariage divin(1).

On peut dire, fort justement, que le plus grand secret hermétique, le couronnement même du Grand OEuvre, est bien celui des « Noces chimiques », c'est-à-dire de la fusion des deux natures antagonistes mais complémentaires. Qu'il s'agisse de la fusion minérale du Soufre et du Mercure ou du mariage mystique, des parties masculine et féminine de notre être incorporel. Mais cela ne jouerait-il pas aussi au niveau du couple humain lui-même ? En vertu de la grande loi traditionnelle si bien systématisée dans la Table d'Emeraude : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (et vice versa), un tel fait n'aurait rien d'étonnant.

Reportons-nous en effet à la biographie des plus célèbres alchimistes : nous nous apercevrons qu'à côté des adeptes ayant oeuvré solitaires dans leur quête de la Pierre, il en est d'autres qui ont oeuvré en couple, le cas le plus célèbre étant l'union alchimique de Nicolas Flamel et de son épouse Pernelle.

D'autre part, interrogeons-nous sur la raison d'être d'une règle très impérativement suivie tant par les instructeurs tantriques orientaux que par les adeptes d'Occident : pour accomplir le Grand OEuvre, il faut être un homme ou une femme normalement constitués ; l'homosexuel, de naissance ou occasionnel (voyez le lamentable échec de la grande aventure tantrique d'Arthur Rimbaud), ne pourra le réaliser non pour des raisons d'interdit moral, mais parce que sa polarité sexuelle est inversée, donc aberrante, par rapport aux normes de départ.

Sans l'énergie sexuelle, la magie en général, et la magie tantrique tout spécialement, serait en fait impossible. Ecoutons Paul Grégor, initié aux pratiques de la macumba brésilienne : En y pensant certains mots s'imposent à mon esprit. Tels que : sang, sacrifice, horreur maîtrisée. Car la magie n'est ni noire, ni blanche. La couleur de la magie est rouge. Avec quelques lueurs argentines. Reflet des étoiles. Pressentiment d'une libération cosmique (2). Le même auteur n'hésitant pas à nous mettre devant l'équation : La magie = Sexualité + Volonté + Symbolisme fascinant (3).

La moderne psychologie des profondeurs ayant, elle, bien mis en évidence les liens directs entre la sexualité et l'imagination, cette prodigieuse magicienne méconnue. Laissons encore la parole à Grégor : Les Archétypes de Jung sont des symboles communs à l'humanité et qui proviennent d'un passé immémorial (...). Il s'agit d'images quasiment magiques et qui remuent des couches profondes du subconscient. Leur influence libère des forces d'âme exceptionnelles (4).

Mais, chez l'homme ordinaire, aussi bien la sexualité que l'imagination (ces deux puissances si intimement liées) se dispersent, « coulent » anarchiquement. Le problème, pour les êtres d'exception capables de s'engager sur une voie périlleuse à l'extrême, étant le suivant : comment, donc, réussir à libérer d'une manière coordonnée, positive les si prodigieuses énergies musiques qui sont en l'être humain ?

C'est un tel but que se propose l'ensemble de techniques secrètes désignées sous le nom de tantrisme, et qui ne sont pas seulement propres à certaines catégories d'hindouisme ou de bouddhisme puisqu'on en retrouve des formes bien caractéristiques dans les traditions spirituelles de l'Occident. Le mot sanscrit Tantra signifie « Livre » ou « Système », mais il a un sens plus précis et significatif sans doute, qui est « trame » : le tantrika, c'est l'être qui— par les secrets qui lui ont été transmis par son instructeur (gourou) — devient d'échapper à la «trame» même des apparences sensibles, car il en connaît dès lors tous les secrets véritables. Ainsi se conquiert l'illumination libératrice et caractérisée par Paul Grégor en ces termes : dans ses perspectives le passé ne s'évanouit pas tout à fait, et l'avenir n'est pus entièrement inconnu. Ces deux temps coexistent, en quelque sorte, dans un présent magique (5).

L'illumination tantrique fera donc accéder les élus à la conscience de ce qui est au-delà des apparences : l'éternel présent, la conscience même du Divin. Citons les toutes dernières lignes du splendide roman initiatique de Gustav Meyrink, LE VISAGE VERT (6). Elles précisent : Comme la tête de Janus, Haaberisser (le héros du livre) pouvait plonger ses regards à la fois dans l'au-delà et dans le monde terrestre, et en distinguer nettement les détails et les choses. Il était un Vivant — ici-bas et dans l'au-delà.

On trouve, ramassés dans cette formule, deux points capitaux. D'une part, le fait que l'illumination tantrique permet à l'initié (en attendant sa définitive libération des phantasmes de la Mâyâ) de vivre sur deux plans ; de l'autre, le fait qu'elle marque (c'est d'ailleurs la même chose) l'accession définitive d'un être humain à l'état d'éveil (il serait sans doute plus exact de dire : de réveil). Un autre passage du même roman initiatique nous dit : Ceux qui s'imaginent que la vie commence à la naissance et se termine à la mort, évidemment ne voient pas le cercle ; comment pourraient-ils le briser (7) ? Tel est, en effet, le but du tantrisme : atteindre l'unité dynamique et pouvoir ainsi briser l'Illusion (Mâyâ), ce qui entraînera pour l'adepte la sortie de la chaîne indéfinie des renaissances corporelles.

On remarquera que l'ésotérisme tantrique est une voie « homéopathique » en quelque sorte : loin de chercher à engendrer chez l'initié l'oubli ou l'ignorance de l'incessante fantasmagorie des apparences, elle lui procurera la connaissance totale du mécanisme même de son déroulement, de manière à le rendre inoffensif, alors que l'homme ordinaire s'y perd comme Narcisse dans son reflet. Comme le dit une formule traditionnelle reprise par Julius Evola (et titre de l'un de ses livres), il s'agit de parvenir à «chevaucher le tigre». C'est d'ailleurs ce que précise fort bien Boris Mouravieff : Si nous savions ce qu'est l'Illusion, nous saurions- par opposition ce qu'est la Vérité. Et la Vérité nous affranchirait (Jean, viii, 32) (8 ). Et ce n'est pas, mais pas du tout, le prodigieux accroissement du savoir scientifique et technique qui changera quelque chose au grand problème de la sortie du cercle clos, d'une libération hors de la fantasmagorie des apparences. Mouravieff le remarque fort bien : Que l'homme meure dans son lit ou à bord d'une frégate interplanétaire, la condition humaine n'en est point changée(9).

Mais essayons de mieux cerner ce qu'est le tantrisme. Celui-ci constitue une voie libératrice spéciale mais qui, répétons-le, s'est développée au sein des diverses Traditions spirituelles.

C'est d'ailleurs un trait constant de tout système ésotérique que de se développer ainsi —- mais avec tous les chemins se rejoignant finalement au sommet — conformément aux impératifs temporels (humains et historiques) : la Tradition, certes, est une, mais il est nécessaire que sa polarisation (c'est exactement cela) soit diversifié (10).

Le tantrisme ne se présentera donc pas seulement sous des formes orientales. Nous nous bornerons à un exemple bien significatif : l'ouvrage de R. Swinburne Clymer, The Fraternitas Rosae Crucis (11), comporte un frontispice symbolique tout à fait révélateur : on y voit représentée une femme qui tient une coupe dans la main droite, un morceau de pain dans la main gauche ; chacun de ses seins porte une rosé blanche ; d'un coude à l'autre, en passant derrière elle, se déroule une draperie. Le bras ascendant réunit d'une Croix symbolique le Feu (représenté à l'emplacement du sexe) au « troisième oeil » (celui de l'illumination) figuré sur le front de la femme.

Mais qu'est-ce donc que le tantrisme, en faisant abstraction des différences dans sa formulation traditionnelle ? Il s'agira d'une voie magique axée sur la totale maîtrise de l'Energie divine, représentée comme l'« Epouse » (en sanskrit Shakti) du Principe divin, celuici étant conçu comme fixe, statique, Immuable alors que le Principe féminin — la Mère divine — sera sa grande Force de manifestation, qui, se transformant sans lin, produit tous les phénomènes existant sur les divers plans de réalité.


Mais la voie tantrique sera pour ses adeptes une réintégration : il y a eu chute originelle, «emprisonnement» (si l'on veut) des âmes dans les corps, dans les apparences physiques. Pour parvenir à cette réintégration, le tantrika utilisera donc le moteur même qui ne cesse d'engendrer toutes les formes d'Illusion : il utilisera un Feu qui n'est autre que la sexualité — ou plus exactement (nous allons nous en rendre compte) son autre face — aux pouvoirs bien plus étendus. Que fait, en effet, le tantrika par ses exercices spéciaux ? Il fait monter en lui ce qu'il appelle la force Koundalini (féminin du mot sanskrit Koundali, qui signifie « lové »). Ainsi se nomme l'énergie divine qui, chez l'homme ordinaire, se trouve assoupie au bas de l'épine dorsale, c'est-à-dire au niveau des organes sexuels. De même que pour construire un édifice, il faut commencer par les fondations et non par le toit, de même pour passer de l'homme actuel (l’homme déchu) au surhomme (c'est-à-dire l'homme régénéré ayant retrouvé l'état glorieux d'Adam avant la chute), il faut commencer par oeuvrer au niveau du sexe. S'il ne commence pas par éveiller son centre sexuel, l'initié tantrique ne pourra espérer l'éveil final du centre psychique supérieur, sis au milieu du crâne et qui commande la perception directe de l'univers dynamique ; de la même manière que dans l'alchimie de laboratoire, il faut bien consentir à commencer par se salir les mains avant de parvenir à préparer la pierre philosophale. Le postulat de départ du yoga tantrique est bien celui-ci : l'homme possède tapie au fond de lui-même et (quand elle n'est pas assoupie) se gaspillant à tort et à travers chez l'individu ordinaire, une énergie vibratoire colossale — celle-là même de la Mère divine, matrice de toutes choses. Le tantrika, faisant monter en lui l'énergie Koundalini, éveillera successivement les centres subtils appelés en sanskrit Chakras, c'est-à-dire « roues » ou, plus exactement peut-être, « disques de rotation ». Ces centres subtils permettront à l'initié tantrique d'avoir peu à peu, s'il réussit, la maîtrise totale de l'univers dynamique — et (précision importante) aussi bien dans son propre corps que dans le cosmos (en raison du parallélisme total entre le macrocosme et le microcosme). Dans son éveil, le « Feu-Serpent », l'énergie Koundalini suivra un cours en spirale comparable aux anneaux d'un serpent (d'où la raison d'être des figures tantriques où la Koundalini est figurée sous forme d'un serpent) (12), Que fera le tantrika grâce à ce Feu vibratoire éveillé en lui ? Tout d'abord, il conquerra l'illumination totale ; puis (mais c'est là la destinée d'un nombre infime d'adeptes, choisis par les Puissances Supérieures pour une mission exceptionnelle) il pourra se voir Intimer l'ordre de préparer l'élixir de longue vie et peut-être même finira-t-il par atteindre l'immortalité céleste, c'est-à-dire celle en corps glorieux...

Mais que devient le problème du couple ? II est indéniable qu'il est une forme de tantrisme qui se pratique à deux. Les peintures ou statues tantriques qui représentent un couple dans la posture dite Yab-Youm (« père-mère »), celle où l'homme prend la femme assise sur ses genoux ou ses hanches et le regardant dans les yeux, ne sont pas seulement symboliques. Pour pouvoir « nager jusqu'à l'autre rive», nécessité d'avoir une compagne de route : telle est, effectivement, l'une des formes traditionnelles du tantrisme. Est-ce à dire qu'il s'agisse d'une voie facile à l'extrême, puisque n'importe quel couple humain normalement constitué n'aurait donc qu'à s'unir dans la posture « père-mère » ou dans les autres positions tantriques pour conquérir l'illumination, voire l'immortalité ? Absolument pas. La voie tantrique à deux est bel et bien une ascèse, pas du tout (nous parlons évidemment de ses formes authentiques, et non de certaines écoles qui n'ont de « tantrique » que le nom) quelque chose de « facile » à l'extrême. Espérer que les divertissements érotiques ordinaires peuvent se transformer en « tantrisme » est aussi absurde que de croire qu'une chansonnette à la mode pourrait — si on l'exécutait avec beaucoup de bruit et de variations — se transformer en une symphonie de Beethoven. Mais, ceci dit, il existe bien une forme de tantrisme (celle dite « de gauche ») où il y a contacts physiques avec une compagne de chair. Voici ce que précise le texte de base du HATHAYOGAPRADIPIKA (13) :

43 - Quand même le liquide spermatique serait descendu, lorsque son organe est déjà dans le sexe de la femme, il est capable de le retirer vers le haut et de lier la « yonimudra » (le sceau du vagin).
42 - Comme, tant qu'il y a du bois, le feu (brûle), tant qu’il y a de l'huile et la mèche, la lampe (éclaire)... On touche ici un point très important : le maithuna (union sexuelle) tantrique poursuit des buts radicalement distincts de la destinée habituelle (la procréation) des rapports conjugaux.

C’est un autre roman de Gustave Meyrink, Le Dominicain blanc (14), fait allusion à l'existence de «chaînes» tantriques d’initiés avec transmission héréditaire des secrets; mais c'est là quelque chose d'exceptionnel. De toute manière les rares époux tantriques qui reçoivent l'ordre d'engendrer un enfant pour perpétuer la chaîne le font par une étreinte courante.

Paul Grégor précise fort bien d'après sa propre expérience capitale ce qu'est le caractère non procréateur du maithuna tantrique : Tout indique que l'organisme absorbe au cours de ces transports toujours renouvelés une grande partie de ses propres sécrétions, encore assez mystérieuses sur le plan scientifique. D'autre part la durée du dénouement final est à son tour si absurdement longue, si peu imprégnée de l'angoisse commune de la « petite mort » qui est le sobriquet de l'acte accompli, qu'on sent des effluves de sa propre passion, d'un magnétisme presque sensible, refluer vers son propre coeur, vers son propre cerveau, les plongeant dans un sommeil d'une profondeur inconcevable (15).

Le but des étreintes tantriques est de réaliser l'intériorisation (nous ne disons pas l'inversion, la nuance est importante) de l'énergie sexuelle. Le couple qui pratique les exercices du tantrisme dit « de gauche » effectue une véritable descente dans le monde souterrain, préparatoire à sa remontée dans la lumière irradiante. Le maithuna (union sexuelle) correspondant, dans le symbolisme initiatique, à la caverne, à l'antre des mystères qui contient l'oeuf primordial d'où est sorti l’androgyne (nous verrons tout à l'heure l'importance de ce symbolisme). À ce propos et pour faire une parenthèse, nous rappellerons le fascinant passage où Plutarque relate l'initiation souterraine de Thespesius : demeurant trois jours en état de léthargie (on trouve l'équivalent, plus bref ou plus long, dans certaines initiations tantriques), il remonte au jour ; après avoir invoqué Bacchus et Sémélé, il découvrira dans le ciel le Triangle divin. Et alors lui apparaîtra un ange androgyne (16).

Détenant, comme l'alchimie, toutes les clefs de la Vie sur tous les plans, l'initié tantrique pourra conquérir (reconquérir plutôt, puisqu'il s'agit d'une perspective de régénération), les pouvoirs surhumains de l'Adam glorieux : il pourra, à volonté, vaincre la maladie, la vieillesse et la mort. Le surhomme tantrique est bien redevenu l'être antérieur à la chute, et donc réinvesti de toutes ses prérogatives glorieuses. Assurément, une telle reconquête démiurgique des pouvoirs ne sera licite que si elle s'insère dans l'accomplissement d'une mission divine très précise ; autrement, on tomberait dans une forme exaltée de luciférisme. En principe, rien ne viendrait limiter l'étendue des pouvoirs du magicien tantrique, devenant capable de réaliser tous les rêves démiurgiques. Laissons encore la parole à Paul Grégor : Les corps étendus des médiums formaient une chaîne trépidante d'électricité animale. Je me sentais baigner dans l'aura de leur jeune sensibilité qui se propageait autour de moi, visible, luisante comme un arc-en-ciel phosphorescent. Soudain, un léger tintement se révéla à mon ouïe et voilà... oh miracle, au-dessus de ma tête, au milieu d'un éclat cristallin évoquant une coupe précieuse, je vis apparaître une silhouette et un visage d'enfant net et, beau (...) il s'agissait, cette fois-ci bel et bien du rêve matérialisé de tous les mages, de l’« homunculus » des alchimistes moyenâgeux, de la plus glorieuse et plus puissante matérialisation des esprits créateurs (17).

On touche d'ailleurs là à l'un des secrets majeurs de l'alchimie : l'évocation des entités angéliques sans lesquelles l'accomplissement des opérations serait — et ce, sur les divers plans (matériels et subtils) — impossible.

Il faut bien remarquer que l'accomplissement effectif du maithuna (union sexuelle) sur ce plan-ci n'est que l'une des formes de tantrisme. En fait, il en est deux autres : d'une part, la voie de l'ascèse solitaire, dans laquelle le tantrika (homme pu femme) s'unit à une épiphanie divine, à une polarisation particularisée de la Grande Ame ; de l'autre, la voie où il y a bien deux amants tantriques (tous deux un homme et une femmes concrets) mais dans laquelle l'union ne se fera pas physiquement — seulement sur les plans subtils (les contacts pouvant, c’est capital, être réels même entre partenaires séparés par de longues distances géographiques).


Source:
http://misraim3.free.fr/hindouisme/TANTRA.PDF
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Atrahasis



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MessageSujet: re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   18/8/2011, 21:56

TRANSES ET PRODIGES
Le symbolisme et l’opérativité des trois feux hermétiques

Albrecht Pierre-Yves

Thèse de doctorat présentée à la Faculté des Lettres de l’Université de Fribourg (Suisse) 2007

Source: http://ethesis.unifr.ch/theses/downloads.php?file=AlbrechtPY.pdf

De la lecture pour ceux que ca intéresse : transe, possession, soufisme, chamanisme...
Je n'en suis encore qu'au début mais j'apprécie la qualité de cette thèse fort bien documentée. Il y aurait beaucoup à faire ressortir, trop pour cet espace ; le mieux est de lire par vous-même. Voici en guise d'introduction:

Citation :
INTRODUCTION
I. Polysémie de la zaouïa : Le cycle de ses fonctions comme fait social total


(...)
Le culte des saints : celui-ci est à intégrer dans une perspective pluriculturelle sur tout le pourtour de la Méditerranée. La civilisation méditerranéenne a développé tout au long de son histoire une sorte de « religion parallèle » touchant les trois religions du livre, le judaïsme, le christianisme et l’islam, impliquant le culte du saint chargé de grâce ou de baraka, comme intermédiaire entre les fidèles et Dieu. Pour l’islam, le saint marabout est tout à la fois un Sayed, un seigneur, ou un Salih , un saint, un Wali, une autorité, un Siddiq , un authentique, consacré de son vivant ou après sa mort, possesseur de pouvoirs divers qui lui sont conférés par sa baraka . Celui-ci, vénéré dans sa qoubba (sanctuaire, mausolée), elle-même intégrée dans le contexte de la zaouïa, draine un flot de pèlerins venus chercher dans cet espace « magnétisé », consolations, grâces et guérisons.
Le « pouvoir » du saint mort est inséparable de la relation qui l’unit au vivant. Comme tous les cultes des saints, le culte maraboutique a été l’objet des critiques d’un clergé « orthodoxe » soucieux d’épurer la religion de ses scories païennes.

Il n’est pas inintéressant de citer ici une critique très dépréciative concernant le marabout mais décrivant un bon nombre de phénomènes pouvant encore aujourd’hui être observés :

Tout ce que l’Islam réprouve et condamne s’est restructuré dans les pratiques maraboutiques : les danses extatiques, les hurlements des instruments de musique, l’agitation et le cri, la sueur et la boue, la violence des couleurs et des vêtements récusant violemment la rigueur et l’austérité de l’Islam. Ces conduites, dont certaines aberrantes comme marcher sur du verre, boire de l’eau bouillante, dévorer la chair crue, s’ouvrir la tête à coups de hache, manger de l’orge comme des animaux, ces conduites, donc, sont d’allure païenne et orgiaque. Elles ont renoué avec un passé antérieur à l’Islam et elles infestent la vie quotidienne d’une foule de gens qui ne peuvent évoluer d’une façon moderne. Les confréries et les marabouts ont par exemple produit une conception de la maladie et de la folie en rapport avec la magie, la possession et le surnaturel. Certains saints sont exclusivement vénérés comme les seuls aptes à
guérir les maladies mentales. (El Khayat, 1994, 63)


Concernant le phénomène pluri-culturel lié au culte des saints, nous pouvons relever que le tarentisme se pratiquait encore il n’y a pas si longtemps dans la basse Italie ; ceci pour démontrer que le culte des saints déborde les frontières religieuses et semble se rattacher à un tronc commun de paganisme archaïque. On dansait encore dans les Pouilles dans les années soixante ; pour se libérer du venin, le pizzicato (le piqué) pratiquait un rituel analogue à celui de Bouya Omar : danse, chant, couleurs, faisaient partie de la panoplie thaumaturge et l’entraînaient dans la sarabande des jours, jusqu’à ce que Saint Paul par sa voix lui accorde la grâce de la guérison, comme les saints de la qoubba marocaine accordent encore aujourd’hui leur hukm (jugement) au possédé maghrébin. De manière générale, à la fin de l’antiquité tardive, le pourtour de la Méditerranée était tissé d’un réseau de sympathies et un itinéraire spirituel entraînait les pèlerins tout autour de celle-ci, remontant l’Italie, traversant la Gaule et l’Espagne pour redescendre sur l’Afrique et même traverser en large cette dernière. On s’échangeait les reliques des « grands invisibles » qui servaient de stèles au chemin du sacré, approvisionnait les sanctuaires des ossements vénérés ; une étrange ferveur enflammait tout le bassin méditerranéen, unissant des peuples si différents dans un semblable enthousiasme. Ceci pour relever que les possédés d’alors, pourtant chrétiens de confession, comme leurs semblables dans les zaouïas d’aujourd’hui, se soumettaient à la question du saint : tribunal invisible où un dialogue s’instaurait entre l’illustre défunt et les démons de l’envoûté, répondant à l’interrogatoire des instances célestes.

II. La zaouïa : espace thérapeutique

D’autres définitions de la zaouïa, celle d’un Berque (1958, 122) dit en substance ceci :

L’orientation générale de la zaouïa au XVIIème siècle était plutôt dans ces tendances confuses à l’exaltation dévote, au culte des saints et à l’ésotérisme, que dans une spéculation nettement différenciée entre écoles. La sagesse est éclectique. Elle compose, sans les synthétiser, théologie rationnelle, croyance populaire et mysticisme….

Ou cette autre de Pascon (1984, 256):

qu’il y a un cycle de la zaouïa. Il commence dans l’ascèse et la pauvreté : investissant non point seulement dans la mystique et la sainteté, mais aussi et surtout, dans l’original, la marginalité, l’extraordinaire et le prodigieux.

D’une lecture à l’autre, puis d’un voyage à l’autre, nous découvrîmes peu à peu l’existence d’une chaîne de sanctuaires s’intéressant particulièrement aux résolutions thérapeutiques de la possession et de la magie. Avant la dimension mystique ou dévotionnelle c’est d’emblée ce secteur très particulier et spectaculaire de la zaouïa qui attira notre attention, pour cette raison que nous constations des analogies frappantes entre les symptômes des déments (massari) qui se pressaient au portillon des marabouts et ceux de la clientèle de l’institution que nous dirigions, institution recevant des personnes à l’état de conscience modifié par l’abus de substances toxicomanogènes, et nous souhaitions identifier ces deux clientèles au niveau de la symptomatologie, du diagnostic, et surtout de la thérapie. Concernant les symptômes relatifs à une certaine perception extra-sensorielle que les deux catégories semblaient partager, Tadie, (2002, 38), professeur de neurochirurgie à l’université Paris XI, affirme :

Bien sûr, nous savons que tout un tas de phénomènes absolument banals peuvent provoquer des hallucinations absolument extraordinaires : anorexie trop longue, surmenage, alcoolisme, terreur, substances hallucinatoires, mais ce qui nous rend perplexes et nous incite à nous pencher plus avant sur les phénomènes des perceptions extra ou supra sensorielles, c’est la rémanence des perceptions, des sensations, des sentiments et des résultats décrits par tous les sujets qui reviennent de ce qu’ils appellent « leurs voyages », qu’ils soient civilisés curieux, civilisés souffrants ou primitifs initiés, et ce, quels que soient l’époque et le pays dans lesquels se déroule ce « voyage ». Cela a beau
être inexplicable, cela est ! L’inexplicable est têtu.


Tout d’abord, nous choisîmes pour terrain la confrérie rahhaliyya pour étudier cette sorte de thérapie cultuelle. La zaouïa de Bouya Omar est située sur les bords du fleuve de la Tassaout, à 30 km de Kalaât Sraghna, dans la direction de Marrakech et à 3 km de ‘Al A’ttaouia. Avant chaque intervention thérapeutique auprès des possédés, les chorfas (descendant du Prophète ou du Saint à l’origine de la lignée maraboutique) se distinguent par des pratiques étonnantes allant de l’absorption d’eau bouillante à l’ingestion de vipères et de scorpions vivants, et sans qu’il ne leur en coûte le moindre dommage, tandis que d’autres plongent en certaines occasions dans un four brûlant sans y subir la moindre brûlure. Tout cela au milieu de rites et prières, danses et jubilations avec ce résultat éloquent que les possédés, pour beaucoup, s’en trouvent apaisés et reviennent même à une conscience normalisée. D’autres chorfas servent d’intermédiaires, entre les possédés et un tribunal invisible présidé par le saint, censé interpeller puis chasser les démons. Favret-Saada (1991) parlant du désorceleur « aux prises avec un sorcier invisible », confirme ces jeux de rôles « subtils » entre l’exorciste et l’instance responsable de l’envoûtement.

Plus que les prodiges en eux-mêmes, attestés par de nombreux auteurs, notre intérêt gravite autour d’une série de questions pouvant se résumer comme suit : l’économie de toutes ces actions ; la nature de ces thérapies étranges, l’invulnérabilité des guérisseurs en rapport aux trois feux, soit l’eau bouillante, le venin, le four. Quelle est la symbolique de cette pratique et comment justifier son opérativité, (son efficacité symbolique) en relation avec le champ de la thérapie. A quoi rime cette « parodie » efficace d’une cour d’assises mythique ? Ou, dans d’autres zaouïas, la pratique de l’incubation ou de la lecture du Coran comme remède efficient. Y-a-t’il un dénominateur commun entre toutes ces espèces de thérapies susceptibles de guérir de la djinnopathie ? (possession par les djunûn, entités invisibles)

(...)
Citation :
On pourrait établir une comparaison entre les effets thérapeutiques miraculeux recherchés pour les « aliénés » et ceux du pèlerinage à Lourdes ou à Saint-Jacques de Compostelle. Tout cela procède des mêmes attitudes mentales et noie dans les mêmes délires de foules des organisations psychiques un peu débiles, crédules selon une forte indigence intellectuelle, bassement populaires. (El Khayat, psychiatre)
Citation :
S’exprimant au sujet du chamanisme nord-américain des Mohaves et de celui des Sedang Moï indochinois, Devereux (1970, 15) interprète les rituels de ces populations comme des signes de l’hystérie. Ces constatations nous obligent à considérer le chaman comme un être gravement névrosé ou même comme un psychotique en état de rémission temporaire. Pour certains, le chamanisme et la possession relèveraient d’un processus schizoïde provoquant une « dissociation effective de l’identité », celle-ci caractérisant avec évidence une pathologie d’ordre psychiatrique. Ceci donne le ton à une certaine « opinion » matérialiste, incapable de percevoir à travers les « prodiges » (karamat) la manifestation plus subtile d’un « pouvoir », lui-même lié à un contexte éminemment symbolique. L’argumentation devient ici impossible et réduit à néant ce qu’elle ne peut pas saisir « parce qu’elle refuse d’entrer dans le jeu ».

Ainsi, il nous semble qu’on ne peut réduire toute la pratique zaouïenne et la symbolique qui l’entoure à de la pure fantaisie (...)
Citation :
III. L’enquête

La thèse présente s’appuie sur un travail de terrain de longue haleine impliquant de nombreux séjours dans les endroits concernés1, un repérage d’un grand nombre de zaouïas susceptible de fournir un échantillonnage suffisant des différents styles de confréries, de leurs ressemblances et de leurs différences, d’en extraire ce qui leur est commun et essentiel, particulier voire anecdotique.

L’enquête a été effectuée auprès des zaouïas suivantes qui toutes ont été visitées de nombreuses fois : les zaouïas de Bouya-.Omar, de Sidi Rahhal, de Sidi Ahmad dans les environs de Marrakech, celle de Sidi Ahmed Erguibi, de Sidi Ahmed Larossi, d’Ach-Chikh Mrabih Rabo près de Smara, le marabout de Mansour Oulde-Jaba Ouldgziyda à proximité de Layoune, la zaouïa de Chikh Ben Moukhar aux confins sud-est du Maroc, la zaouïa de Sidi m’Hammed Ibn Ali proche de Zagora, celle de Sidi M’hamed Ben Nacer à Tamegrout, quelques marabouts isolés dans le Haut Atlas près du Mt Tubkal, le sanctuaire de Moulay Abddessalam proche de Tatouan et la zaouïa de Sidi Mohammed Ben Aïssa à Meknès.

(...)
Enquêtes, interviews auprès de nombreux adeptes, foqarâ’, fogha, tolba (hommes religieux, guérisseurs, exorcistes), avec le moqaddem (responsable administratif) Aïssaoua de Marrakech, avec le naqib de Sidi Rahhal (chef des chorfa) et le Shaykh (maître spirituel) des Alawiya, le Sirr Bentounès qui nous gratifia de plusieurs enseignements, nous ont permis de confronter les divers témoignages, d’en dégager les points communs et les différences, tous ceux-ci contribuant progressivement à une meilleure compréhension des phénomènes observés.

Citation :

TABLE DES MATIERES
FRIBOURG, LE 17 AVRIL 2007 ......... 3

INTRODUCTION ......... 5
I. POLYSEMIE DE LA ZAOUÏA : LE CYCLE DE SES FONCTIONS COMME FAIT SOCIAL TOTAL ......... 5
II. LA ZAOUÏA : ESPACE THERAPEUTIQUE ......... 8
III. L’ENQUETE ......... 13
IV. ARGUMENT DE LA THESE : ......... 15
a) Thaumaturgie ......... 15
b) Le soufisme comme cadre symbolique ......... 16
c) Alchimie : l’opérativité symbolique entre la compréhension matérialiste ......... 16
et spiritualiste ......... 16
V. LES THEMATIQUES EN PRESENCE ......... 21
1ÈRE PARTIE : LA TRANSE ......... 22

CHAPITRE I. ......... 22
CATEGORISATION DES TRANSES ......... 22
A. LA TRANSE ACTIVE ......... 28
1. La transe enstatique ......... 28
2. La transe héroïque ......... 29
B. LA TRANSE MIXTE ......... 30
1. La transe chamanique ......... 30
2. Transe initiatique ......... 37
L’initiation pubertaire ......... 41
L'initiation magique ......... 45
L’initiation trifonctionnelle ......... 49
3. Transe hermétique ......... 55
4. La transe mantique ......... 60
5. Transe métamorphique ......... 62
C. LA TRANSE PASSIVE ......... 65
1. Transe djinnopathique ......... 65
2. Transe cathartique populaire ......... 73

CHAPITRE II ......... 76
UN FIL D’ARIANE : LES TRANSES DANS LA GRECE ARCHAÏQUE ......... 76
A. LES TRANSES ARCHETYPALES ......... 76
1. La mania d'Aphrodite ......... 79
Aphrodite céleste et Aphrodite populaire ......... 79
Aphrodite ténébreuse ......... 80
2. La mania d'Apollon ......... 83
3. La mania d’Arès ......... 84
La gloire des croisades ......... 86
4. La mania de Dionysos ......... 87
5. La mania des Muses ......... 90
B. LA MEMOIRE CHEZ LES GRECS OU LA SORTIE HORS DU TEMPS ......... 92
C. COMPLEMENTARITE ANTAGONISTE ET TRIFONCTIONNALITE DE LA TRANSE ......... 96

CHAPITRE III. ......... 110
LA LAÏCISATION DE LA TRANSE EN OCCIDENT ......... 110
1. DEMEMBREMENT DE LA TRANSE « VISIONNAIRE » ET IRRUPTION DU « TEMPS » HISTORIQUE ......... 111
2. REACTION A LA LAÏCISATION : HERMETISME ET ALCHIMIE ......... 117
3. POSSESSION ET THERAPIE DANS LE CULTE DES SAINTS CHRETIENS ......... 120
4. TRANSE HERMETIQUE MEDIEVALE ......... 122
5. LA TRANSE DU GRAAL ......... 124
6. LA TRANSE CONTEMPORAINE ......... 129
1. Le rapport du cocaïnomane à l’espace et la transe héroïque ......... 130
2. Le rapport de l’héroïnomane à l’espace et la transe jubilative ......... 132
3. Le rapport de l’ « halluciné » à l’espace et la transe mixte ......... 135

CHAPITRE IV. ......... 140
« AUTOUR DES ZAOUÏAS » : ENQUETES SUR LE TERRAIN RELATIVES A LA
POSSESSION ET AUX PRATIQUES CHERIFIENNES ......... 140
1. METHODOLOGIE : LES LIMITES DE L’ENQUETE ETHNOGRAPHIQUE CLASSIQUE ET
L’APPORT DE L’ETHNOLOGIE POST-MODERNE ......... 140
2. CARNET DE ROUTE « SUR LA PISTE DES ZAOUÏAS » ......... 145
Le tribunal des djunûn à Bouya Omar ......... 145
La logothérapie spirituelle à Sidi Ahmed Erguib ......... 149
L’incubation à Sidi Ahmed Larossi ......... 155
La présence du Fqih herméneute ......... 157
Hadra dans le désert et thérapie musicale ......... 161
Le tribunal mythique à la zaouïa de Sidi m’Hammed Ibn Ali ......... 164
Le jugement du Saint à la zaouïa de Sidi M’hamed Ben Nacer ......... 167
La Hadra du printemps dans l’Atlas ......... 170
Retour à Bouya Omar ......... 173
La Hadra de la bouilloire ......... 178
L'Imara (danse sacrée) de Moulay Abdessalam ......... 184
Les dompteurs du feu spirituel à la zaouïa de Sidi Mohammed Ben Aïssa ......... 187
2IÈME PARTIE : PRATIQUES ISSUES DE LA TRANSE ......... 197

CHAPITRE V. ......... 197
DU SOUFISME AU MARABOUTISME ......... 197
A. LES TEMPS DE L’ASCESE ET DE LA PAUVRETE ......... 197
B. L’EMERGENCE DU MYSTICISME ......... 200
C. LES CODIFICATEURS ......... 203
D. VERS UNE METAPHYSIQUE DE LA LUMIERE ......... 205
E. PENETRATION DU SOUFISME DANS LE MAGHREB ......... 211

CHAPITRE VI. ......... 221
CYCLES DE LA ZAOUÏA ; VERS UNE ECONOMIE DE LA SAINTETE ......... 221
1) LE POUVOIR SYMBOLIQUE DU SAINT A L’INTERIEUR DE LA ZAOUÏA ......... 224
2) DECLIN DE L’AUTONOMIE POLITIQUE DE LA ZAOUÏA AU XXEME SIECLE ......... 225
3) LA ZAOUÏA COMME POUVOIR DU CONTRE-ORDRE ......... 227
4) « UNE ECONOMIE DE LA SAINTETE »: LE CAS DE BOUYA OMAR ......... 233

CHAPITRE VII. ......... 236
LA SYMBOLIQUE DES POUVOIRS A LA ZAOUÏA DE BOUYA OMAR ......... 236
A) LES CHORFA « MUWALIN AL-IDN » OU LES MAITRES DE L’EXORCISME/ADORCISME ......... 237
1. Les pouvoirs du tribunal invisible (mahkama) ......... 239
2. Le pouvoir du ntiq ou le sceau identitaire ......... 240
3. Les pouvoirs du Sri’ ou de la transe judiciaire ......... 241
4. Les pouvoirs liés à l’incarcération (rsid) ......... 246
5. Les pouvoirs du symbolisme ......... 247
6. Théurgie et hermétisme à Bouya Omar ......... 250
B) LES MAITRES DU CACHET (MUWALIN AL-TABA’) ET LES POUVOIRS DES 3 FEUX ......... 255
1. Le pouvoir du moqraj (la bouilloire), du simm (serpent) et du farran (four) ......... 256

CHAPITRE VIII. ......... 262
UNE INTERPRETATION DES « TROIS FEUX » PAR LE MOUL AL-TABA‘ ......... 262
A) L'ECORCE ET LE NOYAU ......... 262
B) LE SYMBOLISME DES «TROIS FEUX» ......... 271

CHAPITRE IX. ......... 279
PHENOMENE D’INCOMBUSTIBILITE ANALOGUE ......... 279

CHAPITRE X. ......... 288
ENTRETIEN AVEC UN CHRIF «ALCHIMISTE » DE MEKNES............................... 288
3IÈME PARTIE : ALCHIMIE, TRANSE ET PRODIGES...........302

CHAPITRE XI. ......... 302
L’ALCHIMIE SPIRITUELLE EN ISLAM DANS SES RAPPORTS AVEC LES
MECANISMES EXPLICATIFS DES PRODIGES ......... 302
1. L’ALCHIMIE SPIRITUELLE ET LE MONDE DU MALAKUT ......... 309
2. L’IMAGINATION ACTIVE ......... 312
3. ATTESTATION DES THAUMATURGIES CONJOINTES A L’IMAGINATION ACTIVE ......... 314
4. ATTESTATION DES LIENS DE PARENTE ENTRE L’ALCHIMIE SPIRITUELLE ET
L’IMAGINATION ACTIVE ......... 316
5. L’IMAGINATION ACTIVE ET LA HIMMA ......... 327
6. TRANSE ET IMAGINATION ACTIVE ......... 334
7. L’OPERATIVITE DU SYMBOLISME ET DE L’HERMENEUTIQUE ......... 337
CONCLUSIONS ......... 346
1) LA PLAUSIBILITE DES PRODIGES DANS LE REGARD DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE ......... 346
2) LA FACE CACHEE DE LA MATIERE « QUANTIQUE » ......... 348
3) LES TROIS « MATIERES » ......... 353
4) L’EFFICACITE SYMBOLIQUE ......... 359

GLOSSAIRE ......... 364

TABLE DES MATIERES ......... 370

B I B L I O G R A P H I E ......... 374

A part ca, pas beaucoup de réactions sur ce topic Sad
Personne pour s'être intéressé aux croyances de l'ennemi et ayant exploré cette piste?
Personne que ces révélations ne surprennent? Ou encore personne pour formuler une critique au moins sur certains points?

On aborde ici des questions fondamentales pourtant.
Je sais pas pour vous, mais pour moi tout est beaucoup plus clair à présent ;
- le satanisme, ses symboles, ses dogmes, et au final sa structure et son fonctionnement.
- L'importance inestimée de la révélation des religions judéo-chrétienne (comment les prophètes pouvaient-ils savoir tout ca? Ne retrouve-ton pas dans les 3 Livres cette sagesse qui dépasse l'entendement humain?).
- Cette confusion systématique entre dieu et Dieu (avec une majuscule).
- Les archétypes, ou encore une fois les symboles, qui puisent pleinement dans notre inconscient. La femme et le dragon, ou encore la sexualité de la femme qui a toujours été vu comme quelque chose d'effrayant.
- la source du malheur qui frappe l'Homme
- ...

Bref j'essaie de vous motiver Laughing
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Atrahasis



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MessageSujet: re: Hiérogamie ou Mariage Sacré   9/9/2011, 19:12

J'y ai réfléchi ces derniers temps, et je pense que ce sujet a besoin de synthèse.

C'est pourquoi j'ai le plaisir de vous informer de la création d'une vidéo, qui serait une synthèse claire et allant à l'essentiel des éléments amenés dans ce sujet (ou d'autres du forum). Un montage vidéo propose beaucoup d'avantages ; d'abord l'information passe plus facilement et ensuite il est facile d'illustrer les propos avec des images ou des extraits de film, jeux vidéo, clip musical... etc.

Par contre c'est mon premier montage, donc ne vous attendez pas à quelque chose du niveau des séries The Signs ou The Arrival, non il faut relativiser ^^

Et puis ce n'est qu'un début et cela prend énormément de temps, je ne sais pas si je pourrai aller jusqu'au bout ni où je m'arrêterai, ni si j'arriverai à obtenir la synthèse escomptée.

En attendant vous pouvez déjà apprécier une 1ère partie de 14 minutes. Je pourrai encore toutefois la modifier. La voici pour les gens de ce forum.
#http://www.megaupload.com/?d=7K4MEK6I

Merci de me faire parvenir vos critiques sur cette vidéo ou conseils par MP afin de ne pas encombrer ce fil.

Very Happy
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Hiérogamie ou Mariage Sacré
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