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 Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles

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MessageSujet: Lutte contre la société de consommation pervertie   17/9/2009, 15:42

Résistance, vous avez dit résistance….

Que faire de toute cette pub qu’on vous envoi jour après jour ?

Ticket de réduction de pizzas, formulaires d’abonnement à des magazines qui ne vous intéressent pas, pub pour des crédits, pour des assurances, pour acheter des con.eries…

Même votre supermarché ou votre opérateur téléphonique vous en envoi,
avec à chaque fois une enveloppe préaffranchie (T) pour répondre…

Après avoir vérifié que votre nom n’était pas dessus, ou après l’avoir griffonné,
renvoyez donc toute cette pub à l’expéditeur en vous servant de l’enveloppe préaffranchie.

Ainsi c’est votre banquier qui va recevoir toute cette pub à a con, ou je ne sais qui,
et ce sera à eux de s’en débarrasser….Et en plus ils auront eut à payer 2 fois !
L’aller et le retour.

Imaginez demain que tout le monde s’y mette,
histoire de faire comprendre qu’on n’est pas des moutons…



ET vous pouvez meme renvoyer l'enveloppe préaffranchie ...VIDE !

Juste histoire de les faire chi.r,
et c'est eux qui payent en plus!

lol!
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Réveillé



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MessageSujet: Veuillez agréer le vent !!   17/9/2009, 17:52

Bonjour tout le monde.

Merci c'est très intéressant. Ce sera dorénavant ma façon d'agir :

Lettre prêt timbrée = Retour à l'envoyeur

Si il y a bien une chose que je déteste c'est bien toute cette pub qui déferle et tente de chatouiller nos sens.

Selon l'humeur du jour ils auront même droit parfois à un petit commentaire décalé.
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MessageSujet: Re: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   17/9/2009, 19:33

T'as bien raison!
Ils faut les étouffer avec leur propres pubs,
en utilsant leurs propres méthodes.
Comme les guérilleros qui utilisent les armes prises à l'ennemi!
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Bardamu
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MessageSujet: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   31/10/2011, 11:48

Mémoire sur la Société de consommation


La société de consommation désigne la civilisation née au cours du XXe siècle, fondant son économie non plus sur la production du nécessaire mais sur la production du superflu. Elle est considérée comme une évolution.



Du nécessaire au superflu


Depuis la nuit des temps, l'homme, comme d'ailleurs tous les êtres vivants, s'est préoccupé de quatre choses fondamentales pour sa vie:

assurer une transcendance à son existence et ainsi être relié à lui même et à la nature. C'était en fait le fondement de toute son existence et cela a disparu avec la société de consommation,
assurer sa subsistance (recherche et production de nourriture),
assurer la perpétuation de son espèce (faire des enfants et se protéger des prédateurs et ennemis),
assurer son bien-être.

Les différentes civilisations qui se sont succédé marquant les grandes étapes de l'histoire de l'homme se sont majoritairement organisées pour assurer, chacune à sa manière et selon les circonstances, ces quatre priorités vitales.

Cela a bien sûr eu des conséquences, les unes positives, les autres, parfois, dramatiques. Au nombre des progrès, nous pouvons considérer que l'invention de l'agriculture a été le véritable point de départ de ce qu'il est convenu d'appeler la civilisation. Au nombre des désastres, les guerres et l'invention des armes qui en est le corollaire en est le plus triste exemple.

Entre guerres et prospérités, les humains ont, tant bien que mal, traversé les siècles, découvrant peu à peu des moyens et des techniques pour améliorer leur vie quotidienne. Nous n'allons pas ici réécrire l'histoire de l'humanité mais il convient simplement de se remémorer les leçons d'histoire apprises à l'école pour constater ceci : on estime l'âge des plus anciennes civilisations à 15 000 ans, l'âge de l'Homo Sapiens à 200 000 ans. Nul besoin d'aller plus loin, l'humanité a traversé 200 000 ans sans téléphone, sans voiture, sans électricité, sans Internet, sans machine à coudre, sans machine à écrire…

Leur vie a sans douté été plus difficile que celle de l'homme occidental du XXIe siècle, mais il n'est pas inutile de rappeler ici que nombre d'hommes et de femmes vivent encore comme les hommes de la préhistoire, par exemple dans les profondeurs de la forêt amazonienne.

Le XXe siècle dont les effets se prolongent et s'amplifient avec le XXIe siècle représente donc un bouleversement radical dans l'histoire de l'humanité. Même s'il est vrai que de tout temps l'homme a témoigné d'une attirance compréhensible pour une certaine forme de superflu comme l'art et les beaux vêtements, par exemple, témoignages de la valeur et du raffinement d'une civilisation, la part dévolue à la transcendance c'est-à-dire à la recherche de l'union avec l'ordre cosmique restait très largement majoritaire. La recherche de la transcendance constituait pour la majorité des humains le but de l'existence.

Le bouleversement apporté par le XXe siècle, amorcé dès la fin du XIXe avec la révolution industrielle, a été d'inverser les proportions en donnant de plus en plus d'importance au superflu et de moins en moins d'importance à la transcendance.


Le temps passé à table

Le repas a toujours été, dans toutes les civilisations un moment de convivialité, de réunion et un élément de cohésion sociale. Il n'est d'ailleurs pas difficile de constater que toutes les civilisations ont développé au cours des millénaires des codes, des rites et des règles entourant la prise des aliments. Même les religions, sans aucune exception, ont trouvé dans le repas un prétexte à légiférer, à ritualiser et à sacraliser : sacrifice rituel, repas rituel, aliments tabous, aliments sacrés, aliments interdits, jours consacrés au jeûne ou au contraire aux libations… Tout cela démontre l'importance accordée par toutes les civilisations à l'acte de manger, jusque dans le traditionnel repas de famille qui donne l'occasion de réunir les générations.

La société de consommation a détruit tout cela d'un revers de la main ! Les temps modernes sont venus apporter une nouvelle vision de la façon de vivre, dévoyée par les nouvelles structures de la société : la grande maison familiale a été remplacée par le studio ou le deux pièces des HLM (Habitation à Loyer Modéré), ce qui ne favorise guère les grandes réunions familiales. Comme la société de consommation pousse –justement– à la consommation, un seul salaire n'y suffit plus, les femmes aussi travaillent et plus personne ne souhaite passer du temps à préparer un vrai repas.

La société de consommation a apporté la réponse, sous plusieurs formes : les plats à emporter, les plats préparés (les conserves/appertisés), les plats congelés, les pizzas livrées à domicile et bien sûr la restauration rapide (essentiellement la pizza et le hamburger).

Ainsi le XXe siècle est-il marqué par un nouveau rapport de l'homme à la nourriture : le repas est perçu comme une perte de temps, surtout le repas de midi ; il faut que ce soit vite prêt et vite mangé. On ne mange plus pour le plaisir ou pour la convivialité, mais on mange parce que c'est nécessaire, un peu comme le conducteur qui passe à la pompe pour faire le plein de carburant. S'il reste encore un prétexte à passer plus de temps autour d'une table, ce n'est plus pour la nourriture elle-même mais parce que la nourriture est prise en otage par le système ; c'est pourquoi on a inventé des expressions comme « déjeuner de travail », « repas d'affaire » dont on devine aisément que l'aspect alimentaire de la chose est relégué à un rôle mineur.

L'organisation du travail a suivi cette évolution et la plupart des activités sont désormais basées sur la journée continue qui accorde une pause syndicale de 30 minutes pour le repas. Il convient de souligner que ces prises rapides d'aliments ont forcément du conséquences non négligeables sur la santé (ulcères, mauvaise digestion, prise pondérale) sans parler de la qualité douteuse des aliments industriels.

Ainsi peut-on conclure que la société de consommation a amené les hommes et les femmes à travailler plus, à avoir moins de temps libre et à négocier ce peu de temps de liberté en achetant des services (comme la nourriture industrielle qui épargne le temps que l'on n'a plus à préparer un vrai repas), ce qui, tout bien pesé, procède, pour certains, d'une certaine absurdité.


De la consommation au gaspillage

La consommation est devenue, au cours du XXe siècle non plus une nécessité (acheter à manger) mais un mode de vie, de comportement et de culture. Il est frappant de constater que la "grand messe" de la consommation n'a pu influencer et modifier les comportements de la majorité des individus que parce qu'une mutation s'est opérée dans la culture. S'il est vrai que la publicité imprimée a beaucoup aidé à amorcer cette transformation de la civilisation, c'est avant tout la radio, puis la télévision qui ont été et sont encore aujourd'hui, plus que jamais, les instruments de la propagande pour cette civilisation du gaspillage.
Vista-xmag.png Voir l’article consommation.

Il ne faut pas pour autant refuser le progrès ! La révolution industrielle a rendu possible la fabrication d'appareils ménagers à des prix abordables, dont certains, il faut honnêtement le reconnaître, ont indéniablement apporté du confort dans la vie des ménages, en nous soulageant tout particulièrement dans les tâches les plus épuisantes. On pensera en particulier à l'aspirateur, au fer à repasser électrique et surtout à la machine à laver le linge. « Pour juger le progrès, écrit Baudoin de Bodinat dans La vie sur terre, il ne suffit pas de connaître ce qu’il nous ajoute, il faut encore tenir compte de ce dont il nous prive.


L'Amérique devient le modèle à suivre pour les Européens

Bien que présente en Europe dès le début du XXe siècle, c'est vraiment à partir de 1945, au sortir de la seconde guerre mondiale, que la société de consommation va rapidement se développer. Elle se répand dans l'Europe de l'après-guerre à la faveur de l'image très positive laissée par l'Amérique libératrice et victorieuse. À cette époque personne n'a conscience de l'horreur qui se prépare et on admire cette Amérique « en avance sur son temps », « modèle de société moderne ». Force est malheureusement de constater qu'en ce début de XXIe siècle il y a encore beaucoup de nos contemporains qui continuent de croire naïvement au « miracle » du modèle américain.

Toujours est-il que c'est bien eux qui ont inventé la société de consommation[1] dans ce qu'elle a de plus mercantile : le supermarché en 1930, on pense aussi à la fabrication à la chaîne lancée par Ford pour produire plus et moins cher[2]. La France ne suivra qu'en 1957.

Belle aubaine pour le client de trouver de la marchandise à meilleur prix, car tel était le but du supermarché à l'origine. Mais acheter moins cher peut inciter à acheter plus, et forcément à gaspiller plus facilement. On peut néanmoins admettre qu'il est dans la nature du consommateur des années 1930 de ne pas forcément aimer gaspiller.

Et en fait, ce n'est pas le consommateur qui gaspille, mais le système qui pousse au gaspillage.

A la base, l'objet utilitaire a sa raison d'être et on l'achète volontiers en vu de profiter du service qu'il rend. Le consommateur veut du bien-être et la société de consommation lui en propose et lui en vend. Ainsi achète-t-il un lave-linge ; il se dit en toute logique que le temps pendant lequel la machine fait la lessive, il pourra le consacrer à du loisir : passer du temps avec les enfants, faire de la lecture, aller au cinéma ou au théâtre. Il n'y a là rien de suspect ou de critiquable.


La saturation du marché

Mais la société de consommation découvre rapidement, à partir des années 1960, que les ventes d'appareils ménager ne peuvent se prolonger indéfiniment. Une fois que la plupart des ménages se sont équipés avec les appareils ménagers élémentaires, c'est-à-dire le réfrigérateur, le lave-linge, l'aspirateur et quelques autres standards, le marché tend à se saturer et les courbes de ventes diminuent.

Que faire ? Comment continuer de faire tourner les usines ? C'est alors que les industriels découvrent la réponse au problème, réponse qui va faire basculer le système de consommation d'objets utilitaristes vers une société pervertie par l'appât du gain, la société de gaspillage.

D'où vient que le marché se sature ? De ce que les appareils vendus sont robustes et durables. On décide donc désormais de les fabriquer moins robustes et moins durables afin de s'assurer un marché du renouvellement. Et pour forcer la main des consommateurs, on commence à exploiter mieux la publicité en insistant sur la nouveauté, le progrès, les avantages du nouveau modèle, les défauts de l'ancien, etc. « Nouveau » et « Nouveauté » sont les deux mots les plus utilisés dans les slogans publicitaires.

Au début cela a évidemment favorisé des abus : fabrication de camelote, défauts de fabrication volontaires, etc. Et il a fallu l'émergence des associations de consommateurs et quelques procès pour que les États légifèrent sur les garanties de fabrication. Désormais tous les appareils neufs sont couverts pas une garantie de conformité obligeant le vendeur à fournir un appareil conforme à la destination pour laquelle il a été vendu. Cette loi date de 2007 et complète ainsi l'obsolescente loi sur les vices cachés. Les garanties contractuelles sont quant à elles facultatives du point de vue du droit mais devenus obligatoire par la force des consommateurs. C'est pourquoi les marchands proposent des extensions de garantie de 1 à 4 ans supplémentaires moyennant une rallonge significative de la facture (15 à 20 % du prix de l'appareil en sus) : il n'y a pas de petit profit.[3]

Ainsi est-on arrivé aujourd'hui à cette situation absurde où n'importe quel appareil ménager est vendu avec sa garantie légale contre les vices cachés valable à vie mais totalement inapplicable, une garantie de conformité valable 2 ans mais incomplète, une garantie contractuelle généralement de 1 à 2 ans offerte, donc incluse dans le prix de vente, et d'une extension de garantie qui est systématiquement proposée pour assurer la « tranquillité » du client. Cette extension de garantie ne garantit pas que l'appareil va durer aussi longtemps, mais si l'appareil venait à finir sa vie avant la période couverte il serait alors remboursé généralement à sa valeur déduite de la vétusté. Il ne s'agit pas d'une assurance déguisée, une garantie n'est autre qu'une assurance contre les pannes, la meilleure preuve c'est que ce sont de plus en plus des assureurs qui les proposent. Sommes-nous donc incapables aujourd'hui de prendre le moindre risque ? Là est la vrai question. Les appareils d'antan étaient moins fiables que ceux de maintenant, c'est un fait prouvé dans tous les SAV (qui va à l'encontre des idées reçues), preuve en est la diminution des effectifs de techniciens, mais ce qui change vraiment c'est que nous n'acceptons plus la moindre défaillance, nous voulons le zéro défaut. et certains l'ont si bien compris qu'ils nous amènent à prendre des garanties qu'il y seulement 20 ans personne n'aurait imaginé. Ni les revendeurs qui n'aurait pas osé le faire tant cela leur aurait coûté cher à l'époque, ni même les consommateurs car le prix de la réparation restait alors encore abordable.

Les garanties payantes ou gratuites n'excèdent pas 5 ans, ce qui veut dire que si vous parvenez à garder un appareil plus de 5 ans sans panne, vous financez ceux qui ont eux des pannes et vous faites faire de la marge supplémentaire aux revendeurs. Ceux-ci trouvent là un moyen de récupérer les marges qu'ils ne font plus avec la même intensité sur la vente des produits.


Le gaspillage dans toute son horreur

Nous venons de voir comment la société de gaspillage pousse à la consommation en produisant des objets utilitaires dont la durée de vie a été volontairement raccourcie.

Cependant, la machine économique fonctionne comme une tumeur et a besoin de toujours plus de sang pour se nourrir, car elle cherche une perpétuelle expansion. Aussi le système productiviste est-il entré, à partir des années 70 dans une nouvelle forme de perversion : ne plus se contenter de produire le nécessaire, mais également produire le superflu.

Découvrant les vertus de la publicité, la facilité avec laquelle l'effet de nouveauté provoque des vagues d'achats massifs et des modes, les industriels s'ingénient à inventer des gadgets qui vont finir par devenir des objets de consommation courante. On ne mesure pas à quel point la télévision a joué et joue encore un rôle central dans la manipulation des consciences, non seulement à travers les tonnes de messages publicitaires qui harcèlent le pauvre téléspectateur, mais aussi avec un grand nombre d'émissions destinées à glorifier le consumérisme. Toutes ces émissions, d'une manière ou d'une autre, ramènent le téléspectateur à une image corrompue du bonheur : consommer.

Il est intéressant de voir qu'en plus, les gadgets les plus inutiles sont souvent les plus chers. Par panurgisme, le peuple consommateur se précipite sur les nouveautés et accepte de payer le prix fort pour répondre à l'« effet mode ». Il y a là quelque chose qui relève de la névrose collective : ce besoin de vouloir à tout prix suivre le troupeau, suivre la mode, imiter autrui, et, ce faisant, abdiquer de sa liberté de penser et choisir par soi-même.

L'objet de consommation superflu, c'est comme la drogue : l'offre engendre la demande et la demande engendre l'offre. Il y a une complicité tacite entre le dealer et le consommateur.

Drogué, l'homme moderne l'est bel et bien : drogué de télévision, de DVD, de téléphone GSM, de gadgets électroniques sophistiqués, de GPS, de caméscopes, de photoscopes ou APN, d'ordinateurs. Et un marché de renouvellement pour alimenter tous ces drogués en manque, souffrant de frustration chronique : après la télé noir et blanc, la télé couleur, après la télé à tube, la télé plate, après le téléphone monobande, voici le bibande, le tribande, l'UMTS, le wifi, le wimax, le wap, après le DVD standard, voici le DVD blu-ray, après l'appareil de photo numérique à 1 mégapixel, voici le 2 mégapixels, puis le 3, le 4, le 5, le 6 et ça ne finira pas de sitôt ; après le caméscope VHS on a eu le Hi8, puis le numérique mini-DV, maintenant c'est le HDV ; on a eu le mono-CCD, maintenant c'est le tri-CCD. A la poubelle les magnétoscopes à vidéocassettes, voici le graveur de DVD.

La gadgétisation à outrance de notre société est devenu un mode de fonctionnement comparable à un tourbillon infernal : la nouveauté devient une quête perpétuelle des industries, une obsession des acheteurs. Jeter l'ancien, remplacer par du nouveau, avec un rythme de remplacement qui frise la folie. Les fournisseurs se fixent des objectifs : annoncer au moins une nouveauté tous les six mois, tenir les consommateurs en haleine…


Du gaspillage à la pollution

Une règle élémentaire à connaître et dont il faut mesurer les conséquences :
Plus on consomme, plus on pollue.

La société de consommation-gaspillage produit une quantité de déchets phénoménale. En France (et cela doit être à peu près équivalent pour tous les pays dits industrialisés), on estime que chaque individu produit en moyenne 350 kilos de déchets ménagers par an, soit environ 1 kilo par jour. La France produit donc 21 millions de tonnes de déchets domestiques par an. S'il est vrai qu'une partie de ces déchets sont organiques (restes alimentaires par exemples) plus de 40 % ne sont pas biodégradables et doivent suivre un circuit de recyclage. Or, en 2007, seul 6,2% des déchets ménagers sont recyclés.

Ces déchets ne sont pas constitués uniquement par ce que l'on met à la poubelle, chez soi, mais aussi par tous les appareils et objets, les fameux encombrants, dont on est bien obligé de se débarrasser lorsqu'ils sont hors d'usage : appareils ménagers irréparables, véhicules envoyés à la casse, sommiers à lattes quand les lattes sont cassées, matelas usés, téléviseurs, enceintes, vieil ordinateur, etc.

Tout le monde connaît les cimetières de voiture : des carcasses rouillées entassées les unes sur les autres et une absence totale de politique de récupération des métaux. Désormais il y a des cimetières de tout : des monticules d'ordinateurs, d'appareils ménagers, de tubes cathodiques (contenant des substances polluantes), etc. On trouve même des "cimetières de béton" gigantesques fosses où sont enterrés les débris et matériaux récupérés sur les chantiers de démolition, de construction et de travaux publics. À ce jour, le volume de ces déchets non recyclables ne fait l'objet d'aucune publication statistique de la part des autorités. Certains avancent le chiffre de 100 millions de tonnes par an.

Un constat tragique : plus rien, dans cette société, n'est construit pour durer. Au contraire, tout est fait, construit, pensé pour être jeté, et pourquoi pas, rêve suprême du marchand, le plus vite possible.

Autrefois, quand l'objet était strictement artisanal, il était fait et pensé pour durer toute une vie et même plus. Il n'était pas rare que l'enfant apprenti hérite des outils de son père. Les meubles, en bois massif, passaient de génération en génération, les maisons construites en matières nobles (bois durs et pierre) duraient plusieurs générations. Aujourd'hui on ne vend que du futile, de l'éphémère, du provisoire. Et comme le pauvre consommateur passe son temps à payer et repayer les même choses qui ne durent pas, il a le sentiment de vivre en location perpétuelle.


De la pollution à la lutte écologique

Comment sortir de ce cercle infernal ? Plusieurs pistes méritent d'être explorées et elles se complètent mutuellement.


La simplicité volontaire

La société de consommation propose de manière évidente et clairement illustrée par les publicités une et une seule recette du « bonheur conforme » : travailler pour gagner de l'argent, dépenser cet argent pour consommer, et recommencer jusqu'à ce que mort s'en suive, la mort elle-même étant aussi prétexte à consommation (pour les héritiers).

La simplicité volontaire constitue, dans ce contexte de société "broyeuse d'humanité" une reprise en main radicale de sa vie et de son destin. Il s'agit d'un véritable travail personnel qui peut s'étendre aux personnes les plus proches (conjoint et enfants) consistant à redéfinir les priorités essentielles de la vie quotidienne.

On doit de manière quotidienne se poser des questions essentielles :

De quoi ai-je besoin pour vivre ?
De quoi ai-je besoin pour être heureux ?
Quelle est la vraie nature du bonheur ?
Pourquoi suis-je perpétuellement frustré ?

En vidant de sa dimension émotionnelle la relation à l'objet, la société a perverti nos rapports avec le réel. Nous devons donc remettre notre vie à plat et recomposer notre environnement en partant de nos besoins vitaux. C'est le seul moyen de se rendre compte de l'esclavage induit par cette multitudes d'objets de consommation qui sont non seulement inutiles mais qui occupent, envahissent notre espace de liberté, notre espace de pensée et notre cerveau.

L'homme moderne vit littéralement dévoré par les préoccupations. Et la société a su parfaitement le conditionner pour que ce chapelet ininterrompu de préoccupations finisse par être considéré comme une façon normale de mener sa vie quotidienne. Pourtant, la psychosociologie montre que cette accumulation de préoccupations quotidiennes finit par engendrer des angoisses, des dépressions nerveuses et, par effet psychosomatique, des maladies d'épuisement : fatigue générale, cancers, maladies cardio-vasculaires, hypertension. De plus, toutes ces maladies sont largement favorisées par les habitudes alimentaires modernes anti-diététiques (fast food, surimi, additifs alimentaires issu de l'industrie chimique, junk food, malbouffe, grignotage, etc.).

La simplicité volontaire consistera donc à forcément moins consommer de choses visiblement et raisonnablement inutiles. Si tel gadget proposé par la société de consommation n'est pas rigoureusement indispensable et vital, on peut parfaitement s'en passer, et continuer de vivre sans s'en soucier le moins du monde.

Devant l'appel incessant de la société de consommation pour acheter ceci ou cela, parce que c'est "nouveau", il faut se recentrer sur soi-même et se poser la questions salvatrice, celle qui nous pousse à faire une prise de conscience :

En ai-je vraiment besoin ?

Les autres l'achètent ? Vous avez le sentiment d'être ringard parce que vous ne l'avez pas encore acheté ? Qu'importe ! Votre vie n'est pas la leur et tirez plutôt votre fierté du fait de ne pas faire comme les autres. De ne pas suivre comme un mouton ou un robot le chemin tracé pour vous par un monde dirigé par les marchands.


La décroissance : consommer moins, consommer mieux, consommer intelligent

La simplicité volontaire est le premier pas vers la décroissance : vous ne consommez que ce dont vous avez besoin. Ça a du bon : quand on consomme moins, on fait des économies et on peut dès lors envisager d'investir son argent de façon utile. Par exemple, au lieu d'acheter des fruits et légumes issus de la production agro-industrielle, on choisira la filière bio, un peu plus chère certes, mais respectueuse de l'environnement. La culture bio s'interdit tout emploi de pesticides ou engrais chimiques, n'ayant recours qu'à des techniques naturelles et immédiates.

Au lieu d'engloutir une fortune dans du fuel domestique, commencer à investir dans un chauffage respectueux de l'environnement : isolation thermique, pompe à chaleur géothermique, bois, chauffage solaire, équipement de production de méthane organique, et pourquoi pas, une éolienne dans le jardin… Se méfier des arnaques et être vigilant . Éviter à tout prix le chauffage au « bio-carburant », qui n'est pas bio du tout . Les agrocarburants, faussement appelés bio-carburants, sont issus de l'agriculture intensive qui est une catastrophe pour l'environnement. Ils impliquent une monoculture et une utilisation des sols pour produire autre chose que de la nourriture.

Revoir à la baisse sa consommation de produits carnés dont la production est extrêmement polluante. On n'est pas obligé de devenir 100 % végétarien, bien que ce soit le meilleur choix pour la santé et l'environnement, mais diminuer drastiquement sa consommation de viande, c'est poser un acte d'engagement responsable : participer à moins de pollution, moins de gaspillage, moins de souffrance.

Boycotter les produits promus par les campagnes publicitaires. Toujours se rappeler que dès qu'une marque fait de la publicité pour un produit, le coût de la campagne publicitaire se retrouvera obligatoirement dans le prix final du produit. Supposons par exemple que vous achetiez le soda à base de cola d'une grande marque américaine (que nous ne nommerons pas mais que malheureusement le monde entier connaît), vous avez peu de chance, même en l'achetant chez un grossiste, de payer son prix réel, c'est-à-dire le prix de la production. Viennent se greffer dessus des coûts annexes qui multiplient facilement le prix par 10, 15 ou 20[réf. nécessaire] : la publicité, les études marketing, les designers, la prospection pour de nouveaux marchés, le paiement des dividendes aux actionnaires, le cumul des marges bénéficiaires des multiples intermédiaires. Au final, une bouteille d'un litre et demi d'eau gazeuse sucrée, aromatisée et colorée artificiellement, dont le prix de revient brut tourne autour de 10 ou 15 centimes, finit par arriver sur les rayons du supermarché à 2 ou 3 euros.

Ainsi, un autre écogeste à accomplir en faveur de la décroissance consiste à boycotter systématiquement les marques, et tout particulièrement les grandes marques qui font beaucoup de publicité. Il est facile de constater qu'un produit de marque est toujours plus cher qu'un produit dont la marque est peu ou pas connue. Cette différence de prix s'appuie sur un mythe : « si c'est plus cher, c'est de meilleure qualité ». Quand la différence de prix est importante, on peut admettre que pour certains produits, la fiabilité est une affaire de réputation de la marque. Mais lorsqu'il s'agit de produits de consommation courante comme les lessives ou les dentifrices, par exemple, on ne peut raisonnablement pas croire les publicités qui prétendront, mensongèrement, que telle lessive lave plus blanc que blanc ou que tel dentifrice utilisé le matin continue de vous laver les dents toute la journée…

Sachant que ce sont souvent les même usines qui fabriquent les mêmes produits sous différentes marques, au final et une fois encore, tournons-nous vers des produits réputés écologiques, entièrement biodégradables, exempts de tout produit chimique, si possible artisanaux.


Bricoleurs de tous les pays, unissez-vous !

Le bio c'est bien, l'artisanat et le commerce de proximité c'est bien aussi. Mais on peut faire encore mieux : fabriquer soi-même, c'est-à-dire devenir l'artisan de sa vie.

Bien souvent on achète ce dont on a besoin sans savoir qu'avec quelques astuces, un peu de patience et un peu de réflexion, on peut parfaitement fabriquer des objets usuels. On peut soit partir de matériaux bruts, soit réhabiliter des objets usagés et récupérer. Cette seconde méthode s'articule d'ailleurs très bien avec la philosophie de la récupération.

Vous avez besoin d'une chaise ? Fabriquez-la ! Tous les jours des gens jettent des chaises, soit parce qu'un pied est cassé, soit parce que la paille s'est défaite, soit parce qu'à force de s'asseoir dessus elle s'est déglinguée. Bien souvent, il suffit de récupérer deux chaises pour en refaire une.

Le bricolage est un art de vivre : depuis l'aube de l'humanité, l'homme n'a été qu'un bricoleur et c'est par l'accumulation de l'expérience acquise, la transmission des trucs et des astuces de métier que petit à petit un savoir s'est développé, fait d'une multitude de techniques. La révolution industrielle a mis brutalement un coup d'arrêt à l'exercice de l'ingéniosité individuelle et c'est la société de consommation-gaspillage qui cherche à séduire le petit peuple en flattant sa paresse. Pourquoi perdre des heures à fabriquer quelque chose qu'on peut acheter tout fait ?

C'est là tout le problème : un problème de choix de société, un problème de choix de vie.

Savoir faire, c'est être libre.

Si vous ne savez pas faire, c'est simple : apprenez ! Votre vie n'en sera que plus riche et vous aurez gagné en liberté et en indépendance.


La société de l'inutile

Essai de constitution d'une liste succincte des objets produits par la société de consommation que l'on peut légitimement considérer comme inutiles :

le suremballage (surtout pour les biscuits présentés en paquets individuels réunis dans une boîte elle-même cellophanée)
le téléphone portable (qui en plus est susceptible d'entraîner des lésions cérébrales, coûte cher)
le GPS (gadget qui permet de savoir où l'on est)
les montres électroniques (où les piles coûtent plus cher que la montre)
la télévision (autrefois objet de loisir, de divertissement et d'enrichissement culturel, elle est devenu un outil de propagande commerciale, totalement inféodé au système marchand)
les consoles pour faire des exercices et se modeler le corps.

http://fr.ekopedia.org/M%C3%A9moire_sur_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_de_consommation

_________________
Mon passé, Ô Seigneur, à Ta Miséricorde, mon présent à Ton Amour, mon avenir à Ta Providence.  Padre Pio

Or, si les rituels sont les vêtements du croyant, sa véritable religion ne se situe que dans son cœur. Rahma Alayoubi
                                                                   
Info importante : Je n'ai rien à voir avec le Bardamu qui officie sur le site llp.org et encore moins celui qui officiait sur Quenel+.
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MessageSujet: Re: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   1/11/2011, 11:42

Les "cafés réparations"
des Indignés bricoleurs au grand cœur




Radio, vélo, ordinateur... Dans les "cafés réparation", les génies bricoleurs réparent tout gratuitement.

Le concept des "cafés réparation" cartonne aux Pays-Bas et risque de bientôt débarquer chez nous. Le principe: vous apportez un objet cassé ou usé et des techniciens ou bricoleurs de génie le réparent gratuitement. Par gentillesse mais aussi pour faire la nique à la société de consommation.

Une cigarette au bec, un tournevis dans une main et une bière dans l'autre, Koen voit défiler sur sa table de travail une panoplie d'équipements en panne: sèche-cheveux, tronçonneuse électrique, aspirateur, radio-réveil...

"Si vous allez au magasin dans lequel vous avez acheté cet appareil, on va vous dire que la réparation vous coûtera plus cher que l'achat d'un appareil neuf", explique-t-il.

Ici, c'est un lecteur de CD dont le chariot est bloqué. "Normalement, je peux réparer 50% des appareils qu'on m'amène", glisse Koen avant de saisir ses outils pour ouvrir le défectueux lecteur. Et cinq minutes plus tard, tout est déjà réglé.

Le citoyen ordinaire, qui a pris l'habitude de jeter et de racheter, est pantois d'admiration.

D'autres bénévoles font des miracles : un mécanicien ressuscite une bicyclette, un menuisier recolle une chaise, une couturière rapièce un pantalon...

Après Amsterdam, Utrecht et la Haye, c'est au tour de Maastricht de lancer son "repair cafe", une manière concrète pour Koen et ses amis de lutter contre la société de consommation mais aussi de rendre service à leurs voisins.

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-cafes-reparations-des-indignes-bricoleurs-au-grand-coeur?id=7008543

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Or, si les rituels sont les vêtements du croyant, sa véritable religion ne se situe que dans son cœur. Rahma Alayoubi
                                                                   
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MessageSujet: Re: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   3/11/2011, 03:30

Et si nous cultivions notre autonomie paysanne ?

L'image du paysan est généralement associée aux difficultés économiques et sociales, à l'isolement, à un mode de vie harassant. Bien au contraire, face aux crises économiques, écologiques et politiques que nous connaissons actuellement, la multiplication des petites exploitations agricoles est une solution de premier plan. Pourquoi ? Comment ? Jacques Ady, paysan bio en Rhône-Alpes, nous présente son point de vue.

Cet article est extrait du second numéro de La Traverse.
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/13070

Texte au format PDF à télécharger ici : http://www.les-renseignements-genereux.org/var/fichiers/traverse/la_traverse_2-auton-paysanne.pdf

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MessageSujet: Re: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   3/11/2011, 03:38

Treize reportages sur des lieux alternatifs


Publication de 13 reportages sur des lieux alternatifs en France, en Italie et au Royaume-Uni :

La Tartine en Savoie,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10183

Le Monde allant vers... dans le Limousin,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10189

La maison des femmes et La Rôtisserie à Paris,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10191
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10185

La maison de l'écologie, Pignon sur rue et Les jardins partagés à Lyon,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10193
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10187
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10197

Le lycée autogéré à Saint-Nazaire,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10195

Les ateliers de la Bergerette à Beauvais,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10199

Les Amanins et Le Béal dans la Drôme,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10201
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10203

Urupia en Italie,
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10178

Totnes au Royaume-Uni.
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes/10180

Tous ces articles sont extraits de la revue Silence et publiés avec l'aimable autorisation de ce mensuel associatif.


http://www.les-renseignements-genereux.org/actualites/10205


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MessageSujet: le bon consommateur (pamphlet sur la consommation de masse)   8/2/2012, 23:32

le bon consommateur

(pamphlet sur la consommation de masse)




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MessageSujet: Re: Fondamentaux sur la Société de Consommation et les remèdes possibles   28/5/2015, 17:59

Un dispositif de pouvoir foucaldien emblématique : le supermarché



La notion de « dispositif de pouvoir » vient de Foucault. Il en dégage les traits généraux (que nous reprendrons ici) et explique pourquoi ils doivent être étudiés de près : ils ont une influence considérable sur ce que nous sommes, sur les choix que nous pouvons faire pour déterminer nos vies quotidiennes, sur les manières de vivre et les trajectoires que nous pouvons trouver. Ils sont tellement familiers et discrets que nous avons du mal à mesurer l’ampleur de leur influence. Nous allons montrer, schématiquement, en quoi les dispositifs déterminent largement nos vies, pour cela nous étudierons un dispositif paradigmatique, le supermarché.

Face aux dispositifs de pouvoir, nous intériorisons la contrainte
Il y a quelque chose de fondamentalement commun aujourd’hui entre les lieux d’enseignement, la prison, l’entreprise, l’hôpital, la caserne, la gare, le réseau routier, la salle de spectacle, le lieu de culte, certains sites Internet, etc. Dans tous ces lieux, les individus sont, à des degrés divers, soumis à une discipline, permise par diverses techniques communes qui relèvent principalement d’une maîtrise :

   de ce qui peut être vu : on surveille et on cache ;
   de ce qui peut être dit et entendu : des discours écrits ou oraux ;
   de l’aménagement architectural : on organise l’espace pour encourager ou dissuader des actions.

En croisant ces diverses techniques, et en les mettant au service d’un objectif disciplinaire, on parvient non seulement à faire faire aux individus ce que l’on attend d’eux, mais cela va plus loin, on les rendra auto-disciplinés. À force de fréquenter des dispositifs de pouvoir, nous intériorisons la contrainte diffuse, et nous finissons par en « prendre notre parti », par « nous y faire », par « faire de mauvaise fortune bon cœur », parce que nous ne voyons pas comment faire autrement. Nous nous ajustons aux dispositifs, tant bien que mal.

Donnons un exemple, celui du supermarché. En quoi me contraint-il, et en quoi me transforme-t-il ? L’influence des dispositifs est, explique Foucault, largement microphysique, c’est-à-dire qu’elle est permise par une accumulation de micro-influences, auxquelles nous ne prêtons pas attention, mais qui pourtant ont des effets d’ensemble considérables. Il s’agit d’un mécanisme similaire au « harcèlement moral », qui consiste à faire souffrir autrui par une accumulation de micro-violences, qui, considérées isolément, ne sont pas assez consistantes pour révéler la violence exercée. Le harceleur agit par petites touches, et tant que le harcelé ne fait pas une liste des micro-violences, il ne peut pas prendre conscience, et/ou faire prendre conscience à un tiers, de la violence d’ensemble qu’il subit. De la même façon, tout dispositif agit discrètement, par une accumulation d’incitations et d’interdictions qui semblent, si on les considère une à une, tout à fait anodines. Celui qui voudra prendre conscience de ce que les dispositifs font de lui et des autres, devra faire le même travail d’étude minutieuse, il lui faudra faire une liste afin de prendre une vue d’ensemble, permettant de rendre visible l’action globale des dispositifs. Esquissons cette liste pour le supermarché.

Le supermarché maîtrise le visible et l’invisible

Le supermarché est conçu pour me faire faire un long circuit, afin que je passe devant d’innombrables produits. Ainsi, avant de pouvoir entrer dans le magasin je devrai voir d’autres magasins (ceux d’une « zone commerciale », dont les terrains peuvent être loués par le supermarché à des enseignes choisies par lui ; mais aussi ceux d’une « galerie commerçante » par laquelle je devrai inévitablement passer).

Une fois dans le magasin, un grand nombre de stratagèmes sont en place, pour que je sois tenté d’acheter des produits, ou au moins que je me pose les questions « en ai-je besoin ? », « est-ce une bonne affaire ? », « peut-être que je pourrais essayer ce produit ? », etc. En voici quelques-uns.

On met à l’entrée du magasin, sur notre chemin, sur des palettes, des produits en grandes quantités, ce qui a pour effet de nous faire penser que ces produits sont sans doute bon marché, puisque le magasin en a commandé un gros stock, et qu’il ne va même pas prendre la peine de les mettre en rayon, anticipant peut-être sur le fait que ces produits vont être rapidement achetés.

Le supermarché met ainsi les produits sur lesquels il fait le plus de bénéfices dans des emplacements stratégiques, ces emplacements sont précisément ceux que nous voyons le plus et ceux que nous croyons être des lieux de « bonnes affaires ». Les « têtes de gondoles », sur le côté des rayons, sont ainsi particulièrement recherchées par les marques, à tel point qu’elles payent les magasins pour bénéficier des ces emplacements. Les spécialistes du marketing appellent ces lieux, que nous regardons plus que les autres ou avec plus d’attention que les autres, des « zones chaudes » (les autres zones étant « froides ») ; le magasin pourra placer dans les « zones chaudes » des produits que le client n’aurait pas forcément acheté spontanément, et il pourra placer en « zone froide », à l’inverse, des produits pour lesquels il sait que le client est prêt à passer du temps de recherche (qui peuvent être aussi parfois des produits à faible marge). Ainsi, lorsqu’on pénètre dans un rayonnage en tournant à gauche, le rayonnage de droite est une « zone chaude », alors que celui de gauche, qui se trouvera derrière nous sera une « zone froide », et dans le rayonnage qui nous fait ensuite face, on a à nouveau des zones plus « vendeuses » que les autres : celles sur lesquelles le regard accroche le plus souvent lorsqu’il « lit » le rayon, comme on lit un texte, de gauche à droite, et celles qui sont directement à hauteur du regard (et à portée de la main).

Le magasin est agencé pour que notre circuit soit le plus long possible, afin que nous croisions du regard d’innombrables produits, et il exploite jusqu’au bout la possibilité qu’il a d’avoir le monopole de ce qui nous est donné à voir pendant toute la durée des courses, puisqu’il profite même du temps d’attente à la caisse pour mettre sous nos yeux certains produits. Pour résumer, le supermarché me fait voir :

   des magasins choisis à qui il loue des emplacements ;
   des produits choisis mis en scène pour me leurrer ;
   des produits choisis disposés intentionnellement dans les zones où mon regard se pose le plus fréquemment ou le plus longuement.

On peut dire que le magasin met en place une véritable économie du visible, dont il faut saisir qu’elle est efficace parce qu’elle est croisée avec les économies des discours et des corps, que nous allons évoquer à présent.

Le supermarché maîtrise les discours

Une véritable économie des discours est également mise en œuvre, en voici rapidement quelques exemples. On met en avant certains discours (« c’est l’anniversaire du magasin », « on a changé la recette de ce produit », « soyez malin, achetez le format familial », etc.), et on défavorise d’autres discours, en en rendant l’accès difficile ou impossible (petits caractères, liste pénible à lire, vocabulaire dont le sens peut nous échapper, absence de prix, etc.). Le lieu n’est pas du tout propice à des échanges sociaux (le magasin est conçu pour canaliser un flux ininterrompu, dès que l’on s’arrête on devient gênant pour les personnes qui sont derrière nous). Je ne peux pas trouver d’interlocuteur pouvant me conseiller objectivement, je ne peux me plaindre qu’à des personnes qui pourront toujours me comprendre mais n’auront aucune influence sur l’organisation générale du supermarché. Le personnel du magasin n’a pas le temps de discuter avec moi et n’a pas la possibilité de me dire certaines choses (le supermarché fait tout pour que le personnel ne soit employé qu’à des tâches directement rentables, il s’efforce notamment, à l’aide des statistiques, d’avoir toujours le minimum de caisses ouvertes, ce qui fait qu’elles sont toujours saturées et qu’une conversation est impossible avec le client, car un autre s’impatienterait ; en outre, le vendeur est formé pour me faire acheter les produits sur lesquels la marge est la plus forte, et non pour me conseiller selon mes intérêts). Ainsi on régule ce qu’il m’est dit et ce que je peux dire, grâce à une économie des discours.

Le supermarché maîtrise mon corps

Enfin, une économie des actes et des gestes corporels est aussi en place. On ne voit pas communément à quel point le supermarché a transféré de son personnel (payé par lui) au client, une foule d’actions. En voici quelques-unes :

   je me déplace à l’extérieur de la ville (le supermarché abaisse ses coûts de livraison, son prix d’achat de terrain et ses impôts) ;
   je m’occupe de trouver un chariot, que je devrai aussi ranger ;
   je me débrouille seul pour trouver les produits et les choisir ;
   je transporte moi-même jusqu’aux caisses les produits que je n’ai pas encore achetés ;
   je m’occupe de les sortir du chariot puis de les y remettre, afin qu’ils soient scannés (ou même je les scanne moi-même) ;
   j’insère ma carte bancaire dans la machine prévue à cet effet, je prévois de me munir d’une pièce d’identité si je paye par chèque, je m’applique à ne pas voir l’air suspect.

Le client est ainsi devenu un instrument du supermarché, un employé bénévole, d’autant plus consentant qu’il ne remarque même pas qu’il travaille pour le magasin.

Face au dispositif de pouvoir, l’aliénation de l’individu

Nous avons fait la liste de nombreuses micro-influences mises en œuvre par le supermarché à notre insu. On me fait voir et on me cache, on me regarde sans être vu, on régule les discours auxquels je puis avoir accès et que je pourrais tenir, et on met à contribution mon corps. Prenons bien ici conscience qu’un tel individu est aliéné par le dispositif de pouvoir qu’il fréquente. Enfin, remarquons ici très rapidement trois choses :

   l’action des dispositifs n’est pas intentionnelle, personne n’est en toute conscience au commande d’une telle machine d’aliénation (mais chacun d’entre-nous en est un rouage, et presque tous nous agissons pour que la machine fonctionne telle qu’elle fonctionne) ;
   il faut bien saisir aussi que nous passons une bonne part de nos vies dans les dispositifs, ainsi lorsque je sors du supermarché je ne suis pas libéré, puisqu’un autre dispositif prend le relais (le réseau routier, la voiture, l’ordinateur, le lieu de travail, etc.) ;
   tout dispositif de pouvoir n’est pas mauvais en soi, le projet de l’école par exemple est tout à fait louable, le problème apparaît lorsque le dispositif est orienté vers les intérêts de certains individus qui en instrumentalisent d’autres. Si la fin effective du dispositif est l’intérêt de tous (et des générations futures), alors son influence est tout à fait bienvenue.

Ainsi il est urgent de développer une science des dispositifs, dont l’objet ne serait pas d’optimiser l’aliénation des individus, mais bien de dévoiler cette aliénation et d’inventer de nouveaux dispositifs favorisant le développement de formes de vie autonomes et heureuses.

http://iphilo.fr/2015/03/30/un-dispositif-de-pouvoir-foucaldien-emblematique-le-supermarche-simon-lemoine/

PS : un moyen plus simple de se protéger de tout cela : ne plus mettre un pied dans ce genre d'endroit !

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