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 Violence sexuelle, dissociation et personnalité multiple

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MessageSujet: Violence sexuelle, dissociation et personnalité multiple   19/12/2011, 22:21

Je ne savais pas trop ou caser ce topic, il aurait pu prendre place en rubrique pédocriminalité. Si quelqu'un souhaite le transfèrer, aucun souci.

L'article qui suit est une explication du phénomène de dissociation suite à des violences extrèmes . Explication intéressante, cela dit, pas non plus reconnue officiellement: on rentre ici dans un domaine bien spécifique, une science utilisée par des "personnes malintentionnées" l'utilisant dans un but de contrôle, d'ou le trouble quand à l'explication claire de ce phénomène dans les programmes de psychiatrie et psychologie.

En effet, on peut rapprocher le phénomène de dissociation avec les techniques de programmation mentale qui aboutissent au trouble de personnalité multiple renommé Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI).

Toute personne ayant ce trouble ne doit pas être automatiquement associée à une programmation mentale volontaire faite par autrui. Les violences extrêmes ayant cette conséquence qu'on en ait conscience ou non.


Voici l'article "Violence sexuelle et Dissociation" du Dr Salmona

(Je précise que je poste cet article en simple partage sur quelque chose qui me parait intéressant, car sujet généralement ignoré par la psy, et laisse le soin à ceux qui détecteront une éventuelle tromperie ou stratégie de paratonnerre, de le signaler de façon argumentée dans ce topic. Le lien du site étant donné en fin d'article)


Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des
conséquences graves sur la santé à soigner


Docteur Muriel Salmona, octobre 2009


Les violences sexuelles sont à l'origine de graves conséquences sur la santé mentale et physique directement liées à l'installation de troubles psychotraumatiques sévères qui, s'ils ne sont pas pris en charge spécifiquement, peuvent se chroniciser et durer de nombreuses années, voire toute une vie.

Ces troubles psychotraumatiques sont très fréquents lors de violences sexuelles, avec 80 % de risque de les développer en cas de viol (alors que lors de traumatismes en général il n'y a que 24 % de risques). Ce sont des conséquences normales des violences. Ils sont pathognomoniques, c'est à dire qu'ils sont spécifiques et qu'ils sont une preuve médicale du traumatisme.

Ces troubles psychotraumatiques sont méconnus presque jamais identifiés, ni diagnostiqués (les médecins, les psychiatres ne sont pas formés), les victimes sont abandonnées sans traitement spécialisé. Tout se passe comme si on laissait un polytraumatisé après un accident se réparer tout seul sans soin, au pire il pourrait en mourir, se retrouver le plus souvent avec de lourdes séquelles et de lourds handicaps, et au mieux s'en sortir à peu près mais après quelles souffrances !! C'est ce qui se passe pour les victimes de violences sexuelles alors qu'elles sont polytraumatisées psychiquement et neurologiquement on les laisse sans soin, alors qu'il existe des soins efficaces. C'est inhumain. Et comble de l'injustice, on leur reproche sans cesse leurs symptômes et leurs handicaps.

Ces troubles psychotraumatiques sont générés par des situations de peur et de stress extrêmes provoquées par les violences. Ces violences sexuelles sont tellement terrorisantes, sidérantes, incompréhensibles, incohérentes et impensables qu'elles vont pétrifier le psychisme - le mettre en panne - de telle sorte qu'il ne pourra plus jouer son rôle de modérateur de la réponse émotionnelle déclenchée par l'amygdale cérébrale qui joue un rôle d'alarme en commandant la sécrétion d'adrénaline et de cortisol (hormones de stress). La réponse émotionnelle monte alors en puissance sans rien pour l'arrêter et atteint un stade de stress dépassé qui représente un risque vital cardio-vasculaire (adrénaline) et neurologique (cortisol) par "survoltage" et impose la mise en place par le cerveau de mécanismes de sauvegarde neurobiologiques exceptionnels sous la forme d'une disjonction.


C'est un court circuit qui isole l'amygdale cérébrale et qui permet d'éteindre la réponse émotionnelle. Cette disjonction se fait à l'aide de la libération par le cerveau de neuromédiateurs qui sont des drogues dures endogènes morphine-like et kétamine-like.

La disjonction entraîne une anesthésie émotionnelle et physique alors que les violences continuent et elle donne une sensation d'irréalité, de déconnexion, de corps mort, de n'être plus dans la situation mais de la vivre de l'extérieur en spectateur, c'est ce qu'on appelle la dissociation. La dissociation peut parfois s'installer de manière permanente donnant l'impression de devenir une automate, d'être dévitalisée, déconnectée, anesthésiée, confuse, une morte-vivante.
La disjonction est aussi à l'origine de troubles de la mémoire (amnésie) et d'une mémoire traumatique, la mémoire émotionnelle des violences va rester piégée dans l'amygdale, isolée elle ne pourra pas être traitée par l'hippocampe (structure cérébrale qui est un logiciel de traitement et d'encodage de la mémoire consciente et des apprentissages). Cette mémoire traumatique va alors rester en l'état, surchargée d'effroi, de détresse, de douleur et exploser ensuite à distance des violences de manière incontrôlable au moindre lien ou stimulus qui rappellent les violences (situations, lieux, odeurs, sensations, émotions, stress, etc...). Elle fait revivre à l'identique, de façon intolérable les violences avec les mêmes émotions, les mêmes sensations, le même stress dépassé lors des réminiscences ou lors de cauchemars. Elle envahit totalement la conscience et provoque une détresse, une souffrance extrême et à nouveau un survoltage et une disjonction.

La vie devient un enfer avec une sensation d'insécurité, de peur et de guerre permanente. Il faut être dans une vigilance de chaque instant pour éviter les situations qui risquent de faire exploser cette mémoire traumatique. Des conduites d'évitement et de contrôles de l'environnement se mettent alors en place. Toute situation de stress est à éviter, il est impossible de relâcher sa vigilance, dormir devient extrêmement difficile.
La vie devient un terrain miné par cette mémoire traumatique qui est tout le temps susceptible d'exploser en se rechargeant encore plus à chaque fois, et en créant au bout d'un certain nombre d'explosions une accoutumance aux drogues dures endogènes disjonctantes. À cause de cette accoutumance l'état de stress dépassé avec sur-voltage ne peut plus être calmé par la disjonction, la souffrance devient intolérable, avec une impression de mort imminente. Pour y échapper il n'y a plus comme solution que de recourir au suicide ou à des conduites dissociantes, c'est à dire à des conduites qui augmentent brutalement le niveau de stress pour arriver coûte que coûte à sécréter suffisamment de drogues dures endogènes (pour disjoncter malgré l'accoutumance), ou qui renforcent l'effet des drogues endogènes grâce à une consommation de drogues exogènes (alcool, drogues, psychotropes à hautes doses).

Ces conduites dissociantes sont des conduites à risques et de mises en danger :
sur la route ou dans le sport, mises en danger sexuelles, jeux dangereux, consommation de produits stupéfiants, violences contre soi-même comme des auto-mutilations, violences contre autrui (l'autre servant alors de fusible grâce à l'imposition d'un rapport de force pour disjoncter). Rapidement ces conduites dissociantes deviennent de véritables addictions. Ces conduites dissociantes sont incompréhensibles et paraissent paradoxales à tout le monde (à la victime, à ses proches, aux professionnels) et sont à l'origine chez la victime de sentiments de culpabilité et d'une grande solitude. Elles représentent un risque très importants pour sa santé (accidents, maladies secondaires aux conduites addictives).



La prise en charge est essentielle, elle consiste à :


1- faire cesser les violences, mettre à l'abri et en sécurité, faire appel à la loi

2- donner des informations et expliquer les mécanismes psychologiques et neurobiologiques psychotraumatiques pour que les victimes comprennent ce qui leur arrive, pour qu'elles puissent se déculpabiliser et avoir une boîte à outil pour mieux se comprendre, mieux se protéger et mieux se soigner (cf la plaquette d'information "si
vous subissez des violences")

3- orienter vers des centres de soins spécialisés avec des médecins formés à la psychotraumatologie.

4- soigner : soulager la souffrance psychique en priorité, aider à éviter les conduites dissociantes, identifier la mémoire traumatique qui prend la forme de véritables mines qu'il s'agit de localiser, puis patiemment de désamorcer et de déminer, en rétablissant des connexions neurologiques, en faisant des liens et en réintroduisant des
représentations mentales pour chaque manifestation de la mémoire traumatique. Il s'agit de "réparer" l'effraction psychique initiale, la sidération psychique liée à l'irreprésentabilité des violences. Effraction responsable d’une panne psychique qui rend le cerveau incapable de contrôler la réponse émotionnelle ce qui est à l'origine du stress dépassé, du survoltage, de la disjonction, puis de l'installation d'une dissociation et d'une mémoire traumatique. Cela se fait en "revisitant" le vécu des violences, accompagné pas à pas par un "démineur professionnel" avec une sécurité psychique offerte par la psychothérapie et si nécessaire par un traitement médicamenteux, pour que ce vécu puisse petit à petit devenir intégrable car mieux représentable, mieux compréhensible, en mettant des mots sur chaque situation, sur chaque comportement, sur chaque émotion, en analysant avec justesse le contexte, ses réactions, le comportement de l'agresseur. Cette analyse poussée permet au cerveau associatif et à l'hippocampe de refonctionner et ainsi de reprendre le contrôle des réactions de l'amygdale cérébrale et d'encoder la mémoire traumatique émotionnelle pour la transformer en mémoire autobiographique consciente et contrôlable. Le but, c'est de ne jamais renoncer à tout comprendre, ni à redonner du sens, tout symptôme, tout cauchemar, tout comportement qui n’est pas reconnu comme cohérent avec ce que l’on est fondamentalement, toute pensée, réaction, sensation incongrue doit être disséqué pour le relier à son origine, pour l'éclairer par des liens qui permettent de le mettre en perspective avec les violences subies. Par exemple une odeur qui donne un malaise et envie de vomir se rapporte à une odeur de l'agresseur, une douleur qui fait paniquer se rapporte à une douleur ressentie lors de l'agression, un bruit qui paraît intolérable et angoissant est un bruit entendu lors des violences comme un bruit de pluie s'il pleuvait, un bruit de chaudière si le viol a été commis tout à côté d'une chaudière, une heure de la journée peut être systématiquement angoissante ou peut entraîner une prise d'alcool, des conduites boulimiques, des raptus suicidaires, des auto-mutilations s'il s'agit de l'heure de l'agression, une sensation d’irritation, de chatouillement ou d’échauffement au niveau des organes génitaux survenant de façon totalement inadaptée dans certaines situations peut se rapporter aux attouchements subis, des “fantasmes sexuels” violents, très dérangeants dont on ne veut pas mais qui s’imposent dans notre tête ne sont que des réminiscences traumatiques des viols ou des agressions sexuelles subies...

Rapidement, ce travail se fait quasi automatiquement et permet de sécuriser le terrain psychique car, lors de l'allumage de la mémoire traumatique, le cortex pourra aussitôt contrôler la réponse émotionnelle et apaiser la détresse sans avoir recours à une disjonction spontanée ou provoquée par des conduites dissociantes à risque. La victime devient experte en "déminage" et poursuit le travail toute seule, les conduites dissociantes ne sont plus nécessaires et la mémoire traumatique se décharge de plus en plus, la sensation de danger permanent s'apaise et petit à petit il devient possible de se retrouver, et d'arrêter de survivre, pour vivre enfin.

Les violences en général, et les violences sexuelles en particulier ont donc de très graves conséquences et sont une atteinte à l'intégrité physique et psychique des victimes. Si les victimes ne sont pas soignées leur vie risque d’être fracassée.

Les violences sont à l'origine de nouvelles violences dans un processus sans fin du fait de la mémoire traumatique et des conduites dissociantes violentes contre soi-même ou contre autrui. Les conduites dissociantes contre autrui sont choisies par un petit nombre de victimes qui vont se ranger du côté des agresseurs, du côté des dominants et s'autoriser à se dissocier et s'anesthésier en transformant une personne en fusible pour disjoncter sans risque par la violence extrême et insensée qu'ils lui font subir. La victime est toujours innocente face aux violences, elle est piégée dans un scénario qui ne la concerne pas, à jouer de force le rôle de victime. Ces conduites violentes ne sont possibles que dans un cadre inégalitaire qui permet de fabriquer des victimes toutes désignées et de les instrumentaliser le plus souvent en toute impunité.


Les violences sexuelles ne sont pas une fatalité, elles n'ont rien à voir avec la sexualité et le désir sexuel, elles ne sont que des violences terriblement efficaces (les plus efficaces avec la torture) pour détruire, dégrader et soumettre l'autre. Il est possible de lutter contre elles en protégeant les droits, la sécurité et l'accès aux soins de ceux qui en sont le plus les victimes : les enfants et les femmes, en œuvrant pour qu'ils bénéficient d'une réelle égalité, et en ne laissant pas impunies ces infractions pénales.



Dr Muriel Salmona
psychiatre, psychotraumatologue
responsable de l’Antenne 92 de
l’Institut de Victimologie
drmsalmona@gmail.com
site internet actif à partir de novembre 2009 :

http://www.memoiretraumatique.org/accueil.html


Le mur amnésique traumatique:

Violences sexuelles et situations paradoxales de dépendance à l'agresseur liées à la mémoire traumatique, la dissociation et aux conduites dissociantes.

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Documents-pdf/La_victime_c_est_la_coupable_4_septembre_2011_Muriel_Salmona.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Documents-pdf/article-pour-Diploweb-septembre-2010.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/doc_violences_sex/traumatismes_sexuels_et_dependance_a_l_agresseur.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/doc_violences_sex/dissociation_violences_sexuelle.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/doc_violences_sex/cons_troubles_psychotrauma_sur_prise_en_charge_victimes_de_viols.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/doc_violences_sex/propositions_ameliorer_prise_en_charge_des_victimes_de_violences_sexuelles.pdf


Dernière édition par nex le 20/12/2011, 00:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Violence sexuelle, dissociation et personnalité multiple   19/12/2011, 22:28

Quelques exemples de personnes souffrant de "Trouble Dissociatif de l'Identité" (TDI)











Dans un registre un peu plus dur:


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MessageSujet: Re: Violence sexuelle, dissociation et personnalité multiple   23/12/2011, 02:40

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur


Voici un article écrit pour notre site (traumapsy.com) par Mr Vincent Corbo du laboratoire de recherche sur le trauma de l’université Mc Gill de Montréal. C’est peut-être un peu compliqué à comprendre mais accrochez-vous...C’est vraiment important de savoir ce qui se passe au niveau neurologique quand on est confronté à une situation effroyable.. et la recherche n’en est qu’à ses débuts...


Neuro-imagerie et Etat de Stress Post-Traumatique



Par Vincent Corbo M.Sc.

Centre de Recherche de l’Hôpital Douglas, Division de Recherche Psychosociale,

Groupe d’Imagerie Cérébrale

Université McGill, (Québec) Canada

Depuis quelques années, la recherche s’est penchée sur les éléments neurobiologiques relatifs aux États de Stress Post-Traumatique (ESPT). Plusieurs de ces éléments ont été examinés avec attention par le biais des techniques de neuro-imagerie structurelle ( qui montre la structure du cerveau : CT-scan et Imagerie par Résonance Magnétique, ou IRM) et fonctionnelle ( qui montre le cerveau en activité : PET-scan et Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle, ou IRMf). Le but de ces études est d’identifier si les modifications enregistrées dans la structure ou le fonctionnement du cerveau des personnes victimes de traumatisme psychique et souffrant de troubles de stress post- traumatiques sont la conséquence des psychotraumatismes ou un facteur prédisposant la personne à ces troubles. Afin de bien comprendre ces recherches, il nous faut au préalable décrire le modèle théorique de la peur et du stress.

1. Un Modèle Neurobiologique de l’ESPT : Le conditionnement et l’extinction.

Un des modèles neurobiologiques de l’ESPT conçoit les psychotraumatismes comme une forme de conditionnement de peur. Le conditionnement est une forme d’apprentissage par association de deux (ou plusieurs) stimuli. Par exemple, on présente une lumière verte à un rat, suivie immédiatement d’un choc électrique. Le rat apprend parfois après un seul test, à avoir peur de la lumière verte. Si le conditionnement est assez fort, la réaction de peur (ou dans le cas d’individus traumatisés, la détresse émotionnelle) peut apparaître lors de la présentation d’un stimulus différent mais apparenté au stimulus traumatisant original. Il pourrait s’agir, pour suivre dans le même exemple du rat, de la présentation d’une lumière bleue.

Une autre notion théorique importante est celle d’extinction.

C’est le processus par lequel l’animal (ou l’individu) apprendrait à ne plus avoir peur. Cet apprentissage se fait en présentant un grand nombre de fois le stimulus redouté (par exemple la lumière verte) sans qu’aucune conséquence négative ne survienne (le choc électrique). Il est essentiel de comprendre que ceci n’est pas un oubli de l’ancienne association, mais bien un nouvel apprentissage qui prime dorénavant sur l’apprentissage antérieur. Si le processus d’extinction réussit et est consolidé dans la mémoire, la réaction de détresse / peur disparaît. Naturellement, il est plus facile de traiter la peur qu’inspire une lumière verte chez un rat que de traiter la détresse et l’angoisse qu’inspire la série d’éléments qui nous rappelle un événement traumatique.

Il y a donc deux phases cruciales dans le conditionnement de peur, soit l’acquisition et l’extinction. Ceci compose le modèle neurobiologique de l’ESPT, qui prédit que le trauma est en fait un conditionnement de peur qui résiste au processus d’extinction.

L’évitement est un aspect crucial du processus de consolidation de l’apprentissage de peur car il ralentit l’extinction. En évitant les stimuli qui provoquent les réactions de détresse et de peur, l’individu évite les sensations, les émotions négatives reliées au souvenir du trauma (par exemple aller à l’endroit où on a eu « son » accident ).et ne peut apprendre que la présence du stimulus n’est pas toujours signe de menace. Ainsi, les personnes qui évitent des éléments rappelant le traumatisme ne peuvent intégrer de nouveaux apprentissages par rapport au traumatisme. Les statistiques épidémiologiques supportent indirectement ce modèle neurologique, en indiquant que, la plupart des victimes qui sont exposées à un événement traumatique, qui ont un ESPT un mois après l’événement traumatique, et qui acquièrent ce conditionnement, se remettent naturellement de cet événement. Cela voudrait donc dire que la plupart des victimes ont un processus d’extinction efficace. Par contre, il demeure un pourcentage d’individus qui n’ont pas ce processus d’extinction, qui pratiquent l’évitement et chez qui l’apprentissage de peur se consolide et se généralise. Les études neurologiques, tentent donc d’examiner quelles structures neurologiques (quelles parties du cerveau) sont impliquées dans le conditionnement de peur et dans l’extinction afin de pouvoir intervenir au bon moment avec une thérapie appropriée qui sache aider le processus naturel d’extinction et empêcher le réflexe d’évitement.

2. Les études neurologiques sur l’ESPT

Les études neurologiques faites sur l’ESPT s’appuient largement sur les connaissances dérivées des études effectuées chez le rat sur le conditionnement de peur et le stress. Le raisonnement de ces études était simple : puisque tous les mammifères possèdent un cerveau limbique semblable, les résultats obtenus chez le rat devraient trouver une certaine correspondance chez l’être humain. Plus précisément, ces études ont révélé que trois structures spécifiques pourraient être impliquées dans l’ESPT. Celles-ci sont les amygdales, les hippocampes et le cortex cingulaire antérieur.

Reconstruction tridimentionnelle du cerveau.


Rouge = Amygdales
Bleu = Hippocampes
Vert = Cortex Cingulaire Antérieur

*cette image nous a été fournie gracieusement par le Dr Jorge Armony




Les amygdales

L’amygdale est une petite structure du système limbique (C’est bien dans le cerveau, même si elle porte le même nom que celles qui sont dans la gorge) comportant plusieurs ensembles fonctionnels situés dans la partie antérieure des lobes médio-temporaux. Elle est constituée de plusieurs noyaux qui reçoivent des informations des aires sensorielles (comme l’odorat, la vue, le toucher, l’audition, etc…), qui sont connectés au cortex limbique, à l’hippocampe et à divers centres impliqués dans la réaction de stress comme l’hypothalamus, la glande maîtresse qui provoque la sécrétion des hormones de stress telles que le cortisol.

Les différentes études chez le rat s’entendent sur le fait que l’amygdale est impliquée dans l’apprentissage de la peur, dans la consolidation de cet apprentissage, ainsi que dans les réactions ultérieures aux stimuli de stress. Ainsi, les études de neuroimagerie fonctionnelle ont donc cherché à savoir si l’amygdale était plus ou moins activée chez des personnes souffrant d’ESPT, lorsqu’elles sont comparées à des sujets qui ne souffrent pas d’ESPT. Les résultats obtenus jusqu’ici tendent à montrer que l’amygdale serait hyperactivée chez des personnes souffrant d’ESPT comparées à des participants sains. Ceci pourrait expliquer les réactions de sursaut, les souvenirs intrusifs ainsi que l’état d’hypervigilance constante.

Les hippocampes

L’hippocampe est une petite structure sous-corticale, située dans les lobes temporaux. Cette structure est connue pour son rôle central dans la mémoire, permettant le transfert des informations autobiographiques et sémantiques ( les évènements culturels, ceux qui se rapportent à l’interprétation) de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme. Elle est aussi impliquée dans l’orientation spatiale et dans l’estime de soi. L’hippocampe présente un grand nombre de récepteurs aux glucocorticoïdes, donc au cortisol, l’hormone de stress qui est sécrétée lorsqu’un stress est perçu.

Une autre voie qui a mené à l’étude de l’hippocampe est le fait que les personnes atteintes d’ESPT ont souvent des difficultés à se souvenir d’éléments de la vie courante, comme les éléments d’une liste d’épicerie, des numéros de téléphone. Certains ont également de la difficulté à se souvenir ou à raconter certains aspects leur événement traumatique sous forme d’un récit cohérent.

Plusieurs études de neuroimagerie structurelle ont examiné le volume de l’hippocampe chez des personnes atteintes de stress post-traumatique. Ces études ont révélé que le volume de l’hippocampe est souvent plus petit chez des personnes souffrant d’ESPT lorsqu’il est comparé à celui d’autres personnes, principalement des personnes n’ayant jamais été exposées à un événement traumatique. Et si le volume d’une structure est plus petit, voire atrophié, peut-être que cette structure fonctionne moins bien.

Par contre, les études ne peuvent s’entendre sur le lien de cause à effet. Il y a deux possibles interprétations de ces résultats :

1. un volume plus petit est une des conséquences de la présence de l’ESPT pendant plusieurs années, étant donné l’effet toxique des hormones de stress sur les neurones de l’hippocampe.
2. un volume plus petit est un facteur de risque qui, lorsque la personne est exposée à un événement traumatique, entraînera l’incapacité à se remettre du trauma. (Une seule étude à ce jour supporte cette deuxième hypothèse). Ce n’est que par le biais d’études futures que nous devrions obtenir une meilleure compréhension du rôle de l’hippocampe dans l’ESPT.

Le Cortex Cingulaire Antérieur

Le cortex cingulaire antérieur (CCA) est une portion des régions limbiques frontales qui enveloppe le corps calleux, partie de matière blanche qui unit les deux hémisphères cérébraux. Le rôle de cette région cérébrale n’est pas encore très bien compris, mais certaines études tendent à montrer qu’elle est impliquée dans les processus d’autorégulation, et qu’elle peut stopper l’activité de l’amygdale. Donc, ce cortex sert notamment à empêcher des réactions de peur qui s’avèrent inappropriées. Il faut mentionner que le traitement de l’information par l’amygdale est grossier mais très rapide, tandis que le traitement de l’information du CCA ( Cortex Cingulaire Antérieur) – plus riche — est cependant plus lent, d’où son rôle inhibiteur. Tel que nous l’avons vu dans la section sur le modèle neurobiologique de l’ESPT, le CCA serait responsable de concert avec l’hippocampe de l’extinction du conditionnement de peur. Plusieurs études on donc cherché à voir quel était l’état d’activation de cette structure lors de la présence de symptômes, chez des individus souffrant d’ESPT. Sept des neufs études qui ont étudié la question ont observé un niveau d’activation inférieur du CCA chez les personnes atteintes d’ESPT lors de la présentation d’éléments relatifs au trauma. Par contre, les deux autres études ont trouvé des niveaux d’activation égaux ou supérieurs chez les personnes atteintes d’ESPT. Enfin, mentionnons que parmi les études ayant trouvé un niveau d’activation inférieur, une d’elles a trouvé que cet effet était présent lors de la présentation d’éléments tristes ou neutres, et non uniquement lors de la présentation d’éléments relatifs au trauma. Une étude récente a examiné la relation entre le niveau d’activation de l’amygdale et du CCA : si le CCA est bel et bien un inhibiteur de l’amygdale, (l’empêche de fonctionner normalement) alors leurs niveaux d’activations devraient fluctuer selon des patrons similaires. Or, cette étude rapporte n’avoir trouvé aucune corrélation significative entre les niveaux d’activation des deux structures.

Le CCA pourrait donc jouer un rôle dans l’ESPT, mais ceci demeure encore incertain. Deux études ont examiné si le volume du CCA était différent chez les personnes atteintes d’ESPT. Selon la première étude, les personnes souffrant d’ESPT auraient un volume plus petit du CCA au niveau de la portion dorsale gauche de cette structure, une région associée à des fonctions plus cognivites (pour apprendre et comprendre) qu’émotionnelles. Selon la deuxième étude, les deux autres sous-divisions du CCA, soit la partie antérieure et inférieure au corps calleux, auraient un volume plus petit chez les personnes souffrant d’ESPT, mais il n’y aurait aucune différence au niveau dorsal du CCA. De plus les sujets de la première étude avait un ESPT dans les cinq dernières années : il est donc possible que l’effet observé ne soit pas lié à l’ESPT. Pour ce qui est de la deuxième étude, tous les sujets souffraient d’ESPT depuis longtemps : les résultats ne permettent donc pas d’attribuer un rôle causal au CCA.

3. Conclusions

Il est donc certain que le cerveau des personnes exposées à un événement traumatique, et qui développent un ESPT persistant n’est pas en tout point semblable à celui de personnes normales. Il semble que le centre nerveux responsable de l’émotion de peur soit hyperactivé, alors que les centres responsables de l’inhiber ( de la stopper) ne soient pas aptes à la supprimer tels qu’ils le devraient. Cela dit, l’ESPT est un trouble complexe et il est possible que de nombreuses autres structures participent au développement et à la persistance de ce trouble. Par souci de simplicité, nous nous sommes contentés de ne revoir que les structures les plus examinées. Nous sommes donc encore à un stade précoce dans la compréhension des bases neurales de ce trouble. Cela dit, de plus en plus de chercheurs s’intéressent à cette question.

Par ailleurs ce n’est pas parce qu’une cause possible est trouvée dans le cerveau que nous devons adopter une position fataliste et déterministe. Ce n’est pas parce que certaines structures sont plus petites ou moins activées que nous devons croire qu’il en sera toujours ainsi. La capacité première du cerveau est celle d’apprendre. Les études de neuroimagerie, en nous indiquant quelle structure cérébrale (et donc quelle fonction) est touchée, nous aideront à valider ou développer des traitements psychothérapiques et pharmacologiques pour venir en aide à ceux qui souffrent d’ÉSPT.

Pour en savoir plus :

1. Ledoux, J., Le Cerveau des Émotions, Éditions Odile Jacob
2. Corbo, V., Brunet, A., Trouble de Stress Post-Traumatique : revue des études utilisant l’imagerie par résonance magnétique, Revue Francophone du Stress et du Trauma (August 2003)
3. McEwen, B., Schmek, H.M., Kibiuk, L., The Hostage Brain, Rockefeller University Press





SOURCE:
http://www.traumapsy.com/spip.php?article17
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MessageSujet: Re: Violence sexuelle, dissociation et personnalité multiple   21/4/2012, 22:21

Les agressions sexuelles affectent l'ADN




Dans l’ADN les chercheurs isolent un gène, celui qui répond à un stress très fort résultant d’un traumatisme. Proportionnellement à ce qu’avaient subi les victimes, on trouve des modifications chimiques dans l’ADN. Elle se transmet jusqu’à trois générations au moins.



http://www.medecine.unige.ch/actualites/details/media.php?version=simple
http://www.tdg.ch/savoirs/sciences/La-maltraitance-dans-lenfance-laisse-des-cicatrices-genetiques/story/11656001
http://www.nature.com/tp/journal/v1/n12/full/tp201160a.html

En souhaitant que cette recherche n’ayant par pour unique but la vente de médicaments....
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