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 Actualités - Equateur / Amérique Latine

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c.isme



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MessageSujet: Actualités - Equateur / Amérique Latine   4/3/2012, 06:08

Pays d'Amérique Latine contre les Médias Libéraux
La Presse se plaindrait-elle de ne plus pouvoir être libre d'être au dessus des lois ?
Ou de ne plus pouvoir faire son travail de sape pro-libérale ?

Affaire Rafael Correa président d'Equateur contre le quotidien El Universo
Dit moi où tu fuis je te dirais qui tu es. Miami ! ça alors !!!

Petite série d'articles.

Citation :

(L'article n'est pas complet ceci est la première page la deuxième est manquante)
Le président équatorien piétine et intimide la presse
16 février 2012 Médiapart

Il a toujours été évident que, dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, en particulier ceux qui sont passés par des régimes autoritaires de droite néo-libéraux, les grands médias ne se sont jamais montrés ni très impartiaux ni très ouverts aux idées progressistes. Souvent détenus par des vieilles familles bourgeoises ou de grands groupes économiques, dont l’intérêt premier était moins de « porter la plume dans la plaie » que d’engranger des bénéfices, ces journaux et chaînes de télévision n’ont généralement pas été très enthousiastes lorsqu’il s’est agi d’accueillir des dirigeants de gauche élus par le peuple (époux Kirchner en Argentine, Hugo Chavez au Venezuela, Rafael Correa en Equateur, Evo Morales en Bolivie…), ou de grands mouvements populaires (les étudiants chiliens, les zapatistes mexicains, les revendications indigènes un peu partout en Amérique latine…).

C’est la raison pour laquelle la plupart des présidents de gauche qui sont arrivés au pouvoir dans les années 1990 et 2000 sur le continent sud-américain ont développé une rhétorique anti-média, maniant tour à tour la victimisation, l’invective et la menace (de nationalisation ou d’interdiction de diffusion). Dans le même temps, une fois au pouvoir, ils se sont constitué des réseaux de médias amis ou à leurs bottes (transfert de propriété de chaînes de télévision, création de journaux grâce à des subsides gouvernementaux) et ont fait un large usage des médias publics en s’offrant parfois des heures de libre-antenne pour vanter leurs politiques. Le modèle en la matière est, depuis 1999, Hugo Chavez.

Le président équatorien Correa déchire le quotidien La Hora lors d'un meeting public

Le problème est qu’aujourd’hui, au fur et à mesure de leurs mandats, ces dirigeants se réclamant de la gauche se sont mis à appliquer les mêmes politiques restrictives en matière de liberté de la presse que leurs prédécesseurs des dictatures de droite ou des gouvernements conservateurs. Le dernier exemple en la matière, et peut-être le plus inquiétant de toute l’Amérique du Sud, est celui des rapports entre le président équatorien Rafael Correa et la presse de son pays.

Jeudi 16 février, la plus haute juridiction équatorienne a maintenu le verdict à l’encontre de trois responsables et d’un chroniqueur du quotidien El Universo, qui étaient accusés de diffamation vis-à-vis du président Rafael Correa. Etendue de la condamnation ? Trois ans de prison chacun et un total de 33 millions d’euros de dommages et intérêts ! Tout cela pour une chronique tendancieuse dans laquelle le chef de l’Etat était traité de « dictateur », et accusé de « crimes de guerre », pour avoir soi-disant demandé à ses forces de sécurité de tirer sur des civils lors d’une révolte de la police contre le président en 2010. Certes, cette chronique n’était clairement pas un modèle de bon journalisme, mais de là à poursuivre, devant une cour criminelle, quatre responsables d’un journal et de les condamner aussi lourdement, ce n’est plus de la vengeance mais de l’intimidation. D’autant qu’El Universo a plusieurs fois fait amende honorable et cherché une issue négociée (le chroniqueur a même démissionné). Cela n’a pas empêché Correa de maintenir sa plainte et d’assister à toutes les audiences en personne (dont celle de mercredi qui a duré plus de 13 heures). Pas mal pour un président qui a censément d’autres chats à fouetter…

Las, il ne s’agit pas d’un cas isolé. En 2011, il a poursuivi deux journalistes d’investigation pour avoir révélé dans un livre les pratiques corrompues d’attribution de marchés publics qui avaient bénéficié au propre frère du président. Dans l’ouvrage, intitulé El Gran Hermano (Le grand frère), ce dernier expliquait que son frérot de président était au courant de ces méthodes, qui ont depuis été réformées. Il n’a jamais démenti ses propos. Qu’a fait Correa ? Il a attaqué les deux journalistes en leur demandant 8 millions d’euros de dommages et intérêts. Le verdict est tombé cette semaine : les deux reporters écopent d’une amende de 1,5 million d’euros pour avoir, selon la juge, « sali l’honneur, la dignité et le nom » du président, tout en lui causant des « dégâts émotionnels ». Notons au passage que Correa n’a cessé de se plaindre, depuis son accession au pouvoir en 2007, des errements d’une justice qu’il estime liguée contre lui…


Citation :


Condamnation financière lourde contre les auteurs du livre “El Gran Hermano” : “Une sanction abusive et malvenue”
Publié le mercredi 8 février 2012.

Deux millions de dollars à verser solidairement au président Rafael Correa pour “préjudice moral”. C’est la lourde sanction infligée le 7 février 2012 par un tribunal civil de Pichincha, la région de Quito, contre les journalistes Juan Carlos Calderón et Christian Zurita, coauteurs d’un livre d’enquête sur le frère aîné du chef de l’État, Fabricio Correa.
Intitulé “El Gran Hermano” (le grand frère), l’ouvrage pointait directement les largesses et le favoritisme dont aurait bénéficié l’homme d’affaires en obtenant notamment de l’État pour plus de 150 millions de dollars de contrat. S’estimant atteint dans son honneur personnel, le président Rafael Correa avait réclamé aux deux journalistes 10 millions de dollars au moment d’engager des poursuites à leur encontre, en février 2011. Bien que prononcée en première instance, la condamnation des auteurs de “Gran Hermano” fait directement écho à celles de trois directeurs et d’un éditorialiste d’El Universo, dossier qui a encore aggravé les relations déjà très tendues entre la présidence et une partie de la profession.
“Les deux affaires soulignent un régime de sanctions disproportionnées qui valent autant d’incitation à l’autocensure. L’ampleur de la condamnation infligée à El Universo et ses représentants, malgré le caractère extrême des propos incriminés, fait craindre pour l’avenir de la liberté éditoriale. Cette fois, c’est la capacité d’investigation des journalistes que le précédent ‘Gran Hermano’ met en péril”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Qui prendra désormais le risque de mettre publiquement en cause une personnalité haut placée ? Plus grave, Rafael Correa aura, ici, protesté de son honneur face à des informations qui ne le visaient pas au premier chef. Enfin, l’atteinte à l’honneur, notion par définition abstraite et impossible à prouver comme l’a reconnu elle-même la juge de Pichincha, aura éludé l’appréciation, sur le fond, des faits rapportés dans le livre. C’est ce débat de fond que le président cherche à éviter en exigeant des deux coauteurs qu’ils reconnaissent leur ‘mensonge’ moyennant le retrait de sa plainte. Nous espérons, au contraire, que ce jugement se verra infirmé en appel et qu’un véritable échange sur un sujet d’intérêt public pourra avoir lieu”, a ajouté l’organisation.

Veto électoral
Dangereuse au plan judiciaire, la condamnation des deux coauteurs de “El Gran Hermano” est politiquement malvenue et inopportune. Elle coïncide, en effet, avec une nouvelle norme en matière électorale, entrée en vigueur le 4 février, qui restreint fortement la couverture journalistique dans une période de trois mois précédant le scrutin.

Très discuté et y compris au sein du parti majoritaire Alianza País, le texte, porté par Rafael Correa lui-même, dispose que les médias devront s’abstenir de toute “promotion directe ou indirecte, que ce soit à travers des reportages, rapports ou tout autre forme de message, qui tendrait à avoir une influence en faveur ou à l’encontre d’un candidat déterminé, d’une proposition, d’options, de préférences électorales ou de thèses politiques”. La Constitution équatorienne interdisant de modifier la loi électorale moins d’un an avant une convocation au suffrage, l’application de la norme impliquerait de décaler au plus tôt au 4 février 2013, l’élection présidentielle prévue le 20 janvier de cette même année.

“Si elle ne précise pas les sanctions encourues, une telle norme ne peut qu’ajouter à la déplorable impression que l’exécutif cherche à limiter la circulation des informations et des opinions, et plus encore dans un contexte électoral qui doit justement favoriser cette dernière. La norme électorale s’applique-t-elle aux messages institutionnels (“cadenas”) et aux discours du samedi (“enlaces sabatinos”) du chef de l’État. Si tel n’est pas le cas alors comment s’empêcher de penser que seule la parole officielle deviendrait autorisée ?”, a regretté Reporters sans frontières.

La norme électorale contredit en tout cas les principes directeurs de la nouvelle version de la loi organique de communication, déposée le 3 février à l’Assemblée nationale et appelée à être votée en session plénière d’ici au mois de mars. Ce projet de législation réaffirme la responsabilité d’informer la collectivité qui incombe aux journalistes et à leurs médias, en particulier en période électorale. Malgré une fâcheuse tendance à vouloir imposer un critère d’“information vérifiée, balancée, contrastée et contextualisée”, le texte comporte, notamment, deux avancées favorables : la limitation de durée des “cadenas” (cinq minutes hebdomadaires) et, à nouveau, la répartition équitable des fréquences entre différents types de médias (privés, publics et communautaires) à hauteur de 33 % pour chacun (34 % pour les communautaires).
http://fr.rsf.org/equateur-condamnation-financiere-lourde-08-02-2012,41824.html


Citation :


Le pardon de Rafael Correa à ses détracteurs effacera-t-il un an de controverse et de polarisation extrêmes ?
Publié le lundi 27 février 2012.

La bataille judiciaire qui opposait Rafael Correa au quotidien El Universo et à ses représentants a pris fin, le 27 février 2012, sur une grâce présidentielle. Dans une allocution officielle télévisée, le chef de l’État a déclaré “pardonner aux accusés et leur concéder la rémission après une condamnation méritée”. Il a également annoncé retirer les poursuites engagées contre les deux auteurs du livre “El Gran Hermano” (le grand frère), condamnés en première instance.

“Rafael Correa a fait preuve de sagesse en décidant de lui-même de renoncer, dans ces deux affaires, à des sanctions aux conséquences redoutables pour la liberté d’expression. Nous voulons bien croire que le chef de l’État, ainsi qu’il l’a affirmé aujourd’hui, n’ait jamais souhaité envoyer personne en prison. Était-il néanmoins besoin, dans le dossier El Universo, d’attendre une issue judiciaire de cette ampleur pour, en fin de compte, faire le choix de la mansuétude ? Un an de procédure a malheureusement permis à la polémique d’enfler, à la polarisation de s’aggraver. Nous espérons que ce climat s’apaisera à la faveur du pardon présidentiel et que les délits de presse seront bientôt dépénalisés”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Ce dénouement doit également inciter certains médias à prendre davantage la mesure de ce qu’ils décident de publier ou diffuser. Leur responsabilité propre existe et nous l’avons rappelé depuis le début. Des mots aussi lourds de sens que ‘dictateur’ ou ‘crime contre l’humanité’ ne se prononcent pas à la légère. Le vrai débat critique doit désormais l’emporter sur l’invective, l’insulte et l’intransigeance”, a conclu l’organisation.

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16.02.12 - Condamnation d’El Universo en cassation : un revers catastrophique pour la liberté d’expression

La Cour nationale de Justice (CNJ) a donc validé, le 15 février 2012 à Quito, les peines prononcées en première et seconde instances pour “injure calomnieuse” contre le quotidien El Universo et ses trois représentants. Plus rien ne s’oppose juridiquement au placement en détention - pour une durée de trois ans - des frères Carlos, César et Nicolás Pérez, respectivement directeur et directeurs adjoints du journal, ni au versement par la société éditrice de 40 millions de dollars au président Rafael Correa à titre d’indemnisation. Les avocats d’El Universo ont annoncé leur intention de se pourvoir devant la Commission interaméricaine de droits de l’homme (CIDH).

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Paranthèse indication
http://www.cidh.org/french.htm

Commission Interaméricaine des droits de l'homme
1889 F Street, N.W.
Washington, D.C., 20006
U.S.A.

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“Les conséquences d’une telle décision dépassent, et de loin, le cas particulier d’El Universo. La CNJ vient d’entériner une véritable prime à l’autocensure qui pourrait très bien affecter, demain, d’autres médias quelle que soit leur tendance et quel que soit le gouvernement en place. Même si Rafael Correa a déposé plainte à titre individuel et non en tant que chef de l’État, difficile de ne pas voir dans une sanction aussi exorbitante la réhabilitation du ‘lèse-majesté’, qui ne cadre guère avec les principes de l’État de droit, où l’acceptation de la critique, même la plus virulente, même la plus injuste, incombe à un pouvoir démocratiquement élu. La polarisation ne peut que s’aggraver, quitte à compromettre le débat sur la loi de communication, dont nous approuvons certaines dispositions. Un gâchis”, a déploré Reporters sans frontières.

L’organisation ne pourra répondre favorablement à l’invitation du gouvernement en cas de détention effective des représentants d’El Universo ou de l’un d’entre eux. César et Nicolás Pérez se trouvent actuellement à Miami.

Les scènes de violences constatées devant les locaux de la CNJ, au moment de l’audience, soulignent également le degré de polarisation qui sévit aujourd’hui au sein de la société équatorienne. Nous condamnons les agressions subies en cette occasion par Diógenes Baldeón, photographe d’El Universo et Romel Iza, cameraman de la chaîne RTU, attribuées à des militants du parti majoritaire Alianza País. Ces incidents démontrent que les conditions d’un débat judiciaire serein n’étaient pas réunies.

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15.02.12 - Épilogue attendu à la Cour suprême dans l’affaire El Universo : “Un moment crucial pour la liberté d’expression”

La Cour nationale de Justice (CNJ) doit se prononcer, à partir d’aujourd’hui 15 février, sur une éventuelle cassation du jugement rendu en appel dans l’affaire El Universo. Reporters sans frontières estime le moment déterminant pour l’avenir de la liberté éditoriale.

Saisie officiellement de la procédure et non du fond du dossier, la plus haute juridiction du pays n’en aura pas moins à décider de la validation des peines de trois ans de prison infligées au directeur du journal, Carlos Pérez, ainsi qu’à ses deux frères et sous-directeurs de la publication, César et Nicolás Pérez, peines assorties d’une indemnisation de 40 millions de dollars à verser au président Rafael Correa pour “injure calomnieuse”. Le pourvoi en cassation de l’éditorialiste à l’origine de la plainte présidentielle, Emilio Palacio – aujourd’hui en exil à Miami –, a déjà été rejeté. Son cas individuel n’entre donc pas dans le cadre de cette nouvelle audience.

“Peut-on sanctionner si sévèrement les opinions, mêmes les plus infâmantes ? La décision de la CNJ apportera, en définitive, la réponse à la seule question qui vaille selon nous. Tout en soulignant, depuis le début, le caractère extrême des propos tenus contre le président Rafael Correa dans les colonnes d’El Universo, nous redoutons, à l’issue d’une longue bataille judiciaire, un épilogue ravageur à la fois pour le droit d’expression individuelle et la survie d’un support de presse, à rebours des principes de la convention américaine des droits de l’homme dont l’Équateur est signataire. Nous plaidons, une nouvelle fois, pour la dépénalisation des délits de presse à l’appui de la jurisprudence continentale. Nous estimons, enfin, qu’une condamnation définitive d’El Universo sous cette forme hypothèquerait un consensus souhaitable autour de la nouvelle loi de communication, consensus que fragilise également le précédent “El Gran Hermano” ", a déclaré Reporters sans frontières.

En plus de susciter l’inquiétude, l’audience de la CNJ souffre d’une nouvelle controverse dans son principe même. Après une tentative infructueuse pour que soient récusés trois des neufs juges de la CNJ, les défenseurs d’El Universo ont directement mis en cause leur collègue de la partie adverse, Gutemberg Vera. Se fondant sur le témoignage écrit d’une juge, Mónica Encalada, rendu public le 14 février et publié le même jour par le quotidien El Comercio, l’avocat du journal Joffre Campaña a soutenu que le jugement rendu contre El Universo et ses représentants aurait en fait été rédigé par son confrère chargé de plaider la cause du président Rafael Correa.

“Reporters sans frontières conserve toute la prudence requise face à des allégations qui, bien que tardives, seraient de nature à mettre en cause l’indépendance de l’autorité judiciaire. Cet élément nouveau doit néanmoins être pris en compte lors de l’audience de la CNJ, afin d’en vérifier l’authenticité et la véracité”, a conclu l’organisation.
http://fr.rsf.org/equateur-epilogue-attendu-a-la-cour-supreme-15-02-2012,41886.html

PS
Ce lien peut tout à fait être placé dans la section PAYS à CUBA, merci d'avance à l'administrateur qui passerra par là.
http://novusordoseclorum.discutforum.com/t5107-cuba-fidel-castro-viktor-dedaj
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MessageSujet: Re: Actualités - Equateur / Amérique Latine   4/3/2012, 06:35

Rafael Correa : « Il y eut bien tentative de coup d’Etat »
Mardi 11 janvier 2011

Citation :

Dans son édition de janvier, l’édition espagnole du Monde diplomatique (1) publie un entretien d’Ignacio Ramonet avec le président de République d’Equateur, M. Rafael Correa.

C’est l’occasion pour le chef de l’Etat équatorien de revenir sur les évènements du 30 septembre 2010 (2), lorsque des centaines de policiers se sont soulevés dans les principales villes du pays, bloquant l’aéroport et prenant le contrôle de l’Assemblée nationale. Présentée par de nombreux observateurs comme une simple « mutinerie policière » improvisée, l’opération visait bien, selon M. Correa, à le renverser : « L’idée était de semer le chaos, durant deux ou trois jours, jusqu’à ce que le gouvernement tombe. Nous n’avons pas le moindre doute : il s’agissait bien d’une tentative de coup d’Etat. »

Parmi les « putschistes », M. Correa identifie l’ancien président Lucio Gutiérrez (2003-2005), proche de nombreuses boîtes à idées ultralibérales américaines, dont l’Interamerican Institute for Democracy, devant laquelle, le 23 septembre 2010, il dénonçait la menace du « socialisme du XXIe siècle » équatorien, qu’il comparait au « communisme cubain, au stalinisme de l’Union soviétique ou au fondamentalisme iranien (3) ».

M. Correa observe qu’au-delà de la grève des policiers, l’opération de déstabilisation prévoyait la prise de contrôle des chaînes de télévision et l’organisation de pillages massifs, bref, que « tout un plan avait été élaboré ». Un point de vue contraire à celui des médias (privés) équatoriens, mais qui rejoint l’analyse de l’hebdomadaire libéral britannique The Economist, selon lequel les évènements « avaient clairement fait l’objet d’une préparation (4) ».

Après avoir évoqué le rôle de la presse dans l’organisation de l’opposition qu’il rencontre – « ce sont les “chiens de garde” du statu quo. Ce n’est pas nouveau, ni en Equateur, ni en Amérique latine » –, le président équatorien formule un bilan d’étape de l’action de son gouvernement. Notamment au sujet du service de la dette du pays dont la Constitution de 2008 a prévu l’audit financier, social et environnemental permanent : « Nous avions – avant notre gouvernement – un budget dont la dotation principale était consacrée au service de la dette extérieure, et celle-ci était même remboursée de façon anticipée. Seule une proportion marginale était dédiée à l’éducation, à la santé, etc. C’était la preuve que c’étaient les créditeurs, la banque et le capital financier qui détenaient le vrai pouvoir. Pas le peuple. Aujourd’hui cela a changé. Le service de la dette a été réduit de façon drastique, tandis que les budgets consacrés à la santé, l’éducation et le logement, par exemple, ont plus que doublé. »

Interrogé sur les critiques que formule à son encontre une partie du mouvement indigène équatorien – notamment la Confédération des nationalités indigènes d’Equateur (CONAIE) et Pachakutik, son bras politique –, M. Correa rappelle que « ni la CONAIE, ni Pachakutik ne nous ont appuyés lors des élections. Malgré tous nos efforts pour réaliser une alliance, ils ont présenté leur propre candidat, Luis Macas, un de mes amis. Il a obtenu 2,5 % des voix ». M. Correa avait obtenu plus de 22 % des voix.

« Nous sommes tous ici en faveur du mouvement [indigène], de la réparation de l’exclusion criminelle que ces personnes ont subi durant des siècles, réaffirme-t-il, avant de souligner que « cela ne signifie pas pour autant que [les indigènes] aient toujours raison. Prenez les positions de certaines organisations qui disent, par exemple, “Non au pétrole !”, “Non à l’extraction minière !”, “Non aux monocultures !”… Nous sommes prêts à donner jusqu’à notre dernier souffle pour construire plus d’hôpitaux, plus de d’écoles, mais comment le faire sans disposer, par exemple, de nos ressources naturelles non renouvelables ? ».

M. Correa regrette certaines « positions dogmatiques dépourvues de sens » d’une partie des dirigeants indigènes qui « recherchent des bénéfices corporatifs, comme l’éducation bilingue que la CONAIE contrôlait et qui était la pire éducation possible ». Interrogeant implicitement certaines rêveries occidentales, il conclut : « On doit démystifier certains dirigeants indigènes. (…) Il y a des gens honnêtes dans le mouvement indigène, mais il y a aussi des corrompus. Il y a des progressistes et des réactionnaires. »

Une traduction en français de l’entretien est disponible sur le site de l’association Mémoire des luttes.

(1) «  Pedí una pistola para defenderme  », janvier 2011.
(2) « Etat d’exception en Equateur  », La valise diplomatique, octobre 2010.
(3) Voir la vidéo de cette conférence sur Youtube.
(4) «  A strike against democracy  », The Economist, 7 octobre 2010

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-11-Rafael-Correa-Il-y-eut-bien
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MessageSujet: Re: Actualités - Equateur / Amérique Latine   4/3/2012, 14:10


Armoirie d'Equateur

L'Equateur avec sa superficie de 283 560 km2 pour 15 millions d'habitants (France=675 417 km2 pour + de 65 millions d'habitants) à une forêt très grande sur ce territoire, beaucoup d'eau et une diversité biologique merveilleuse.

Quelles sont les autres richesses du pays.
Le pays n'a pas que du pétrole et du gaz mais aussi de l'or et argent.




Entre le futur exploitant et le WWF on ne sait pas trop la justesse des chiffres, mais voilà ce qui pourrait devenir la plus grosse mine d'or et argent de ce pays.

http://www.zegreenweb.com/sinformer/equateur-une-mine-d%E2%80%99or-au-coeur-de-la-foret-amazonienne,45511

http://www.kinross.com/operations/dp-fruta-del-norte-ecuador.aspx
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MessageSujet: Re: Actualités - Equateur / Amérique Latine   5/3/2012, 09:51

Retour sur la nouvelle constitution voté en 2008 par l'Equateur.

Imtranslator traduction
Citation :

L'Équateur dit aux Etats-Unis de quitter la base aérienne

Les Etats-Unis doivent arrêter d'utiliser cette base militaire d'Amérique du sud anti-drogue quand son bail expire en 2009, le gouvernement équatorien a dit.

Les fonctionnaires équatoriens ont dit qu'ils avaient maintenant officiellement notifié les Etats-Unis qu'un accord conformément auquel les militaires américains utilisent la base aérienne Manta ne serait pas renouvelé.


Le président Rafael Correa se prononçait longtemps contre l'accord.

Les vols de Manta sont responsables d'environ 60 % de saisies de drogue dans le Pacifique de l'est, les fonctionnaires américains disent.

Une déclaration du ministère des Affaires étrangères équatorien a dit que l'ambassadeur américain à Quito avait été informé de la décision de ne pas renouveler le bail.

Les vols de surveillance finiraient en août de 2009 et le retrait de personnel étranger serait conclu d'ici novembre de cette année, la déclaration a dit.

Valeur stratégique

Les Etats-Unis et l'Équateur ont signé l'accord de 10 ans le 12 novembre 1999.

Environ 300 américains sont posté à Manta dans l'Équateur occidental, de l'US Air Force et avec des vols de surveillance conduit par l'Us Navy.

La base a clairement une valeur stratégique pour les militaires américains mais Washington a auparavant dit qu'il respectera la décision de l'Équateur.

Les fonctionnaires militaires américains ont dit qu'il n'y a aucun plan pour monter une base alternative avoisinant en Colombie ou au Pérou.

Il y a eu des inquiétudes parmi certains Équatoriens que les opérations de Manta ont non seulement visé les échanges de drogues illégales, mais ont aussi aidé la lutte du gouvernement colombien contre les guérilleros de gauches, dit le correspondant Carlos Chirinos Andean de la BBC Mundo's Andean.

Un brouillon de la nouvelle constitution de l'Équateur, soutenue par le Président Correa et approuvé par l'Assemblée constitutive, interdit la présence de bases étrangères sur le sol équatorien.

Le texte sera mis à un référendum national le 28 septembre 2008.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7532573.stm




Citation :

Nouvelle constitution Equatorienne

Les électeurs équatoriens ont de façon convaincante approuvé une nouvelle constitution qui augmente les pouvoirs présidentiels.

Avec la plupart des bulletins de vote comptés, les résultats montrent que 64 % d'électeurs a soutenu la charte, le Président de résultat Rafael Correa acclamé comme une "victoire historique".


Il a dit que la nouvelle constitution aidera à provoquer une plus juste société et s'attaquer à l'instabilité en Équateur.

Il lui permettra de courir pour deux termes nouveaux, consécutifs. Mais les critiques disent qu'il donne trop de pouvoir au président.

La constitution lui permet de dissoudre le Congrès au cours des trois premiers ans d'un mandat de quatre ans.

La constitution de 444 articles en fera la nation Andine du 21ème siècle.

Le paquet contient certaines propositions les plus étendues que le pays - ou de n'importe quel pays dans la région – est vues, dit Daniel Schweimler de la BBC.

Les investisseurs se sont inquiétés

« Nous faisons l'histoire! En avant! » Le président Correa parla a une foule de supporters dans sa ville natale côtière de Guayaquil.

« C'est la confirmation de la révolution du citoyen que nous offrons. »

M. Correa, une personne de 45 ans économiste ayant étudié aux d'Etats-Unis et en Belgique, a dit qu'il réalise les promesses qu'il a faites quand il a gagné des élections il y a presque deux ans.

Il fut élu après des années d'agitation en Équateur qui a vu des foules furieuses lancer trois présidents du bureau dans les 10 ans précédents.

Les articles dans la constitution proposée incluent des plans pour reserrer le contrôle d'industries essentielles comme le pétrole et l'exploitation minière.

Quelques prêts étrangers pourraient être déclarés illégitimes donc on ne devrait pas leur payer et il y a des plans de donner la santé publique libre aux citoyens plus vieux.

Le président Correa offre plus de moyens aux femmes du pays, aux pauvres et à la grande communauté indigène de l'Équateur.

Il dit qu'il essaie de réduire le pouvoir et l'influence des puissances d'argents que possède certaines l'élites qui dirigeait depuis toujours le pays.

Pas étonnamment, il y a eu l'opposition aux propositions, dit notre correspondant d'Amérique du Sud.

Certains disent que M. Correa est une marionnette du Président vénézuélien, Hugo Chavez et que l'état se mêlera inutilement dans les affaires économiques.

Les investisseurs étrangers, surtout dans l'industrie du pétrole de l'Équateur, sont concernés par les nouvelles lois qui réduiront leurs profits et que le pays ne paiera pas ses dettes étrangères, il dit.

Les Etats-Unis, il ajoute, seront inquiétés comme beaucoup de voire un autre mouvement vers la gauche en Amérique latine.

Dans son discours après le référendum, M. Correa a préconisé ceux qui ont voté contre la nouvelle constitution pour mettre de côté leurs différences.

« Permettez-eux d'admettre la défaite et allons ensemble dans la nouvelle direction que la grande majorité d'Équatoriens, aussi bien que toute l'Amérique latine, met : une société avec plus de justice, beaucoup plus d'égalité et sans tant de misère .... »

http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7640704.stm



J'ai trouvé d'autres lectures intéressantes. Pour la constitution en elle même je ne la trouve qu'en espagnole pour l'instant.

http://www.alterinfos.org/spip.php?article3369

http://echogeo.revues.org/11662

_____

Petit rappel sur Correa on le voit s'en prendre dans une vidéo à DynCorp (US army) qui franchirait l'espace aérien du pays et dispersant des produits toxiques...Soit disant pour lutter contre les cultures de drogues.
Il n'était donc pas question, à proprement parlé dans cette vidéo, de chemtrails.

On peut donc mieux comprendre pourquoi Correa s'énervait de voir cela ayant fait fermer la base US en Equateur.
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