Anti Nouvel Ordre Mondial

Alliance spirituelle contre la subversion mondialiste. Forum d'éveil des consciences par le partage des connaissances et l'esprit de solidarité.
 
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 Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français

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Panisse

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MessageSujet: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   25/6/2012, 14:42

Scriptoblog a traduit et vend les deux livres Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik :
http://www.scriptoblog.com/index.php?page=shop.product_details&category_id=6&flypage=flypage.tpl&product_id=60&option=com_virtuemart&Itemid=59
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Bardamu
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   26/6/2012, 04:27

Excellente nouvelle que la parution de ces deux excellentes lectures cheers Merci pour l'info Panisse Bien

La quatrième de couverture de "Wall Street et l'ascension de Hitler" :






En mettant au jour un cloaque de mensonges, de tromperies et de duplicités, Antony Sutton révèle l’un des faits le plus marquant, et pourtant jamais rapporté, de la Seconde Guerre mondiale : que des banques de Wall Street et des grandes entreprises nord-américaines ont soutenu l’ascension de Hitler vers le pouvoir, en finançant l’Allemagne nazie et en faisant des affaires avec elle.

En suivant minutieusement la piste de ce secret bien gardé, grâce à des documents et des témoignages incontestables, Sutton parvient à la conclusion que la catastrophe de 1939-45 bénéficia surtout à un groupe privilégié d’initiés financiers.

Il donne le compte-rendu détaillé, preuves à l’appui, du rôle abjecte que jouèrent les Morgan, les Rockefeller, les frères Warburg ou les Ford, directement ou à travers leurs entreprises, et tous ceux qui financèrent les préparatifs de la guerre la plus sanglante et la plus destructrice de l’Histoire.

« Wall Street et l’Ascension de Hitler » est le troisième volume d’une trilogie consacrée à l’implication directe des financiers new-yorkais dans la révolution lénino-trotskiste en Russie, l’élection de Franklin D. Roosevelt aux États-Unis et la montée du nazisme en Allemagne.

« La contribution du capitalisme nord-américain aux préparatifs de guerre allemands a été phénoménale et, sans elle, l’Allemagne n’aurait jamais eu la capacité militaire qui conduisit au massacre de millions de personnes innocentes … »


« Non seulement ces banquiers et hommes d’affaires nord-américains avaient conscience de la nature du nazisme, mais il assistèrent le nazisme à chaque fois qu’ils y avaient intérêt – en sachant parfaitement que la conséquence probable serait une guerre impliquant l’Europe et les États-Unis. »







La quatrième de couverture de "Wall Street et la révolution bolchevik" :







Pourquoi Trotski, alias Braunstein, voyagea-t-il avec un passeport officiel américain lorsqu’il retourna en Russie en 1917 rejoindre Lénine pour la révolution ?

Pourquoi la mission américaine de la Croix-Rouge en Russie, en 1917, comportait-elle plus d’hommes d’affaires que de médecins ?

Au fil d’une enquête magistrale, qui se lit comme un roman d’espionnage, Antony Sutton établit des liens historiques tangibles entre capitalistes américains et communistes russes. Tirant ses informations de l’examen de dossiers du Département d’État, des archives personnelles de personnages clés de Wall Street, de biographies, d’articles de presse et de livres d’historiens classiques, Sutton nous révèle :

• Le rôle que jouèrent les dirigeants des banques du groupe Morgan dans l’acheminement illégal d’or bolchevique vers les États-Unis.

• Le détournement de la mission de la Croix-Rouge américaine en Russie par les puissants de Wall Street .

• L’intervention de Wall Street pour obtenir la remise en liberté de Léon Trotski, le révolutionnaire dont l’objectif était de renverser le gouvernement russe.

• Les accords passés par de grandes entreprises afin de capter l’énorme marché russe, quinze ans avant la reconnaissance officielle du gouvernement soviétique par les États-Unis.

• Le soutien au communisme, actif mais secret, par des hommes d’affaires de premier plan, lesquels se faisaient publiquement les champions de la libre entreprise.


http://www.scriptoblog.com/index.php?page=shop.product_details&category_id=6&flypage=flypage.tpl&product_id=60&option=com_virtuemart&Itemid=59




Citation :


Un document d'une rare précision sur la face cachée du rôle du monde des banques sur l'aide apporté par les banques et les grosses industrie à Adolf Hitler.

Ces lobbies bancaires et industriels des quatre coins de la planète ont soutenus le régime d'Adolf Hitler et du Nazisme comme des banques comme la BCI dont Prescott Bush était PDG de cette dernière, le grand-père et père de la famille d'abruti qui dirige les USA et les illuminatis avec Rockefeller et Kissinger.

Stanley Morgan, Chase Manhattan, BCI etc ont fournis de l'argent et des ressources au Nazi.

Regardez ce documentaire sur des hommes sans foi ni loi.

À voir absolument pour comprendre la situation actuelle dans le monde.


http://leweb2zero.tv/video/templier_0946d1586037d9b






Prescott Bush


L'origine de sa fortune est controversée car acquise en partie en faisant des affaires avec l'Allemagne nazie, avant la Seconde Guerre mondiale et l'entrée en guerre des États-Unis
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prescott_Bush






Ceux qui impriment les billets (FED) au Etats Unis sont 12 banques privée (ça c'est l'arnaque du siècle) : se renseigner sur ces dernières (Banque Lazard, Kuhn, Loeb & co, J.P. Morgan & Co., Goldman Sachs, Lehman Brothers, NM Rothschild & Sons, Israel Sieff, Paul Warburg, et la famille Rockefeller)




Citation :


In 1928, Rockefeller joined the storied J. Henry Schroder Banking Corporation and became Assistant Treasurer in 1931. On 8 July 1936, Rockefeller co-founded Schroder, Rockefeller & Co
http://en.wikipedia.org/wiki/Avery_Rockefeller


Se renseigner sur les liens Schroder/ banque Hitlérienne ... les liens Schroder / Rockefeller et ce avant la Guerre !!!




Citation :


Avec de l'argent de son père, Harriman fonda la banque W.A. Harriman & Co en 1922.
entreprise fermée en 1943 par le gouvernement américain pour commerce avec l'ennemi
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Averell_Harriman


comment expliquer que ce Harimann fut nommé diplomate à la fin de la Guerre et n'a pas fini en prison du aux conflits d’intérêts flagrants qu'avait sa banque avec le régime nazi ?


Citation :

Harrimann est membre de:

American Academy of Diplomacy Charter,
Club de Rome,
Council on Foreign Relations,
Knights of Pythias,
cercle Skull and Bones,
fraternité Psi Upsilon,
Jupiter Island Club.


http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Averell_Harriman


http://forum.downparadise.ws/viewtopic.php?f=143&t=1202116

_________________
Mon passé, Ô Seigneur, à Ta Miséricorde, mon présent à Ton Amour, mon avenir à Ta Providence.  Padre Pio

Or, si les rituels sont les vêtements du croyant, sa véritable religion ne se situe que dans son cœur. Rahma Alayoubi
                                                                   
Info importante : Je n'ai rien à voir avec le Bardamu qui officie sur le site llp.org et encore moins celui qui officiait sur Quenel+.
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Mahmoud

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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/6/2012, 01:08

Merci pour la nouvelle et bon travail aux traducteurs !!! =D
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paralleye
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:43

Très intéressant merci.

Des passages extrêmement larges de ces deux livres très référencés sont disponibles sur cet excellent site ( http://resistance71.wordpress.com/ ) qui traduit de nombreux articles,passages de livres etc,ayant trait au Nouvel Ordre Mondial.

Une bonne idée de se faire un aperçu de leur contenu.

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la révolution bolchévique (Professeur Antony Sutton)… 1ère partie.




L’implication de Wall Street dans la révolution russe de 1917 (bolchévique)

*** Traduction de larges extraits du livre du professeur Antony
C. Sutton: “Wall Street and the Bolshevik Revolution” *** 1 ère partie
***


Note des traducteurs: Le professeur Antony Cyril
Sutton (1925-2002), économiste et historien britannique ayant vécu une
très grande partie de sa vie aux Etats-Unis, est une sommité du monde
académique et pourtant il n’est connu que dans des cercles restreints.
Pourquoi?


Parce qu’il a passé la vaste majorité de sa vie professionnelle à
rechercher et à analyser les dessous du pouvoir. Il était un
conservateur qui ne pouvait accepter le degré de trahison des “élites”
dirigeantes occidentales sur les multiples facettes du monde économique,
politique et social.


Docteur ès Sciences de l’université de Southampton, il fut
professeur entre 1968 et 1973 à Stanford University (Californie), maître
de recherche associé au Hoover Institute, un des berceaux conservateurs
s’il en est dans l’establishment éducatif états-unien.


Entre 1968 et 1973, il publia en trois volumes les fruits de ses
recherches sur le transfert de technologie s’opérant entre les
Etats-Unis, l’occident et l’URSS: “Western Technology and the Soviet
Economic Development”. Pour le professeur Sutton, le transfert de
technologie était tel que cela en était une trahison pure et simple,
surtout considérant le fait, que le transfert de technologie vers l’URSS
et le bloc de l’Est soutenait directement les efforts de guerre du
Vietnam contre les Etats-Unis. Le professeur Sutton non seulement
condamnait cette guerre, mais de plus il rendait responsable l’élite
banquière et industrielle états-unienne de la mort des jeunes soldats
américains dans cette guerre impérialiste. Inutile de dire que le
professeur Sutton se retrouva vite au ban de l’intelligentsia et du
monde académique américains.


En 1974, Sutton publia le premier ouvrage de sa trilogie sur les financements de Wall Street: “Wall Street and the Bolshevik Revolution” (que nous avons traduit et publierons ici en 4 parties).

En 1976, il publia le second volet de la trilogie, dont nous proposons ici la traduction de larges extraits (la traduction française totale étant à notre connaissance inexistante… merci de nous dire si le lectorat en trouve trace): “Wall Street and the Rise of Hitler”, ouvrage qui fut suivit la même année du troisième volet: “Wall Street and Franklin Delano Roosevelt”.

Voici ce qui est dit sur le site internet du professeur Sutton:

“Antony Sutton a été persécuté mais jamais attaqué en justice
pour ses recherches et leurs publications. Sa carrière académique fut
brisée par sa dévotion à découvrir et énoncer la vérité. En 1968, le
fruit de ses recherches sur “La technologie occidentale et le
développement économique de l’URSS” fut publié par le Hoover Institute
de l’université de Stanford. Sutton y montre comment la base
technologique et de production de l’état soviétique, qui s’est engagé à
suppléer de l’armement au Nord-Vietnam et contribue par là-même à la
mort et l’estropiage de jeunes soldats américains, fût construite par
des entreprises industrielles américaines et payée essentiellement par
le contribuable américain. Depuis leurs grandes usines d’acier et de fer
à la construction d’équipement automobile en passant par une
technologie de précision, de l’informatique, essentiellement la majorité
de l’entreprise industrielle soviétique a été construite avec l’aide
directe des Etats-Unis ou de son assistance technique.”


Ceci est également détaillé dans le premier volet du triptique de
Sutton sur Wall Street, et nous allons vous faire découvrir ci-après,
en plusieurs publications, que cela fut également vrai de l’Allemagne
nazie.


Le pourquoi de l’omission délibérée de ces évènements pourtant
dûments documentés de manière irrévocable et inattaquable, sera évident
pour beaucoup de lecteurs au fur et à mesure du déroulement de la
recherche du professeur Sutton sur Wall Street et la révolution
bolchévique (ainsi nommée car elle constitue historiquement la seconde
phase de la révolution russe après celle amorcée en 1905 et qui amena
les Menchéviques aux commandes)…


C’est en analysant l’histoire sans son paravent consensuel et en
la comprenant donc mieux, que nous comprendrons en retour le monde
contemporain et pourrons efficacement anticiper le futur. Le vieil adage
de “qui ne connaît pas l’histoire est amené à la répéter” prend tout
son sens aujourd’hui. C’est en fait le but de l’oligarchie en place.


La vérité nous libèrera… pour toujours !

~ Résistance 71 ~

Seconde partie

Troisième partie

Quatrième et dernière partie


Wall Street et la révolution bolchévique (larges extraits)

1ère partie

Par Antony C. Sutton (1974)



url du livre original en ligne:

http://www.reformation.org/wall-st-bolshevik-rev.html





~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Chapitre 1

Les acteurs sur la scène révolutionnaire

“Cher Monsieur le président,

La forme de gouvernement soviétique a toute ma sympathie comme étant ce qui convient le mieux au peuple russe…”

(Ouverture d’une lettre de William Lawrence Saunders, président
d’Ingersoll-Rand Corporation, directeur d’American International
Corporation et vice-président de la banque de la réserve fédérale de New
York au président des Etats-Unis Woodrow Wilson le 17 Octobre 1918)

Le dessin pamphlétaire qui illustre ce livre a été dessiné par Robert Minor en 1911 pour le St Louis Post-Dispatch.

Minor était un artiste talentueux, très bon dessinateur et écrivain
doublé d’un révolutionnaire bolchévique; il fut arrêté en Russie en 1915
pour soi-disant de la subversion; il fut plus tard financé par des
financiers importants de Wall Street.

Le dessin de Minor (NdT: qu’on peut voir sur le lien original du
livre ci-dessus) met en scène un Karl Marx barbu et hilare se tenant sur
Wall Street avec un exemplaire de la revue “Socialism” sous le
bras et acceptant les félicitations de financiers connus comme J P
Morgan, L’associé de Morgan George W. Perkins, John D. Rockefeller, John
D. Ryan de la National City Bank et Teddy Roosevelt, qu’on identifie
facilement grâce à sa célèbre dentition, qui se tient en arrière-plan.
Wall Street est décorée avec des drapeaux rouges. La foule en liesse et
les chapeaux jetés en l’air suggèrent que Karl Marx devait avoir été un
homme populaire au sein du district financier de New York.

Minor rêvait-il ? Bien au contraire, nous allons voir que Minor était
très terre à terre en décrivant une alliance enthousiaste entre Wall
Street et le socialisme marxiste. Les personnages du dessin de Minor,
Karl Marx (symbolisant les révolutionnaires du futur Lénine et Trotsky),
JP Morgan, John D. Rockefeller et Robert Minor lui-même, sont aussi des
personnages importants de ce livre.

Les contradictions suggérées par le dessin de Minor ont été glissées
sous le tapis de l’histoire parce qu’elles ne cadrent pas avec le
spectre classique et consensuel de la gauche et de la droite en
politique. Les bolchéviques sont à l’extrême gauche du spectre politique
et les financiers de Wall Street sont à l’extrême droite, dès lors,
raisonnons-nous de manière implicite, ces deux groupes n’ont absolument
rien en commun et toute alliance entr’eux est totalement absurde. Les
facteurs qui sont contraires à cet arrangement conceptuel sont en
général rejetés comme observations bizarres ou d’infortunées erreurs.
L’histoire moderne possède une telle dualité intégrée et il est certain
que si trop de faits inconfortables ont été rejetés et poussés sous le
paillasson, alors l’histoire est fausse.

D’un autre côté, on peut observer que les deux extrêmes, droite et gauche, du spectre politique, sont absolument collectivistes.

Le national socialiste (par exemple le fasciste) et le socialiste
international (par exemple le communiste), recommandent tous deux des
système politico-économiques totalitaires fondés sur la puissance
politique pure et dure et la coercition individuelle. Les deux systèmes
demandent un contrôle monopoliste de la société.

Alors que le contrôle monopoliste des industries fut au départ
l’objectif de JP Morgan et de John D. Rockefeller, vers la fin du XIXème
siècle le cœur de Wall Street avait compris que la manière la plus sûre
de gagner un monopole sans conteste était “d’entrer en politique” et de
faire travailler la société pour les monopolistes et ce sous couvert du
bien et de l’intérêt publics. Cette stratégie fut détaillée en 1906 par
Frederick C. Howe dans son ouvrage “Confessions d’un monopoliste”. Howe
qui soit dit en passant, est aussi un personnage dans l’histoire de la
révolution bolchévique.

Ainsi un emballage conceptuel alternatif des idées politiques et des
systèmes politico-économiques serait de classifier le degré de liberté
individuelle contre le degré de contrôle politique centralisé. Sous une
telle classification, l’état providence industriel et le socialisme sont
du même côté du spectre politique. C’est ainsi que l’on peut constater
que les tentatives du contrôle monopoliste de la société peuvent être
étiquettées différemment tout en ayant des traits de caractère très
similaires.

En conséquence, une des barrières sur le chemin d’une compréhension
mature de l’histoire récente est la notion que tous les capitalistes
sont les ennemis jurés et mortels de tous les marxistes et socalistes.
Cette idée erronée trouve son origine avec Karl Marx et fut sans aucun
doute très utile pour ses objectifs. En fait, cette idée est un non-sens
total. Il y a eu une alliance continue, même si savemment dissimulée,
entre les capitalistes politiques internationaux et les socialistes
révolutionnaires internationaux et ce pour leur bénéfice mutuel. Cette
alliance n’a pas été pour ainsi dire observée, parce que les historiens,
mis à part quelques exceptions notoires, ont une conception marxiste
inconsciente biaisée et sont ainsi enfermés dans le moule de
l’impossibilité qu’une telle alliance existe.

Le lecteur large d’esprit doit garder deux choses à l’esprit: les
capitalistes monopolistes sont les ennemis mortels de la
libre-entreprise et de ses entrepreneurs et aussi, au vu de la faiblesse
de la planification centrale socialiste, l’état socialiste totalitaire
est le marché captif parfait pour les capitalistes monopolistes si une
alliance peut-être établie avec les tenants du pouvoir socialiste.

Supposons, car cela n’est qu’une hypothèse à ce stade, que les
capitalistes monopolistes américains aient été capables de réduire une
Russie sous planification socialiste au statut de colonie technique
captive ? Ceci ne serait-il pas l’extension logique internationaliste du
XXème siècle des monopoles sur les chemins de fer des Morgan et du
trust pétrolier des Rockefeller de la fin du XIXème siècle aux
Etats-Unis?

Mis à part Gabriel Kolko, Murray Rothbard et les révisionistes, les
historiens n’ont pas du tout été alertes quant à une telle combinaison
d’évènements. L’historiographie, à de rares exceptions près, a été
forcée dans la dichotomie capitalistes contre les socialistes. L’étude
monumentale et lisible de George Kennan sur la révolution russe
maintient de manière consistante cette fiction de la dualité entre Wall
Street et le bolchévisme. “La Russie quitte la guerre” n’a
qu’une seule référence incidentelle à la firme J.P Morgan et aucune
référence du tout concernant la Guaranty Trust Company; et pourtant, ces
deux organisations sont abondemment mentionnées dans les dossiers du
Département d’État (NdT: le ministère des affaires étrangères américain),
auxquels de fréquentes références sont faites dans ce livre, toutes
deux étant partie des preuves principales présentées ici. Aucun de
l’auto-incriminé “banquier bolchévique”, Olof Aschberg ni la banque Nya
Banken de Stockholm ne sont mentionnés dans la recherche de Kennan et
pourtant tous deux furent essentiels au financement bolchévique. De
plus, , dans de circonstances mineures mais néanmoins cruciales, du
moins cruciales pour notre développement, Kennan a commis des erreurs
factuelles. Par exemple, Kennan cite le directeur de la banque de la
réserve fédérale William Boyce Thompson comme quittant la Russie le 27
Novembre 1917. Cette date de départ rendrait physiquement impossible la
présence de Thompson à Pétrograde le 2 Décembre 1917 d’où il transmît un
télégramme de demande d’un million de dollars à Morgan à New York.
Thompson en fait quitta Pétrograde le 4 Décembre 1917, deux jours après
avoir envoyé le télégramme à New York. Là encore, Kennan fait état du
fait que le 30 Novembre 1917, Trotsky fît un discours devant le soviet
de Pétrograde dans lequel il observa: “Aujourd’hui, j’ai avec moi ici à
l’institut Smolny, deux Américains en relation étroites avec les
éléments capitalistes américains”. D’après Kennan, il est “difficile
d’imaginer “ qui d’autre “auraient pu être” ces deux Américains, “sinon
Robins et Gumberg”. En fait, Grumberg n’était pas américain mais russe.
De plus, comme Thompson était toujours en Russie le 30 Novembre 1917,
alors les deux Américains qui visitèrent Trotsky étaient plus
certainement Raymond Robins, un promoteur minier devenu bon samaritain
et… Thompson de la réserve fédérale de New York.

La bolchévisation de Wall Street était connue dans les cercles
informés dès 1919. Le journaliste financier Barron enregistra une
conversation avec le magnat du pétrole E.H. Doheny en 1919 qui mentiona
spécifiquement trois financiers importants, William Boyce Thompson,
Thomas Lamont et Charles R. Crane:

- A bord du SS Aquitaine, soirée du Vendredi 1er Février 1919.

J’ai passé la soirée dans la suite des Doheny. Mr Doheny a dit:
“Si vous croyez en la démocratie, vous ne pouvez pas croire au
socialisme. Le socialisme est le poison qui détruit la démocratie. La
démocratie veut dire des opportunités pour tous. Le socialisme fait
croire qu’un homme peut quitter son travail et être mieux loti. Le
bolchévisme est le fruit véritable du socialisme et si vous lisiez les
témoignages intéressants devant les comités du sénat vers la mi-Janvier
qui montrèrent tous ces pacifistes et faiseurs de paix comme des
sympathisants de l’Allemagne, des socialistes et des bolchéviques, et
vous verriez que la majorité des professeurs d’université aux Etats-Unis
enseignent le socialisme, le bolchévisme et que cinquante-deux de ces
professeurs étaient dans des comités pacifistes en 1914. Le président
Eliot d’Harvard enseigne le bolchévisme. Les pires des bolchéviques aux
Etats-Unis ne sont pas seulement les profs d’université dont le
président Wilson fait partie, mais les capitalistes et les femmes de
capitalistes et aucun ne semble savoir de quoi ils parlent. William
Boyce Thompson enseigne le bolchévisme et il va sûrement convertir
Lamont de JP Morgan and Co, Vanderlip est un bolchéviste ainsi que
Richard Crane. Beaucoup de femmes rejoignent le mouvement et ni elles ni
leurs maris ne savent de quoi il retourne ou ce à quoi cela mène. Henry
Ford en est un autre, ainsi que la majorité de la centaine
d’historiens que Wilson a emmené à l’étranger avec lui avec cette idée
insensée que l’histoire puisse enseigner à la jeunesse une juste
démarcation des races, des gens et des nations géographiquement.”


En bref, ceci est l’histoire de la révolution bolchévique et de ce
qui s’ensuivît, mais une histoire qui se démarque de l’approche
traditionnelle des capitalistes contre les communistes. Notre histoire
postule un partenariat entre le capitalisme international monopoliste et
le socialisme révolutionnaire international pour servir leur bénéfice
mutuel. Le coût humain final de cette alliance est retombé sur les
épaules du citoyen russe, du citoyen américain. L’entreprenariat a été
discrédité et le monde a été propulsé vers une planification socaliste
inefficace comme résultat de ces manœuvres monopolistes dans le monde de
la politique et de la révolution.

Ceci est aussi une histoire réfléchissant la trahison de la
révolution russe. Les tsars et leur système politique corrompu furent
éjectés pour n’être remplacés que par les agents du pouvoir d’un autre
système corrompu. Là où les Etats-Unis auraient pu exercer une influence
dominante pour amener une Russie libre, cela trébucha sur les ambitions
de quelques financiers de Wall Street, qui pour leurs intérêts
personnels, pouvaient accepter une Russie tsariste centralisée, une
Russie marxiste centralisée, mais en aucune manière une Russie libre et
décentralisée. Les raisons de ces hypothèses vont se dévoiler alors que
nous développerons les faits sous-jacents et non-dits jusqu’ici, de la
révolution russe et de ses conséquences.

Chapitre 2

Trotsky quitte New York pour faire la révolution

“Vous aurez une révolution, une terrible révolution. Quelle route
prendra t’elle dépendra beaucoup des instructions de Mr Rockefeller à
Mr Hague. Mr Rockefeller est le symbole de la classe dirigeante
américaine et Mr Hague est le symbole de son outil politique.”


(Léon Trotsky à New York le 13 Décembre 1938, note: Hague était un politicien du New Jersey)

En 1916, l’année qui a précédée la révolution russe,
l’internationaliste Léon Trotsky fut expulsé de France, officiellement à
cause de sa participation à la conférence de Zimmerwald, mais aussi
sans nul doute à cause des articles enflammés qu’il écrivît pour le
journal Nashe Slovo, publication russe parisienne. En Septembre
1916, Trotsky fut poliment escorté à la frontière espagnole par la
police française. Quelques jours plus tard, la police de Madrid l’arrêta
et le plaça dans une “cellule de première classe” au prix de une peseta
et demie par jour. Subséquemment, Trotsky fut conduit à Cadix, puis à
Barcelone finalement pour être mis à bord du bateau à vapeur de la
compagnie espagnole transatlantique, le S.S Montserrat. Ainsi, Trotsky et sa famille traversèrent l’océan Atlantique et arrivèrent à New York le 13 Janvier 1917 [...]

[...] Comment pût survivre en Amérique capitaliste un Trotsky qui ne parlait que russe et allemand ?

D’après son autobiographie “Ma Vie”: “Ma seule profession à New York
fut celle d’un socialiste révolutionnaire”. En d’autres termes, Trotsky
écrivit des articles occasionnels pour le Novy Mir, le journal
socialiste russe new yorkais. De surcroi, nous savons que l’appartement
familial de Trotsky avait un réfrigérateur et un téléphone et que,
d’après Trotsky lui-même, la famille voyageait occasionnellement en
limousine. Ce mode de vie intrigua les deux jeunes garçons Trotsky.
Quand ils se rendirent dans un salon de thé, les garçons demandaient
anxieusement à leur mère pourquoi le chauffeur n’entrait pas avec eux ?
Ce style de vie très confortable est également en porte à faux avec les
revenus déclarés de Trotsky. Les seuls fonds que Trotsky admît avoir
reçu pour l’année 1916 et 1917 furent de 310 US$ et d’après Trotsky
toujours: “J’ai distribué ces 310 US$ à cinq immigrants qui retournaient
en Russie.” Toujours est-il que Trotsky paya pour une cellule de
première classe en Espagne, la famille Trotsky voyagea à travers
l’Europe et les Etats-Unis, ils ont obtenu un excellent appartement à
New York, payant trois mois de loyer en avance et ils avaient l’usage
d’une limousine avec chauffeur pour leurs déplacements. Tout cela avec
les revenus d’un révolutionnaire exilé appauvri qui écrivait quelques
articles pour un journal de langue russe de faible diffusion le Nashe Slovo à Paris et le Novy Mir à New York !

Joseph Nedava estime les revenus de Trotsky pour 1917 à 12 US$ par
semaine, “agrémentés de quelques piges pour discours et entretien”.
Trotsky fut à New York en 1917 pour trois mois de Janvier à Mars, cela
fait donc 144 US$ de revenu du Novy Mir et disons en étant large, 100
US$ de salaire pour quelques lectures, pour un total de 244 US$. De ces
244 US$, Trotsky devait donner 310 US$ à ses amis, payer pour son
appartement de New-York, soutenir sa famille et trouver les 10 000 US$
qui lui furent confisqués par les autorités canadienne du port d’Halifax
en Avril 1917. Trotsky maintient que ceux qui disent qu’il avait
d’autres sources d7argent ne sont que des “mauvaises langues” promptes à
“répandre des calomnies stupides et des mensonges”; mais à moins que
Trotsky n’eut joué aux courses, ceci ne pouvait-être fait. Il est
évident que Trotsky avait une autre source de revenus.

Quelle était cette source ? [...]

[...] La plupart des enquêtes se sont centrées sur le fait vérifiable
que lorsque Trotsky quitta New York en 1917 à destination de Pétrograde
pour organiser la phase bolchévique de la révolution, il quitta la
place avec 10 000 US$. En 1919, le comité sénatorial Overman enquêta sur
la propagande bolchévique et l’argent allemand aux Etats-Unis et toucha
incidemment à la source des 10 000 US$ de Trotsky. L’examination des
dires du colonel Hurban, un attaché de Washington auprès de la
délégation tchèque mena à ceci:

(NdT: s’ensuit dans le livre le transcript d’une partie de
l’interrogatoire du comité qui établit le fait que Trotsky obtint les 10
000 US$ de ressortissants allemands alors qu’il était aux etats-Unis…
) [...]

[...] Il est ici assez remarquable de noter que le comité ajourna
brusquement l’interview avant même que les “sources” de l’argent de
Trotsky ne purent être placées dans les archives du sénat. Lorsque
l’interview repris le lendemain, le comité Overman n’avait plus aucun
intérêt de connaître le fin mot de cette histoire de financement de
Trotsky[...]

[...] Une somme de 10 000 US$ de provemance allemande est aussi
mentionnée dans le télégramme officiel britannique aux autorités navale
du port d’Halifax en Nouvelle-Ecosse au Canada, qui requirent que
Trotsky et tous les gens qui l’accompagnaient furent débarqués du S.S Kristianafjord.
Nous avons aussi appris d’un rapport du directorat britannique pour le
renseignement que Gregory Weinstein, qui fut en 1919 un élément
important du bureau soviétique de New York, collecta des fonds pour
Trotsky à New York. Ces fonds venaient d’Allemagne et furent acheminés
via le Volks-Zeitung, un quotidien de presse allemand de New York et
sponsorisé par le gouvernement allemand[...]

Woodrow Wilson et un passeport pour Trotsky

Le président Woodrow Wilson fut la bonne fée qui donna un passeport à
Trotsky pour qu’il puisse retourner en Russie afin de “porter de
l’avant” la révolution. Ce passeport américain était accompagné par un
permis d’entrée en Russie et un visa de transit britannique. Jennings C.
Wise, dans son livre “Woodrow Wilson: disciple de la révolution”, fait
ce commentaire pertinent: “Les historiens ne doivent jamais oublier que
Woodrow Wilson, et ce malgré les efforts intenses de la police
britannique, rendît possible pour Léon Trotsky de rentrer en Russie avec
un passeport américain.”

Le président Wilson a facilité le passage de Trotsky en Russie alors
que dans le même temps, des bureaucrates prudents du département d’état
(NdT: ministère des affaires étangères américain), concernés par de tels
révolutionnaires entrant en Russie, tentaient de manière unilatérale de
rendre plus difficile les procédures d’obtention de passeport. La
branche de Stockholm câbla le département d’état le 13 Juin 1917 juste
après le passage de Trotsky à la frontière finlando-russe: “la
délégation a confidentiellement informé les bureaux de passeport russe,
britannique et français à Tornéa (frontière), qu’elle était inquiète du
passage de personnes suspicieuses en possession de passeports
américains.” La réponse du département d’état américain le même jour fut
comme suit: “le département exerce une attention particulière pour la
délivrance des passeports pour la Russie” [...]

[...] En conséquence, par vertu du traitement préférentiel accordé à
Trotsky, lorsque le S.S Kritianafjord (NdT: S.S est un acronyme pour
Steam Ship ou navire à vapeur) quitta New York le 26 Mars 1917, Trotsky
était à bord avec un passeport américain, en compagnie d’autres
révolutionnaires trotkistes, de financiers de Wall Street, de
communistes américains et d’autres personnes non moins intéressantes,
dont très peu avaient embarqué avec pour but des affaires légitimes. Cet
amalgame de passagers a été décrit par Lincoln Steffens, le communiste
américain:

“La liste de passagers était longue et mystérieuse. Trotsky menait un
groupe de révolutionnaires; il y avait un révolutionnaire japonais dans
ma cabine. Il y avait un bon nombre de Hollandais qui se pressaient de
revenir chez eux depuis Java. Ils étaient les seules personnes
innocentes à bord. Le reste n’était que des messagers de guerre, deux de
Wall Street pour l’Allemagne…”

Notablement, Lincoln Steffens était en route pour la Russie à
l’invitation spécifique de Charles Richard Crane, un soutien et
ex-président du comité des finances du parti démocrate. Charles Crane,
le vice-président de la Crane Company, avait organisé la Westinghouse
Company en Russie, était un membre de la mission Root en Russie et avait
fait pas moins de vingt-trois visites en Russie entre 1890 et 1930.
Richard Crane, son fils, était l’assistant confidentiel de secrétaire
d’état d’alors (NdT: assistant ministre des affaires étrangères) Robert
Lansing. D’après l’ancien ambassadeur américain en Allemagne William
Dodd, Crane “fit beaucoup pour amener la révolution de Kerensky, qui
mena au communisme.” Ainsi les commentaires de Steffens dans son journal
de bord à propos des converstaions a bord du S.S Kristianafjord sont
très pertinents: “… tous étaient d’accord pour dire que la révolution
nétait que dans sa premère phase, qu’elle devait grandir. Crane et les
radicaux russes à bord pensent que nous devrions être à Pétrograde pour
la continuité de la révolution.”

Crane retourna aux Etats-Unis après que la révolution bolchévique fut
achevée (c’est à dire, la continuité de la révolution), et bien que
citoyen privé, il reçut des rapports de première main sur le progrès de
la révolution bolchévique au long des réceptions des télégrammes du
département d’état. Par exemple, une memorandum daté du 11 Décembre 1917
est intitulé: “Copie du rapport de la révolte maximaliste pour Mr
Crane”. L’origine du meme était de Maddin Summers, consul général
américain à Moscou et la lettre de présentation de Summers dit en
partie:

“J’ai l’honneur d’incorporer ci-joint une copie du même rapport avec
la requête qu’il soit envoyé pour l’information confidentielle de Mr
Charles R. Crane. Il est assumé que le département ne verra aucune
objection à ce que Mr Crane ait connaissance du rapport…”

Brièvement, l’image improbable et inquiétante qui émerge est que
Richard Crane, un ami et soutien de Woodrow Wilson et un financier
important doublé d’un politicien, a eu un rôle connu dans la “première”
révolution et voyagea à la mi-1917 en Russie en compagnie du communiste
américain Lincoln Steffens, qui était en relation avec Woodrow Wilson et
Trotsky. Ce dernier était en possession d’un passeport américain
délivré sur ordre du président Wilson et de 10 000 US$ en provenance
supposée de sources allemandes. A son retour aux Etats-Unis, après la
“seconde” révolution, Crane a bénéficié de l’accès à des documents
officiels confidentiels concernant la consolidation du régime
bolchévique. Ceci représente un tissu de faits interliés, intrigants,
qui demandent plus de recherche et qui suggère, bien que à ce stade sans
preuve évidente, que des liens existent entre le financier Crane et le
révolutionaire Trotsky.

Les documents canadiens sur la remise en liberté de Trotsky

Des documents du court passage de Trotsky entre les mains des
autorités canadiennes sont maintenant déclassifiees et disponibles
auprès des archives du gouvernement canadien. D’après ces archives,
Trotsky fut débarqué du S.S Kristianafjord par des personnels
de la marine canadienne et britannique dans le port d’Halifax
(Nouvelle-Ecosse), le 3 Avril 1917; il fut enregistré comme un
prisonnier de guerre allemand et interné au camp d’Ambherst en
Nouvelle-Ecosse érigé pour les prisonniers allemands. Mme Trotsky, les
deux garçons et cinq autres hommes russes décrits comme étant des
“socialistes russes”, furent également débarquees et internés. Leurs
noms sont enregistrés par les autorités canadiennes comme suit: Nickita
Muchin, Leiba Fisheleff, Konstantin Romanchanco, Gregor Teheodnovski,
Gerchon Melintchansky et Léon Bronstein Trotsky (toutes les ortographes
identiques aux documents originaux).

Le formulaire de l’armée canadienne LB-1, sous le numéro de série
1098 (incluant les empruntes digitales des pouces) fut complété pour
Trotsky, avec la description suivante: “37 ans, exilé politique,
profession journaliste, né à Gromskty, Chuson, Russie, citoyen russe”.
Le formulaire fut signé par Leon Trotsky et son nom complet donné comme
étant: Leon Bromstein (sic) Trotsky [...]

[...] Le 20 Avril 1917, la capitaine Matkins écrivit à l’amiral
Kingsmill expliquant ses raisons d’avoir débarqué Trotsky; il refusa
d’être mis sous pression et de prendre une décision en disant: “Je vais
câbler à l’amirauté et l’informer que la milice des autorités demande
une décision rapide concernant les suites à donner à l’affaire.” Le jour
suivant, le 21 Avril, Gwatkin écrivit à Coulter: “Nos amis les
socialistes russes doivent être libérés; des arrangements sont en ce
moment en cours pour assurer leur passage en Europe.” L’ordre donné au
capitaine Matkins de libérer Trotsky avait pour origine l’amirauté de
Londres. Coulter reconnu l’informatiom d’un: “ceci plaira immensément à
nos correspondants de New York.” [...]

Les vues des services de renseignement canadiens sur Trotsky

Nous pouvons approcher le cas de la libération de Trotsky sous un autre angle: celui du renseignement canadien.

Le lieutenant-colonel John Bayne MacLean, un important éditeur et
homme d’affaires canadien, fondateur et président de la MacLean
Publishing Company de Toronto, géra plusieurs journaux canadiens de
commerce, incluant le Financial Post. MacLean avait également une très longue association avec les services de renseignement militaires de l’armée canadienne.

En 1918, le colonel MacLean écrivit un article dans son propre
magazine “MacLean’s”, article intitulé: “Pourquoi avons-nous laissé
partir Trotsky ? Comment le Canada a perdu une opportunité de racourcir
la guerre” [...]

[...] En premier lieu, il convient de dire que le colonel MacLean
était un homme intègre, aqui possédait d’excellentes connexions au sein
du gouvernement et des services de renseignement canadiens. En second
lieu, les archives du gouvernement déclassées depuis par le Canada, la
Grande-Bretagne et les Etats-Unis, confiment les déclarations de MacLean
à un bon degré de signifiance. Certaines déclarations de MacLean
doivent être confirmées, mais l’information à notre disposition en ce
début des années 1970 n’est pas nécessairement inconsistante avec
l’article du colonel MacLean.

MacLean ouvre le débat de la sorte: “quelques politiciens canadiens
ou officiels furent dûment responsables du prolongement de la guerre
(1ère guerre mondiale), pour la grande perte de vies humaines, les
blessures et les souffrances de l’hiver 1917 et des grandes offensives
de 1918.”

De plus, dit MacLean, ces personnes faisaient (en 1919) tout ce qui
était possible pour empêcher le parlement et le public canadiens
d’obtenir les faits relatés. Les rapports officiels, incluant ceux de
Sir Douglas Haig, démontrent que si ce ne fut pour le désengagement de
la Russie en 1917, la guerre aurait été finie au moins un an avant et
que “l’homme responsable de la défection de la Russie fut Trotsky…
agissant sur instructions de l’Allemagne.”

Qui était Trotsky ? D’après MacLean, Trotsky n’était pas Russe mais
Allemand. Aussi bizarre que cette assertion puisse paraître, cela
coïncide avec d’autres pièces d’information et de renseignement qui
stipulent que Trotsky parlait mieux allemand que russe et qu’il était
l’exécutif russe du “Black Bond” allemand. D’après MacLean, Trostsy a
été ostentatoirement expulsé de Berlin en Août 1914, il arriva
finalement aux Etats-Unis d’où il organisa les révolutionnaires russes,
ainsi que des révolutionnaires dans l’ouest canadien, qui “étaient
essentiellement des Allemands et des Autrichiens voyageant comme des
Russes”. Mac Lean continue:

“Originellement, les britanniques se sont rendus compte par leurs
associés russes que Kerensky, Lénine et quelques autres leaders moindres
étaient payés par l’Allemagne depuis au moins 1915 et ils découvrirent
en 1916 les connexions avec Trotsky qui vivait à New-york. A partir de
ce moment là il fut observé sans relâche par… le service de déminage. Au
début de l’année 1916 un officiel allemand se rendît à New-York. Les
officiels du renseignement britannique l’accompagnèrent. Il fut détenu à
Halifax, mais sur leur instruction il fut permis qu’il continua sa
route avec moultes excuses pour le retard occasionné. Après pas mal de
manœuvres, il arriva dans un petit bureau de presse sale dans les
bidonvilles et trouva Trotsky, pour lequel il portait des instructions
importantes. De Juin 1916, jusqu’à ce qu’ils le relaient au service
britannique, le service de déminage de New York ne perdit jamais le
contact avec Trotsky. Ils découvrirent que son véritable nom était
Braunstein et qu’il était Allemand et non pas russe.”

Une telle activité allemande en pays neutres a été confirmée dans un
rapport du département d’état (316-9-764-9), qui décrivait
l’organisation de refugiés russes pour des buts révolutionnaires [...]

[...] Trotsky a été relâché “à la requête de l’ambassade britannique
de Washington… qui a agit sur la requête du département d’état
américain, qui lui agissait pour quelqu’un d’autre…” Les officiels
canadiens furent instruits “d’informer la presse que Trotsky était un
citoyen américain voyageant avec un passeport américain et que sa
relâche avait été spécifiquement demandée par le département d’état à
Washington. De plus, ecrit toujours MacLean, à Ottawa “Trotsky avait et
continue à avoir, une très forte influence. Là, son pouvoir est si grand
que des ordres furent donnés pour que toute considération lui soit
accordée.”

Le thème général sur lequel MacLean s’épanche est bien évidemment que
Trotsky avait des relations intimes et probablement travaillait pour
l’état major allemand. Alors que ces relations ont été établies en ce
qui concerne Lénine, jusqu’à confirmer que Lénine était financé et son
retour en Russie facilité par l’Allemagne, il apparaît comme quasi
certain que Trotsky fut aidé de la même façon. Le fond de 10 000 US$ de
Trotsky à New York était de source allemande et un document archivé du
département d’état américain récemment déclassifié déclare:

“9 Mars 1918, au consul américain, Vladivostok; de Polk, faisant fonction de secrétaire d’état, Washington D.C

Pour votre information confidentiel et prompte attention: ce qui suit
est la substance d’un message du 12 Janvier émanant de Von Schanz de la
Banque Impériale allemande à Trotsky. Message accorde la banque
impériale d’un crédit de 5 millions de roubles à envoyer à l’assistant
commissaire naval en chef Kudrisheff d’extrême Orient…”

Ce message suggère une liaison entre Trotsky et les Allemands en
Janvier 1918, une époque où Trotsky proposait une alliance avec
l’occident. Le département d’état ne donne pas la provenance du message,
seulement qu’il provient du bureau du personnel de l’école de guerre.
Le département d’état a traité ce message comme authentique et a agit en
conséquence sur la base d’une authenticité assumée. Ceci est consistant
avec le thème général de l’article du colonel MacLean.

Les intentions et objectifs de Trotsky

Par conséquent, nous pouvons dériver la séquence d’évènements
suivante: Trotsky a voyagé de New York à Pétrograde avec un passeport
suppléé suite à l’intervention du président Woodrow Wilson et avec
l’intention déclarée de “poursuivre plus avant” la révolution. Le
gouvernement britannique fut la source d’origine de sa libération de
détention par les autorités canadiennes en Avril 1917, mais il se peut
très bien qu’il y ait eu des “pressions”. Lincoln Steffens, un
communiste américain, a agit comme relais entre Wilson et Charles R.
Crane et entre Crane et Trotsky. De plus, alors que Crane n’avait aucune
position officielle, son fils Richard était l’assistant confidentiel du
secrétaire d’état Robert Lansing et Crane senior reçu des rapports
rapides et détaillés sur les progrès de la révolution bolchévique. De
plus, l’ambassadeur William Dodd (ambassadeur américain en Allemagne
durant la période d’Hitler) a dit que Crane a eu un rôle actif dans la
phase Kerensky de la révolution; les lettres de Steffens confirment que
Crane voyait la phase Kerensky comme n’étant qu’une étape dans la
continuité de la révolution.

Le point intéressant n’est pas tant la communication parmi des
personnes disparates comme Crane, Steffens, Trotsky et Woodrow Wilson,
que l’existence d’au moins une mesure d’accord sur la procédure à
suivre, à savoir que le gouvernement provisoire était vu comme
“provisoire” et que la “seconde révolution” devait suivre.

D’un autre côté, l’interprétation des intentions de Trotsky doit être
sujette à précaution: il était un adepte du double jeu. La
documentation officielle démontre très clairement des actions
contradictoires. Par exemple, la division admonistrative des affaires
d’´xtrême orient du département d’état américain, reçût le 23 Mars 1918,
deux rapports de Trotsky. L’un est inconsistent avec l’autre. Un
rapport du 20 Mars 1918 de Moscou ayant pour origine le journal russe
Russkoe Slovo; le rapport citait une interview avec Trotsky dans lequel
il disait que l’alliance avec les Etats-Unis était impossible:

“La Russie des soviers ne peut pas s’aligner sur l’Amérique
capitaliste car ce serait une trahison. Il est possible que les
Américains cherchent un rapprochement avec nous, motivé par leur
antagonisme avec le Japon, mais dans tous les cas il ne peut pas y avoir
d’alliance de notre part et de quelque nature que ce soit avec une
natio bourgeoise.”

Dans l’autre rapport, provenant aussi de Moscou figure un message du
17 Mars 1918, trois jours plus tôt, et de l’ambassadeur Francis:
“Trotsky demande cinq officiers américains comme inspecteurs de l’armée
étant organisée pour la défense et aussi demande des techniciens de
chemins de fer et de l’équipement.”

Cette requête vers les Etats-Unie est bien évidemment inconsistante avec la rejection de “l’alliance” [...]

[...] tant que nous verrons tous les révolutionnaires internationaux
et tous les capitalistes internationaux comme étant des ennemis
implacables les uns des autres, alors nous ne verrons jamais le point
crucial, à savoir qu’il y a effectivement eu une coopération
opérationnelle entre les capitalistes internationaux, ceci incluant les
fascistes et les révolutionnaires internationaux; il n’y a a priori
aucune raison de rejeter Trotsky comme ne faisant pas partie de cette
alliance.

Cette tentartive de réévaluation limitée sera remis plus en lumière
quand nous verrons l’histoire de Michael Gruzenberg, l’agent en chef des
bolchéviques en Scandinavie qui sous le pseudnyme d’Alexandre Gumberg
était aussi un conseiller confidentiel de la Chase National Bank de New
York et plus tard à la Floyd Odium of Atlas Corporation. Ce rôle
ambivalent était connu et accepté des deux employeurs soviétiques et
américains. L’histoire de Gruzenberg est un cas d’école de l’histoire de
l’alliance entre la révolution internationale et le capitlaisme
international.

Les observations du colonel MacLean sur Trotsky ayant “une forte
influence” et que “son pouvoir était si grand que des ordres furent
donnés pour lui garantir la plus grande considération”, ne sont pas du
tout inconsistantes avec l’intervention de Coulter-Gwatkin au profit de
Trotsky ou plus tard avec les accusations stalinistes des procès des
années 1930 (NdT: qui disaient que Trotsky était un agent de capital);
elles ne spnt pas non plus inconsistantes avec le cas Gruzenberg. D’un
autre côté, le seul lien direct connu de Trotsky avec la finance
internationale est à travers son cousin Abram Givatovzo, qui était un
banquier privé à Kiev avant la révolution russe et à Stockholm après la
révolution. Alors que Givatovzo professait l’anti-bolchévisme, il
agissait en fait pour les soviets en 1918 au cours de transaction de
changes [...]

[...] En bref, les allégences ne sont pas toujours ce qu’elles
paraissent-être. Nous pouvons quoi qu’il en soit conjecturer que
Trotsky, Aleinikoff, Wolf, Coulter et Gwatkin en agissant pour un
objectif commun limité avaient aussi un but commun plus important que
l’allégeance nationale ou le label politique. Il n’y a pas de preuve que
cela fut. Ceci n’est pour le moment qu’une supposition logique qu’on
peut tirer des faits. Une loyauté plus haute que celle forgée par un but
commun immédiat n’a pas besoin d’être plus que l’amitié, même si cela
peut-être une vue de l’esprit considérant le polyglotisme impliqué. Cela
a aussi pu être motivé par d’autres intérêts. Nous n’avons toujours
qu’une vue partielle.

Chapitre 3

Lénine et l’assistance allemande à la révolution bolchévique

“Ce ne fut pas avant que les bolchéviques aient reçu de notre
part un flot plus constant de fonds au moyen de diverses sources et sous
différents labels, qu’ils furent en position de développer leur organe
d’information majeure la “Pravda” afin de conduire leur propagande
énergique et d’être capables d’étendre la base originellement étroite de
leur parti.”


(von Kühlmann, ministre des affaires étrangères allemands au Kaiser le 3 Décembre 1917)

En Avril 1917, Lénine et un froupe de 32 révolutionnaires russes, la
plupart bolchéviques, voyagèrent en train depuis la Suisse, à travers
l’Allemagne et la Suède jusqu’à Pétrograde en Russie. Ils étaient en
route pour rejoindre Léon Trotsky afin de “compléter la révolution”.
Leur voyage de transit à travers l’Allemagne fut approuvé, facilité et
financé par le grand-état major allemand. Le transit de Lénine et son
passage en Russie faisait partie d’un plan approuvé par la commandement
suprême allemand et n’a pas été immédiatememt porté à la connaissance du
Kaiser; ceci fut fait afin d’aider à la désintégration de l’armée russe
et d’éliminer la Russie de la première guerre mondiale. La possibilité
que les bolchéviques puissent être retournés contre l’Allemagne et
l’Europe ne vint pas à l’idée de l’état-major allemand. Le Major Général
Hoffman a écrit:” Nous n’avons jamais su ou prévu le danger pour
l’humanité résultant de ce voyage des bolchéviques en Russie.”

Au plus haut niveau, le politicien allemand qui autorisa le voyage de
Lénine vers la Russie fut le chanclier Theobald von Bethmann-Hollweg,
un descendant de la famille banquière de Francfort Bethmann, qui devînt
très prospère au XIXème siècle. Bethmann-Hollweg fut nommé chancelier en
1909 et devint en Novembre 1913 le premier chancelier victime d’un vote
de censure au Reichstag. Ce fut lui qui dit au monde en 1914 que la
garantie allemande sur la Belgique n’était “qu’un vulgaire bout de
papier” [...]

[...] dès 1917, Bethmann-Hollweg avait perdu son soutien au Reichstag
et dût démissionner, mais pas avant avoir approuvé le transit des
révolutionnaires bolchéviques en Russie par l’Allemagne. Les
instructions du transit allèrent de Bethmann-Hollweg à son secrétaire
d’état Arthur Zimmermann, qui était directement sous Bethmann-Hollweg et
qui supervisa les d´´tails des opérations au quotidien avec les
ministres allemands à la fois à Berne et à Copenhague. Le Kaiser
lui-même ne fut mis au courant du mouvement révolutionnaire qu’après le
passage de Lénine en Russie.

Bien que Lénine lui-même ne fut pas au courant de la source précise
de l’assistance, il savait très certainement que les Allemands
fournissaient le financement. Il y eut quoi qu’il en soit des liens
intermédiaires entre le ministère des affaires étrangères allemands et
Lénine ainsi que le montre ce qui suit:

Le transferts de Lénine en Russie d’Avril 1917

- Décision finale: Chancelier Bethmann-Hollweg

- 1er intermédiare: Arthur Zimmermann (secrétaire d’état)

- 2ème intermédiare: Brockdorff-Rantzau (ministre allemand à Copenhague)

- 3ème intermédiare: Alexandre Israël Helphand (alias Parvus)

- 4ème intermédiaire: Jacob Furstenberg (alias Ganetsky)

- Lénine en Suisse

[...] Bien que le chancelier Bethmann-Hollweg fut l’autorité finale
qui décida du transfert de Lénine et bien que celui-ci était très
certainement au courant de l’origine allemande de l’assistance, Lénine
ne peut néanmoins pas être étiquetté comme un agent allemand. Le
ministère des affaires étrangères allemand évalua les actions probales
de Lénine en Russie et décida qu’elles étaient consistantes avec leur
propre objectif de la dissolution de la structure du pouvoir existant en
Russie. Quoi qu’il en soit, les deux parties avaient un agenda caché:
L’Allemagne voulait une priorité sur le marché russe de l’après-guerre
et Lénine avait pour intention d’établir une dictature marxiste.

L’idée d’utiliser les révolutionnaires de cette façon peut-être
tracée dès 1915. Le 14 Août de cette année-là, Brockdorff-Rantzau
écrivit au sous-secrétaire d’état allemand à propos de sa conversation
avec Helphand (Parvus) et fît une importante recommandation d’employer
Helphand “un homme extraordinairement important dont nous devrions
employer les pouvoirs peu communs pour la durée de la guerre…” Inclus
dans le rapport était une mise en garde: “Il serait peut-être risqué
d’utiliser les pouvoirs derrière Halphand, mais ce serait sans nul doute
une admission de notre faiblesse si nous devions refuser leurs services
par peur de ne pas être capable de les diriger.”

Les idées de Brockdorff-Rantzau de diriger et de contrôler les
révolutionnaires furent en parallèle, comme nous le verrons, avec celles
des financiers de Wall Street. Ce fut JP Morgan et l’Americain
International Corporation qui tentèrent de contrôler les
révolutionnaires à la fois américains et étrangers aux Etats-unis pour
leurs propres intérêts.

Un autre document établît les termes de la demande de Lénine, dont le
point le plus intéressant fut le point #7, qui permettrait aux troupes
russes “d’entrer en Inde”, ce qui suggéra que Lénine avait l’intention
de poursuivre le projet expansioniste du tsar. Zeman note aussi le rôle
de Max Warburg dans l’établissement d’une maison d’édition russe et
annonce un accord daté du 12 Août 1916 dans lequel l’industriel allemand
Stinnes acquiesça de contribuer pour deux millions de roubles pour le
financement d’une maison d’édition en Russie.

Ainsi, le 16 Avril 1917, un groupe de 32 personnes à bord d’un train,
incluant Lénine, sa femme Nadezhda Krupskaya, Grigori Zinoviev,
Skolnikov et Karl Radek, partirent de la gare centrale de Berne en route
pour Stockholm. Lorsque le groupe arriva à la frontière russe, seuls
Fritz Plattan et Radek se virent refuser l’entrée en Russie. Le reste du
groupe fût autorisé à entrer en Russie. Plusieurs mois plus tard, ils
furent suivis par quelques 200 Menchéviks, incluant Martov et Axelrod.

Il convient ici de noter que Trotsky, qui était à New York pendant ce
temps là, a obtenu des fonds également traçables à des sources
allemandes. De plus, von Kühlmann fait allusion à l’inabilité de Lénine
d’élargir la base du parti bolchévique avant que les Allemands n’aient
suppléé les fonds. Trotsky était un menshévik qui ne tourna bolchévique
qu’en 1917. Ceci suggère que les fonds allemands étaient peut-être liés à
la condition que Trotsky change de label politique.

Les documents Sisson

Au début de 1918, Edgar Sisson, le représentant à Pétrograde du
comité d’information publique états-unien acheta un certain nombre de
documents russes qui étaient supposés prouver que Trotsky, Lénine et les
autre révolutionnaires bolchéviques étaient non seulement payés par le
gouvernment allemand mais en étaient des agents.

Ces documents, plus tard appelés les “documents Sisson”, furent
envoyés aux Etats-Unis en toute hâte et secret. A Washington D.C, ils
furent soumis à l’attention du comité national de service historique
pour identification. Deux historiens influents, J. Franklin Jameson et
Samuel N. Harper, testifièrent de leur authenticité. Ces historiens
divisèrent les documents de Sisson en trois groupes. Concernant le
premnier groupe ils conclurent:

“Nous avons soumis avec grande attention ces documents à tous les
tests possiblement applicables et auxquels les étudiants sont
familiers… Sur la base de ces études, nous n’avons aucune hésitation à
déclarer que nous ne voyons aucune raison de douter de l’authenticité de
ces 53 documents.”


Les historiens furent moins confiants quant au matériel du second
groupe de documents. Ce groupe ne fut pas rejeté comme des faux, mais il
fut suggéré qu’ils étaient des copies de documents originaux. Bien que
les historiens firent “une déclaration de non confiance” sur le 3ème
groupe, ils n’étaient pas prêts à déclarer qu’ils étaient des faux.

Les documents Sisson furent publiés par le comité d’information
publique, dont le président était George Creel, un ancien contributeur
du journal bolchévique “Masses”. La presse américaine en général accepta
ces documents comme étant authentiques avec pour seule exception notire
le New York Evening Post, propriété à l’époque de Thomas W. Lamont, un associé de la firme JP Morgan. Quand seulement quelques uns furent publiés, le Post défia l’authenticité de tous les documents.

Nous savons aujourd’hui que les documents Sisson étaient des faux,
seulement une ou deux des circulaires allemandes d’importance mineure
étaient authentiques. Une simple examination des en-têtes de lettres
suggère que les faussaires étaient des faussaires inhabituellement
maladroits, peut-être travaillant pour le marché américain très naïf. Le
texte de langue allemande était truffé de termes qui étaient à la
limite du ridicule, par exemple: le mot “bureau” au lieu du mot allemand
“Büro” ou “central” au lieu du mot allemand “zentral”, etc…

Que les documents sont des faux est la conclusion de l’étude
exhaustive de George Kennan et des études faites dans les années 1920
par le gouvernement britannique. Quelques documents étaient basés sur
des informations réelles et comme l’observe Kennan, ceux qui les
forgèrent eurent accès à des informations de première qualité. Par
exemple les documents 1, 54, 61 et 67 mentionnent que la banque Nya
Banken de Stockholm a servi de conduit pur les fonds destinés aux
bolchéviques depuis l’Allemagne. Ce réseau a été confirmé par plusieurs
sources très fiables. Les documents 54, 63 et 64 mentionnent Furstenberg
comme étant l’intermédiaire bancaire entre les Allemands et les
bolchéviques, le nom de Furstenberg apparaît dans d’autres documents
authentiques. Le document de Sisson # 54 mentionne Olof Aschberg et
celui-ci d’après sa propre déclaration était le “banquier bolchévique”.
Aschberg était le directeur de Nya Banken en 1917. D’autres documents
dans les documents Sisson mentionnent une liste de noms et
d’institutions, tels que la banque allemande Naphta-Industrial, la
Disconto Gesellschaft et Max Warburg, le banquier de Hambourg, mais des
preuves plus tangibles ne sont pas au rendez-vous. De manière générale,
les documents Sisson, bienqu’étant des faux, sont quoi qu’il en soit
basés sur des informations exactes [...]

La partie de bras de fer à Washington

[...] Le premier rapport des évènements du début Novembre atteignit
Washington le 9 Décembre 1917. Ce rapport décrivit la nature peu intense
de la révolution per se, mentionait que le général William V. Judson
avait fait une visite non autorisée à Trotsky et rapporta la présence
d’Allemands à Smolny, le QG soviétique.

Le 28 Novembre 1917, le président Woodrow Wilson ordonna la non
interférence avec la révolution bolchévique. Cette instruction vint
apparemment en réponse à une requête de l’ambassadeur Francis pour une
conférence alliée à laquelle la Grande-Bretagne avait déjà dit oui. Le
département d’état argumenta qu’une tele conférence n’était pas
pratique. Il y eut de longues discussions à Paris entre les alliés et le
colonel Edward M. House, qui en référa au président Wilson comme étant
“de longues et fréquentes discussions au sujet de la Russie”. De cette
conférence, House dit que l’Angleterre “acquiesçait passivement”, que la
France “était indifféremment contre” et l’Italie “activement aussi”.
Woodrow Wilson approuva peu après un télégramme du secrétaire Robert
Lansing qui donnait une assistance financière pour le mouvement Kaledin.
Il y avait aussi des rumeurs que “les monarchistes travaillaient avec
les bolchéviques…” que le gouvernement de Smolny était complètement sous
contrôle de l’état-major allemand et d’autres rumeurs qui disaient que
tout ou partie des bolchéviques étaient des américains.” [...]

[...] Le 20 Février 1918 l’amabassadeur Francis câbla à Washington
pour rapporter que le gouvernement bolchévique approchait de sa fin.
Deux semaines plus tard, le 7 Mars 1918, Arthur Bullard rapporta au
Colonel House que de l’argent allemand maintenait à flot les
bolchéviques et que cette subside était bien plus substantielle que
pensée auparavant. Arthur Bullard (du comité d’information publique)
argumentait: “Nous devons nous préparer à aider quelque gouvernement
national honnête que ce soit. Mais hommes, argent ou équipement envoyés à
ceux aux commandes actuellement seront utilisés contre les Russes tout
autant que contre les Allemands.” Ceci fut suivi par un autre message de
Bullard au colonel House: “je ne conseille pas de donner une aide
matérielle au gouvernement russe actuel; des éléments sinistres des
soviets semblent gagner le contrôle.”

Mais il y eut des contre-forces influentes qui œuvrèrent. Dès le 28
Novembre 1917. Le colonel House câbla au président Wilson depuis Paris
qu’il pensait que c’était important que la presse américaine commence à
commenter sur le fait que “la Russie devrait être traitée comme un
ennemi”, devrait être “supprimée”. Le mois suivant, William Franklin
Sands, secrétaire exécutif de l’American International Corporation sous
contrôle de JP Morgan et un ami de Basil Miles, soumît un memorandum qui
décrivait Lénine et Trotsky comme ayant les faveurs des masses et
pressait les Etats-Unis de reconnaître la Russie soviétique. Même le
socialiste américain Walling se plaignît auprès du département d’état à
propos de l’attitude pro-soviet de George Creel (du comité américain
d’information publique), de Herbert Swope et de William Boyce Thompson
(de la banque de la réserve fédérale de New York).

Le 17 Décembre 1917, apparût dans un journal de Moscou une attaque
sur le colonel Raymond Robins de la Croix Rouge et Thompson et qui
insinuait un lien entre la révolution russe et des banquiers américains:

“… Pourquoi l’argent fut-il donné aux socialistes révolutionnaires et
non pas aux démocrates constitutionnels ? On devrait pourtant supposer
ceux-ci plus proches et plus chers aux cœurs des banquiers.”

L’article continue à argumenter que cela était parce que le capital
américain regardait la Russie comme un futur marché et voulait ainsi
s’implanter solidement. L’argent fut donné aux révolutionnairex parce
que les travailleurs et les paysans font confiance aux socialistes
révolutionnaires. Au moment où l’argent arriva aux révolutionnaires,
ceux-ci étaient alors au pouvoir et il était supposé qu’ils y
resteraient pour un moment.

Un autre rapport datant du 12 Décembre 1917 en provemance de Raymond
Robins, détaille “des négociations avec un groupe de banquiers
américains de la mission de la Croix Rouge américaine”. Les
“négociations” avaient pour sujet le paiement de deux millions de
dollars. Le 22 Janvier 1918, Robert L. Owen, le président du comité des
changes du sénat américain et lié aux intérêts de Wall Street, envoya
une lettre à Woodrow Wilson recommandant une reconnaissance de facto de
la Russie soviétique par les Etats-Unis, la permission d’un envoi
immédiat de produits qui étaient en demande de manière urgente là-bas,
la nomination de représentants en Russie pour contre-balancer
l’influence allemande et la création d’un groupe de service
professionnel en Russie.

Cette approche fut aidée de manière consistante par Raymond Robis en
Russie… D’après Robins, les bolchéviques voulaient l’assistance des
Etats-Unis et une coopération commune ave cla réorganisation des chemins
de fer, parce que “par leur généreuse assistance et conseil technique à
réorganiser le commerce et l’industrie, l’Amérique pourra entièrement
exclure le commerce allemand pour le reste de la guerre.”

En bref, le bras de fer à Washington était un reflet de la lutte
entre d’un côté, la vieille ligne de la diplomatie (comme l’ambassadeur
Francis) et les officiels de bas-étage des départements administratifs
et de l’autre côté, des financiers comme Robins, Thompson et Sands avec
des alliés comme Lansing et Miles au département d’état et le sénateur
Owen au congrès.
http://resistance71.wordpress.com/2011/12/12/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-revolution-bolchevique-professeur-antony-sutton-1ere-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:45

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la révolution bolchévique (Professeur Antony Sutton)… 2ème partie.




1ère partie

3ème partie

4ème et dernière partie

* * * * * *

Seconde Partie

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Chapitre 4

Wall Street et la révolution mondiale

Avant la première guerre mondiale, la structure de la finance et des
affaires des Etats-Unis était dominée par deux conglomérats: la Standard
Oil des Rockefeller et le complexe industriel des Morgan, de la finance
et des compagnies de transport. Les alliances de trust des Rockefeller
et des Morgan ne dominaient pas seulement Wall Street, mais par le biais
de dictatures inter-reliées, presque l’ensemble du tissu économique des
Etats-Unis. Les intérêts des Rockefeller monopolisaient le pétrole et
industries affiliées, contrôlaient le trust du cuivre, celui des
fonderies et le trust gigantesque du tabac, en plus d’avoir
quelqu’influence dans quelques propriétés des Morgan comme l’industrie
de l’acier et quelques centaines d’autres petits trusts industriels,
opérations de services publiques, chemins de fer, des institutions
banquières. La National City Bank était la plus grande des banques
influencée par la Standard Oil des Rockefeller, mais le contrôle
financier s’étendait aux compagnies de Trust américaines (United States
Trust Company) et la Hanover National Bank, ainsi que des compagnies
d’assurance majeurs telle l’Equitable Life and Mutual de New York.

Les grandes entreprises des Morgan étaient dans l’acier, le transport
et l’industrie électrique, qui incluait la General Electric, le trust
du caoutchouc et les chemins de fer. Comme Rockefeller, Morgan
contrôlait des corporations financières, la National Bank of Commerce, a
Chase National Bank, New York Life Insurance et la Guaranty Trust
Company. Les noms de Morgan et de la Guaranty Trust Company apparaissent
beaucoup dans ce livre [...]

[...] Les financiers américains associés avec ces groupes étaient
impliqués dans le financement de revolution bien avant 1917.
L’intervention de la firme légale de Wall Street Sullivan & Cromwell
dans la controverse du canal de Panama est enregistrée dans les
auditions du congrès en 1913 [..]

[...] Le plus bel exemple documenté de l’intervention de Wall Street
dans une révolution est celui de l’opération d’un consortium de New York
dans la révolution chinoise de 1912, menée par Sun Yat-Sen. Bien que
les gains finaux du consortium demeurent incertains, l’intention et le
rôle de ce groupe financier de New York est complètement documenté
jusqu’aux versements d’argent, l’information sur les sociétés secrète
chinoises impliquées, les listes de livraison de l’armement acheté. Le
consortium de banquiers new-yorkais pour la révolution de Sun Yat-Sen
incluait Charles B. Hill, un avocat de la firme Hunt, Hill & Betts.
En 1912, la firme avait pour adresse 165 Broadway, New York, mais en
1917, elle déménagea au 120 Broadway (voir le chapitre 8 pour la haute
signifiance de cette adresse…). Charles B. Hill était le directeur de
plusieurs sucursales de Westinghouse, incluant Bryant Electric, Perkins
Electric Switch et Westinghouse Lamp, toutes affiliées avec Westinghouse
Electric dont les bureaux de New York sont aussi au 120 Broadway.
Charles R. Crane, organisateur de la Westinghouse en Russie, a eu un
rôle connu dans la première et le seconde phase de la révolution
bolchévique.

Le travail du consortium de 1910 en Chine est archivé dans la
Laurence Boothe Papers de l’Institut Hoover. Ces papiers contiennent
plus de 110 documents, incluant des lettres de Sun Yat-Sen pour et de
ses soutiens américains. En retour de ce soutien financier, Sun Yat-Sen
promit au consortium Hill des concessions sur les chemins de fer, la
banque et les affaires dans la nouvelle Chine révolutionnaire.

Un autre cas de révolution soutenue par les institutions financières
de New York concerne celui de la révolution mexicaine de 1915-16 [...]

[...] L’implication de Wall Street dans les raids frontaliers
mexicains fut le sujet d’une lettre du 6 Octobre 1916 de Lincoln
Steffens, un communiste américian au colonel House, aide personnel du
président Woodrow Wilson:

“Mon cher colonel House,

Juste avant que je ne quitte New York lundi dernier, j’ai été assuré
de manière convaincante que ‘Wall Street’ a procédé aux arrangements
nécessaires pour qu’un raid supplémentaire de bandits mexicains ait lieu
aux Etats-Unis; ce raid arrivera bien à point et sera si atroce qu’il
fixera les élections… “

Une fois au pouvoir au Mexique le gouvernement Carranza acheta plus
d’armes aux Etats-Unis. L’American Gun Company fut contractée pour
envoyer 5 000 Mausers et une license de transport fut donnée par le
comité de commerce de guerre pour 15 000 fusils et 15 millions de
cartouches…

Les raids de Pancho Villa et Carranza sur les Etats-Unis furent
reportés par le New York Times comme étant la “révolution du Texas” (un
genre de répétition générale pour la révolution bolchévique à venir) et
furent faits conjointement par des Allemands et des bolchéviques. Le
témoignage de John A. Walls, procureur de Brownsville, Texas, devant le
comité Fall en 1919 amena une preuve documentée du lien entre les
intérêts bolchéviques aux Etats-Unis, l’activité allemande et les forces
de Carranza au Mexique. Conséquemment, le gouvernement Carranza, le
premier au monde avec une constitution de style soviétique (qui fut
écrite par des Trotskistes), était un gouvernement qui avait un soutien à
Wall Street.

La révolution de Carranza n’aurait probablement pas pu réussir sans
les munitions américaines et Carranza n’aurait pas pu rester longtemps
au pouvoir s’il l’avait fait sans l’aide américaine.

Une intervention similaire dans la révolution bolchévique de 1917 en
Russie tourne autour d’un intermédiaire et banquier suédois Olof
Aschberg. De manière logique, l’histoire commence avec des emprunts
tsaristes de la période pré-révolutionnaire fait aux consortiums
banquiers de Wall Street.

Les banquiers américains et les emprunts tsaristes

En Août 1914 l’Europe entra en guerre. Sous la loi internationale,
les pays neutres (et les Etats-Unis furent neutres jusqu’en Avril 1917)
ne pouvaient pas prêter de l’argent aux pays belligérants. Ceci était
autant une question légale que de moralité[...]

[...] Des documents des archives de département d’état démontrent que
la National City Bank, contrôlée par les intérêts de Stillman et de
Rockefeller et la Guaranty Trust, contrôlé par les intérêts Morgan, ont
levé de concerts des prêts substantiels pour la russie belligérante
avant l’entrée en guerre des Etats-Unis et que ces prêts furent octroyés
après que le département d’état fît remarquer à ces firmes que cette
procédure était à l’encontre de la loi internationale. De plus, des
négociations pour ces prêts furent entreprises au travers d’entités de
communication gouvernementale sous le couvert du “chiffre vert”
(encodage) de haut niveau du département d’état. Ci-dessous sont
reproduits des extraits des câbes du département d’état qui feront foi
de cette affaire.

(NdT: s’ensuit ici dans le livre, la reproduction de 5
correspondances du département d’état avec la Russie et les
correspondants américains en Russie, en Suède et aux Etats-Unis)

[...] Clairement, les intérêts des Morgan-Rockefeller n’avaient
aucune intention ni intérêt à rester dans la loi internationale. Il y a
eu une intention évidente dans ces câbles de fournir des prêts aux
belligérents. Il n’y a eu aucune hésitation de la part de ces firmes
d’utiliser les moyens techniques du département d’état pour conduire
leurs négociations. De plus, malgré sa protestation, le département
d’état a permis aux messages d’être échangés. Finalement et de manière
des plus intéressante pour la suite des évènements, Olof Aschberg, la
banquier suédois, fut un participant et négociateur intermédiare
important dans les négociations faites au profit de Guaranty Trust.
Intéressons-nous donc de plus près à cet Olof Aschberg.

Olof Ashberg à New York en 1916

Olof Aschberg, le “banquier bolchévique” (ou le “Bankier der
Weltrevolution”, comme il fut appelé dans la presse allemande), était le
propriétaire de la Nya Banken, fondée en 1912 à Stockholm. Ses
co-directeurs incluaient des membres importants des coopératives et des
socialistes suédois, incluant G.W. Dahl, K.G. Rosling et C. Gerhard
Magnusson. En 1918, Nya Banken fut placée sur la liste noire alliée à
cause des ses opérations financières avec l’Allemagne. En réponse à sa
mise sur la liste noire, Nya Banken changea son nom pour celui de Svensk
Ekonomiebolaget. La banque demeura sous le contrôle d’Aschberg et était
en grande partie toujours sa propriété. Son agent de Londres était la
British Bank of North Commerce, dont le président était Earl Grey, un
ancien associé de Cecil Rhodes. D’autres personnes dans le cercle
intéressant des relations d’afaire de Aschberg étaient Krassin, qui
était jusque la révolution bolchévique (quand il changera de couleurs
pur devenir un leader bochévique pur et dur), le manager russe de
Siemens-Schukert à Pétrograde, Carl Furtenberg, ministre des finances
dans le premier gouvernement bolchévique et Max May, vice président en
charge des opérations internationales pour la Guaranty Trust de New
York. Olof Aschberg tenait Max May en si haute estime qu’une photo de
May est incorporée dans le livre d’Aschberg.

A l’été 1916 Olof Aschberg était à New York représentant à la fois
Nya Banken et Pierre Bark, le ministre des finances du tsar. La mission
d’affaire primordiale d’Aschberg à New York, d’après le New York Times
du 4 Août 1916, était de négocier un prèt de 50 millions de dollars pour
la russie avec un consortium banquier américain emmené par la National
City Bank de Stillman. Cette affaire fut conclue le 5 Juin 1916, il en
résulta un emprunt russe de 50 millions de dollars à New York à un taux
d’intérêt de 7,5% par an, ce qui correspondait un crédit de 150 millions
de roubles pour le consortium NCB en Russie. Le consortium new yorkais
se retourna ensuite et émît des obligations à 6,5% en son nom propre sur
la marché américain pour la somme de 50 millions de dollar. Ainsi la
National City Bank (NCB) fit un bénéfice sur le prêt de 50 millions de
dollars à la Russie et le mit sur le marché américain pour un autre
bénéfice tout en obtenant un crédit de 150 millions de roubles dans sa
succursale russe.

Pendant sa visite à New York au nom du gouvernement tsariste,
Aschberg fit quelques commentaires prophétiques concernant le futur des
WEtats-Unis en Russie:

“L’ouverture au capital américain et à l’initiative américaine
après la fin du tumulte sera nationale avec le réveil que la guerre a
apporté. Il y a maintenant beaucoup d’américains à Pétrograde, des
représentants de maisons d’affaires qui restent informés de la situation
et dès que le changement s’opérera, un énorme commerce avec les
Etats-Unis s’établira.”


Olof Aschberg dans la révolution bolchévique

Alors que l’opération financière tsariste était émise à New York, Nya
Banken et Olof Aschberg faisaient passer des fonds du gouvernement
allemand aux révolutionnaires russes, ceux qui finiraient par mettre à
bas le “comité Kerensky” et établiraient le régime bolchévique.

La preuve de la connexion intime d’Aschberg avec le financement de la
révolution bolchévique provient de plusieurs sources, certaines
meilleures que d’autres [...]

[...] D’atres preuves proviennent du colonel B. V. Nikitine qui était
responsable du contre-espionage dans le gouvernement de Kérensky; ces
sources consistent en 29 télégrammes transmis de Stockholm à Pétrograde
et vice versa, en rapport avec le financement des bolchéviques. Trois de
ces télégrammes se réfèrent à des banques, les télégrammes 10 et 11 se
réfèrent à Nya Banken et le télégramme 14 se réfère à la la banque
russo-asiatique de Pétrograde. Le télégramme 10 lit:

“Gisa Furstenberg Saltsjobaden. Peu de fonds, peu pas assister, si
vraiment urgent donner 500, dernier paiement marque de grosses pertes
pas d’espoir pour l’original, instruire Nya Banken pour câbler 100 mille
de plus Sumenson.”

Le télégramme 11: “Kozlovsky Sergievskaya 81. Premières lettres
reçues Nya Banken a télégraphié câble dont Soloman offrant l’agence
télégraphique référe à Bronck Savelievich Avilov.” [...]

[...] Une autre mention de Nya Vanken se trouve dans “Les accusations
contre les bolchéviques” qui furent publiées dans la période Kerensky.
Dans ces documents se trouve une pièce signée par Gregory Alexinsky, un
ancien membre de la Douma, qui fait référence aux transferts de fonds
aux bolchéviques. Le document dit en partie ceci:

“En accord avec l’information juste reçue, ces personnes de
confiance à Stpckholm étaient: the bolchévique Jacob Furstenberg, plus
connu sous le nom de ‘Hanecki’ (Ganetskii) et Parvus (Dr. Helphand); à
Pétrograde: l’avocat bolchévique M.U. Kozlovsky, une femme de la famille
de Hanecki, Sumenson, engagé dans la spéculation avec Hanecki et
d’autres. Kozlovsky est le receveur en chef de l’argent allemand, qui
est transféré depuis Berlin par la Disconto-Gesellschaft à ‘Via Bank’ de
Stockholm et ensuite à la banque de Sibérie à Pétrograde, où son compte
en banque en ce moment est couvert à hauteur de plus de 2 millions de
roubles. La censure militaire a dévoilé un échange de télégrammes
ininterrompu d’une nature politique et financière entre les agents
allemands et les leaders bolchéviques (Stockholm-Pétrograde).” [...]


Nya Banken et la Guaranty Trust rejoignent Ruskom Bank

Plusieurs années plus tard, à l’automne 1922, les soviétiques
formèrent leur propre banque internationale. Elle érait fondée sur un
consortium qui impliquait les anciens banquiers privés russes et de
nouveaux investissements venant de banquiers d’Allemagne, de Suède, des
Etats-Unis, et du Royaume-Uni. Connus sous le nom de RuskomBank (banque
du commerce extérieur), elle était dirigée par Olof Aschberg, son comité
directeur consistait en des banquiers privés tsaristes, des
représentants allemands, suédois, des banques américaines et bien sûr de
représentants de l’URSS. La légation américaine de Stockholm rapporta
de ceci à Washington et nota dans une référence à Aschberg que “sa
réputation est piètre”…

Le consortium banquier étranger de la RuskomBank représentait essentiellement du capital britannique [...]

[..] Le building de l’ancienne banque de Sibérie à Pétrograde fut
utilisé comme QG de la RuskomBank dont les objectifs étaient de lever
des emprunts à court-terme dans des pays étrangers, d’introduirre le
capital étranger en URSS et de manière générale faciliter le commerce
russe avec l’étranger.Elle ouvrit le 1er Décembre 1922 à Moscou et
employait environ 300 personnes.

En Suède la RuskomBank était représentée par la Svenska
Ekonomibolaget de Stockholm, la banque Nya Banken d’Aschberg sous un
nouveau nom et en Allemagne par la Garantie und Creditbank für Den Osten
de Berlin. Aux Etats-Unis, la banque était représentée par la Guaranty
Trust de New York (JP Morgan). En ouvrant la banque, Aschberg commenta:

“La nouvelle banque s’occupera de l’achat de machinerie, de matière
première d’Angleterre et des Etats-Unis et donnera des garanties pour la
réalisation des contrats. La question d’achats en Suède n’est pas
encore survenue, mais on peut espérer que ce sera le cas par la suite.”
[...]

[...] Finalement au début de 1924 la banque russe de commerce
(RuskomBank) fusionna avec le commissariat soviétique du commerce
extérieur et Olof Aschberg fut démit de ses fonctions à la banque sous
l’accusation d’avoir mal utilisé les fonds de la banque… RuskomBank
devnt ensuite Vneshtorg, nom par lequel elle est connues aujourd’hui
(NdT: en 1974).

Nous devons maintenant revenir en arrière et regarder les activités
de l’associé d’Aschberg à New York, la Guaranty Trust Company pendant la
première guerre mondiale pour établir les fondations de l’examen de son
rôle dans l’ère révolutionnaire russe.

La Guaranty Trust et l’espionage allemand aux Etats-Unis dans la période 1914-1917

Pendant la première guerre mondiale l’Allemagne leva des fonds
considérables à New York à des fins d’espionage et d’opérations
clandestines en Amérique du Nord et du Sud. Il est important de noter le
flot de ces fonds car cela provient des mêmes firmes: la Guaranty Trust
et l’American International Corporation, qui furent impliquées dans la
révolution bolchévique et la suite. Sans également mentionner (souligné
dans le chapitre 3) le fait que le gouvernement allemand finança les
activités révolutionaires de Lénine [..]

[...] Les emprunts majeurs allemands levés aux Etats-Unis entre 1915
et 1918, d’après Heynen (un homme d’affaire allemand impliqué dans des
opérations clandestines aux Etats-Unis), étaient comme suit:

Le premier emprunt de 400 000 US$ fut fait en Septembre 1914 par les
banquiers d’investissement Kuhn, Loeb & Co. 25 millions de
Reichsmark furent déposés avec Max Warburg à Hambourg, l’affilié
allemand de Kuhn, Loeb & Co. Le capitaine George B. Lester du
renseignement militaire américain dit au sénat que la réponse de Heynen à
la question: “Pourquoi avez-vous utilisé Kuhn, Loeb & Co. ?” fut:
“Kuhn, Loeb & Co était considéré comme les banquiers naturels du
gouvernement allemand et de la Reichsbank”.

Le second emprunt de 1,3 millions de dollars ne provint pas
directement des Etats-Unis mais fut négocié par John Simon, un agent de
la Suedeutsche Disconto-Gesellschaft afin de sécuriser les fonds pour
faire des livraisons en Allemagne.

Le troisième emprunt provint de la Chase National Bank (du groupe
Morgan) pour le montant de 3 millions de dollars; le quatrième emprunt
fut de 1 million de dollars de la part de Mechanics and Metals National
Bank. Ces emprunts ont financé les activités d’espionage allemand aux
Etats-Unis et au Mexique. Une partie de ces fonds fut tracée jusque
Sommerfeld, qui était un conseiller de von Rintelen (un autre agent de
l’espionage allemand) et qui fut plus tard associé avec Hjalmar Schacht
et Emil Wittenberg. Sommerfeld acheta des munitions pour l’usage au
Mexique. I avait un compte à la Guaranty Trust et de ce compte furent
effectués les paiements à Western Cartridge Co d’Alton dans l’Illinois
pour des munitions qui furent envoyées à El Paso pour l’utilisation des
bandits de Pancho Villa. Environ 400 000 US$ furent dépensés en
munitions , propagande mexicaine et autres activités.

L’ambassadeur allemand d’alors, le comte von Bernstorff se rappela de
son amité avec Adolf von Pavenstedt, un associé d’Amsinck & Co.,
qui était contrôlée et possédée en Novembre 1917 par l’American
International Corporation. Celle-ci figure bien plus dans les chapitres
suivants avec son comité directeur où figuraient de grands noms de Wall
Street tels: Rockefeller, Kahn, Stillman, Du Pont, Winthrop, etc. Von
Pavenstedt était “intimement lié avec tous les membres de l’amabassade.
Von Bernstorff regardait lui-même von Pavenstedt comme un des plus
respectés “si pas la personalité de l’empire allemand la plus respectée à
New York”. De fait, Von Pavenstedt fut “pendant des années, le chef
payeur du système d’espionage allemand aux Etats-Unis”. En d’autres
termes, il n’y a pas l’ombre d’un doute que Armsick & Co, sous
contrôle d’American International Corporation, était intimement associée
acvec le financement des activités d’espionage de guerre allemandes aux
Etats-Unis [...]

[...] Paul Bolo-Pasha, un autre agent de l’espionage allemand et
important financier français auparavant au service du gouvernement
allemand, arriva à New York en Mars 1916 avec une lettre d’introduction
pour von Pavenstedt. Par son intromission, Bolo-Pasah rencontra Hugo
Schmidt, directeur de la Deutsche Bank à Berlin et ses représentants aux
Etats-Unis. Un des projets de Bolo-Pasha fut d’acheter des journaux
étrangers afin de pervertir leurs éditoriaux et de la biaiser en faveur
de l’Allemagne. Les fonds de ce programme furent arrangés à Berlin sous
la foeme de crédit avec la Guaranty Trust Company, les crédits étant
ensuite mis à la disposition d’Amsinck & co et Adolf von Pavanstedt,
qui a sont tour mit les fonds à disposition de Bolo-Pasha.

En d’autres termes, à la fois la Guaranty Trust Company et Amsinck
& co, une sucursale d’American International Corporation, étaient
direcgtement impliquées dans les activités d’espionage allemand et
autres activités aux Etats-Unis [...]

Les liens de la Guaranty Trust-Minotto-Caillaux

Le conte Jacques Minotto est un lien plus qu’improbable et pourtant
vérifiable et persistant qui relie la révolution bolchévique en Russie
avec les banques allemandes, l’espionnage allemand aux Etats-Unis durant
la première guerre mondiale, la Guaranty Trust de New York, la
révolution française bolchévique avortée et les procès reliés pour
espionnage Caillaux-Malvy en France.

Jacques Minotto est né le 17 Février 1891 à Berlin, fils d’un père
autrichien descendant de la nobelesse italienne et d’une mère allemande.
Il fut éduqué à Berlin et entra au service la Deutsche Bank en 1912.
Presqu’immédiatement, Minotto fut envoyé aux Etats-Unis comme assistant
d’Hugo Schmidt, le directeur adjoint de la Deutsche Bank et représentant
de la banque à New York. Après un an à New York, Minotto fut envoyé à
la Deutsche Bank de Londres où il circula dans des milieus politiques et
diplomatiqes importants. Il retourna aux Etats-Unis à la déclaration de
guerre en Europe où il se mit en rapport avec l’ambassadeur allemand le
conte von Bernstorff, après quoi il entra au service de la Guaranty
Trust de New York. Là, il fut sous les ordres directs de Max May,
directeur de département extérieur et associé du banquier suédois Olof
Aschberg; Minotto n’était pas un petit enployé de banque. Les
interrogatoires des procès Caillaux à Paris établirent que Minotto
travaillait directement pour Max May. Le 25 Octobre 1014, la Guaranty
Trust envoya Minotto en Amérique du sud pour y faire un rapport sur la
situation politique, fnancière et commerciale. De la même manière qu’à
Londres, Washington et New York, il évolua dans les plus hautes sphères
politiques et diplomatiques. Un des buts de la mission de Minotto en
Amérique du sud était d’établir un mécanisme par lequel la Guaranty
Trust pourrait être utilisée comme un intermédiaire pour la levée de
fonds préalablement mentionnée sur le marché monétaire londonien, qui
fut ensuite refusée à l’Allemagne pour cause de guerre mondiale [...]

[...] Joseph Caillaux était un politicien français connu, voire
célèbre. Il était aussi associé avec le conte Minotto dans l’entreprise
financière en Amérique latine pour le compte de la Guaranty Trust et fut
ensuite impliqué dans une célèbre affaire d’espionage française en
1919, qui avait une connexion bolchévique. En 1911, Caillaux devînt
ministre des finances puis président du conseil. Jean Louis Malvy devînt
sous-secrétaire d’état du gouvernement Caillaux [...]

[...] En Juiller 1915, le comte Minotto arriva d’Italie, rencontra le
couple Caillaux; la même année ceux-ci visitèrent Bolo-Pasha toujours à
Biarritz. En d’autres termes, en 1915 et 1916, les Caillaux établirent
une relation sociale continue avec le comte Minotto et Bolo-Pasha, tous
deux étant des agents du réseau d’espionage allemand aux Etats-Unis.

La mission de Bolo-Pasha en France était de faire gagner de l’influence pour l’Allemagne au moyen des journaux parisiens du Temps et du Figaro.
Bolo-Pasha vint ensuite à New-York le 24 Février 1916. Il y négocia un
emprunt de 2 millions de dollars et là il fut associé avec von
Pavenstedt, l’agent allemand important au sein d’Amsinck & Co.
Severance Johnson, dans son ouvrage “The Ennemy Within”, a connecté
Caillaux et Malvy avec la révolution bolchévique française avortée en
1918 et dit que si la révolution avait été un succès, “Malvy en aurait
été le Trotsky et Caillaux son Lénine”. Caillaux et Malvy avaient formé
un parti socialiste radical en France, utilisant des fonds allemands et
ils furent jugés pour leurs activités subversives. Les interrogatoires
de la cour de justice dans les procès français d’espionnage introduisent
un témoignage concernant les banquiers new yorkais et leur relation
avec ces agents de l’espionage allemands. Ils établissent de plus les
liens entre le comte Minotto et Caillaux, ainsi que la relation entre la
Guaranty Trust compagny et le Deutsche Bank ainsi que la coopération
entre Hugo Schmidt de la Deutsche Bank et Max May de la Guranty Trust
Company. Le transcript de l’interrogatoire français établit en page 940,
un extrait de la déposition du comte Minotto à New York (page 10 et
retraduit du français):

Question: Sous les ordres de qui étiez-vous à la Guaranty Trust?

Réponse: Sous les ordres de Mr. Max May

Question: Etait-il un vice-président ?

Réponse: Il était vice-président et directeur du département des relations étrangères

Plus tard en 1922, Max May devint le directeur de la banque
soviétique RuskomBank et représenta les intérêts de la Guaranty Trust
dans cette banque. L’interrogatoire français établit que le conte
Minotto, un agent de l’espionnage allemand, était employé à la Guaranty
Trust Company; que Max May était son supérieur direct et que Max May
était aussi intimement associé avec le banquier bolchévique Olof
Aschberg. En bref donc, Max May de la Guaranty Trust était lié à des
levées de fonds illégales et à l’espionage allemand aux Etats-Unis
durant le première guerre mondiale; il était lié indirectement à la
révolution bolchévique et directement à la création de RuskomBank, la
première banque internationale de l’Union Soviétique.

Il est trop tôt pour tenter une explication pour activité
internationale en apparence inconsistante, illégale et parfois immorale.
Il y a deux explications possibles: la première serait une recherche du
profit qui ne connaît ni bornes ni limites de temps; la seconde, qui
est en accord avec les mots de Kahn de Kuhn, Loeb & Co et de
l’American International Corporation, à savoir la réalisation des buts
socialistes, buts qui “devraient et doivent être menés à bien” par des
moyens non-socialistes.

Chapitre 5

La mission de la Croix Rouge américaine en Russie, 1917

“Pauvre Mr Billings qui croyait être en charge d’une mission
scientifique pour l’aide de la Russie… Il n’était en réalité rien
d’autre qu’un masque. La réalisation de la mission de la Croix Rouge
n’était rien d’autre qu’un masque.”


*Cornelius Kelleher, assistant de William Boyce Thompson (“Russia Leaves the War”, George F. Kennan)

Le projet de Wall Street en Russie en 1917 utilisa la mission de la
Croix Rouge (NdT: ci-après désignée par ses initiales “CR”) comme son
véhicule opérationnel. La Guaranty Trust et la National City Bank
avaient toutes deux des représentants en Russie au moment de la
révolution. Frederick M. Corse de la National City Bank succursale de
Pétrograde, était attaché à la mission de la CR américaine de laquelle
beaucoup sera dit par la suite. La Guaranty Trust était représentée par
Henry Crosby Emery. Emery fut détenu brièvement par les Allemands en
1918, puis fut envoyé représenté la Guaranty Trust en Chine.

[...] Durant la première guerre mondiale, la CR dépendait lourdement de Wall Street, et plus spécifiquement de la fime Morgan.

En échange de financement, Wall Street demanda le conseil de guerre
de la CR et sur les recommandations de Cleveland H. Dodge, un des
financiers qui soutenait Woodrow Wilson, Henry P. Davidson, un
partenaire de J.P. Morgan, en devint le chairman. La liste des
administrateurs de la CR prit alors tournure d’un directoire des
directeurs de New York: John D. Ryan, président d’Anaconda Cuivre,
George W. Hill, président de l’American Tobacco Company, grayson M.P.
Murphy, vice-président de la Guaranty Trust Company et Ivy Lee, expert
en relations publiques pour les Rockefeller. Harry Hopkins, qui devint
délèbre plus tard sous le président Roosevelt, devint assistant au
manageur général de la CR à Washington D.C.

La question d’une mission de la CR en Russie vint devant le troisième
meeting de ce conseil de guerre de la CR reconstitué; cette réunion eu
lieu dans la bâtiment de la CR à Wahshington DC le 20 Mai 1917 à 11
heures du matin. Le président Davison fut délégué pour explorer l’idée
avec Alexander legge de l’International Harvester Company. Celle-ci
subséquemment fournît 200 000 US$ pour financer la mission en Russie
[...]

La mission de la Croix Rouge américaine en Russie, 1917

En Août 1917, la mission de la CR américaine en Russie n’avait qu’une
relation nominale avec la CR américaine et elle a certainement été la
mission la plus inhabituelle de toute l’histoire des missions de la CR.
Toutes les dépenses, incluant jusqu’aux uniformes (les membres de la
mission étaient des colonels, des commandants, des capitaines ou des
lieutenants), étaient payées de la poche de William Boyce thompson [...]

[...] La mission comprenant seulement 24 membres (et non pas 40),
ayant les grades de lieutenant jusqu’à lieutenant-colonel et était
complémentée par trois aide de camps, deux photographes / cinéastes et
de deux interprètes sans grades. Seulement cinq sur les 24 personnes
étaient médecins, il y avait en plus 2 assistants en recherche médicale.
La mission arriva en train à Pétrograde par la Sibérie en Août 1917.
Les cinqs médecins et assistants restèrent un mois et repartirent aux
Etats-Unis le 11 Septembre 1917. Le Dr. Frank Billings, chef de mission
et professeur à la faculté de médecine de l’université de Chicago fut
dégoûté des activités politiques de la majorité de la mission [...]

[...] La majorité des membres de la mission, comme indiqué sur la
table ci-dessous, était composée d’avocats, de financiers et de leurs
assistants, du district financier de New York (Wall Street). La mission
était financée par William B. Thompson, décrit sur la circualire
officielle de la CR comme étant le “Commissaire et gérant d’affaires;
directeur de la banque fédérale américaine de New York”.Thompson emmena
avec lui Cornelius Kelleher, décrit comme un attaché de mission mais en
fait le secrétaire de Thompson avec la même adresse, 14 Wall Street, New
York city. La publicité pour la mission était gérée par Henry S. Brown,
de la même adresse [...]

Liste des membres de la mission de la CR américaine en Russie, 1917

Membres de la communauté financière de Wall Street et leur affiliation (16) :


  • Andrews de Liggett & Myers Tobacco
  • Barr de la Chase National Bank
  • Brown assistant de William B. Thompson
  • Cochran de McCann Co.
  • Kelleher secrétaire de William B. Thompson
  • Nicholson de Swirl & Co
  • Pirnie de Hazen, Whipple & Fuller
  • Redfield de Stetson, Jennings & Russell
  • Robins promoteur minier
  • Swift de Swift and Co.
  • Thacher de Simpson, Thacher & Bartlett
  • Thompson de la banque de la réserve fédérale de New York
  • Wardwell de Stetson, Jennings & Russell
  • Whipple de Hazen, Whipple & Fuller
  • Corse de la National City Bank
  • Magnuson, recommandé par un agent confidentiel du colonel Thompson

Médecins, corps médical [8]:


  • Billings (Médecin)
  • Grow (médecin)
  • McCarthy (médecin, recherche médicale)
  • Post (médecin)
  • Sherman (chimie alimentaire)
  • Thayer (médecin)
  • Wightman (profession médicale)
  • Winslow (hygiène)

Assistants, aides-de camp, interprètes, etc (7):


  • Brooks (assistant)
  • Clark (assistant)
  • Rocchia (assistant)
  • Travis (cinéaste)
  • Wyckoff (cinéaste)
  • Hardy (justice)
  • Horn (transport)

[...] La mission de la CR américaine en Russie (ou plutôt
devrions-nous l’appeler la mission de Wall Street en Russie…) employait
également trois interprètes russe-anglais: le capitaine Ilovaisky, un
bolchévique russe, Boris reinstein, un russe-américain, plus tard
secrétaire de Lénine et le chef du bureau Karl Radek pour la propagasnde
internationale révolutionnaire, qui employait aussi John Reed et Albert
Thys Williams ainsi que Alexander Gumberg (alias Berg, de son vrai nom
Michael Gruzenberg), qui était un frère de Zorin, un ministre
bolchévique. Gumberg fut aussi l’agent en chef bolchévique en
Scandinavie. Il devint ensuite un assistant confidentiel de Floyd Odlum
de l’Atlas Corporation aux Etats-Unis ainsi qu’un conseiller de Reeve
Schley, un des vice-présidents de la Chase Bank [...]

[...] Voilà ce que fut la mission de la CR américaine en Russie en 1917.

La mission de la CR américaine en Roumanie

En 1917, la CR américaine envoya également une mission d’assistance
médicale en Roumanie alors combattant les puissances centrales en tant
qu’alliée de la Russie. Une comparaison de la mission de la CR envoyée
en Russie et celle envoyée en Roumanie suggère que la mission basée à
Pétrograde n’avait que très peu de connexion avec une quelconque
assistance médicale. Par opposition, la mission envoyée en Roumanie
porta haut les principes de la CR sur l’humanité et la neutralité, alors
que la mission de Pétrograde abusa des deux de manière flagrante [...]

Comparaison des personnels des deux missions de la CR en Russie et Roumanie, 1917

Personnel médical (médecins et chirurgiens):

Russie 7, Roumanie 16

Assistants médicaux et infirmier(e)s:

Russie 7, Roumanie 10

Avocats et hommes d’affaires:

Russie 15, Roumanie 4

(Sources: American Red Cross, Washington D.C et archives du département d’état de l’amvbassade de Pétrograde, 1917)

La mission de la CR en Roumanie resta en poste à Jassy pour le reste
de l’année 1917 et en 1918. Le personnel médical de la mission russe,
les sept médecins, quittèrent la mission dégoûtés en Août 1917,
protestèrent contre les activités politiques du colonel Thompson et
retournèrent aux Etats-Unis. Ainsi, losrqu’en Septembre 1917 la mission
de la CR en Roumanie demanda à la mission de Pétrograde que les médecins
et infirmiers viennent aider dans la crise roumaine montante, il n’y
avait plus de médecins ni d’infirmiers dans la mission en Russie à
envoyer en renfort en Roumanie.

Alors que la quasi totalité du temps de la mission en Russie était
occuppé à des manœuvres politiques, la mission roumaine, elle, se jetta
corps et âmes dans le travail d’aide médicale dès qu’elle arriva à pied
d’œuvre [...]

Thompson et la Russie de Kerensky

Que faisait donc la mission de la CR en Russie ? Thompson acquit vite
une réputation de vie opulente à Pétrograde, mais il ne se consacra
apparemment qu’à deux projets majeurs dans la Russie de Kerensky: le
soutien du programme de propagande américain et le soutien pour le prêt
russe pour la liberté. Peu de temps après être arrivé à Pétrograde,
Thompson rencontra Mme Breshko-Breshkovskaya et David Soskice, le
secrétaire de Kerensky et fut d’accord pour contribuer à hauterur de 2
millions de dollars à un comité d’éducation populaire afin qu’il puisse
“avoir son propre média et engager du personnel pour donner des cours au
moyen d’illustrations cinématographiques”, ceci fut un but de
propagande pour convaincre la Russie de continuer la guerre contre
l’Allemagne [...]

Thompson donne 1 million de dollars aux bolchéviques

Ce qui a une signifiance historique plus imporrtante néanmoins fut le
soutien financier donné aux bolchéviques d’abord par Thompson, puis
après le 4 décembre 1917, par Raymond Robins.

La contribution de Thompson à la cause bolchévique fur enregistrée dans la presse américaine de l’époque. Le Washington Post du 2 Février 1918, se fendit de ces quelques paragraphes:

Donne un million aux bolcheviki

William B. Thompson qui fut à Pétrograde de Juillet à Novembre
dernier, a fait une contribution personnelle d’un million de dollars aux
bolchéviaques avec pour but de disséminer leur doctrine en Allemagne et
en Autriche.


Mr Thompson a eu une opportunité d’étudier les conditions en
Russie en tant que chef de mission pour la Croix Rouge américaine, dont
les dépenses furent aussi grandement couvertes par ses dons personnels.
Il pense que les bolchéviques constituent la plus grande puissance
contre le germanisme en Russie et que leur propagande a eu des effets
néfastes sur les régimes militaires de l’empire germanique.


Mr Thompson s’élève contre la critique américaine des
bolshéviques. Il pense qu’ils ont été mal représentés et il a fait cette
contribution personnelle à la cause avec la croyance que cela est de
l’argent bien dépensé pour le futur de la Russie aussi bien que pour
celui des alliés.


La biographie d’Hermann Hagedorn “Le magnat: William Boyce Thompson et son temps (1869-1930)”,
reproduit un câble de JP Morgan New York à W.B. Thompson, Croix Rouge
américaine, Hotel Europe, Pétrograde. Le câble est estampillé d’une date
de réception – 8 Dek 1917 pour 8 Décembre 1917 et lit:

“Second câble reçu. Avons payé National City Bank un million de dollars suivant les instructions – Morgan”

La succursale de la National City Bank de Pétrograde fut exempte du
décret de nationalisation des bolchéviques; en fait, elle fut la seule
banque domestique ou étrangère qui fut exemptée du décret. Hagedorn dit
que ce million de dollars payé sur le compte de la NCB de Thompson fut
utilisé “pour des buts politiques”.

Le promoteur minier socialiste Raymond Robins

William B. Thompson quitta la Russie début Décembre 1917 et retourna à
la maison. Il voyagea par Londres, où, en compagnie de Thomas Lamont de
la firme JP Morgan, il rendît visite au premier ministre britannique
Lloyd George. Son adjoint, Raymond Robins fut laissé en charge de la
mission de la CR américaine en Russie [...]

[...] Il y a beaucoup de preuves, incluant les déclarations de Robins
lui-même, que ses atours sociaux réformistes étaient juste une
couverture pour toujours plus d’acquisition de pouvoir et de richesse…
Il pensait que la reconnaissance américaine du pouvoir bolchévique se
faisait trop attendre, qu’elle aurait dû être immédiate et qui si les
Etats-Unis avaient reconnus tout de suite les bolchéviques, “je pense
que nous serions maintenant en contrôle des ressources en surplus de la
Russie et que nous aurions des officiers de contrôle sur tous les points
de la frontière.”

Ce désir de “gagner le contrôle des ressources en surplus de la
Russie” était aussi évident pour les Russes. Cela senble t’il être un
réformateur social de la Croix Rouge américaine ou un promoteur minier
de Wall Street engagé dans un exercice pratique d’impérialisme ? [...]

La Croix Rouge Internationale et la révolution

Fait inconnu de ses administrateurs, la CR a été utilisée de temps en
temps comme véhicule ou comme couverture pour des activités
révolutionaires [...]

[...] En résumé, l’image que nous avons maintenant de la mission de
la CR américaine en Russie en 1917 est vien loin de celle d’un
humanitarisme neutre. Cette mission fut en fait la mission des fnanciers
de Wall Street pour influencer et paver le chemin pour le contrôle, à
travers soit de Kerensky ou des révolutionnaires bolchéviques, du marché
et des ressources russes. Il n’y a pas d’aautre explication possible
quant aux actions de cette mission. Quoi qu’il en soit, ni Thompson, ni
Robins n’étaient des bolchéviques. Ils n’étaient même pas des
socialistes consistants. L’auteur est enclin à interprêter que les
atours socialistes de chacun de ces hommes n’étaient qu’une couverture
pour des objectifs plus prosaïques. Chacun de ces hommes avait des
arrières-pensées commerciales, à savoir, pensait utiliser le processus
politique en Russie pour gagner plus financièrement. Que le peuple russe
désirait ou non les bolchéviques n’avait aucune espèce d’importance.
Que le régime bolchévique agisse par la suite contre les Etats-Unis,
comme il l’a fait par la suite, n’avait que peu d’intérêt également. Le
seul objectif majeur et sur-important était le gain en influence
politique et économique avec le nouveau régime, quelque soit son
idéologie. Si William Boyce Thompson avait agit seul, alors le fait
qu’il ait été le directeur de la banque fédérale de New York n’aurait
que peu d’intérêt. Quoi qu’il en soit, le fait que cette mission était
dominée par des représentants des institutions de Wall Street lève une
question très sérieuse: en effet, cette mission était-elle planifiée,
préméditée par un consortium de Wall Street ? Le lecteur pourra juger
par lui-mème alors que le reste de l’histoire se dévoile.

Chapitre 6

Consolidation et exportation de la révolution

“Le grand livre de Marx Das Kapital est à la fois un monument de réflexion et un entrepôt de faits.”

(Lord Milner, membre du cabinet de guerre britannique, 1917 et directeur de la London Joint Stock Bank)

William Boyle Thompson est un nom inconnu de l’histoire du XXème
siècle et pourtant il a joué un rôle crucial dans la révolution
bolchévique. En fait, si Thompson n’avait pas été en Russie en 1917, une
histoire bien différente aurait pu se dérouler et suivre un cours tout
aussi différent. Sans l’assistance financière, mais surtout diplomatique
et propagandiste donnée à Trotsky et Lénine par Thompson, Robins et
leurs associés de New York, les bolchéviques auraient tout aussi bien pu
s’estomper et la Russie aurait pu être impliquée dans une société
socilaiste mais constitutionnelle.

Qui fut William Boyce Thompson ? Thompson était un promoteur du
marché boursier minier, un des meilleurs dans la catégorie des affaires à
haut risque. Avant le première guerre mondiale, il gérait le
porte-feuille et les opérations boursières piur les intérêts des cuivre
Guggenheim… Il était aussi le manageur du consortium Kennecott, une
autre opération financière de Guggenheim évaluée à 200 millions de
dollars [...]

[...] Une faculté extraordinaire pour lever du capital pour les
promotions d’affaires minières à riques valut à Thompson fortune
personnelle et des rôles de direction à la Inspiration Consolidated
Copper Company, la Nevada Consolidates Copper Company et Utah Copper
Company, toutes de grandes productrices américaines de cuivre. Le cuivre
bien entendu étant un élément fondamental dans la fabrication de
munition… thompson était aussi le directeur de Chicago Rock IOsland
& Pacific Railroad, de Magma Arizona Railroad (NdT: railroad voulant
dire chemins de fer) et de la Metropolitan Life Insurance Company. Ce
qui est le plus intéressant pour cet ouvrage et son sujet est que
Thompson fut “un des plus lourds actionnaires de la Chase Bank, qui
poussa Thompson pour un poste au sein du système de la réserve fédérale
et en 1914, thompson devint le premier directeur à temps plein de la
banque de la réserve fédérale de New York, la banque la plus importante
de tout le système de la réserve fédérale… Cette même personne devint
d’abord un ardent supporteur de Kerensky, puis un ardent supporteur des
bolchéviques…

Avant de quitter la Russie au début de Décembre 1917, Thompson légua
la direction de la mission de la CR américaine en Russie à son assistant
Raymond Robins. Celui-ci organisa ensuite les révolutionnaires russes
afin qu’ils r´álisent le plan de Thompson de divulguer la propagande
bolchévique à travers l’Europe (voir Appendix 3 dans le livre).

Un document du gouvernment français confirme ceci: “Il apparaît que
le colonel Robins a été capable d’envoyer une mission subversive de
bolchéviques russes en Allemagne afin de commencer une révolution
là-bas.” Cette mission mena à la révolte avortée spartakiste allemande
de 1918 [...]

Une entre-vue avec Lloyd George

Les documents du cabinet de guerre britannique sont maintenant dans
le domaine public et archivent l’argument avec lequel Thompson put
convaincre le gouvernement britannique d’une politique pro-bolchévique.

Le premier ministre britannique était Lloyd George [...]

[...] En 1970, le livre de Donald McComick “Le masque de Merlin”,
leva le voile du secret. McCormick démontre qu’en 1917, David Lloyd
George avait trop trempé dans “les intrications des intrigues de
l’armement mondial pour être un agent libre” et était inféodé à Sir
Basil Zaharoff, un vendeur d’armes de réputation internationale, dont la
fortune considérable provenait du fait d’avoir vendu des armes aux deux
côtés de la belligérence dans plusieurs conflits. Zaharoff possédait un
énorme pouvoir de derrière le rideau et, d’après McCormick, était
consulté en matière de politique guerrière par les leaders alliés. Plus
d’une fois, rapporte McCormick, Woorow Wilson, Lloyd George et Georges
Clémenceau swe rencontrèrent dans la maison de Paris de Zaharoff.
McCormick note que “les chefs d’état alliés ´´taient obligés de le
consulter avant de planifier une grande offensive”. Les services de
renseignement britanniques, d’après McCormick, “découvrirent des
documents qui incriminaient des serviteurs de la couronne comme des
agents de Sir Basil Zaharoff et ce au sus de Lloyd George.” En 1917,
Zaharoff fut lié avec les bolchéviques et chercha à empêcher les
anti-bolchéviques d’obtenir leurs munitions et était déjà intervenu en
faveur des bolchéviques à la fois à Londres et à Paris.

Fin 1917 donc, à l’époque où Lamont et Thompson arrivèrent à Londres,
le premier ministre Lloyd George était endetté auprès des puissants
intérêts de l’armement international, intérêts qui étaient les alliés
des bolchéviques et qui leurs donnaient uns assistance afin de prolonger
leur temps au pouvoir en russie. Le premier ministre britannique qui
rencontra Willaim thompson en 1917 n’était pas encore un agent libre;
Lord Milner était l’homme de l’ombre et, comme la citation en début de
ce chapitre le suggère, penchait favorablement en faveur du socialisme
et de Karl Marx [...]

Les intentions et objectifs de Thompson

Pourquoi est-ce qu’un financier important de Wall Street et directeur
de la banque de la réserve fédérale voudrait organiser et assister des
révolutionnaires bolchéviques ? Pourquoi non pas un mais plusieurs
associés de Morgan travaillaeraient-ils de concert pour encourager à la
formation d’une “armée de volontaires révolutuonnaires” soviétique, une
armée dédiée de manière supposée, au renversement de Wall Street,
incluant Thompson, Thomas Lamont, Dwight Morrow, la fime Morgan et leurs
associés ?

Thompson au moins était franc au sujet de ses objectifs en Russie: il
voulait garder la Russie en guerre contre l’Allemagne (même s’il plaida
devant le cabinet de guerre britannique que la Russie était hors de la
guerre de toute façon) et de garder la Russie comme un marché pour les
entreprises américaines dans la période de l’après-guerre. Le memorandum
de Thompson à Lloyd George de Décembre1917 décrit parfaitement ces
objectifs [...]

[...] Thompson était un financier, un promoteur et bien que sans
intérêt préalable avec la Russie, il finança personnellement la mission
de la CR en Russie et utilisa la mission comme un véhicule pour des
manœuvres politiques. De la vision d’ensemble de l’affaire, nous pouvons
déduire que les motifs de Thompson étaient essentiellement financiers
et commerciaux. De manière spécifique, thompson était au plus intéressé
par le marché russe, et comment ce marché pouvait-être influencé,
diverti et capturé pour une exploitation post-guerre par le ou les
consortiums de Wall Street. Thompson voyait certainement l’Allemagne
comme un ennemi, mais moins un ennemi politique qu’un ennemi économique
ou commercial. L’industrie et la banque allemandes étaient les vrais
ennemis. Pour contre-carrer l’Allemagne, Thompson était prêt à mettre de
l’argent sur tout véhicule politique qui pourrait paeachever cet
objectif. En d’autres ternes, Thompson était un impérialiste américain
qui se battait contre l’impérialisme allemand et cette lutte fut
finement reconnue et exploitée par Lénine et Trotsky. [...]

[...] En bref, derrière et sous les aspects militaires, diplomatiques
et politiques de la première guerre mondiale, il y avait une autre
bataille faisant rage, à savoir, des manœuvres pour le pouvoir
économique mondial qui émergera des opérateurs internationaux qui auront
suffisemment de muscles et d’influence.

Thompson n’était pas un bolchévique, il n’était même pas
pro-bolchévique; il n’était pas non plus pro-Kerensky, ni même
pro-américain. La motivation ultime et débordante était la capture du
marché russe dans l’après-guerre. Ceci était un objectif commercial et
non pas politique. L’idéologie pouvait faire tanguer les
révolutionnaires comme Kerensky, Trotsky, Lénine et consorts, mais pas
les financiers.

Thompson retourne aux Etats-Unis

Thompson retourna donc ensuite aux Etats-Unis et en fit le tour avec
une plaidoirie de reconnaissance publique des Soviets. Dans un discours
qu’il fît au rocky Mountain club de New York en Janvier 1918, Thompson
appela à l’assistance du gouvernement bolchévique émergent et
s’adressant à une audience essentiellement de la côte ouest, évoqua
l’esprit des pioniers américains… Pour ceux qui étaient dans l’audience,
nous ne savons pas ce qu’ils en pensèrent, quoi qu’il en soit personne
ne défia sa position. L’orateur était un directeur respecté de la banque
de la réserve fédérale de New York, un homme d’affaire
multi-millionnaires s’étant fait tout seul et n’était pas connu pour
être “rose” (NdT: rosy en anglais est un terme péjoratif désignant les
socialistes)…

Pendant que Wall Street se demandait s’il avait tourné bolchévique;
Thompson trouva une certaine sympathie au sein de la communauté des
directeurs de la banque de la réserve fédérale de New York. Le
co-directeur W. L. Saunders, président de l’Ingersoll-Rand Corporation
et un des directeurs de la banque de la réserve fédérale écivit au
président Wilson le 17 Octobre 1918, faisant état de sa “sympathie pour
la forme de gouvernement soviétique”, tout en réfutant en mème temps
tout motif ultérieur tel que “se préparer maintenant pour avoir le
marché mondial après la guerre” [...]

[...] Par leur influence politique, il pourrait manipuler le pouvoir
de police de l’état afin de pouvoir faire ce dont ils avaient été
incapables de faire, ou ce qui coûtait trop d’argent à faire faire sous
le régime de l’entreprise privée. En d’autres termes, le pouvoir
coercitif de l’état était le moyen de maintenir un monopole privé. Ceci
était exactement ce que Frederick Howe avait proposé. L’idée d’une
Russie centralisée à l’économie planifiée, quand on y pense: un
gigantesque monopole ! Thompson, ses amis et autre directeur, tenaient
la corde en contrôlant ceux qui géraient l’opération.

Les ambassadeurs officieux: Robins, Lockhart et Sadoul

Les bolchéviques de leur côté évaluèrent correctement le manque de
sympathie par les représentants à Pétrograde des trois puissances
majeurs occidentales: les EtatsUnis, La Grande-Bretagne et la France.
Les Etats-Unis étaient représentés par l’ambassadeur Francis qui ne
masquait aucunement son manque de sympathie pour la révolution. La
grande-Bretagne était représentée par Sir James Buchanan, qui avait des
liens étroits avec la monarchie tsariste et était suspecté d’avoir quand
mème aidé la phase Kerensky de la révolution. La France était
représentée par l’ambassadeur Paléologue, ouvertement anti-bolchévique.
Au d´´but de 1918, trois autres personnages firent leur apparition et
devinrent les représentants de facto de ces pays occidentaux en poussant
vers la sortie les officiels reconnus les représentant.

Raymond Robins prit les commandes de la mission de la CR américaine
après le dédpart de Thompson au début D´´cembre 1917 mais se concentra
plus sur des matières politiques et économiques que sur d’obtenir de
l’assistance et de l’aide pour une Russie minée ar la pauvreté… En
Janvier 1918, Robins câbla Thompson alors à New York:

“Le gouvernement soviétique plus fort aujourd’hui que jamais
auparavant. Son autorité et son pouvoir ont été grandement consolidés
par la dissolution de l’assemblée constituante… Je ne peux pas assez
insister sur l’importance de la reconnaissance rapide de l’autorité
bolchévique… Sisson approuve ce texte et vous demande de montrer ce
câble à Creel. Thacher et Wardwell sont d’accord.”

Plus tard durant l’année 1918, à son retour aux WEtats-Unis, Robins
soumit un rapport au secrétaire d’état Lansing contenant ce paragraphe
d’ouverture:

“Coopération économique américaine avec la Russie; la Russie
accueillera a bras ouverts l’assistance américaine dans la
reconstruction économique”.


Les efforts persistants de Robins pour la cause bolchévique lui donna
un certain prestige damns le camp bolchévique, voire même peut-être
quelqu’influence politique[...]

[...] Des documents dans les archives du bureau soviétique de New
York saisis par le comité Lusk en 1919 confirment qu’à la fois Robins et
sa femme étaient associés de manière proche aux activités des
bolvhéviques aux Etats-Unis et avec la formation du bureau soviétique à
New York.

Le gouvernement britannique étavbliit une relation officieuse avec le
régime bolchévique en envoyant en Russie un jeune agent parlant le
russe, Bruce Lockhart. Lockhart était en fait la contre-partie
britannique de Robins, mais au contraire de Robins, Lockhart avait des
contacts directs avec son ministère des affaires étrangères. Lockhart ne
fut pas choisi par le secrétaire aux affaires étrangères ou le
ministère, tous deux furent choqués de sa nomination. D’après Richard
Ullman, Lockhart “a été sélectionné pour sa mission par Milner et Lloyd
George eux-mêmes…” “Maxime Litvinov, agissant comme représentant
officieux soviétique à Londres, écrivit à Lockhart une lettre
d’introduction auprès de Trotsky, dans cete lettre, il nommait l’agent
britannique comme ‘étant un très honnête homme qui comprend notre
position et sympathise avec nous et notre cause.” [...]

[...] D’après Lockhart, le directeur de banque socaliste Milner était
un homme qui lui inspirait “la plus grande affection et reconnaissance
du héros”. Lockhart se souvient comment Milner sponsorisa
personnellement sa nomination pour sa mission en Russie, poussa jusqu’au
niveau du ministère et après sa nomination, parla presque
quotidiennement avec Lockhart. Tout en ouvrant la voie pour la
reconnaissance des bolchéviques, Milner fit aussi la promotion du
soutien financier de leurs opposants dans le sud de la Russie et
ailleurs, tout comme le fit Morgan depuis New York. Cette politique à
double-face est consistante avec la thèse qui veut que le modus operandi
des internationalistes politisés, tels Milner et Thompson, était de
placer de l’argent public sur quelque cheval révolutionnaire ou
contre-révolutionnaire que ce soit qui avait des allures de gagner la
partie. Les internationalistes bien sûr clâmant les bénéfices
subséquents. L’indice réside peut-être dans cete observation de Lockhart
qui disait que Milner était un homme qui “croyait en l’état hautement
organisé.”

Le gouvernement français appointa un supporteur encore plus évident
des bolchéviques en la personne de Jacques Sadoul, un vieil ami
personnel de Trotsky.

En résumé, les gouvernements alliés neutralisèrent leurs propres
représentanrs diplomatiques à Pétrograde et les remplacèrent par des
agents officieux plus ou moins sympathiques à la cause bolchévique.

Les rapports de ces ambassadeurs officieux furent en contraste direct
avec les demandes d’aide adressées à l’occident depuis l’intérieur de
la Russie. Maxime Gorky protesta contre la trahison des idéaux
révolutionnaires par le groupe Lénine-Trotsky, qui imposa une poigne
policière de fer et fit de la Russie un état policier [...]

[...] Ainsi, même dans les premiers jours de 1918, la trahison subie
par la révolution libertiare a été notée par des observateurs pertinents
comme Maxime Gorky et De Witt C. Poole. La démission de Poole (NdT:
diplomate américain chargé d’affaire à Archange en Russie) choqua le
département d’état qui émit “la plus grande réticence quant à votre
décision de démissionner”…

Ainsi les gouvernements alliés non seulement neutralisèrent leurs
propres représentants gouvernementaux, mais les Etats-Unis ignorèremt
même les supplications à l’intérieur et à l’extérieur de Russie pour
arrêter le soutien aux bolchéviques. Le soutien influent pour les
Soviets vint lourdement du secteur financier de New York (très peu de
soutien émana des révolutionnaires américains intra-muros), et surtout
de l’Americain International Corporation, une firme contrôlée par les
intérêts de Morgan.

Exporter la révolution: Jacob H. Rubin

Nous sommes maintenant dans la position de comparer deux cas, pas les
seuls du reste, dans lesquels les citoyens américains Jacob Rubin et
Robert Minor assistèrent à l’exportation de la révolution vers l’Europe
et d’autres parties de la Russie.

Jacob Rubin était un banquier qui de ses propres mots “aida à former
le gouvernement soviétique d’Odessa.” Rubin était le président,
trésorier et secrétaire de Rubin Brothers au 19 west 34 street, New York
city. En 1917, il était associé avec l’Union Bank of Milwaukee et la
Provident Loan Society de New York. Les administrateurs de la société
Provident Loan incluent des personnes mentionnées autre part comme ayant
des connexions avec la révolution bolchévique: P.A Rockefeller,
Mortimer L. Schiff and James Speyer.

[...] Rubin de l’Union Bank of Milwaukee était à Odessa et désirait
rester avec les bolchéviques: “Rubin ne désire pas partir, il a offert
ses services aux bolchéviques et apparemment sympathise avec eux.”

Bien que sachant qu’il a été arrêté comme espion par le gouvernement
de Denikin en Russie du sud, nous n’en sauraons guère plus sur Rubin.
Par contre, nous en savons bien plus sur Robert Minor, qui fut pris la
main dans le sac et relâché par un mécanisme réminiscent de la
lib´ration de Trotsky d’un camp de prisoniers de guerre à Halifax.

Exporter la révolution: Robert Minor

Le travail de la propagande bolchévique en Allemagne, financé et
organisé par William B. Thompson et Raymond Robin était fait sur le
terrain par des citoyens américains sous la supervision du Commisssariat
populaire aux affaires étrangères de Trotsky:

Une des première inovations de Trotsky dans le bureau des affaires
étrangères a été d’instituer un bureau de presse sous Karl Radek et un
bureau de la propafgande révolutionnaire internationale sous Boris
Reinstein; la totalité de la puissance de ces entités de pouvoir fut
tournée contre l’armée allemande [...]

[...] Robert Minor était un exécurant du bureau de la propagande de
Reinstein… Il était un dessinateur pamphlétaire de talent et un
socialiste. Il quitta son texas naal pour venir à l’Est. Certaines de
ses contributions parurent dans “Masses”, un journal pro-bolchévique. En
1918, Minor était dessinateur au Philadelphia Public Ledger. Il quitta
New York en Mars 1918 afin de reporter sur la révolution bolchévique
[...]

Organisation du travail pour la propagande étrangère en 1918

Commissariat Populaire aux Affaires Étrangères ==> Trotsky

Bureau de Presse ==> Radek

Bureau de la propagande révolutionnaire internationale ==> Reinstein

Agents / Exécutifs de terrain:

- John Reed

- Louis Bryant

- Albert Rhys

- Williams

- Robert Minor

- Philip Price

- Jacques Sadoul

En Novembre 1918, Minor et Price quittèrent la Russie et allèrent en
Allemagne. Leurs produits de propagande furent utilisés pour la première
fois sur le front russe de Mourman: des pamphlets furent làchés par
avion sur les troupes britannique, française et américaine…

[...] Le 8 Juin 1919, Minor fut arrêté à Paris par la police
française et rendu aux autorités militaires américaines à Koblenz; en
même temps, les spartakistes allemands furent arrêtés par les autorités
britanniques dans les environs de Cologne. Subséquemment, les
spartakistes furent condamnés pour conspiration, sédition et cause de
mutinerie parmi les troupes alliées; Price fut arrêté, mais comme Minor,
rapidement relâché [...]

[...] pour résumer, nous avons vu que le directeur de la banque de la
réserve fédérale de New York William Boyce Thompson était actif à
promouvoir les intérêts bolchéviques de plusieurs façons: production
d’une propagande en russe, financement des opérations bolchéviques,
discours, organisation (avec Robins) d’une mission révolutionnaire
bolchévique en Allemafgne (mouvement spartakiste) et peut-être en France
et avec l’associé de Morgan, Lamont, influence Lloyd George et le
cabinet de guerre britannique afin de changer la politique britannique.
De plus Raymond Robins fut cité par les autorités gouvernementales
françaises pour avoir organiser les bolchéviques russes pour la
révolution allemande. Nous savons que Robins travaillait au grand jour
pour les intérêts soviétiques en Russie et aux Etats-Unis. Finalement,
nous trouvons que Robert Minor, un des propagandistes utilisés dans les
programmes de Thompson, fur relâché en des circonstances qui suggèrent
une intervention au plus haut niveau du gouvernement américain.

De manière évidente, ceci n’est qu’une partie d’un puzzle bien plus
grand. Ceci ne représente pas une chaînes d’évènement s’étant produits
par le plus pur des hasard. Ils constituent une suite logique et
cohérente d’évènements sur plusieurs années. Ils suggèrent la mise en
place d’une influence puissante aux sommets de plusieurs gouvernements.


http://resistance71.wordpress.com/2011/12/19/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-revolution-bolchevique-professeur-antony-sutton-2eme-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:49

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la révolution bolchévique (Professeur Antony Sutton)… 3ème partie.




Antony C. Sutton “Wall Street et la révolution bolchévique” ~ 3ème partie ~

**Traduit de l’anglais par Résistance 71 **

1ère partie

2ème partie

4ème et dernière partie

= = =

Chapitre 7

Les Bolchéviques retournent à New York

“Martens est bien sous les feux de la rampe. Il ne fait aucun doute
de sa connexion avec la Guaranty Trust Company. Néanmoins, il est très
surprenant qu’une entreprise aussi grosse et influente ait des rapports
d’affaires avec le régime bolchévique.”

~Rapport de renseignement de Scotland Yard, Londres, 1919~

Après les succès initaux de la révolution, les soviétiques ne
perdirent pas de temps pour essayer d’établir des relations
diplomatiques aux Etats-Unis par leurs officine de propagande et
d’anciens résidents. En Juin 1918, le consul américain de Harbin câbla
Washington: “Albert R. Williams, détenteur du passeport 52 913 du 15 Mai
1917 désire se rendre aux Etats-Unis pour établir un bureau
d’information pour le gouvernment des soviets pour lequel il a autorité
écrite. Dois-je autoriser le visa?”

Washington refusa la délivrance du visa et Williams échoua dans sa
tentative d’établir le bureau d’information. Il fut suivi par Alexander
Nyberg (alias Santeri Nuorteva) un ancien immigrant finlandais aux
Etats-Unis en 1912, qui devînt le premier représentant des soviets aux
Etats-Unis. Nyberg était un propagandiste actif [...]

Raid sur le bureau soviétique de New York

Alexander Nyberg (Nuorteva) fut ensuite remplacé par le bureau
soviétique qui fut établi au début de 1919 dans le World Tower Building,
110 West 40 street, New York city. Le bureau était dirigé par un
citoyen allemand: Ludwig C.A.K Martens, qui est habituellement cité
comme le premier ambassadeur de l’URSS aux Etats-Unis et qui jusqu’à
cette époque, avait été le vice-président de Weinberg & Posner, une
firme d’ingénierie localisée au 120 Brodway, New York city. Pourquoi le
bureau et “l’ambassadeur” étaient-ils localisé à New York et non pas à
Washington n’a pas été précisé, néanmoins cela suggère que le commerce
plutôt que la diplomatie en était l’objectif principal. Le bureau lança
un appel pour le commerce entre la Russie et les Etats-Unis. L’industrie
était délabrée et la Russie avait grandement besoin de machinerie, de
fournitures et matériaux pour les chemins de fer, de vêtements, de
produits chimiques, de médicaments, en fait de tout ce qui peut-être
utilisé dans une société moderne. En échange, les soviétiques offrirent
de l’or et des matières premières. Le bureau procéda ensuite à rétablir
des contrats avec des firmes américaines, ignorant le fait de l’embargo
et de la non-reconnaissance de l’URSS. En même temps, il finançait le
Parti Communiste des Etats-Unis naissant.

Le 7 Mai 1919, le ministère des affaires étrangères américain
torpilla l’intervention commercial établie par le bureau et répudia
Ludwig Martens, le bureau soviétique et le gouvernement bolchévique de
Russie. Cette claque officielle ne rebutta pas les chasseurs de contrats
de l’industie américaine pour autant. Lorsque le bureau soviétique fut
investi le 12 Juin 1919 par des représentants du comité Lusk de l’état
de New York, des archives de lettres émanant et ayant été reçues par des
hommes d’affaires américains, représentant prés de mille entreprises
américaines, furent mises à jour. Le rapport spécial no5 (secret) du
directorat du renseignement du ministère de l’intérieur britannique,
émit par Scotland Yard, Londres le 14 Juillet 1919 et écrit par Basil H.
Thompson, était fondé sur les archives saisies; le rapport nota:

“… Un grand effort fut fait par Martens et ses associés pour attiser
les intérêts des capitalistes américains et il y a de bonnes raisons de
croire que le bureau avait reçu le soutien financier de quelques
entreprises d’export russes, ainsi que par la Guarantee (sic) Trust
Company, bien que cette firme ait réfuté toute allégation qu’elle aurait
financé l’organisation de Martens.”

Thompson nota que le loyer mensuel du bureau soviétique était de 300
US$ et que les salaires des employés se montaient à environ 4 000 US$
mensuels. Les fonds de Martens pour payer ces factures venaient en
partie de courriers soviétiques, comme par exemple John Reed et Michael
Gruzenberg, qui amenaient des diamants de Russie pour les vendre aux
Etats-Unis et en partie d’entreprises américaines, incluant la Guaranty
Trust Company de New York. Le rapport britannique résuma les archives
saisies par les enquêteurs de la commission Lusk et ce résumé vaut la
peine d’être cité dans son entièreté:

1- Il y avait une intrigue se déroulant au moment où le président
se rendit la première fois en France pour permettre à l’administration
d’utiliser Nuorteva comme intermédiaire avec le gouvernement soviétique,
avec une vision d’amener sa reconaissance par l’Amérique. Un projet
d’amener le colonel House à cette idée fut tenté et il existe une longue
et intéressante lettre de Frederick C. Howe sur laquelle la sympathie
et le soutien de Nuorteva semmblait reposer. Il y a d’autres archives
connectant Howe avec Martens et Nuorteva.

2- Il y a un fichier de correspondance avec Eugene Debs.

3- Une letttre d’Amos Pinchot à William Kent de la commission
américaine des tarifs dans une enveloppe adressée au sénateur Lenroot,
introduit Evans Clark “maintenant membre du bureau de la république
soviétique de russie”. “Il veut parler avec vous de la reconnaissance de
Kolchak et de l’établissement du blocus etc.”

4- Un rapport de Felix Frankfurter daté du 27 Mai 1919 parle de campagne virulente vilifiant le gouvernement russe.

5- Il y a une considérable correspondance entre un colonel et Mme
Raymond Robbins (sic) et Nuorteva en 1918 et en 1919. En Juillet 1918,
Mme Robbins a demandé à Nuorteva des articles pour “Life and Labour”,
l’organe de presse de la ligue de commerce nationale des femmes. En
Février et Mars 1919 Nuorteva essaya par l’intermédiaire de Robbins,
d’être invité et de donner des preuves devant le comité Overman. Il
voulait également que Robbins dénonce les documents de Sisson.

6- Dans une lettre de la compagnie Jansen Cloth Products de New
York à Nuorteva datée du 30 Mars 1918, E. Werner Knudsen dit qu’il
comprend que Nuorteva a l’intention de faire des arrangements pour
l’export de bien de consommation alimentaire par la Finlande et il offre
ses services. Nous avons un dossier sur Knudsen, qui a passé des
informations à et de l’Allemagne par le Mexique en rapport avec le fret
de transport britannique.

Ludwig Martens, contina le rapport du renseignement, était en contact
avec tous les leaders de la “gauche” aux Etats-Unis, incluant John
Reed, Ludwig Lore et Harry J. Boland, le rebelle irlandais. Une
vigoureurse campagne contre Aleksandr Kolchak de Sibérie fut organisée
par Martens. Le rapport conclut:

“L’organisation de Martens est une arme puissante de soutien de la
cause bolchévique aux Etats-Unis et il est assez proche des promoteurs
de troubles politiques à travers tout le continent américain.”

La liste de Scotland Yard des employés du bureau soviétique de New
York coïncide assez bien avec une liste similaire du comité Lusk dont
les archives se trouvent à Albany, New York, et qui sont aujourd’hui
ouvertes à l’inspection publique. Il y a néanmoins une différence
essentielle entre les deux listes: la liste britannique inclut le nom de
“Julius Hammer”, alors qu’Hammer est omis du rapport de la commission
Lusk. Le rapport britannique caractérise Julius Hammer comme suit:

“Avec Julius Hammer, Martens a un véritable bolchévique et un ardent
adhérent gauchiste, qui vint il y a peu de Russie. Il fut un des
organisateurs du mouvement de gauche à New York et parle à des réunions
sur la même plateforme que les leaders de gauche tels John Reed,
Hourwich, Lore et Larkin.”

Il existe une autre preuve du travail de Hammer pour les soviétiques.
Une lettre de la Natinal City Bank de New York au ministère des
finances américain établissant que des documents reçus par la banque de
Martens furent “visées et certifiés conformes par un Dr. Julius Hammer
en tant que faisant fonction de directeur du département fnancier du
bureau soviétique.”

La famille Hammer a eu des liens étroits avec la Russie et le régime
soviétique à partir de 1917 jusqu’à maintenant (NdT: 1974). Armand
Hammer peut aujourd’hui acquérir les contrats les plus lucratifs avec
l’URSS. Jacob, le grand-père d’Armand Hammer et de Julius est né en
Russie. Armand, Harry et Victor, fils de Julius, sont nés aux Etats-Unis
et sont des citoyens américains. Victor fut un artiste connu; son fils,
également prénommé Armand et sa petite-fille sont des citoyens
soviétiques et résident en Union Soviétique. Armand Hammer est le
président d’Occidental Petroleum Corporation et a un fils, Julian qui
est le directeur de publication et de publicité pour Occidental
Petroleum.

Julius Hammer fut un membre important et un financier de la gauche
socialiste. A la convention du parti socialiste de 1919, Hammer fut dans
le comité directeur avec Bertram D. Wolfe et Benjamin Gitlow, ceci
donna naissance au Parti Communiste des Etats-Unis.

En 1920, Julius Hammer fut condamné à une peine de 3 ans et demi à la
prison de Sing-Sing pour avortement criminel. Lénine suggèra, de
manière justifiée, que “Julius fut emprisonné sur l’accusation d’avoir
pratiqué des avortements illégaux, mais en fait surtout à cause de son
communisme.” D’autres membres du Parti Communiste des Etats-Unis furent
condamnés à des peines de prison pour sédition ou furent déportés vers
l’URSS. Les représentants soviétiques aux Etats-Unis mirent tous leurs
efforts pour faire libérer Julius et ses compagnons de parti, en vain.

Un autre membre important du bureau soviétique était son
assistant-secrétaire: Kenneth Durant, un ancien collaborateur du colonel
House. En 1920, Durant fut identifié comme étant un messager soviétique
[...]

[...] Kenneth Durant qui faisait fonction de messager pour les
transferts de fonds, était le trésorier du bureau soviétique et
l’attaché de presse et éditeur de “Soviet Russia”, l’organe de presse
officiel du bureau. Durant venait d’une bonne famille de Philadelphie.
Il passa la plus grande partie de sa vie aux sercices des soviétiques,
d’abord en charge de publicité au bureau soviétique puis de 1923 à 1944
comme manageur de l’agence de presse soviétique Tass aux Etats-Unis. J-
Edgar Hoover (NdT: le directeur de longue date du FBI) décrivit Durant
comme “en permanence très actif pour les intérêts de Martens et du
gouvernement soviétique.”

Felix Frankfurter, qui devint plus tard juge à la cour suprême des
Etats-Unis, était aussi important dans les dossiers du bureau
soviétique. Une lettre de Frankfurter à l’agent soviétique Nuorteva est
reproduite en Appendix 3 et suggère que Frankfurter avait une certaine
influence dans le bureau.

En bref, le bureau soviétique n’aurait pas pu avoir été établi sans
une assistance d’influence au sein même des Etats-Unis. Une partie de
cette assistance vint de relations très spécifiques du personnel du
bureau soviétique et une autre partie de firmes commerciales hors du
bureau, firmes qui étaient réticentes à ce que leur soutien soit une
affaire publique.

Les alliés industriels du bureau

[...] La commission Lusk enregistre ceci à propos des autres firmes
mentionnées par Martens et Heller: Standard Oil, non listée; Armour
& Co, Meatpackers, listée comme “Armour Leather” et “Armour &
Co, Union Stock Yards, Chicago”; Morris Go, Meatpackakers est listée en
page 13, cudahy, litée en page 6; American Steel Export, Co, listée en
page 2 a offert de commercer avec l’URSS; Lehigh Machine and Co, non
listée; Adrian Knitting, listée en page 1; International Harvester Co,
listée en page 11; Aluminium goods Manufacturing Co, listée en page 1;
Aluminioun Company of Amreica, non listée, American Car and Foundry
Export, sous “American Car Co”…

Brièvement, les dires de Heller et Martens en rapport avec leurs
contacts nombreux et variés au sein de certaines firmes américaines
étaient tout à fait corroborées par les dossiers du bureau soviétique.
D’un autre côté et pour des raisons qui leur sont propres, ces
entreprises n’ont pas voulu confirmer leurs activités.

Les banquiers européens et les bolchéviques

En plus de la Guaranty Trust et du banquier privé Boissevain de New
York, quelques banquiers européens donnèrent de l’aide directe pour
maintenir et étendre la main mise bolchévique sur le pouvoir en Russie
[...]

[...] Le plus intéressant de ces banquiers européens qui opéraient
pour le compte des bolchéviques était Gregory Benenson, ancien président
de la Russian and English Bank de Pétrograde, une banque qui avait dans
son comité directeur Lord Balfour (secrétaire d’état aux affaires
étrangères britanniques) et Sir I.M.H. Amory, ainsi que S.H. Cripps et
H. Guedalla. Benenson voyagea à Pétrograde après la révolution puis à
Stockholm. Il vint, dit alors un officiel du ministère des affaires
étrangères états-unien, “amenant à ma connaissance 10 millions de
roubles avec lui et me les offrit à un prix fort pour l’utilisation en
faveur de notre ambassafe Archange.” Benenson avait un arrangement avec
les bolchéviques pour échanger 60 millions de rouble pour 1,5 millions
de livres sterling [...]

[...] Conséquemment, nous pouvons identifier un cycle d’assistance
par les banquiers capitalistes en faveur de l’URSS. Quelques uns
d’entr’eux étaient des Américains, d’autres des banquiers tsaristes qui
étaient en exil et vivaient en Europe, et d’autres encore étaient
européens. Leur objectif commun était le profit et non pas l’idéologie.

Les aspects questionables du travail de ces “banquiers bolchéviques”
comme ils furent appelés, proviennent du cadre des évènements
contemporains à cette époque en Russie.

En 1919, des troupes françaises, britanniques et américaines se
battaient contre des troupes soviétiques dans le région de l’Archange.
Dans une confrontation en Avril 1919, par exemple, les pertes
américaines furent de 1 officier, cinq hommes tués et neuf manquant.
Ainsi, à un moment donné en 1919, le général Tasker H. Bliss, le
commandant des forces américaines d’Archange, renforça la déclaration
des britanniques qui disaient que “faute de renforts urgent, les troupes
alliés à Mourmansk et dans les districts d’Archange étaient en danger
d’extermination”. Des renforts furent envoyés sous le commandement du
brigadier général W.P. Richardson.

En bref, alors que Guaranty Trust et des firmes américaines de
premier plan prêtaient main forte à la création du bureau soviétique à
New York, des troupes américaines étaient en conflit ouvert avec des
troupes soviétiques dans le nord de la Russie. De plus, ces conflits
furent rapportés quotidiennement dans les journaux tel le New York
Times, qui furent lus de manière présumée par les banquiers et les
hommes d’affaire à cette époque. De surcroi, comme nous le verrons dans
le chapitre 10, les cercles financiers qui soutenaient le bureau
soviétique à New York formèrent également à New York “l’United
Americans”, une organisation violemment anti-communiste prédisant une
révolution sanglante, une famine de masse et la panique totale dans les
rues de New York.

Chapitre 8

120 Broadway, New York City

“William B. Thompson, qui était à Pétrograde de Juillet à
Novembre derniers, a fait une contribution personelle de 1 million de
dollars aux bolchéviques avec pour but qu’ils répandent leur doctrine en
Allemagne et en Autriche…”


~ Washington Post, le 2 Février 1918 ~

En collectant le matériel historique pour écrire ce livre, une adresse dans la zone de Wall Street devint omni-présente, le 120 Broadway, New York City.
Ce livre aurait pu être écrit en incorporant seulement les personnes,
les firmes et les organisations dont l’adresse était 120 Broadway, New
York City en 1917. Bien que cette méthode eut été un peu forcée et peu
naturelle, cela n’aurait en fait exclu qu’un tout petit segment de
l’histoire complète sur le sujet.

Le bâtiment original du 120 Broadway fut détruit dans un incendie
avant le première guerre mondiale. Par la suite, le bâtiment fut vendu à
l’Equitable Office building Corporation, organisé par le général
T.Coleman du Pont, président de la compagnie Du Pont de Nemours Powder.
Un nouveau building fut achevé en 1915 et l’Equitable Life Insurance
Company revint sur à son ancienne adresse [...]

[...] Quoi qu’il en soit, en 1917, le 120 Broadway était connu comme
étant le bâtiment d’Equitable Life Insurance. C’était un grand bâtiment
mais pas le plus grand bâtiment administratif de New York loin s’en
faut, il occuppait une zone d’un bloc complet sur Broadway et Pine et
avait 34 étages. Le club des banquiers se situait au 34ème étage. La
liste des membres en 1917, reflétait en fait l’implication américaine
dans la révolution bolchévique et ce qui s’en suivît. Par exemple, le QG
du deuxième district du système de la réserve fédérale, celui de la
zone de New York, de loin le plus important de tous les districts de la
réserve fédérale, était domicilié au 120 Broadway. Les bureaux de
plusieurs directeurs de la banque de la réserve fédérale de New York et,
le plus important l’American International Corporation (AIC), étaient
aussi situés au 120 Broadway. Par contraste, Ludwig Martens, nommé par
les soviétiques comme le premier “ambassadeur” bolchévique aux
Etats-Unis et chef du bureau soviétique, était en 1917, le
vice-président de Weinberg & Posner, domiciliée… au 120 Broadway,
New York City.

Cette concentration est-elle accidentelle ? La contiguité
géographique a t’elle une quelconque signifiance ? Avant que de tenter
de suggérer une réponse, nous nous devons de changer notre cadre de
références et d’abandonner le spectre classique d’analyse politique
gauche-droite.

Avec un manque de perception quasi-unanime, le monde académique a
décrit et analysé les relations politiques internationales dans le
contexte d’un conflit perpétuel entre capitalisme et communisme et une
adhérence rigide à ce concept marxiste a déformé l’histoire moderne. De
temps en temps peut-on trouver quelques remarques incongrues stipulant
que cette polarité est fallacieuse, mais ces remarques sont très vite
balayées. Par exemple, le professeur en relations internationales de
l’université de Georgetown, Carroll Quigley, a fait ce commentaire
concernant la maison des Morgan:

“Il y a plus de cinquante ans, la firme Morgan a décidé d’infiltrer
les mouvements politiques de gauche aux Etats-Unis. Ceci fut
relativement facile à faire, car ces groupes avaient grand besoin
d’argent et voulaient une voix pour atteindre les gens. Wall Street leur
donna les deux. Le but n’était pas de détruire, dominer ou récupérer…”

Le commentaire du professeur Quigley, apparemment fondé sur une
documentation confidentielle, a tous les ingrédients pour être une bombe
historique si cela peut-être concrètement soutenu et prouvé. Nous
suggérons que la firme Morgan a non seulement infiltré la gauche
américaine, comme le nota Quigley, mais aussi la gauche étrangère, à
savoir, le mouvement bolchévique et la troisième internationale. Plus
avant, au travers d’amis dans le département d’état américain, les
Morgan et leurs alliés financiers, particulièrement la famille
Rockefeller, ont exercé une grosse influence sur les relations
américano-soviétiques de la première guerre mondiale jusqu’à maintenant.
La preuve présenté dans ce chapitre va suggérer que deux des véhicules
opérationnels pour infiltrer ou influencer les mouvements
révolutionnaires étrangers étaient domiciliés au 120 Broadway: le
premier étant la banque de la réserve fédérale de New York, lourdement
influencée par des cadres de chez Morgan, le second: l’American
International Corporation, contrôlée par la firme Morgan. De plus, il y
avait une interaction importante entre la banque de la réserve fédérale
de New York et l’American International Corporation en la personne de
C.A. Stone, président d’American International et aussi un des
directeurs de la banque de la réserve fédérale.

L’hypothèse apportée ici est que la concentration inhabituelle sur
une même adresse était le reflet d’actions spécifiques entreprises par
des firmes et des personnes spécifiques et que ces actions et évènements
ne peuvent pas être analysés au sein de l’approche politique
antagonistique classique de la “gauche contre la droite”.

L’American International Corporation

L’American International Corporation (ci-après nommée AIC) fut créée a
New York le 22 Novembre 1915 par les intérêts de la maison Morgan,
impliquant une participation majeure de la National City Bank de
Stillman et des intértêts des Rockefeller. Le bureau principal de l’AIC
était au 120 Broadway. La charte de la compagnie l’autorise à s’engager
dans n’importe quel type de business, sauf la banque et les utilités
publiques et ce dans quelque pays du monde que cela soit. La mission
déclarée de la corporation était de développer des entreprises aux
Etats-Unis et à l’étranger, d’étendre les activités américaines à
l’étranger et de promouvoir les intértêts des banquiers americains et
étrangers, des affaires et de l’ingénierie [...]

[...] Dès 1916, les investissements d’AIC à l’étranger se chifraient à
plus de 23 millions de dollars et en 1917 à plus de 27 millions. La
compagnie établît des représentations à Londres, Paris, Buenos Aires et
Pékin, ainsi qu’à Pétrograde en Russie. Moins de deux ans après sa
création, AIC opérait à bonne échelle en Australie, Argentine, Uruguay,
Paraguay, Colombie, Brésil, Chili, Chine, Japon, Inde, Ceylan, Italie,
Suisse, France, Espagne, Cuba, Mexique et d’autres pays d’Amérique
centrale [...]

[...] AIC investît également dans United Fruit Company, qui était
impliquée dans les révolutions d’Amérique centrale des années 1920 (NdT:
plus tard dans les années 1950 l’American Fruit Company fut impliqué
dans le renversement du régime démocratiquement élu du Guatémala pour
sauvegarder leur monopole sur l’import export, la compagnie appartenait
en partie aux frères Dulles dont l’un était le président de l’United
Fruit et l’autre… Directeur de la CIA…) [...]

[...] Les directeurs d’AIC en 1917 et quelques unes de leurs associations étaient:

- J. Ogden Armour de Meatpacker de l’Armour & Co de
Chicago, directeur de la Natonal City Bank de New York et mentionné par
A.A. Heler en connexion avec le bureau soviétique.

- George Johnson Balwin de Stone & Webster, 120 Broadway.
Pendant la 1ère guerre mondiale, Baldwin ´´tait le président du comité
directeur d’American International Shipbuilding (succursale de
construction navale d’AIC), senior vice-président d’AIC, directeur de G.
Amsinck (Von Pavenstedt d’Amstinck était le trésorier des affaires
d’espionage allemandes aux Etats-Unis) et un administrateur de la
fondation Carnegie (NdT: intérêts Rockefeller), qui finança le plan
Marburg pour un socialisme international devant être contrôlé de
derrière le rideau par la haute finance internatonale.

- C. A. Coffin président de la General Electric (bureau
directeur au 120 Broadway), président du comité de coopération de la
Croix Rouge américaine.

- W.E. Corey 814 Wall Street) directeur de l’American Bank Note
Company, Mechanics and Metals Bank, Midvale Steel and Ordnance et le
l’International Nickel Company; il devint plus tard le directeur de la
National city Bank.

- Robert Dollar magnat du transport de San Francisco, qui
tentait d’importer les roubles or tsaristes au nom des soviétiques aux
Etats-Unis en 1920, ceci en contravention des règlementation
américaines.

- Pierre S. duPont de la famille duPont

- Philip A. S. Franklin directeur de la National City Bank

- J.P. Grace directeur de la National City Bank

- R.F. Herrick directeur de la New York Life Insurance, ancien
président de l’association des banquiers américains, administrateur de
la fondation Carnégie

- Otto H. Kahn associé de Kuhn, Loeb. Le père de Kahn arriva en
Amérique en 1848 “après avoir pris part dans la révolution avortée de
cette année là.” D’après JH Thomas (socilaiste britannique financé par
les soviétiques), “Otto Kahn regarde la lumière”.

- H.W Pritchett administrateur de la fondation Carnégie

- Percy A. Rockefeller fils de John D. Rockefeller, marié à Isabel, fille de J.A. Stillman de la National City Bank

- John D. Ryan directeur des compagnies minières du cuivre, de la National City Bank et de Mechanics and Metals Bank

- W.L. Saunders directeur de la banque de la réserve fédérale
de New York, sise au 120 Broadway et chairman d’Ingersoll-Rand. D’après
l’encyclopédie nationale (26:81): “Durant la guerre il fut un des
conseillers les plus suivis du président des Etats-Unis.

- J.A. Stillman président de la Natio al City Bank à la suite
de son père (J. Stillman, chairman de NCB), qui mourut en Mars 1918.

- C.A. Stone Directeur de la banque fédérale de New York
(1920-22), sise 120 Broadway, chairman de Stone & Webster, sise 120
Broadway, président (1916-23) d’AIC, sise 120 Broadway.

- T.N. Vail président de la NCB de Troy, New York

- F.A. Vanderlip président de la NCB

- E.S. webster de Stone & Webster, sise au 120 Broadway

- A.H. Wiggin directeur de la banque de la réserve fédérale de New York dans les années 1930.

- Beckman Winthrope directeur de la NCB

- William Woodward directeur de al banque de la réserve
fédérale de New york, sise 120 Broadway et de la Hanover National Bank.

L’intrication des 22 directeurs d’AIC avec d’autres institutions est
très significatif. La National City Bank (NCB) n’avait pas moins de dix
directeurs dans le comité directeur d’AIC; Stillman de la NCB était à
cette époque un intermédiaire entre les intérêts des Rockefeller et des
Morgan, et les intétêts des Rockefeller et des Morgan étaient
représentés directement dans l’AIC. Kuhn, Loeb et les duPont avec
chacune un directeur; Stone & Webster en avait trois. Pas moins de 4
directeurs d’AIC (Saunders, Stone, Wiggin et Woodward) étaient ou
furent plus tard directeur de la banque de la réserve fédérale de New
York. Nous avons vu dans un chapitre précédent que William Boyce
Thompson, qui contribua au financement et à donner son prestige à la
révolution bolchévique, était aussi un directeur de la banque de la
réserve fédérale de New York. Le directorat de la banque de la réserve
fédérale de New York ne comprenait que neuf directeurs.

L’influence d’AIC sur la révolution

Après avoir identifé les directeurs d’AIC, nous devons maintenant identifier leur influence révolutionnaire [...]

[...] Alors que les bolchéviques n’avaient qu’un contrôle précaire de
la Russie et furent en fait très près de perdre au printemps 1918,
William Franklin Sands (secrétaire exécutif d’AIC) écrivit que déjà
(janvier 1918) les Etats-Unis avaient trop retardé la reconnaissance de
Trotsky. Il ajouta même: “quelque soit le terrain perdu, il doit être
regagné maintenant même au prix d’un triomphe quel que peu personnel
pour Trotsky.”

Les entreprises sises ou proches du 120 Brooadway:

- AIC: 120 broadway

- National City Bank: 55 Wall Street

- Bankers Trust Co Bldg: 14 Wall Sreet

- New York Stock Exchange (NYSE): 13 Wall Street/12 Broadway

- Morgan Building: angle Wall Street et Broadway

- Banque de la réserve fédérale de New York: 120 Broadway

- Equitable Building: 120 Broadway

- Bankers Club: 120 Broadway

- Simpson, Thather & Barlett: 62 cedar Street

- William boyce Thompson: 14 Wall Street

- Hazen, whipple & Fuller: 42ème rue

- Chase National Bank: 57 Broadway

- McCann and Co: 57 Broadway

- Stetson, Jennings & Russel: 15 Broad Street

- Guggenhein Exploration: 120 Broadway

- Weingerb & Posner: 120 Broadway

- Bureau soviétique: 110 Ouest, 40ème rue

- John McGregor Grant Co; 120 Broadway

- Stone & Webster: 120 Broadway

- General Electric Co: 120 Broadway

- Morris Plan of NY: 120 Broadway

- Sinclair Gulf Corp. 120 Broadway

- Guaranty Securities: 120 Braodway

- Guaranty Trust: 140 Broadway

Sands élabore ensuite la manière par laquelle les Etats-Unis
pourraient regagner le temps perdu et met en parallèle la révolution
bolchévique et “notre révolution” pour conclure: “J’ai beaucoup de
raisons de croire que les plans du gouvernement pour la Russie vont
recevoir tout le soutien possible de la part du congrès ainsi que la
reconnaissance affective et sincère de l’opinion publique américaine.”

En bref, Sands, secrétaire exécutif d’une corporation dont les
directeurs étaient parmi les plus prestigieux de Wall Street, donna son
soutien emphatique aux bolchéviques et à leur révolution et ce dans
l’intervalle de quelques semaines après que la révolution ait débuté. En
tant qu’un des directeurs de la banque de la réserve fédérale de New
York, Sands venait juste de contribuer de la somme de un million de
dollars envers les bolchéviques. Un tel soutien des bolchéviques par les
intérêts banquiers est au moins consistant. De plus Sands était un
homme qui avait des contacts peu commun au sein du département d’état
américain.

La carrière de Sands s’est alternée entre Wall Street et le
département d’état de la fin du XIXème au début du XXème siècle, période
durant laquelle il tînt plusieurs postes diplomatiques de haute
importance. En 1910 il rejoignit la firme banquaire de James Speyer pour
négocier les emprunts de l’Equateur… Il alla en Russie en 1916 pour un
“travail avec la Croix Rouge”, en fait une mission de deux personnes
avec Basil Miles; il retourna aux Etats-Unis pour rejoindre l’AIC.

En 1918, Sands devint le récipiendaire de certains “traités secrets”
russes. Il fut un courrier et eut accès à certains documents avant le
département d’état [...]

[..] Mis à part la question du pourquoi un citoyen privé aurait pu
porter des traités secrets russes et la question du contenu de ces
traités (probablement une version antérieure des “documents Sisson”),
nous pouvons au moins en déduire que le secrétaire exécutif de l’AIC
voyagea de Pétrograde à Stockholm à la fin de 1917 et devait être en
fait un citoyen privilégié et influent pour avoir accès à ces traités en
première main.

Quelques mois plus tard, le 1er Juillet 1918, Sands écrivit au
ministre des finances (NdT: secrétaire au trésor aux Etats-Unis) McAdoo
suggérant la création d’une commission pour “une assistance économique
de la Russie” … Sands avait l’évidente intention d’inclure le 120
Broadway dans toute exploitation commerciale de la Russie [...]

La Banque de la Réserve Fédérale de New York

[...] En 1917, les trois directeurs de classe A de la banque étaient:
Franklin D. Locke, William Woodward et Robert H. Treman. William
Woodward était un directeur de l’AIC (120 Broadway) et de la Hanover
National Bank contrôlée par les intérêts Rockefeller. Ni Locke, ni
Treman ont eu quoi que ce soit à faire avec notre affaire ici présentée.
Les trois directeurs de la classe B en 1917 étaient: William Boyce
Thompson, Henry R. Towne et Leslie R. Palmer. Nous avons déjà notifié la
participation fnancière substantielle de Thompson à la cause
bolchévique. Henry Towne était le chairman du comité directeur de Morris
Plan de New York, sise au 120 Broadway, son siège fut pris par la suite
par Charles Stone de l’AIC (120 Broadway) et de Stone & Webster
(120 Broadway). Leslie R. Palmer n’a rien à faire dans notre histoire.
Les trois directeurs de classe C de la banque de la réserve fédérale en
1917 étaient: Pierre Jay, W.L Saunders et Georger Foster Peabody. Nous
ne savons rien de Pierre Jay, mis à part que son bureau était au 120
Broadway… William Laurence Saunders lui, était un directeur de l’AIC et a
publiquement avoué sa sympathie pour les bolchéviques comme nous
l’avons vu ultérieurement, l’avouant même dans une lettre au président
des Etats-Unis Woodrow Wilson. George Peabody était un socialiste actif.

En bref, des neuf directeurs de la banque, quatre étaient
physiquement présents au 120 Broadway et deux étaient directement
connectés avec l’AIC. Au moins quatre membres de comité de direction de
l’AIC ont été à un moment ou à un autre des directeurs de la banque de
la réserve fédérale de New York. Nous pourrions établir que tout ceci a
une signification importante, mais regardez-le comme n’étant pas d’un
intérêt vital.

Le consortium industriel américano-russe

La proposition de William Franklin Sands de créer une commission
économique pour la Russie ne fut pas adoptée. Au lieu de cela, un groupe
d’industriels, sis au 120 Broadway forma le consortium industriel
américano-russe pour développer et parainer ces opportunités. Le soutien
financier de cette nouvelle entreprise vint de Guggenheim Brothers,
sise au 120 Broadway, anciennement associée avec William boyce Thompson
(Guggenheim contrôlait American Smelting and Refining et les compagnies
du cuivre de Kennecott et d’Utah), de Harry F. Sinclair, président de la
Sinclair Gulf Corp, sise également au 120 Broadway et de James White de
J.G. White Engineering Corp, sise 43 Exchange Place, l’adresse du
consortium industriel américano-russe.

Nous pouvons conclure ici que les intérêts de Wall Street avaient une
idée bien définie de la manière selon laquelle le nouveau marché russe
se devait d’être exploité. L’assistance et les conseils donnés aux
bolchéviques par les parties intéressées de Washington et d’ailleurs ne
restèrent pas sans récompense.

John Reed: un révolutionnaire de l’establishment

Une relation particulière de l’AIC avec le ministère des affaires
étrangères, fut sa relation intime, que l’AIC appelait elle-même “le
contrôle”, avec un bolchévique connu en la personne de John Reed. Reed
était un écrivain prolifique, abondamment lu, à l’époque de la première
guerre mondiale et qui contribua à écrire pour la revue “Masses”
enclines à suivre les idées bolchéviques et pour le journal contrôlé par
la firme Morgan: le “Metropolitan”…

Après la révolution, Reed devint un membre du comité exécutif de la
troisième internationale. Il mourut du typhus en Russie en 1920.

L’opportunité cruciale qui se présente ici ne sont pas les activités
pro-bolchéviques de Reed bien connues, mais comment Reed avait la pleine
confiance de Lénine (qui déclara à propos du livre de Reed “Les dix
jours qui firent trembler le monde”: “Voici un livre que je désirerai
voir publié en millions d’exemplaires et traduit en toutes les langues”,
qu’il était un membre de la troisième internationale et qui possédait
un laisser-passer du Comité Militaire Révolutionnaire (no 955, issus le
16 Novembre 1917), ce qui lui donnait accès à tout moment au Smolny
Institute, le QG révolutionnaire, en tant que représentant de la “presse
socialiste américaine”, il était aussi, malgré tout cela, une
marionnette sous le contrôle de la firme Morgan et de ses intérêts
financiers à travers l’AIC. Une preuve documenté existe de ce conflit
(voir l’appendix 3 de ce livre).

[...] Le biographe de Reed Granville Hicks a suggéré dans son livre
“John Reed”, qu’ “il était le porte-parole des bolchéviques aux
Etats-Unis”. D’un autre côté, son soutien fnancier de 1913 à 1917 venait
de manière quasi totale du “Metropolitan”, propriété de Harry Payme
Whitney, un directeur de la Guaranty Trust, une institution citée dans
chaque chapitre de ce livre et aussi du banquier privé new-yorkais et
commerçant Eugene Boissevain, qui faisait parvenir des fonds à Reed soit
directement, soit par le biais de la publication pro-bolchévique
“Masses”.

En d’autres termes, le soutien fnancier de Reed venait de deux
sources supposées être concurrentes dans le spectre politique [...]

[...] Une troisième catégorie de financement se doit d’être également
mentionnée: Reed reçût des fonds mineurs et apparemment non connectés
du commissaire de la Croix Rouge américaine de Pétrograde Raymond
Robins. Il recevait également de l’argent pour des articles publiés dans
d’autres journaux et des droits d’auteur de ses livres. Il n’y a pas de
traces des sommes reçues pour cela.

John Reed et le magazine Metropolitan

[...] En 1915, John Reed fut arrêté en Russie par les autorités tsaristes et le Metropolitan intervint auprès du ministère des affaires étrangères en soutien de Reed [...]

[...] Une hypothèse qui cadre d’autres preuves concernant Wall Street
et la révolution bolchévique est que John Reed était de fait un afgent
des intérêts de la maison des Morgan, probablement qu’à moitié averti de
son double rôle et que ses écrits anti-capitalistes maintenaient la
validité que tous les capitalistes sont en perpétuelle guerre contre les
socialistes révolutionnaires. Carroll Quigley, comme nous l’avons déjà
noté, a rapporté que les intérêts de la maison Morgan soutenaient les
organisations révolutionnaires domestiques et les écrits
anti-capitalistes; de plus nous avons présenté dans ce chapitre des
preuves documentées irréfutables (NdT: voir à cet effet et pour tous les
chapitres, les notes de fin qui référencient touts les documents ayant
servi de preuves et de documentation pour la rédaction du livre, ils
sont légions et beaucoup proviennent des archives du ministère des
affaires étrangères américain), que les intérêts des Morgan affectaient
également le contrôle d’un agent soviétique, intercédant en sa faveur
et, de manière encore plus importantes, intervenant de manière générale
en faveur des intérêts soviétiques auprès du gouvernement américain. Ces
activités étaient concentrées à une seule adresse: 120 Broadway, New
York City.

Chapitre 9

La Guaranty Trust va en Russie

“Le gouvernement soviétique désire que la Guarantee (sic) Trust
Company devienne l’agent fiscal des Etats-Unis pour toutes les
opérations soviétiques et envisage un achat américain de la Eestibank
avec pour but de relier les fortunes soviétiques avec les intérêts
financiers américains.”

(William H. Coombs, rapportant à l’ambassade américaine de Londres le
1er Juin 1920 (archive décimale du département d’état américain,
861.51/752 – Note: Eestibank était une banque estonienne)

En 1918, les soviétiques devaient faire face à un grand nombre de
problèmes à la fois intérieurs et extérieurs. Ils n’occupaient qu’une
petite fraction de la Russie. Pour avoir raison du reste du pays, ils
avaient besoins d’armes venant de l’étranger, d’importations de
nourritures, de soutien financier extérieur, d’une reconnaissance
diplomatique et par dessus tout, de commerce avec l’extérieur. Pour
gagner la reconnaissance de l’étranger et le commerce attenant, les
soviétiques avaient besoin en premier lieu d’une représentation en pays
étranger; cette représentation à son tour, demandait un financement par
de l’or ou des devises étrangères. Comme nous l’avons déjà vu, la
première étape fut d’établir un bureau soviétique à New York sous
l’égide de Ludwig Martens. En même temps eurent lieu les efforts de
transferts de fonds aux Etats-Unis et en Europe pour les achats de biens
de consommations et autres. Puis, une influence fut exercée aux
Etats-Unis pour gagner la reconnaissance de l’URSS et d’obtenir les
licences d’exportation n´´cessaires afin d’exporter des marchandises
vers la Russie.

Les banquiers et les avocats de New York apportèrent une assistance
signifiante, voire dans quelques cas, critique, pour chacune de ces
tâches. Quand le professeur George. V. Lomonosov, l’expert technique du
bureau soviétique, avait besoin de transférer des fonds d’un agent en
chef de Scandinavie, un avocat important de Wall Street vint l’assister,
en utilisant des réseaux officiels du ministère des affaires étrangères
et le faisant fonction de ministre des affaires étrangères comme
intermédiaires. Quand de l’or devait être transféré aux Etats-Unis,
c’était AIC, Kuhn, Loeb & Co et la Guaranty Trust qui en faisaient
la demande et utilisaient leur influence à Washington pour faciliter les
opérations. Et quand vint le temps de la reconnaissance, on trouva les
firmes américaines plaidant au congrès et devant le public américain
pour endorser le régime soviétique.

Le lecteur ne doit pas hâtivement penser d’après ces faits que Wall
Street était rouge (comme le laisse deviner le dessin pamphlétaire mis
en exergue au début de l’ouvrage); nous verrons dans un chapitre
suivant, que la firme J.P. Morgan finançait également l’amiral Kolchak
en Sibérie; celui-ci combattait les bolchéviques pour installer son
propre régime autoritaire. La firme a aussi contribué à l’organisation
anti-Communist United Americans.

Wall Street vient en aide au professeur Lomonosov

Le cas du professeur Lomonosov est un cas détaillé de l’histoire de
Wall Street à aider les débuts du régime soviétique. A la fin de 1918,
le professeur George V. Lomonosov, membre du bureau soviétique de New
York puis plus tard commissaire de l’URSS aux chemins de fer, se
retrouva cloué aux Etats-Unis sans argent. A cette époque, les fonds
bolchéviques n’avaient pas le droit d’entrer aux Etats-Unis car il n’y
avait aucune reconnaissance officielle du régime. Le 24 Octobre 1918, le
professeur Lomonosov était l’objet d’une lettre du ministère de la
justice au ministère des affaires étrangères Etats-unien. La lettre se
rapportait aux attribus et discours pro-bolchéviques de Lomonosov et
l’enquêteur de conclure: “Le professeur Lomonosov n’est pas un
bolchévique même si ses discours constituent une preuve de son soutien
incontestable à la cause bolchévique.” Ainsi Lomonosov fut capable de
tirer les ficelles au plus haut niveau du gouvernement pour avoir 25 000
dollars transférés d’URSS par un agent espion soviétique de Scandinavie
(qui devint lui-même un assistant confidentiel de Reeve Schley, un des
vice-présidents de la Chase Bank). Tout ceci fut accomplit avec
l’assistance d’un membre d’un cabinet légal très important de Wall
Street !

Nous présentons les preuves ici en détail car ceux-ci pointent la
relation très étroite entre certains intérêts qui ont été pensés jusqu’à
maintenant comme étant des ennemis farouches. La première indication du
problème Lomonosov est une lettre datée du 7 Janvier 1919 de Thomas L.
Chadbourne de Chadbourne & Babitt, sise angle 8ème étage du 14 Wall
Street (même adresse que William Boyce Thompson) à Frank Polk, le
faisant fonction de ministre des affaires étrangères. Notez la
salutation amicale et la référence nonchalante à Michael Gruzenberg
alias Alexander Grumberg, agent soviétique en chef en Scandinavie et
plus tard assistant de Lomonosov [...]

Note des traducteurs: s’ensuit ici une longue série de reproduction de lettres et de télégrammes en rapport avec l’affaire Lomonosov.

[...] Notons au passage qu’un avocat d’une frme importante de Wall
Street avait l’adresse de Gruzenberg, agent en chef bolchévique en
Scandinavie, à une époque où le faisant fonction de ministre des
affaires étrangères américains et la délégation américaine de Stockholm
n’avaient aucune trace de l’adresse, ni la délégation était en mesure de
la tracer. Chadbourne présume égalemet dans sa correspondance que les
soviets étaient le gouvernement officiel de la Russie, alors même que le
gouvernement soviétique n’était pas reconnu par les Etats-Unis; la
position officielle de Chadbourne pour le gouvernement au comité du
commerce de guerre aurait requiérait qu’il le sache [...]

Note: s’ensuit encore une série de correspondance sur l’affaire.

[...] Il est évident que pour des raisons soit de relation amicale
particulière entre Polk et Chadbourne ou soit par influence politique,
le ministère des affaires étrangères se sentit obligé de “porter les
valises” d’un agent bolchévique, qui venait juste d’être expulsé de
Norvège. Mais pourquoi une firme légale prestigieuse de Wall Street
serait-elle si intimement intéressée pour le bien-être d’un émissaire
bolchévique ? Peut-être qu’un rapport du ministère des affaires
étrangères, contemporain de l’affaire, nous donnera un indice:

“Martens, le représentant bolchévique et le professeur Lomonosov
tablent sur le fait que Bullitt et sa clique va émettre un rapport
favorable pour la mission et le président en regard des conditions en
Russie soviétique et que sur la base de ce rapport, le gouvernement des
Etats-Unis sera en faveur de coopérer avec le goivernement soviétique
comme proposé par Martens.” – Le 29 Mars 1919 –


Le terrain est préparé pour l’exploitation commerciale de la Russie

C’était l’exploitation commerciale de la Russie qui excitait à ce
point Wall Street et Wall Street ne perdit pas de temps à préparer son
programme. Le 1er Mai 1918, date fétiche pour les révolutionnaires,
l’American League to Aid and Cooperate with Russia fut établie et son
programme approuvé dans une conférence qui s’est tenue dans le bâtiment
du bureau du sénat à Washington D.C. [...]

[..] Ceci était un comité exécutif hybride, il représentait des
éléments révolutionaires américains, le congrès des Etats-Unis et les
intérêts financiers impliqués de manière importante dans les affaires
russes.

Un programme avait été approuvé par le comité exécutif; ce programme
insistait sur la création d’une division russe officielle au sein du
gouvernement américain et “dirigé par des hommes forts”. Cette division
s’assurerait la coopération des universités, des organisations
scientifiques et d’autres institutions afin d’étudier la “question
russe”, elle coordonnerait et unifierait les organisations aux
Etats-Unis pour la “sauvegarde de la Russie” et arrangerait pour un
“comité spécial de renseignement sur la question russe” et de manière
générale étudierait elle-même ce qui se rapporterait “à la question
russe”. Le comité exécutif passa ensuite une résolution soutenant le
message du président Woodrow Wilson au congrès soviétique à Moscou et la
ligue affirma son propre soutien à la nouvelle Russie soviétique. [...]

[...] En conséquence, nous trouvons un effort concerté vers la
mi-1918 par un segment du monde des affaires états-unien, manifestement
préparé à ouvrir la voie du commerce, pour prendre avantage de sa
position en regard des soviétiques.

L’Allemagne et les Etats-Unis luttent pour le commerce avec la Russie

En 1918, une telle assistance au régime embryonnaire bolchévique
était justifié par la volonté de battre l’Allemagne et de l’empêcher
d’exploiter le marché russe par la suite. Ceci fut l’argument utilisé
par William Boyle Thompson et Raymond Robins pour justifier de l’envoi
de propagande bolchévique et de révolutionnaires en Allemagne en 1918.
Cet argument fut aussi utilisé en 1917 lorsque Thompson rencontra le
premier ministre britannique Lloyd George afin d’obtenir le soutien de
la Grande-Bretagne dans l’émergence du régime bolchévique[...]

[...] Des statistiques exagérées furent utilisées pour soutenir les
propositions, comme par exemple établissant que le gouvernement
soviétique représentait 90% du peuple russe et “que les autres 10%
étaient constitués de l’ancienne classe dirigeante et de propriétaires…
qui bien sûr sont mécontents.” Un officiel américain déclara: “si nous
ne faisons rien et laissons les choses dépérir, nous aiderons à
affaiblir le gouvernement soviétique et cela jouera en faveur des
Allemands.” Ainsi il fut recommandé “qu’une commission armée de crédits
et de bons conseils commerciaux pourrait aider beaucoup.”

Pendant ce temps, en Russie, la situation économique était devenue
critique et l’inévitabilité d’une embrasse avec le capitalisme avait
commencé à se faire jour dans le parti communiste et ses planificateurs.
Lénine cristallisa cette prise de conscience devant le 10ème congrès du
parti communiste de l’URSS (NdT: Mars 1921):

“Sans l’assistance du capital, il sera impossible pour nous de
conserver le pouvoir prolétarien dans un pays incroyablement ruiné dans
lequel la paysannerie, tout aussi ruinée, constitue une majorité
écrasante et bien sûr, pour obtenir cette assistance, le capital va nous
presser de centaines de pourcents. Ceci est ce que nous devons
comprendre. En l’occurence, ou bien ce type de relations économiques ou
rien…”

Puis Leon Trotsky fut cité pour avoir dit: “Ce dont nous avons besoin ici est d’un organisateur comme Bernard M. Baruch”.

[...] Les premiers contrats effectués par le bureau soviétique de New
York indiquent que le soutien financier et moral précédent des
bolchéviques commençaient à être récompensés sous forme de contrats.

La plus grande commande en 1919-20 fut contratée par Morris & Co,
Chicago Meatpacker pour 23 000 tonnes de produits alimentaires et pour
une valeur approximative de 10 millions de dollars. La famille Morris
était liée par alliance à la famille Swift, dont Harold H. Swift fut un
élément majeur de la mission de la CR américaine en Russie en 1917 [...]

L’or soviétique et les banques américaines

L’or était le seul moyen pratique avec lequel l’URSS pouvait payer
ses achats étrangers et les banquiers internationaus étaient très
flexibles piur faciliter les envois et transferts d’or russe. Les
exportations d’or russe, principalement les pièces en or de l’époque
impériale, commencèrent au début de 1920 ver la Norvège et la Suède.
L’or fut ensuite transféré en Hollande et en Allemagne et vers d’autres
destinations, incluant les Etats-Unis.

En Août 1920, une cargaison de pièces d’or russes fut reçue par la
Den Norske Handelsbank een Norvège pour une garantie de paiement de 3
000 tonnes de charbon par la compagnie Niels Juul and Co aux Etats-Unis
pour le compte du gouvernement soviétique. Ces pièces furent transférées
à la Norges Bank pour y être stockées. Les pièces y furent expertisées
comme étant de véritables pièces impériales russes [...]

[...] Simultanément, il fut reporté que trois navires avaient quitté
Reval sur la Mer Baltique avec de l’or soviétique à destination des
Etats-Unis. Le S.S Gauthod (NdT: S.S est ici l’acronyme de
“Steam Ship” ou navire à vapeur) avait à son bord 216 caisses d’or sous
la supervision du professeur Lomonossov, qui retournait alors aux
Etats-Unis. Le S.S Carl Line avait à son bord 216 autres caisses d’or sous la supervision de trois agents russes. Le S.S Ruheleva
avait lui 108 caisses à bord. Chaque boîte contenait 2,36 kg d’or à une
valeur de 60 000 roubles or chacune. Tout ceci fut suivit par un autre
transfert à bord du S.S Wheeling Mold

[...] L’or arriva à New York au bureau Assay et ne fut pas déposé par
Kuhn, Loeb and Co mais par la Guaranty Trust Company de New York City.
La Guaranty Trust en référa au comité directeur de la réserve fédérale
qui elle en référa au ministère des finances américain afin d’accepter
le paiement[...]

[...] En bref, nous pouvons lier l’American International
Corporation, le professeur d’influence Lomonossov, la Guaranty Trust et
Olof Aschberg (que nous avons identifié préalablement) aux premiers
imports d’or soviétique aux Etats-Unis.

Max May de la Guaranty Trust devient directeur de la RuskomBank

En Janvier 1922, le ministre du commerce Herbert Hoover intercéda
auprès du ministère des affaires étrangères en faveur du plan de la
Guaranty Trust pour créer des relations d’échanges avec la “New State
Bank at Moscow”. Ce plan, écrivit Herbert Hoover, “ne serait pas sujet à
objection si une stipulation spécifique était faite concernant le fait
que tout l’argent venant en leur possession devra être utilisé pour
l’achat de biens de consommation civiles aux Etats-Unis”, Hoover ajouta:
“Il pourrait être avantageux d’avoir ces transactions organisées de
telle manière que nous sachions de quoi il retourne au lieu des échanges
évasifs actuels.” [...]

[...] Guaranty Trust alla de l’avant (avec le soutien de Herbert
Hoover) et participa à la formation de la première banque soviétique
international dont Max May de la Guaranty Trust, devint le chef du
département des transactions étrangères de la RuskomBank (ou banque
commerciale russe).


http://resistance71.wordpress.com/2012/01/01/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-revolution-bolchevique-professeur-antony-sutton-3eme-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:50

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la révolution bolchévique (Professeur Antony Sutton)… 4ème et dernière partie.




1ère partie

2ème partie

3ème partie



~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



Chapitre 10

J.P Morgan donne un peu d’aide à l’opposition

Jusqu’ici, notre histoire a évolué autour d’une grande maison de la finance, la Guaranty Trust Company,
le plus grand trust financier des Etats-Unis (NdT: à l’époque) contrôlé
par la firme J.P. Morgan. Guaranty Trust a utilisé Olof Aschberg, le
banquier bolchévique, comme son intermédiaire en Russie avant et après
la révolution. Guaranty Trust était un garant de Ludwig Martens et son
bureau soviétique de New York et première représentation soviétique aux
Etats-Unis. Le premier envoi d’or soviétique aux Etats-Unis a aussi été
tracé avec la Guaranty Trust.

Il y a un revers à cette pièce, Guaranty Trust était également un
fondateur de United Americans, une organisation anti-soviétique très
virulente, qui répandait la peur d’une invasion rouge des Etats-Unis en
1922, qui proclamait que 20 millions de dollars de fonds soviétiques
étaient en route pour financer la révolution aux Etats-Unis et prévoyait
une panique générale dans les rues de New York ainsi qu’une famine de
masse. Ce double-jeu soulève bien entendu des questions sur les
intentions de la Guaranty Trust et de ses directeurs. Faire des affaires
avec les soviétiques, même les financer, peut-être expliqué par un
appât du gain apolitique ou simplement pour le goût des bénéfices. Mais
d’un autre côté, faire répandre délibérément de la propagande faite pour
créer un effet de peur et de panique tout en finançant en même temps
les conditions qui mènent à cette panique devient un problème bien plus
considérable; suggérant un niveau de dépravation morale élevée.
Regardons de plus près ce mouvement anti-communiste d’United Americans.

United Americans créé pour lutter contre le communisme

L’organisation fut fondée en 1920; Elle était limitée aux Etats-Unis
et planifiée pour cinq millions de membres, “le seul but étant de
combattre les enseignements des socialistes, des communistes, des
membres de l’Industrial Workers of the World (IWW créé en 1923, NdT:
organisation d’obédience anarchiste), des organisations russes et des
sociétés paysannes radicales. En d’autres termes, United Americans se
devait de combattre toutes les institutions et les groupes qui avaient
des idées anti-capitalistes.

Les premiers officiers de l’organisation étaient Allen Walker de la
Guaranty Trust, Daniel Willard, président de la Baltimore & Ohio
railroad, H.H. Westinghouse de Westinghouse Air Brake company et Otto H.
Kahn de Kuhn , Loeb and Co et de l’Americain International Corporation
(AIC)… De manière évidente, United Americans était au premier abord, le
type même d’organisation que l’establishment capitaliste aurait voulu
soutenir et financer. Sa création ne fut en rien une surprise.

D’un autre côté, comme nous l’avons déjà vu, ces financiers étaient
aussi profondément impliqués à soutenir le nouveau régime soviétique de
Russie, bien que ce soutien ne se fisse que de derrière le rideau,
seulement enregistré dans les archives gouvernementales et information
retirée de la vue du public pour 50 ans. Ainsi, en tant que parties
prenantes de United Americain, Walker, Willard, Westinghouse et Kahan
jouaient un double-jeu. Otto Kahn, fondateur de l’organisation
anti-communiste United Americans avait été décrit par le socialiste
britannique J. H. Thomas comme étant quelqu’un “qui avait le visage
tourné vers la lumière”…

[...] La compagnie Baltimore & Ohio Railroad (compagnie des
chemins de fer de Baltimore et de l’Ohio) , l’employeur de Willard,
était très active dans le développement de la Russie soviétique dans les
années 1920. Westinghouse opérait, à la date de la création d’United
Americans en 1920, une grande usine qui avait été exemptée de
nationalisation par les Soviétiques. Le rôle de la Guaranty Trust a déjà
été détaillée dans ces pages.

United Americans révèlent “des éléments importants” sur les rouges

[...] United Americains avait étudié, fut-il révélé, une histoire
détaillée pour faire peur aux citoyens à propos d’une invasion
communiste des Etats-Unis sous les deux ans … Cette étude avait le
soutien du comité exécutif de la Guaranty Trust, incluant Otto Kahn,
Allen Walker et Daniel Willard [...]

[...] Les envois d’or soviétique à la Guaranty Trust dans le milieu
des années 1920 furent estimés à environ 15 millions de dollars, plus
les autres envois par le biais de Robert Dollar et d’Olof Aschberg,
amenèrent le total à près de 20 millions de dollars. L’information sur
l’or soviétique envoyé au mouvement radical fut appellée “très sûre” et
“fut donnée au gouvernement”. Les rouges soi-disant planifiaient
d’affamer New York jusqu’à la soumission en quatre jours.

Le rapport d’United Americans avait largement surestimé le nombre de
radicaux aux Etats-Unis en lançant un chiffre de l’ordre de 2 à 5
millions pour finalement stabiliser le chiffre à 3,5 millions de
radicaux membres de 4 organisations. Le rapport concluait sur la
possibilité d’un bain de sang.

En bref, United Americans publia un rapport sans preuves
substantielles de ce qu’ils avançaient; ceci était fait pour faire peur
au citoyen lambda et créer une panique. Le point important ici est
également de savoir que ceci est le même groupe d’intérêt qui était
responsable de protéger, de financer et d’assister les soviétiques pour
qu’ils puissent éventuellement mettre en œuvre ces mêmes plans.

Conclusions sur United Americans

United Americains est le seul exemple documenté connu par l’auteur de
cet ouvrage, d’une organisation qui assistait le régime soviétique et
qui était aussi à l’avant-garde de l’opposition à ces mêmes soviétiques.
Ceci n’est en aucun cas un développpent factuel inconsistant et de plus
amples études devraient se focaliser sur au moins ces deux aspects:

a) Y a t’il d’autres exemples connus et prouvés de double-jeu par
des groupes influents généralement connus sous le nom “d’establishment” ?

b) Ces exemples peuvent-ils être étendus à d’autres domaines ? Par
exemple existent-ils des preuves que des troubles sociaux aient été
instigués par ces groupes ?

c) Quel est le but ultime de cette tactique du double-jeu ? Peut-on le lier à l’axiome marxiste (NdT:
hégélien en fait…) de la thèse, anti-thèse menant a la synthèse ? Si le
communisme, un monde communiste est l’objectif et la synthèse
souhaitée, le capitalisme étant la thèse, ainsi quelque chose autre que
le capitalisme et le communisme doit-être l‘antithèse. Se pourrait-il
donc que le capitalisme soit la thèse, le communisme l’antithèse et
l’objectif des groupes révolutionnaires et de leurs souteneurs et
financiers être une synthétisation de ces deux systèmes en un système
mondial non encore décrit ? (NdT: le Nouvel Ordre Mondial…)

Morgan et Rockefeller aident Kolchak

De manière concomittante avec ses efforts pour aider le bureau
soviétique et United Americains, la firme JP Morgan, qui contrôlait
Guaranty Trust, donnait également une assistance financière à un des
opposants principaux des bolchéviques, l’amiral Aleksandr Kolchak en
Sibérie [...]

[...] En Août 1919, le ministre des affaires étrangères américain
Robert Lansing recevait une lettre de la National City Bank d’influence
Rockefeller, demandant un commentaire officiel sur une proposition de
prêt de 5 millions de dollars à l’amiral Kolchak, et de JP Morgan et
d’autres banquiers une autre lettre demandant les visions du département
d’état concernant un autre prêt cette fois de 10 millions de Livres
Sterling à Kolchak par un consortium de banquiers
americano-britanniques.

Le ministre Lansing répondît aux banquiers que les Etats-Unis
n’avaient pas reconnu Kolchak et que bien que préparé à offrir une
assistance, “le ministère des affaires étrangères ne pouvait pas prendre
la responsabilité d’encourager de telles négociations mais que
néanmoins, il ne semblait pas y avoir d’objection quelconque pour que le
prêt soit accordé par des banquiers qui estiment que cela est une bonne
chose de le faire.”

Ainsi le 30 Septembre, Lansing informa le consul général des
Etats-Unis à Omsk, que le “prêt était passé par voie régulière”. 2/5 du
prêt furent effectués par des banques britanniques et 3/5 par des
banques américaines. Le prêt fut garanti par de l’or russe qui fut
envoyé à San Francisco. Le timing des exportations d’or soviétique
précédentes suggère que la coopération sur les ventes d’or soviétique
fut déterminée juste après l’accord du prêt sur or de Kolchak.

Les ventes d’or soviétique et le prêt à Kolchak suggère également que
la déclaration de Carroll Quigley concernant l’infiltration de la
gauche américaine par les intérêts Morgan, s’appliquait également aux
mouvements révolutionnaires et contre-révolutionnaires étrangers [...]

[...] En d’autres termes, nous savons que JP Morgan, des banquiers de
Londres et New York ont financé Kolchak. Il y a aussi des preuves qui
connectent Kolchak et son armée avec d’autres armées anti-bolchéviques.
Il y a en outre peu de questions sur le financement des armées russes
anti-bolchéviques par les industriels allemands et les cercles
banquiers. De manière évidente les fonds de financement de ces banquiers
ne connaissent aucun drapeau national.

Chapitre 11

L’alliance des banquiers et de la révolution

“le nom des Rockefeller n’est pas synonyme de révolutionnaire, et
le cours de ma vie a forgé une attitude prudente qu’on pourrait appeler
conservatisme. Je ne souscris pas à des causes sans but…”


(John D. Rockefeller III, “La seconde révolution américaine”, 1973)

Un résumé des preuves présentées

Des évidences historiques déjà publiées par George Katkov, Stefan
Possony et Michael Futrell ont établi que le retour de Lénine en Russie
et son parti d’exilés bolchéviques, suivi quelques semaines plus tard
par un groupe de menchéviques, fut organisé et financé par le
gouvernement allemand. Les fonds nécessaires furent transférés en partie
par la Nya Banken de Stockholm, propriété d’Olof Aschberg et le double
objectif allemand était:

a) Le retrait de la Russie de la guerre

b) Le contrôle du marché russe dans l’après-guerre

Nous avons maintenant été au delà de cette évidence prouvée et avons
établi une relation de travail continue entre le banquier bolchévique
Olof Aschberg et la Guaranty Trust Company de New York contrôlée par les
intérêts JP Morgan, avant, durant et après la révolution russe. Dans la
période tsariste, Aschberg était l’agent des Morgan en Russie et le
négociateurs des emprunts russes aux Etats-Unis; en 1917, Aschberg
devint l’intermédiaire financier des révolutionnaires et après la
révolution, Aschberg fut mis à la tête de la RuskomBank, la première
banque internationale soviétique, tandis que Max May, un vice-président
de la Guaranty Trust (Morgan) devint directeur et chef du département
extérieur de la RuskomBank. Nous avons présenté des preuves documentées
concernant une relation continuelle entre la Guaranty Trust Company et
les bolchéviques. Les directeurs de la Guaranty Trust Company en 1917
sont listés dans l’appendix 1 de cet ouvrage.

De plus, il y a des preuves documentées des transferts de fonds des
banquiers de Wall Street aux activités révolutionnaires internationales.
Par exemple, la preuve écrite (par messages télégraphiques) que William
Boyce Thompson, un des directeurs de la banque de la réserve fédérale
de New York, un grand actionnaire de la Chase Bank contrôlée par les
Rockefeller et un associé financier des Guggenheim et des Morgan,
contribua de la somme de 1 millions de dollars à la révolution
bolchévique et à ses buts de propagande. Un autre exemple est John Reed,
membre américain du comité exécutif de la troisième internationale et
qui était assisté et financé par Eugene Boissevain, un banquier privé
new-yorkais; Reed était employé par Harry Payne Whitney et son magazine “Metropolitan”. Whitney était en même temps un des directeurs de la Guaranty Trust.

Nous avons également établi que Ludwig Martens, le premier
“ambassadeur soviétique” aux Etats-Unis, était, (d’après le chef du
renseignement britannique Sir Basil Thompson) financé par des fonds de
la Guaranty Trust. En traçant le financement de Trotsky aux Etats-Unis,
nous sommes remontés à des sources allemandes, qui doivent toujours
être identifiées à New York et bien que nous ne sachions pas les sources
allemandes précises du financement de Trotsky, nous savons que von
Pavenstedt, le trésorier en chef de l’espionage allemand aux Etats-Unis
en cette période, était aussi un associé important d’Amsinck & Co,
qui était la propriété de l’omni-présente American International
Corporation (AIC), contrôlée par les intérêts de JP Morgan.

De plus, les firmes de Wall Street incluant la Guaranty Trust étaient
impliquées dans les activités de guerre révolutionnaire de Carranza et
Villa au Mexique. Nous avons également documenté la preuve concernant un
consortium de Wall Street qui finança la révolution de Sun-Yat Sen en
Chine en 1912, une révolution qui est aujourd’hui considérée par les
révolutionnaires de Mao comme étant un évènement précurseur de la grande
révolution maoïste en Chine. Charles B. Hill, l’avocat new-yorkais
chargé de négocier avec Sun Yat-Sen au nom du consortium, était un
directeur de trois succursales de la Westinghouse et nous avons trouvé
que Charles R. Crane de Westinghouse Russie était également impliqué
dans la révolution russe.

Au-delà de la finance, nous avons aussi identifié une preuve plus
signifiante de l’implication de Wall Street dans la cause bolchévique.

La mission de la Croix Rouge américaine en Russie fut une aventure
privée de William B. Thompson, qui manifesta un soutien public aux
révolutionnaires bolchéviques. Les documents maintenant déclassifiés du
cabinet de guerre britannique, indiquent que la politique étrangère
britannique fut changée au profit du régime Lénine-Trotsky par
l’intervention personnelle de Thompson auprès de Lloyd George en
Décembre 1917…

[...] John Reed était non seulement financé par Wall Street, mais
recevait un soutien constant pour ses activités, ceci incluant des
interventions directes du ministère des affaires étrangères états-Unien
en la personne de William Franklin Sands, secrétaire exécutif d’AIC,
pour le tirer d’affaire quand cela était nécessaire.

Dans le cas de sédition concernant Robert Minor, il existe quelques
preuves circonstantielles montrant l’intervention du colonel Edward
House pour sa libération…

Quelques agents de renseignement internationaux tel Alexander Gumberg
ont travaillé pour Wall Street et les bolchéviques. En 1917, Gumberg
était le représentant d’une entreprise américaine à Pétrograde,
travaillait pour Thompson à la mission de la Croix Rouge et devint
l’agent en chef des bolchéviques en Scandinavie jusqu’à ce qu’il fut
expulsé de Novège, pour devenir ensuite l’assistant confidentiel de
Reeve Schley de la Chase Bank de New York et ensuite de Floyd Odium
d’Atlas Corporation.

Cette activité intense en faveur des bolchéviques émanait en très
grande partie d’une adresse unique: 120 Broadway, New York City [...]

[...] La banque de la réserve fédérale de New York était domiciliée
au 120 Broadway. Le véhicule de l’activité pro-bolchévique était
l’American International Corporation (AIC), sise au 120 Broadway…

[...] Ludwig Martens, le premier abassadeur soviétique sur le
territoire américain fut le vice-président de la firme Weinberg &
Posner, sise au 120 Broadway. La Guaranty Trust Company était voisine au
140 Broadway, mais la succursale Guaranty Securities résidait au 120
Broadway. En 1917, Hunt, Hill & Betts la firme qui employait Charles
Hill qui négociait avec Sun Yat-Sen était sise au 120 Broadway La John
MacGregor Grant and Co qui était financée par Olof Aschberg depuis la
Suède et la Guaranty trust à New York était sise au 120 Broadway. La
firme des Guggenheim et la branche exécutive de la General Electric
(associée avec l’AIC) étaient sises au 120 Broadway. Nous ne pouvons en
conséquence pas être surpris que le club des banquiers, l’influent
“Bankers’ Club”, fut également domicilié au 34ème et dernier étage du
120 Broadway, New York City…

Il est très significatif que le soutien aux bolchéviques ne
s’interrompît pas avec la consolidation de la révolution, ce soutien ne
peut pas être expliqué seulement par les termes de la guerre contre
l’Allemagne [...]

[...] Nous avons ensuite trouvé que la Guaranty Trust finançait également le bureau soviétique de New York en 1919.

Le premier signe que ces efforts politiques et financiers finissaient
par produire leurs dividendes vint en 1923 lorsque les soviétiques
formèrent leur première banque internationale: la banque russe de
commerce ou RuskomBank. L’associé de Morgan Olof Aschberg en devint le
directeur avec Max May, un vice-président de la Guaranty Trust en devint
lui le chef du département extérieur. La RuskomBank nomma promptement
la Guaranty Trust Company pour être son seul agent aux Etats-Unis.

L’explication pour cette alliance contre-nature

Quel motif peut bien expliquer cette coalition entre les capitalistes et les bolchéviques ?

La Russie était alors, comme elle l’est toujours aujourd’hui (NdT:
dans les années 1970), le plus grand marché non développé au monde. De
plus, La Russie d’alors et d’aujourd’hui, constitue la plus grande
menace compétitive en matière de finance et d’industrie pour la
suprématie américaine.

Pourquoi donc permettre à la aRussie de devenir un compétiteur et un défi à la suprématie américaine ?

A la fin du XIXème siècle, Les Morgan, Rockefeller et Guggenheim
avaient démontré leur volonté monopoliste. Dans son ouvrage “Chemins de
fer et régulation de 1877 à 1916”, Gabriel Kolko a démontré comment les
propriétaires de chemin de fer et non pas les fermiers, désiraient un
contrôle d’état sur les chemins de fer afin de préserver leur monopole
et abolir la compétition. Ainsi la plus simple explication de notre
évidence apportée est qu’un consortium financier de Wall Street a étendu
ses ambitions monopolistes et élargi ses horizons sur une échelle
mondiale. L’énorme marché russe devait être converti en un marché
captif et une colonie technique et technologique afin d’être exploité
par quelques financiers américains très influents et les corporations
qu’ils contrôlent.


Rappelons-nous que ce fut Trotsky qui nomma des généraux tsaristes
pour consolider l’armée rouge. Que ce fut Trotsky qui demanda que des
officiers américains viennent contrôler la Russie révolutionnaire et
interviennent au nom des soviets; que ce fut Trotsky qui écrasa d’abord
le mouvement libertaire au sein de la révolution (NdT:
chose que peu de gens savent ou veulent admettre: le premier soviet de
St Petersbourg en 1907 fut créé par les anarchistes. L’anarchiste russe
et détracteur de Trotsky, Voline, en fut un des fondateurs. Le concept
des “soviets” ou assemblée populaire décidant en démocratie directe, est
un concept anarchiste…) pour ensuite écraser les ouvriers et les
paysans; que l’histoire officielle ignore totalement l’armée verte de
700 000 hommes, composée d’ex-bolchéviques, courroucés par la trahison
de la révolution et qui combatirent à la fois les blancs tsaristes et
les rouges bolchéviques (NdT: référence faite ici au
mouvement libertaire de Viktor Makhno en Ukraine soviétique et le
mouvement anarchiste de la Makhnoviskaya).

En d’autres termes, nous suggérons que la révolution bolchévique
était une alliance d’étatistes: des étatistes révolutionnaires et des
étatistes financiers alignés contre la véritable révolution menée par
les éléments libertaires russes.

(NdT: Ceci se renouvela pour que l’étatisme triomphe
de la révolution espagnole libertaire de 1936-1939. Les étatistes
stalinistes faisant le jeu des étatistes fascistes pour préserver les
intérêts des mêmes personnes qui les financent… Le tout contre la seule
menace réelle à l’oligarchie en place: les libertaires et la solution de
la révolution sociale mettant à bas l’état et les institutions garant
du statu quo oligarchique…)

La question qui vient maintenant à l’esprit des lecteurs est la suivante: Ces banquiers étaient-ils bolchéviques ?

Bien sûr que non ! Ces financiers n’avaient aucune idéologie. Ce
serait un grand non-sens et une mauvaise interprétation que de penser
que l’assistance donnée aux bolchéviques l’était à des fins
idéologiques. Ces financiers n’étaient motivés que par le profit et le
pouvoir et de ce fait aurait assisté tout véhicule politique qui leur
aurait donné leurs entrées au sein du pouvoir. Trotsky, Lénine, Kolchak,
le Tsar, Denikine, tous reçurent de l’aide. Tous, sauf ceux, bien
entendu, qui désiraient une véritable société individuelle libre.

John P. Diggins dans son ouvrage “Mussolini et le fascisme: une vision américaine” avait noté à propos de Thomas Lamont de la Guaranty Trust:

“De tous les leaders du monde des affaires américain, celui qui
patronisa le plus la cause fasciste fut Thomas Lamont, qui était à la
tête du puissant réseau banquier JP Morgan. Lamont servit comme une
sorte d’assistant commercial pour le gouvernement fasciste italien.”


Lamont facilita un emprunt de 100 millions de dollars pour Mussolini
en 1926, ceci à une période cruciale pour le dictateur italien. Nous
devons aussi nous rappeler que Lamont, directeur de la Guaranty Trust
était le père de Corliss Lamont, un communiste américain. L’approche
identique des systèmes totalitaires fascistes et communistes n’était pas
réservée qu’à la famille Lamont. Par exemple, Otto Kahn, directeur
d’AIC et de Kuhn, Loeb and co était certain que “le capital américain
investi en Italie trouverait sécurité, encouragement, opportunité et
récompenses. C’était le même Otto Kahn qui faisait des discours à la
Ligue Socialiste de la Démocratie Industrielle en 1924, et assurait que
ses objectifs étaient les siens. Ils n’étaient différents que dans les
moyens pour y parvenir.

Ivy Lee, l’homme des relations publiques des Rockefeller, fit des
déclarations similaires et fut responsable de conquérir le public
américian très naïf à la cause du régime soviétique [...]

Le plan Marburg

Ce plan était financé par Andrew Carnegie et son ample héritage, il
fut produit dans les premières années du XXème siècle. Il y fut suggéré
une sorte de schizophrénie préméditée et superficielle qui masquerait en
fait un programme intégré d’acquisition du pouvoir. “Carnegie et son
immense fortune, les financiers internationaux et les socialistes
pourraient être intégrés et organisés en un mouvement qui forcerait la
création d’une ligue pour la paix.

Les gouvernements mondiaux en accord avec le plan Marburg devaient
être socialisés tandis que le pouvoir ultime resterait entre les mains
des financiers internationaux “qui contrôleraient ses conseils et
imposerait la paix donnant ainsi une cure spécifique aux
malfonctionnements politiques de l’humanité.” [...]

[...] De cette semence la plus improbable grandît le mouvement
internationaliste moderne qui incluait non seulement des financiers
comme Carnegie, Paul Warburg, Oto Kahn, Bernard Baruch et Herbert
Hoover, mais aussi la fondation Carnegie et sa progéniture l’International Conciliation.
Les administrateurs de Carnegie avaient été, comme nous l’avons vu,
des membres importants de l’AIC. En 1910, Carnegie donna 10 millions de
dollars pour la fondation la Carnegie Endowment for International Peace…
Le président des Etats-Unis, Woodrow Wilson vint sous l’influence
déterminante de, en fait il en fut financièrement endetté par la suite,
de ce groupe d’internationalistes. Comme Jenning C. Wise l’a écrit:

“Les histoiriens ne doivent jamais oublier que Woodrow Wilson est
celui qui a rendu possible pour Trotsky de se rendre en Russie avec un
passeport américain.”


Leon Trotsky se déclarait liui-même comme internationaliste… Trotsky
n’était pas pro-russe ou pro-alliés ou pro-allemand comme beaucoup
essaient de le caractériser. Trotsky était pour une révolution mondiale,
pour une dictature mondiale, il était en un mot: un internationaliste…
La finance internationale préfère gérer avec des gouvernements
centralisés. La dernière chose que la communauté banquière et de la
haute finance désire est le laissez-faire (NdT: en français dans le texte) économique et un pouvoir décentralisé, car cela disperserait le pouvoir.

Ceci est donc une explication qui concorde avec l’évidence ici
révélée. Cette clique de banquiers et de promoteurs n’était pas
bolchévique, ni communiste, ni socialiste, ni démocrate, ni même
américaine. Par dessus tout, ces hommes voulaient des marchés, de
préférence des marchés internationaux captifs et un monopole du marché
captif planétaire comme but ultime. Ils voulaient des marchés qui
pourraient être exploités de manière monopoliste sans peur de la
concurrence de la part des Russes, des Allemands ou de quiconque
d’autre, ceci incluant les hommes d’affaire américains ne résidant pas
dans la sphère d’influence évoquée. Ce petit groupe très fermé était
apolitique et amoral. En 1917, il n’avait qu’un seul objectif
fondamental: un marché captif en Russie, le tout présenté sous, et
intellectuellement protégé par une Ligue qui garantirait la paix (NdT: la Ligue des Nations ou LDN qui vit le jour après la première guerre mondiale, aujourd’hui remplacée par… l’ONU)

Wall Street a rempli son but. Les firmes américaines contrôlées par
ce consortium continuèrent et bâtirent par la suite l’URSS et mènent
aujourd’hui (NdT: 1974) le complexe militaro-industriel soviétique dans
l’ère des ordinateurs et de l’informatique.

Aujourd’hui, cet objectif est toujours en vie et se porte bien [...]

[...] En bref, le bien public a été et est toujours aujourd’hui,
utilisé comme un outil et une excuse pour au auto-agrandissement par un
cercle élitiste restreint qui plaide pour la paix mondiale et la décence
humaine. Tant que le lecteur regarde l’histoire du monde en des termes
marxistes du conflit entre le capitalisme et le communisme (NdT:
ou même du faux-paradigme politique induit “gauche-droite”…), alors les
objectifs d’une telle alliance entre la finance internationale et la
révolution internationale demeurent élusifs [...[

[...] Cette technique utilisée par les monopolistes pour aveugler la
société a été mise au point au début du XXème siècle par Frederick C.
Howe dans “Les confessions d’un monopoliste”:

“Dans un premier temps, la politique est une partie nécessaire des
affaires. Pour contrôler les industries, il est nécessaire de contrôler
le congrès et les régulateurs et ainsi faire que la société travaille en
fait pour vous, les monopolistes.” Ainsi, d’après Howe, les deux
principes d’un monopoliste à succès sont:

“D’abord laisser la société travailler pour vous, puis faire de la
politique un business.” Ceci, écrivit Howe, est la base fondamentale qui
régit le gros business [...]

[...] le régime totalitaire soviétique survécut. Dans les années 1930
des entreprises étrangères, essentiellement du groupe
Morgan-Rockefeller, ont bâti les plans quinquenaux. Elles ont contribué à
bâtir la Russie soviétique, économiquement et militairement.

FIN


http://resistance71.wordpress.com/2012/01/10/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-revolution-bolchevique-professeur-antony-sutton-4eme-et-derniere-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:52

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 1ère partie.




“Wall Street et la montée en puissance d’Hitler” (Extraits)

1 ère partie

Par Antony C. Sutton (éditions Buccaneer Books, 1976, 220 pages)



Version anglaise en ligne:

http://reformed-theology.org/html/books/wall_street/index.html



~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



2ème partie

3ème partie

4ème et dernière partie



Note des traducteurs: Le professeur Antony Cyril
Sutton (1925-2002), économiste et historien britannique ayant vécu une
très grande partie de sa vie aux Etats-Unis, est une sommité du monde
académique et pourtant il n’est connu que dans des cercles restreints.
Pourquoi?


Parce qu’il a passé la vaste majorité de sa vie professionnelle à
rechercher et à analyser les dessous du pouvoir. Il était un
conservateur qui ne pouvait accepter le degré de trahison des “élites”
dirigeantes occidentales sur les multiples facettes du monde économique,
politique et social.


Docteur ès Sciences de l’université de Southampton, il fut
professeur entre 1968 et 1973 à Stanford University (Californie), maître
de recherche associé au Hoover Institute, un des berceaux conservateurs
s’il en est dans l’establishment éducatif états-unien.


Entre 1968 et 1973, il publia en trois volumes les fruits de ses
recherches sur le transfert de technologie s’opérant entre les
Etats-Unis, l’occident et l’URSS: “Western Technology and the Soviet
Economic Development”. Pour le professeur Sutton, le transfert de
technologie était tel que cela en était une trahison pure et simple,
surtout considérant le fait, que le transfert de technologie vers l’URSS
et le bloc de l’Est soutenait directement les efforts de guerre du
Vietnam contre les Etats-Unis. Le professeur Sutton non seulement
condamnait cette guerre, mais de plus il rendait responsable l’élite
banquière et industrielle états-unienne de la mort des jeunes soldats
américains dans cette guerre impérialiste. Inutile de dire que le
professeur Sutton se retrouva vite au ban de l’intelligentsia et du
monde académique américains.


En 1974, Sutton publia le premier ouvrage de sa trilogie sur les
financements de Wall Street: “Wall Street and the Bolshevik Revolution”
(traduction à venir).


En 1976, il publia le second volet de la trilogie, dont nous
proposons ici la traduction de larges extraits (la traduction française
totale étant à notre connaissance inexistante… merci de nous dire si le
lectorat en trouve trace): “Wall Street and the Rise of Hitler”, ouvrage
qui fut suivit la même année du troisième volet: “Wall Street and
Franklin Delano Roosevelt”.


Le livre dont nous proposons ici la traduction de larges extraits
est le résultat de près d’une demie décennie d’étude approfondie des
archives du procès de Nüremberg, dont les tonnes d’archives sont
entreposées (microfilmées) au Hoover Institute de l’Université de
Stanford. Sutton y eut accés libre pour ses recherches. La transcription
du procès de Nüremberg fut publié en 42 volumes en anglais (41 en
français), mais certains documents et chaînes d’évènements furent cachés
et non divulgués pour des raisons évidentes comme nous allons le voir…


Voici ce qui est dit sur le site internet du professeur Sutton:

“Antony Sutton a été persécuté mais jamais attaqué en justice
pour ses recherches et leurs publications. Sa carrière académique fut
brisée par sa dévotion à découvrir et énoncer la vérité. En 1968, le
fruit de ses recherches sur “La technologie occidentale et le
développement économique de l’URSS” fut publié par le Hoover Institute
de l’université de Stanford. Sutton y montre comment la base
technologique et de production de l’état soviétique, qui s’est engagé à
suppléer de l’armement au Nord-Vietnam et contribue par là-même à la
mort et l’estropiage de jeunes soldats américains, fût construite par
des entreprises industrielles américaines et payée essentiellement par
le contribuable américain. Depuis leurs grandes usines d’acier et de fer
à la construction d’équipement automobile en passant par une
technologie de précision, de l’informatique, essentiellement la majorité
de l’entreprise industrielle soviétique a été construite avec l’aide
directe des Etats-Unis ou de son assistance technique.”


Ceci est également détaillé dans le premier volet du triptique de
Sutton sur Wall Street, et nous allons vous faire découvrir ci-après,
en plusieurs publications, que cela fut également vrai de l’Allemagne
nazie.


Le pourquoi de l’omission délibérée de ces évènements pourtant
dûments documentés de manière irrévocable et inattaquable, sera évident
pour beaucoup de lecteurs au fur et à mesure du déroulement de la
recherche du professeur Sutton sur Wall Street et la montée en puissance
d’Hitler…


C’est en analysant l’histoire sans son paravent consensuel et en
la comprenant donc mieux, que nous comprendrons en retour le monde
contemporain et pourrons efficacement anticiper le futur. Le vieil adage
de “qui ne connaît pas l’histoire est amené à la répéter” prend tout
son sens aujourd’hui. C’est en fait le but de l’oligarchie en place.


La vérité nous libèrera… pour toujours !

~ Résistance 71 ~

P.S: La bibliographie des documents utilisés
pour rédiger ce livre se trouve à la fin de chaque chapitre de l’édition
anglaise originale, merci de vous y référer si nécessaire, car nous ne
les avons pas reproduites dans la traduction. La documentation y est
extrêment abondante et exemplaire.


La traduction de ces larges extraits du livre du Professeur
Sutton seront publiés sur ce blog en 4 parties à une semaine (environ…)
d’intervalle.


Merci de votre fidélité.

= = = =

Chapitre 1

Wall Street trace la route pour Hitler

[...] La montée en puissance pour cette guerre européenne avant et
après 1933 fut en grande partie dûe à l’assistance financière de Wall
Street dans les années 1920 afin de créer un système de cartel allemand
et à une assistance technique de la part de firmes américaines
renommées, qui seront identifiées plus tard, afin de construire la
Wehrmacht allemande. Peut-on qualifier cette assistance financière et
technique des hommes d’affaires américains d’”accidentelle” ou de
“vision à courte vue” ? Les preuves présentées dans cet ouvrage
suggèrent fortement un certain degré de préméditation de la part de ces
financiers américains. Des plaidoiries similaires et inacceptables
furent également faites concernant “l’aide accidentelle” apportée par
les financiers et industriels américains dans l’exemple parallèle de la
construction de la puissance militaire de l’Union Soviétique à partir de
1917…

La contribution faite par les capitalistes américains au préparatifs
de guerre allemands avant 1940 ne peut seulement être décrite que comme
considérable. Par exemple en 1934, l’Allemagne ne produisait que 800 000
tonnes de carburant synthétique, le reste était importé. Et pourtant,
10 ans plus tard, durant la seconde guerre mondiale, après le transfert
des patentes d’hydrogénisation et de sa technologie par la Standard Oil
du New Jersey (NdT: qui appartenait aux Rockefeller…) à IG Farben
(utilisées pour produire de l’essence synthétique à partir du charbon),
l’Allemagne put produire 6 millions et demie de tonnes de pétrole
synthétique, dont 85% étaient du pétrole synthétique utilisant le
processus d’hydrogénisation de la Standard Oil[...]

1924 La plan Dawes

Le traité de Versailles après la fin de la 1ère guerre mondiale,
imposa des réparations très lourdes à l’Allemagne vaincue. Le poids
financier encouru, véritable cause du mécontentement allemand qui
contribua grandement à l’acceptation du nazisme, fut utilisé par les
banquiers internationaux pour leur propre profit. L’opportunité de
s’engager dans des prêts rentables aux cartels allemands aux Etats-Unis,
fut présenté dans le plan Dawes puis dans le plan Young. Ces deux plans
furent construits par les banquiers centraux (NdT: que l’on sait
aujourd’hui privés..) [...]

Les financiers et les politiciens fixèrent la dette de guerre
allemande à 132 milliards de Marks or par an. Ceci représentait en 1921,
environ un quart de la valeur des exportations allemandes. Quand
l’Allemagne fut incapable de payer plus avant cette lourde dette, la
France et la Belgique occupèrent la Ruhr afin de prendre par la force ce
qu’ils ne pouvaient obtenir de gré. En 1924, les alliés appointèrent un
comité de banquiers (dirigé par le banquier américain Charles G. Dawes)
afin de développer un programme de paiements de la dette de guerre. La
plan Dawes qui en résultat, d’après le professeur de relations
internationales de l’université de Georgetown Carroll Quigley, fut “très
largement un produit de la banque JP Morgan”. Le plan Dawes mit en
place une série de prêts étrangers pour un total de 800 millions avec
leurs dividendes partant en Allemagne. Ces prêts sont très importants
pour cette affaire, car les dividendes, réalisés pour la plus grande
part aux Etats-Unis par des investisseurs en dollars, furent utilisés
dans le milieu des années 1920 pour créer et consolider la fusion
gigantesque entre respectivement IG Farben et Vereinigte Stahlwerke, Ces
cartels non seulement aidèrent Hitler à prendre le pouvoir en 1933,
mais elles produisirent également le plus gros des matériels clé que
l’Allemagne utilisa durant la seconde guerre mondiale[...]

[...] En conséquence, le poids des réparations de guerre allemandes
aux alliés était en fait supporté par des souscriveurs étrangers aux
bons du trésor allemands, qui étaient émis par les maisons fnancières de
Wall Street, et ce en dégageant un profit non négligeable pour
elles-mêmes bien sûr. Il est important de noter ici, que ces firmes
financières étaient la propriété des mêmes financiers qui
occasionnellement enlevaient leur chapeau de banquier pour en mettre un
nouveau, celui d’ “hommes d’état”; et comme “hommes d’état”, ils
“formulaient” les plans Dawes ou Young pour “résoudre” les “problèmes”
de ces réparations de l’Allemagne. En tant que banquiers, ils créaient
les emprunts. Comme Carroll Quigley le fait remarquer:

“Il est à noter que ce système fut créé par les banquiers
internationaux et que le prêt à l’Allemagne de l’argent des autres leur
fut très lucratif.”

Qui étaient ces banquiers internationaux de New York qui formaient ces commisssions sur les réparations de l’Allemagne ?

Les experts américains du plan Dawes de 1924 furent le banquier
Charles Dawes et le représentant de Morgan Owen Young, qui était
également le président de la compagnie General Electric; quant à Dawes
il fut le président de comité des experts alliés en 1924. En 1929, ce
fut Young qui en devint président, soutenu par JP Morgan lui-même avec
comme second Y. W. Lamont, un associé de Morgan et T. N. Perkins un
autre banquier en association avec Morgan. En d’autres termes, la
délégation américaine était purement et simplement comme l’avait dit
Quigley, la délégation du banquier JP Morgan utilisant l’autorité et le
sceau des Etats-Unis pour promouvoir des plans financiers qui leur
seraient avantageux financièrement.

Quigley écrivit: “Les banquiers internationaux étaient assis au paradis, sous une pluie de dividendes et de commissions.”

Les membres allemands du comité des experts étaient également
intéressants. En 1924, Hjalmar Schacht était le président de la
Reichsbank et prit un rôle déterminant dans l’organisation de
l’application du plan Dawes. En 1928, un des représentant allemand était
A. Voegler du cartel de l’acier allemand Stahlwerke Vereinigte, en
bref, les deux pays importants impliqués, les Etats-Unis et l’Allemagne,
étaient représentés par les banquiers de la banque Morgan d’un côté et
par Schacht et Voegler de l’autre, tous furent des éléments clé de la
montée en puissance d’Hitler et du réarmement de l’Allemagne à venir
[...]

[...] 1928: Le plan Young

D’après les génies financiers d’Hitler, Hjalmar Horace Greeley
Schacht et l’industriel nazi Fritz Thyssen, ce fut le plan Young de 1928
(le successeur du plan Dawes), formulé par l’agent de la banque Morgan
Owen D. Young, qui amena Hitler au pouvoir en 1933[...]

[...] Le plan Young était un outil d’occupation financière de
l’Allemagne au moyen de capital américain et commettait les biens et
propriétés allemands à une hypothèque gigantesque dont les ficelles
étaient tenues par les Etats-Unis. Il faut ici noter que les entreprises
allemandes qui avaient des affiliations américaines échappaient au plan
par le fait de titres de propriété étrangers temporaires[...]

[...] Quoi qu’il en soit ce fut Schacht et non Owen Young, qui conçut
l’idée qui devînt plus tard la Bank for International Settlements (NdT:
La BIS, qui existe toujours aujourd’hui et est le QG des banques
centrales mondiales, cartel de banques et d’intérêts privés, qui siège à
Bâle en Suisse) [...]

La BIS, le cœur du système de contrôle

Ce jeu de coopération et d’idées entre Schacht en Allemagne et les
intérêts de JP Morgan de New York à travers son agent Owen Young,
n’était qu’une facette d’un système de coopération et d’alliance
international bien plus vaste afin de contrôler le monde. Comme il fut
décrit par Quigley, ce système “n’était rien d’autre que la création
d’un système de contrôle financier mondial, dans des mains privées,
capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie
mondiale dans son entièreté.”

Ce système féodal fonctionna dans les années 1920 et il continue de
fonctionner aujourd’hui (Ndt; en 1976 année de publication du livre,
mais aussi de nos jours en 2011…) par le truchement des banquiers
centraux privés de chaque pays, qui contrôlent la création de l’argent
pour chaque économie individuelle. Dans les annés 1920 et 1930, le
système de la réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la
Reichsbank allemande et la Banque de France influençaient plus ou moins
l’appareil politique de leur pays respectif de manière indirecte par le
contrôle de la création de la monnaie et de l’environnement
monétaire[...]

[...] Les politiciens utiles aux objectifs du capitalisme financier
et les académies qui fournissent les idées et l’idéologie pour un
contrôle mondial des banquiers internationaux, sont maintenus dans la
ligne de conduite par un système de récompenses et de pénalités. Au
début des années 1930, le véhicule principal pour ce système de contrôle
financier et politique international, ce que Quigley nommait: “le cœur
du système”, était la Bank for International Settlements de
Bâle. Le cœur du contrôle BIS continua à fonctionner durant toute la
seconde guerre mondiale comme le milieu par lequel les banquiers, qui
n’étaient pas en guerre les uns avec les autres, continuèrent à opérer
un échange d’idées pour leurs bénéfices mutuels, échange d’information
et planification du monde de l’après guerre. Comme il fut noté par un
écrivain, la guerre ne fît aucune différence pour les banquiers
internationaux[...]

[...] La construction des cartels allemands

Un exemple concret et pratique du comment la finance internationale
opère derrière la scène internationale pour bâtir et manipuler les
systèmes politico-économiques, est le système de cartel allemand.

Les trois plus gros prêts accordés par les banquiers internationaux
de Wall Street à des emprunteurs allemands dans les années 1920, le
furent, sous le plan Dawes, au bénéfice des trois cartels allemands qui
aidèrrent Hitler et les nazis quelques années plus tard a se hisser au
pouvoir. Les financiers américains étaient directement représentés dans
les conseils d’administration de ces cartels allemands. L’assistance
américaine aux cartels allemands a été décrite par James Martin de la
façon suivante: “Ces prêts pour la reconstruction devinrent un véhicule
d’arrangements qui fit plus pour promouvoir la seconde guerre mondiale,
que d’établir et d’assoir la paix après la première guerre mondiale.”

Les trois cartels dominants, les pourvoyeurs de fonds de Wall Street et les sommes empruntées furent comme suit:


  • A.E.G / General Electric Allemagne –> National City Bank –> 35 Millions de dollars
  • Vereinigte Stahlewerke / United Steel –> Dillon & Read —> 70,2 Millions de dollars
  • American IG Chemical / IG Farben –> National City–> 30 millions de dollars

En analysant la provenance des prêts, il s’avère que seulement
quelques institutions financières de New York aient financé la dette de
guerre allemande. Trois firmes: Dillon & Read, Harris, Forbes and co
et National City, ont fourni 75% des prêts accordés et en ont retiré
les profits. (cf tableau des investissements et des profits dans le
texte original) [...]

[...] Sous ce système de collaboration mutuelle et
d’inter-dépendance, les deux cartels IG Farben et Vereinigte Stahlwerke
produisirent 95% des explosifs allemands entre 1937 et 1938, à l’aube de
la seconde guerre mondiale. Cette production ne fut possible que grâce à
la capacité d’aide financière américaine et également par extension, de
la technologie américaine.

Brièvement, avec la production d’essence synthétique et d’explosifs
(deux des composants de base de la guerre moderne), le contrôle de la
capacité de guerre de l’Allemagne durant la seconde guerre mondiale
était dans les mains de deux conglomérats allemands qui furent crées par
les prêts de Wall Street sous le plan Dawes.

De plus, l’assistance américaine aux efforts de guerre nazis fut
étendue en d’autres domaines. Les deux plus grands producteurs de chars
d’assaut de l’Allemagne hitlérienne étaient Opel, une entreprise
totalement propriété de General Motors (contrôlé par la banque JP
Morgan) et Ford A.G, la succursale allemande de Ford, Detroit. Les nazis
donnèrent une exonération d’impôts à Opel en 1936, afin de permettre à
General Motors de développer les usines allemandes. General Motors
réinvestit de manière complaisante ses profits ainsi réalisés dans
l’industrie allemande. Henry Ford fut décoré par les nazis pour ses
services rendus.

Alcoa et Dow chimie travaillèrent en étroite collaboration avec
l’industrie nazie et transférèrent beaucoup de leur technologie. La
compagnie aéronautique Bendix, dont un des actionnaires principaux
étaient la General Motors de JP Morgan, suppléa Siemens & Halske A.G
en Allemagne avec des données de fabrication de pilotes automatiques et
d’instruments aéronautiques[...]

[...] En bref, les entreprises américaines associées avec le groupe
d’investissement international des Morgan-Rockefeller et non pas la
vaste majorité des industriels américains indépendants, étaient
intimement liées avec la croissance de l’industrie nazie.

Il est important de noter alors que nous développons plus avant cette
affaire, que General Motors, Ford, General Electric, DuPont et une
poignée d’entreprises intimement liées au développement de l’Allemagne
nazie, étaient, à l’exception de Ford Motor, contrôlées par l’élite de
Wall Street: la firme JP Morgan, La Chase Bank des Rockefeller et à un
degré moindre la banque Warburg Manhattan. Ce livre n’est pas une mise
en accusation de toute la finance et l’industrie américaines. C’est une
inculpation du “cœur”, de ces firmes qui sont contrôlées par la poignée
des maisons financières, du système de la réserve fédérale, de la BIS et
de leurs arrangements coopératifs internationaux continuels et de leurs
cartels qui tentent de contrôler le cours de la politique et de
l’économie du monde.

Chapitre 2

L’empire IG Farben

“Farben était Hitler et Hitler était Farben” (Sénateur Homer T. Bone au comité des affaires militaires du Sénat, le 4 Juin 1943)

A la veille de la seconde guerre mondiale, le complexe industriel
chimique d’IG Farben était la plus grosse industrie de production de
produits chimiques au monde, qui possédait un pouvoir politique et
économique énorme ainsi qu’une grosse influence au sein de l’état nazi.
IG Farben fut justement décrit comme étant “l’état dans l’état”.

Le cartel IG Farben date de 1925, lorsque le génie de l’organisation
Hermann Schmitz (avec l’assistance financière de Wall Street), créa un
super géant de l’industrie chimique à partir de six gánts allemands déjà
existant: Badische Anilin, Bayer, Agfa, Hoechst, Weiler-ter-Meer et
Griesheim-Elektron. Ces compagnies furent fusionnées pour créer
Internationale Gesellschaft Farbenindustrie A. G ou I.G Farben en court.

Vingt ans plus tard, le même Hermann Schmitz fut inculpé au procès de
Nüremberg pour les crimes commis par le cartel IG Farben. D’autres
directeurs et responsables d’IG furent traduits devant le tribunal mais
les affiliés américains d’IG Farben et les directeurs américains de la
firme IG elle-même, furent tranquillement oubliés; la vérité enterrée
dans les archives (NdT: que le professeur Sutton a recherchée et
analysée pour nous…).

C’est la connexion américaine de Wall Street qui nous intéresse. Sans
les capitaux fournis par Wall Street, il n’y aurait pas eu d’IG Farben
en première instance et très certainement pas d’Adolf Hitler et de
seconde guerre mondiale.

Les banquiers allemands du conseil superviseur de Farben (Farben
Aufsichsrat en allemand) et son comité directeur à la fin des années1929
incluait la banquier de Hambourg Max Warburg, dont le frère Paul
Warburg était le fondateur du système de la réserve fédérale aux
Etats-Unis. De manière non conïncidentelle, Paul Warburg était aussi
membre du comité directeur de la branche IG Farben Etats-Unis, qui était
une branche totalement la propriété de la maison mère IG[...]

[..] IG Farben est d’un intérêt péculier dans la formation de l’état
nazi parce que les directeurs de Farben ont matériellement aidé Hitler
et les nazis à arriver au pouvoir en 1933. Nous avons des preuves
photographiques (voir page 60) que IG Farben contribua de la somme de
400 000 Reichsmark au “fond occulte” d’Hitler. Ce fut ce fond secret qui
finança la saisie du pouvoir des nazis en Mars 1933. Bien des années
auparavant, farben avait obtenu des fonds de Wall Street pour la
cartélisation de 1925 et son expansion en Allemagne; puis 30 millions de
dollars obtenus pour la branche américaine d’IG en 1929 et il y avait
des de directeirs de Wall Street au comité directeur d’IG. Il faut noter
ici que ces fonds furent levés et les directeurs nommés avant qu’Hitler
ne fut promu dictateur de l’Allemagne.

Le pouvoir économique d’IG Farben

Des observateurs qualifiés ont débattu du fait que l’Allemagne
n’aurait pas pu entrer en guerre en 1939 sans IG Farben. Entre 1927 et
le début de la guerre, IG Farben doubla de taille, cette expansion fut
possible grâce à l’assistance technique américaine et par la création
des bons d’investissement, comme ceux ouverts pour 30 millions de
dollars par La National City Bank. En 1939, IG avait acquis une
participation et une influence gestionnaire dans quelques 380 autres
industries allemandes et dans 500 entreprises étrangères. L’empire IG
Farben possédait ses propres mines de charbon, ses propres centrales
électriques, ses propores hauts-fourneaux, banques, unités de recherche
et de nombreuses entreprises commerciales. Il y avait plus de 2000
accords de cartel entre IG et des entreprises étrangères, incluant la
Standard Oil du New Jersey (Rockefeller), DuPont, Alcoa, Dow chimique,
and d’autres aux Etats-Unis. L’histoire complète d’IG Farben et de ses
activités mondiales avant la seconde guerre mondiale ne seront jamais
totalement connues dans la mesure où des archives allemandes importantes
ont été détruites en 1945 en anticipation de la victoire alliée.

Néanmoins une enquête après la seconde guerre mondiale fut menée par
le département de guerre américain, elle se concluait ainsi:

“Sans les moyens énormes de production d’IG, ses recherches
intensives et ses vastes affiliations internationales, cela aurait été
impensable et impossible pour l’Allemagne de procéder à la guerre.
Farben n’a pas seulement dirigé ses énergies vers l’armement de
l’Allemagne, mais également se concentrait à affaiblir ses victimes
potentielles et cette double tentative d’expansion du potentiel
industriel allemand couplé avec la volonté de restreindre celui deu
reste du monde ne fut pas pensé et exécuté “de la manière affairiste la
plus banale”. La preuve est irréfutable que les officiels d’IG Farben
avaient la pleine connaissance du plan de conquête mondial de
l’Allemagne et de chaque acte spécifique d’agression qui fut lancé plus
tard.” [...]

[...] Le contrôle ultime de Farben sur l’économie de guerre
allemande, acquis dans les années 1920 et 1930 avec l’assistance de Wall
Street, peut être mieux évalué en examinant le pourcentage de matériel
de guerre produit par les usines de Farben en 1945. A cette époque,
Farben produisait 100% du caoutchouc synthétique, 95% des gaz mortels
allemands dont le tristement célèbre Zyklon B utilisé dans les camps de
déportation, 90% du plastique allemand, 88% de son magnésium, 84% des
explosifs en tout genre, 70% de la poudre à canon, 46% de l’essence à
haute octane pour l’aviation et 35% de tout le carburant synthétique
allemand[...]

[...] Malheureusement, quand nous recherchons les origines techniques
des plus importants de ces matériels militaires et de manière
différente du support financier d’Hitler, nous trouvons des liens avec
l’industrie américaine et avec des hommes d’affaire américains. Il y eut
de multiples arrangements entre Farben et les entreprises américaines,
incluant des arrangements de marketing du cartel, des arrangements de
patentes, des échanges techniques comme ceux par exemple des transferts
de technologie Standard Oil-Ethyl mentionnés plus haut. Ces arrangements
furent utilisés par IG Farben pour avancer la politique nazie à
l’étranger, pour collecter des informations stratégiques et pour
consolider un cartel chimique mondial.

Un des aspects les plus horribles du cartel IG Farben fut
l’invention, la production et la distribution du gaz Zyklon B utilisé
par les nazis dans les camps de concentration. Le Zyklon B était de
l’acide prussique pur (acide cyanhydrique), poison mortel fabriqué par
la branche IG Farben de Leverkusen et vendu par leurs bureaux de vente
Bayer et sous-traité par Degesh, un distributeur indépendant. Les ventes
de Zyklon B constituaient environ 75% du chiffre d’affaire de Degesh.
Suffisamment de gaz pour tuer 200 millions d’humains fut produit et
vendu par IG Farben. La rapport de la commission Kilgore de 1942 établit
clairement que les directeurs de IG Farben avaient une idée précise de
ce qu’étaient les camps de concentration et de l’utilisartion des
produits chimiques d’IG[...]

[...] Le bureau NW 7 de Berlin d’IG Farben était le centre
d’espionage et de documentation extérieure phare du régime nazi en ce
qui concerne l’étranger. Le bureau était dirigé par le directeur de
Farben Max Ilgner, neveu du président de la firme Hermann Schmitz. Les
deux hommes étaient tous deux membres du comité directeur de IG Farben
USA, avec leurs collègues de direction Henry Ford de Ford Motor, Paul
Warburg de la Manhattan Bank et de Charles Mitchell de la banque de la
réserve fédérale de New York…

Une des figures les plus connues de ces agents de renseignement du
bureau N.W 7 était le prince Bernhard de Hollande, qui rejoignit Farben
au début des années 1930, après avoir suivi un stage d’entraînement de
18 mois dans la SS dont il porta l’uniforme noir[...]

La branche américaine d’IG Farben

Qui étaient les financiers de Wall Street qui dirigeaient les
activités d’IG Farben USA, la succursale aux Etats-Unis qui faisait la
propagande nazie ?

Les directeurs d’IG Farben USA incluèrent quelques uns des membres
les plus en vue de Wall Street. Les intérêts économiques allemands
réentrèrent aux Etats-Unis après la 1ère guerre mondiale et de manière
probante, contournèrent les barrières faites pour conserver IG Farben en
dehors du marché américain.

D’après les sources du manuel d’investissement de l’agence Moody de
1930 (page 2149), voici la liste des directeurs d’IG Farben USA en 1930:


  • Carl Bosh, Allemand, associé à Ford Motor A.G (Allemagne)
  • Edsel Ford, Américain, de la Ford Motor de Detroit
  • Max Ilgner, Allemand, dirigea le bureau NW7 d’IG Farben (bureau de
    renseignement extérieur), reconnu coupable de crimes contre l’humanité
    au procès de Nüremberg
  • F. ter Meer, Allemand, reconnu coupable à Nüremberg
  • H.A. Metz, Américain, directeur à IG Farben Allemagne de la la Manhattan Bank (Warburg), USA
  • C.E. Mitchell, Américain, directeur de la banque de la réserve fédérale new yorkaise et de la National City Bank
  • Hermann Schmitz. Allemand, PDG IG Farben A.G, associé à la Deutsche
    Bank et à la BIS de Bâle, reconnu coupable de crimes de guerre à
    Nüremberg
  • Walter Teagle, Américain, directeur de la banque de la réserve
    fédérale de New York et de la Standard Oil New Jersey (Rockefeller)
  • W.H von Rath, Allemand naturalisé américain, directeur de la branche allemande de la General Electric USA (A.E.G)
  • Paul Warburg, Américain, premier membre de la réserve fédérale de New York et PDG de la Manhattan Bank
  • W.E. Weiss, Américain, associé à Sterling Products

[...] Nous pouvons ici faire quelques remarques circonstantielles sur ces faits.

Dans un premier temps, le comité directeur de la branche américaine
d’IG Farben comptait dans ses rangs pas moins de trois des directeurs de
la réserve fédérale de New York, la banque de la Fed la plus
influentielle de toutes les différentes branches de cette banque. IG USA
avait aussi des liens très étroits avec la Standard Oil du New Jersey
(Rockefeller), la compagnie Ford Motor, la banque de Manhattan (qui
deviendra plus tard la Chase Manhattan sous la coupe Rockefeller) et
d’AEG (la branche allemande de la General Electric).

Dans un second temps, trois membres de ce comité directeur d’IG
Farben USA furent reconnus coupables de crimes de guerre au procès de
Nüremberg. Ceux-ci furent les directeurs allemands et non pas les
américains. Parmi ces Allemands, il y avait Max Ilgner, directeur du
bureau NW7 d’IG à Berlin, l’agence de renesignement nazie d’avant guerre
(NdT: remplacé par l’Abwehr durant la guerre). Si les directeurs d’une
entreprise sont collectivement responsables des activités de cette
entreprise, alors les directeurs américains auraient également dû être
inculpés et jugés à Nüremberg, aux côtés des directeurs allemands, cela
bien entendu si le but du procès était bien de déterminer la
responsabilité et la culpabilité dans la guerre. Bien évidemment, si le
but du procès fut de détourner l’attention des implications américaines
dans la montée en puissance d’Hitler, ils ont alors été couronnés de
succès dans cette entreprise.

Chapitre 3

La General Electric finance Hitler

Le géant multinational General Electric a un rôle sans précédent dans
l’histoire du XXème siècle. General Electric électrifia l’Union
Soviétique dans les années 1920 et 1930 et réalisa pleinement pour les
soviétiques le motto de Lénine qui disait que “Socialisme =
électrification” [...]

[...] La compagnie General Electric profita énormément des affaires
faites avec la Russie bolchévique, du socilaisme d ela “nouvelle donne”
de F.D. Roosevelt et comme nous l’allons voir de l’Allemamgne
national-socialiste d’Hitler.

La General Electric dans l’Allemagne de la République de Weimar

Walter Rathenau fut, jusqu’à son assassinat en 1922, le directeur de
gestion de la Allgemeine Elekrizitats Gesellschaft (AEG), ou la branche
allemande de la General Electric américaine et tout comme ses
contre-parties américaines Owen Young et Gerard Swope, il était un
fervent avocat du socialisme corporatiste (industriel). Walter Rathenau
parlait en public de son opposition à la concurrence et à la libre
entreprise. Pourquoi ? Parce que Rathenau et Swope voulaient la
protection et la coopération de l’état pour leurs propres objectifs
affairistes et leurs profits (et bien sûr pas pour ceux des autres)… Il
pensait que le pouvoir de l’état devait être mis à la disposition des
entreprises privées pour leurs propres intérêts corporatistes, ce qui
est populairement connu sous le nom de national-socialisme[...]

[...] La cartélisation de l’industrie électrique allemande sous AEG
(tout comme celle des industries de l’acier et de la chimie que nous
avons vue dans les chapitres un et deux), fut rendue possible par ces
prêts venant de Wall Street:


  • Le 26 Janvier 1925: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 9 Décembre 1925: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 22 Mai 1928: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 7 Juin 1928: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 5 millions de dollars

Soit la somme de 35 millions de dollars en trois ans.

[...] Dès 1930, sans que la presse financière allemande ne soit au
courant, la General Electric avait gagné un monopole technologique
similaire à celui qu’elle avait en Allemagne sur l’industrie électrique
soviétique et allait essayer de pénétrer le dernier bastion allemand, en
particulier le groupe Siemens.

En Février, la General Electric se concentra sur ce qu’il restait à
conquérir le géant allemend Siemens & Halske et bien qu’elle put
obtenir un gros stock d’obligations émis pour la firme allemande par
Dillon & Read de New York, la General Electric ne fut pas capable de
rentrer dans la participation aux gains ni de mettre des directeurs au
comité directeur de Siemens… Siemens retînt son indépendance de General
Electric et cette indépendance est important pour la suite de notre
histoire…

Il n’y a aucune preuve que Siemens, soit par Siemens & Halske ou
par Siemens-Schukert, ait participé au financement d’Hitler. Siemens ne
contribua que petitement et indirectement par le truchement de son
capital dans la firme Osram. Par contre à la fois AEG et Osram
financèrent directement Hitler par le truchement de Nationale Treuhand
et ce de manière substantielle. Siemens retînt son indépendance au début
des années 1930, tandis qu’AEG et Osram passèrent sous contrôle
américain avec des directeurs américains.

Il n’y a aucune preuve que siemens, sans directeurs américains, ait
financé Hitler. Par contre, il y a des preuves irréfutables et bien
documentées qu’à la fois la Feneral Electric et Osram, toutes deux
dirigés par des directeurs américains, financèrent elles, Hitler[...]

[...] Ainsi dans les années 1930, alors qu’Hitler se préparait à
saisir un pouvoir dictatorial en Allemagne, soutenu par quelques
industriels américains (pas tous loin s’en faut), la branche allemande
de la General Electric AEG était une possession d’International General
Electric (environ 30%), de Gesellschaft für Electrische Unternemungen
(25%) et Ludwig Lowe (25%).

International General Electric avait aussi des intérêts à hauteur de
16,7 % dans Osram et une influence additionnelle directe dans d’autres
compagnies (NdT:voir la liste dans l’original en anglais) [...]

La General Electric et le financement d’Hitler

A partir de 1915, International General Electric, domiciliée au 120
Broadway dans la ville de New York, agit comme organisation
d’investissement étranger, de production et de vente pour la compagnie
General Electric. IGE avait des intérêts dans la production à l’étranger
incluant 25 à 30% de parts dans AEG, plus celles dans Osram GmbH
également à Berlin. Ces holdings donnèrent quatre directeurs à IGE pour
les mettre au comité directeur d’AEG ainsi qu’un autre directeur pour
Osram. AEG et Osram furent de gros contributeurs au financement d’Hitler
pour sa montée au pouvoir en 1933. Un bordereau de transfert bancaire
daté du 2 Mars 1933 provenant d’AEG à Delbruck Schiker & Co à
Berlin, requiert le versement de 60 000 Reichsmark sur le compte
Nationale Treuhand pour l’utilisation d’Hitler. Nous reproduisons ce
bordereau en page 56.

IG Farben était le plus important pourvoyeur de fonds domestiques
d’Hitler et comme nous l’avons vu par ailleurs, IG Farben contrôlait la
branche américaine d’IG, de plus plusieurs directeurs d’AEG figuraient
également au comité de direction d’IG Farben comme par exemple Hermann
Bucher, PDG d’AEG, était également au conseil d’administration d’IG
Farben, ainsi que les directeurs d’AEG Julius Flechtheim et Walter von
Rath. IG Farben contribua de 30% au fond de trust d’Hitler en 1933[...]

[...] En d’autres termes, pratiquement tous les directeurs allemands
de la branche allemande de la General Electric (AEG) étaient des
soutiens financiers d’Adolf Hitler et non seulement associés avec AEG
mais aussi avec d’autres compagnies soutenant Hitler financièrement…

[...] En 1932, les directeurs américains d’AEG étaient connectés de
manière étroite avec les cercles financiers et politiques américains
comme suit:


  • Gerard Swope: Président de la International General Electric et
    président de GE, directeur de la National City Bank, directeur d’AEG et
    d’Osram en Allemagne, un des auteurs de la “nouvelle donne” économique
    de Roosevelt et de nombreuses organisation rooseveltiennes
  • Owen Young: PDG de la GE et PDG adjoint de la banque de la réserve
    fédérale de New York, auteur avec JP Morgan du plan Young qui succéda au
    plan Dawes en 1929 (voir chapitre un)
  • Clark Minor: Président et directeur de la IGE, directeur de British
    Thomson Houston, de la Compania Generale di Electtricita (Italie) et de
    la Japan Electric Bond & Share company (Japon)

Coopération technique avec Krupp

[...] En bref, General Electric, avec la coopérartion d’un autre gros
supporteur d’Hitler, Krupp, obtinrent conjointement un monopole pour
General Electric sur le carbure de tungstène aux Etats-Unis (NdT:
utilisé pour les outils, machines outils et certaines teintures). Ainsi,
lorsque la seconde guerre mondiale débuta, General Electric eut un
monopole du produit à un prix convenu et établi de 450 US$ le demi-kilo,
presque dix fois le prix de 1928, son utilisation aux Etats-Unis fut
restreinte de manière correspondante.

AEG évite les bombes durant la seconde guerre mondiale

En 1939, l’industrie de l’équipement électrique allemande était
concentrée en quelques entreprises majeures liées a un cartel
international et par des participations au capital de deux entreprises
américaines très importantes. Ce complexe industriel ne fut jamais les
cibles primordiales pour les bombardements alliés durant la guerre. Les
usines AEG et ITT (International Telephone and Telegraph) ne furent
touchées qu’accidentellement et que très rarement dans des raids
aériens. Les usines d’équipement électrique qui furent bombardées furent
celles qui n’appartenaient pas au complexe industriel américain[...]

[...] Le fait que les usines d’AEG en Allemagne ne furent pas
bombardées durant la seconde guerre mondiale fut confirmé par le United
States Strategic Bombing Survey où officiaient des intellectuels comme
John Galbraith et des membres de Wall Street tels George Ball et Paul
Nitze. Leur rapport sur l’industrie de l’équipement électrique allemande
datée de Janvier 1947 conclut:

“L’industrie n’a jamais été attaquée comme cible désignée, mis à part
quelques usines comme Brown Beveri à Manheim, Bosch à Stuttgart et
Siemenstadt à Berlin, qui ont été sujettes à des raids de précision,
beaucoup d’autres furent touchées dans les raids de zone.” [...]

[...] En conclusion de ce chapitre, General Electric fut un financier
important d’Hitler et a bien profité de la production de guerre; malgré
tout cela, parvint à échapper aux bombardements alliés de la seconde
guerre mondiale. De manière évidente, cette histoire juste effleurée
ici, mérite une enquête bien plus approfondie… et officielle.


http://resistance71.wordpress.com/2011/10/19/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-montee-en-puissance-dhitler-professeur-antony-sutton-1ere-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:53

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 2ème partie.




Lire la 1 ère partie

Lire la 3ème partie

Lire la 4ème partie



= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =



Chapitre 4

La Standard Oil fournit le carburant pour la seconde guerre mondiale

“Dans deux ans, L’Allemagne fabriquera suffisamment de pétrole et
de gaz depuis le charbon pour pouvoir soutenir une longue guerre. La
Standard Oil de New York lui procure des millions de dollars en aide.”
(Rapport de l’attaché commercial de l’ambassade américaine de Berlin de
Janvier 1933 au département d’état à Washington D.C)


Le groupe de compagnies de la Standard Oil, dans lequel la famille
Rockefeller possède un quart des intérêts de contrôle, fut d’une
importance critique pour l’aide apportée à l’Allemagne nazie dans sa
préparation de la guerre. Cette assistance en préparation militaire vînt
à propos car les ressources insuffisantes de l’Allemagne en matière de
produits pétroliers, ne lui permettaient pas de pouvoir soutenir une
guerre mécanisée moderne; en 1934 par exemple, environ 85% des produits
finis à base de pétrole étaient importés. La solution adoptée par
l’Allemagne nazie fut de produire du pétrole et du carburant
synthétiques à partir de leur ressource importante de charbon. Ce fut le
processus d’hydrogénisation pour produire de l’essence synthétique et
les propriétés iso-octane dans cette essence qui permit à l’Allemagne de
conduire la guerre en 1940. Ce processus d’hydrogénisation a été
développé et financé par les laboratoires de la Standard Oil aux
Etats-Unis en partenariat avec IG Farben [...]

[...] De manière regrettable, les comités du congrès américain
n’explorèrent pas plus avant l’aspect évident de la collusion entre la
Standard Oil et IG Farben, à savoir qu’à cette époque, les directeurs de
la Standard Oil du New Jersey n’avaient pas seulement des affiliations
stratégiques de guerre avec IG Farben, mais avaient également d’autres
liens avec l’Allemagne hitlérienne, jusqu’à la contribution par
l’intermédiaire de compagnies sous-traitantes allemandes, au financement
personnel d’Heinrich Himmler et de membres affiliés au cercle des amis
de Himmler jusqu’aussi tard que 1944.

Pendant la seconde guerre mondiale, la Standard Oil du New Jersey fut
accusée de trahison pour ses alliances d’avant-guerre avec IG Farben,
alors même que ses activités continuelles au sein du cercle des amis
d’Himmler durant la guerre demeuraient inconnues. Les accusations de
trahison furent démenties véhémentement par la Standard Oil [...]

[...] En Avril 1929, Walter C. Teagle, président de la Standard Oil
du New Jersey, devint un des directeurs de la nouvellement formée IG
Farben USA, pas parce que Teagle était intéressé par l’industrie
chimique, mais parce que:

“Il a savouré ces dernières années des relation étroites avec
certaines branches du secteur de la recherche d’IG Farben Industrie,
recherches qui sont très liées avec l’industrie pétrolière.”

[...] En Novembre 1929, la nouvelle compagnie jointe Standard Farben
Research fut établie sous la gestion de la Standard Oil compagny of New
Jersey et toutes les recherches et patentes relevantes à la production
de pétrole depuis le charbon tenues conjointement par Standard et IG,
furent misent en commun…

La nouvelle compagnie Standard IG Company fut officiellement créée en
Décembre 1929. F. A. Howard en fut le président et ses directeurs
allemands et américains furent annoncés comme suit: E.M Clark, Walter
Duisberg, Peter Hurll, R.A Reidemann, H.G Seidel, Otto von Schenk et Guy
Wellman.

La majorité des parts étaient détenue par la Standard Oil…

Les résultats des recherches furent mis aux services d’IG Farben et
devinrent la base de développement du programme d’Hitler “pétrole pour
charbon” qui rendit possible la seconde guerre mondiale[...]

[...] En 1944, une note confidentielle d’IG Farben appellée le
“Farben memorandum”, répondit à une question clef: Qu’est-ce qu’ IG
Farben acquît alors de la Standard Oil qui fut “si vital pour conduire
la guerre” ? Le memo examine en détail les produits cités par Haslam
(NdT: étude citée pour la défense de la Standard Oil) comme par
exemples: l’iso-octane, le tuluol, l’oppanol-paratone and la buna et
démontre qu’au contraire de ce que déclarait publiquement la Standard
Oil, leur technologie provînt en grande partie des Etats-Unis et non
d’Allemagne [...]

Ethyl de plomb pour la Wehrmacht

Un autre exemple de l’assistance importante de la Standard Oil à
l’Allemagne nazie et ce en coopération avec la General Morors, furent
les livraisons d’ethyl de plomb. Ce fluide est un composant anti-choc à
la fois utilisé par les carburants de l’aviation et des engins au sol,
celui-ci permet d’éliminer les chocs et coups internes répétés dûs à la
combustion et ainsi permettant d’augmenter l’efficacité des moteurs,
sans ces composants anti-choc la guerre moderne mobile serait beaucoup
moins pratique…

Jusqu’en 1935, la fabrication de ces produits ne se faisait qu’aux
Etats-Unis. En 1935, Ethyl Fasoline Corporation (NdT: une entreprise
jointe de la Standard Oil et de la General Motors créée en 1924),
transferra son savoir-faire en Allemagne pour le programme de réarmement
nazi. Ce transfert de technologie fut fait malgré les protestations du
gouvernment américain [...]

[...] Les dossiers d’IG Farben saisis à la fin de la guerre
confirment l’importance de ce transfert technologique particulier au
profit de l’armée allemande:

“Depuis le début de la guerre nous avons pu produire du tétraethyl
parce que peu avant le début de la guerre, les Américains avaient établi
chez nous des usines toutes prêtes pour la production et nous ont
fourni toute l’expérience nécessaire. De cette façon, nous n’avons pas
eu à effectuer tout le lourd travail de recherche et de développement et
nous pûmes ainsi commencer directement la production sur la base du
transferts d’expérience que les Américains avaient accumulé depuis des
années.”

La Standard Oil du New Jersey et le caoutchouc synthétique

Le transfert de technologie de l’ethyl de plomb à l’Allemagne nazie
fut répété avec le caoutchouc synthétique. Il ne fait aucun doute que la
capacité de l’armée allemande à pouvoir conduire la guerre dépendait du
caoutchouc synthétique, tout comme de l’essence synthétique, simplement
parce que l’Allemagne n’avait pas de caoutchouc naturel et que la
guerre aurait été simplement impossible sans la capacité de Farben à
produire du caoutchouc synthétique. Farben avait un quasi monopole sur
la fabrication et le programme pour en fabriquer les vastes quantités
nécessaires étaient totalement financé par le Reich [...]

[...] En conséquence, l’assistance de la Standard Oil à l’Allemagne
nazie ne fut pas limitée au pétrole depuis le charbon, bien que ceci fut
de fait lew transferts de technologie le plus important; non seulement
le processus technique de fabrication de tétraethyl fut transféré à IG
Farben et une usine fabriquée en Allemagne même, en co-propriété IG
Farben, Standard Oil et General Motors, mais également aussi tard qu’en
1939, la branche allemande de la Standard fît une usine pour la
production du carburant synthétique pour l’aviation. Du tétraethyl fut
exporté en urgence depuis les Etats-Unis pour la Wehrmacht et une
assistance majeure fut donnée pour la fabrication du caoutchouc butyl,
tout en maintenant secret aux Etats-Unis le processus d’IG Farben pour
le buna, agent de fabrication du caoutchouc synthétique.

En d’autres termes, La Standard Oil du New Jersey, d’abord sous son
président W.C. Teagle puis sous son président W.S. Farish, aida
continuellement la machine de guerre nazie tout en refusant d’aider les
Etats-Unis.

Cette séquence d’évènement ne fut pas un accident. Le président
Farish argumenta que ne pas avoir donné cette assistance technique à la
Wehrmacht “aurait été injustifié”. L’assistance était faite en
connaissance de cause, s’est produite sur plus d’une décennie et fut si
substantielle que sans elle l’armée allemande n’aurait pas pu entrer en
guerre en 1939.

La Deutsche Amerikanische Petroleum A.G (DAPAG)

La succursale de la Standard Oil en Allemagne la Deutsche
Amerikanische Petroleum A.G (DAPAG) était propriété a 94% de la Standard
Oil du New Jersey. La DAPAG avait des bureaux à travers l’Allemagne,
une rafinerie à Brême et son QG à Hambourg. Par la DAPAG, la Standard
Oil était présente dans les cercles intimes du nazisme, dans le cercle
Keppler et le cercle des amis d’Himmler. Un des directeurs de la DAPAG
était Karl Lindemann, également président de la chambre de commerce en
Allemagne et directeur de plusieurs banques incluant la banque de
Dresde, la Deutsche Reichsbank et de la firme supportrice des nazis la
banque C. Melchior… Lindemann fut un membre du cercle Keppler jusqu’en
1944 et fut un représentnat de la Standard Oil au cœur même du nazisme.

Ainsi la Standard Oil avait deux de ses membres au sein du cercle
Keppler. Les paiements au cercle de la compagnie subsidiaire de la
Standard Oil continuèrent jusqu’en 1944, c’est à dire un an avant la fin
de la guerre.

Chapitre 5

International Telephone and Telegraph (ITT) travaille pour les deux côtés de la belligérance

“Bien que les avions Folcke-Wolfe d’ITT bombardaient les navires
alliés et que les lignes d’ITT passaient des informations aux
sous-marins allemands, les traceurs de direction d’ITT sauvaient
d’autres navires des torpilles.” (Anthony Sampson, the Sovereign State
of ITT, New York, Stein & Day, 1973, p.40)


La compagnie multinationale International Telephone and Telegraph
(ITT) fut fondée en 1920 par l’entrepreneur des Iles Vierges Sosthenes
Behn. Durant toute sa vie, il fut le modèle de l’homme d’affaire
politisé, faisant des profits et bâtissant l’empire ITT plus par des
manœuvres politiques que par sa supériorité dans la concurrence du
marché. En 1923, par sa dextérité politique, il acquît le monopole de la
téléphonie espagnol, Compania Telefonica de Espana. En 1924, soutenu
dès lors par JP Morgan, acheta ce qui devint plus tard International
Standard Electric, un groupe de construction de centrales électriques à
travers le monde.

Le comité directeur d’ITT reflétait les intérêts de la maison JP
Morgan avec les associés de Morgan, Arthur Anderson et Russell
Leffingwell [...]

[...] En 1930, Behn acheta la holding allemande Standard
Elekrizistäts A.G, contrôlée à 62% des actionnaires votant par ITT, AEG
avec 81% des actionnaires votant et Felton et Guilleuame, 6% des
actionnaires votant [...]

Le baron Kurt von Schroder et ITT

Il n’y a aucune trace qu’ITT fît des versements directs à Hitler
avant sa prose de pouvoir en 1933. Par contre, un certain nombre de
versements furent faits à Himmler à la fin des années 1930 et durant la
seconde guerre mondiale, et ce par les succursales allemandes d’ITT. La
première entre Hitler et les responsables d’ITT fut reportée, aussi loin
que nous sachions, en Août 1933, lorsque Sosthenes Behn et le
représentant allemand d’ITT Henry Manne, rencontrèrent Hitler à
Berchtesgaden. Suivant ce meeting, Behn prît contact avec le cercle
Keppler (voir chapitre 9) et par son influence, la baron nazi Kurt von
Schröder devînt le gardien et garant des intérêts d’ITT en Allemagne.
Schröder devînt le canal de financement par lequel l’argent d’ITT
parvenant à Himmler et son organisation SS jusqu’en 1944, alors que la
guerre se déroulait et que les Etats-Unis étaient en guerre avec
l’Allemagne.

Par l’intermédiare de Schröder, Behn et ITT eurent accès aux profits
de l’industrie de l’armement allemande et acheta des parts
subastantielles dans ces entreprises d’armement incluant la compagnie
aéronautique Focke-Wolfe…

[...] Le réinvestissement des profits dans l’industrie de l’armement
allemande suggère que la déclaration de Wall Street qu’elle était
innocente de fautes de collaboration dans le réarmement allemand, et
qu’elle ne connaissait en fait pas les intentions d’Hitler, n’est qu’une
fraude. De manière spécifique, l’achat substantiel de parts dans
l’industrie Focke-Wolfe par ITT veut dire, comme l’a très bien dit
Anthony Sampson, qu’ITT produisait en fait des avions qui étaient
utilisés pour tuer des Américains et leurs alliés, et qu’ITT fît de
surcroi d’excellents bénéfices de cette entreprise.

Avec Kurt von Schröder, ITT avait accès au cœur même de l’élite nazie
au pouvoir. Qui était-il ?… Né en 1889 dans une vieille famille de la
finance allemande; un membre de la famille émigra plus tôt en Angleterre
et changea son nom en Schroder et créa l’institution financière J.
Henry Schroder à Londres et la J. Henry Schroder Banking Corporation à
New York. Kurt von Schröder fut aussi un associé de la banque privée de
Cologne, J.H Stein & Company…

Immédiatement après la prise de pouvoir d’Hitler en 1933, Kurt von
Schröder devint le représentant de la BIS, que Quigley appelle le cœur
du système de contrôle international, ainsi que chef d’un groupe de
banquiers privés qui conseillait la Reichsbank. Heirich Himmler nomma
Schröder comme chef de groupe SS [...]

[...] Vers le milieu des années 1930, un autre lien fut forgé entre
Wall Street et Schröder, cette fois-ci au travers des Rockefeller. En
1936, les affaires de sous-traitances de la J. Henry Schroder Banking de
New York furent fusionnées dans une nouvelle firme d’investissement la
Schroder, Rockefeller & Co, Inc sise au 48 Wall Street. Carrlton P.
Fuller de la Schroder Bank Corp. devint le président et Avery
Rockefeller, fils de Percy Rockefeller (frère de John D. Rockefeller) en
devint le vice-président et directeur de la nouvelle firme.

Westrick, Texaco et ITT

ITT avait un autre contact sûr au sein de l’Allemagne nazie en la
personne de l’avocat Dr. Gerhard Westrick. Westrick était un des membres
d’un groupe sélectionné d’Allemands qui avaient espionné pour le compte
de l’Allemagne aux Etats-Unis durant la première guerre mondiale. Ce
groupe comprenait non seulement Kurt von Schröder et Westrick, mais
aussi Franz von Papen, que nous reverrons en compagnie de James Paul
Warburg de la banque de Manhattan dans le chapitre 10 et du Dr. Heinrich
Albert. Celui-ci, ancien attaché commercial de l’Allemagne pendant le
première guerre mondiale, était en fait le responsable du financement du
programme d’espionnage de von Papen…

Juste avant la seconde guerre mondiale, l’opération d’espionnage
Albert-Papen et Westrick aux Etats-Unis commença à se répéter, mais
cette fois-ci, les autorités américaines furent plus alertes. Westrick
revînt aux Etats-Unis en 1940 avec la couverture d’attaché commercial,
mais était en fait le représentant personnel de von Ribbentrop (NdT:
ministre des affaires étrangères de l’Allemagne nazie de 1938 à 1945,
fut reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à mort au
procès de Nüremberg, exécuté en 1946) [...]

[...] Parmi les contrats négociés par Westrick, il y avait un contrat
pour que Texas Oil Company (Texaco) fournisse du pétrole à la marine
allemande, chose qu’il arrangea avec Torkild Rieber, chairman du comité
directeur de Texaco.

En 1940, Rieber négocia un contrat de livraison de pétrole avec
Hermann Goering, et Westrick aux Etats-Unis travaillait pour la Texaco.
Sa voiture fut achetée avec l’argent de Texaco, et le formulaire de
demande de permis de conduire de Westrick donnait l’adresse de Texaco
comme son adresse de travail. Ces activités apparurent au grand jour le
12 Août 1940. Rieber dût démissioner de Texaco et Westrick retourna en
Allemagne.

Deux ans plus tard, Rieber devînt le président des chantiers navals
de Caroline du Sud et un des directeurs de la compagnie Barber Asphalt
Corporation and Seaboard Oil Company de l’Ohio.

ITT dans l’Allemagne en guerre

[...] En bref, durant la seconde guerre mondiale, la firme américaine
ITT faisait des transferts de fonds au chef de la SS Heinrich Himmler.
Ces paiements permettaient à ITT de pouvoir protéger son investissement
dans l’industrie Focke-Wolfe, une entreprise aéronautique qui fabriquait
des avions de combat qui étaient utilisés contre les Etats-Unis.

L’interrogatoire de Kurt von Schröder le 19 Novembre 1945 démontre la
nature délibérée de la proche et fructifiante relation entre Sosthenes
Behn d’ITT, Westrick, Schröder et la machine de guerre nazie durant la
seconde guerre mondiale et que ceci était surtout une relation délibérée
et en toute connaissance de cause. (NdT: suit ici dans le livre un extrait de l’interrogatoire de Kurt von Schröder) [...]

[...] C’est cette histoire de la coopération d’ITT et de l’Allemagne
nazie pendant la seconde guerre mondiale et l’association d’ITT avec
Kurt von Schröder, qu’ITT voulait cacher; elle y parvînt presque.

Chapitre 6

Henry Ford et les Nazis

Dans une interview avec le New York Times en 1938, Ford déclara:

“Quelqu’un a dit un jour que soixante familles ont présidé au destin
de la nation. On pourrait bien dire que si quelqu’un voulait bien
focaliser les lumières de la rampe sur les vingt-cinq personnes qui
s’occupent des finances de la nation, nous mettrions en exergue les
véritables faiseurs de guerres du monde.” [...]

[...] Ce fut Henry Ford qui dans les années 1930 construisît la toute
première usine moderne automobile en URSS, localisée à Gorki et qui
produisît dans les années 50 et 60 les camions utilisés par les
nord-vietnamiens pour transporter leurs armes et munitions à utiliser
contre les Américains. Au même moment, Ford était également le soutien
le plus célèbre d’Adolf Hitler; il fut récompensé dans les années 1930
de la plus haute distinction de l’ordre nazi pour un étranger, pour son
long et indéfectible soutien [...]

Henry Ford premier soutien étranger d’Hitler

Le 20 Décembre 1922, le New York Times rapporta que le manufacturier
automobile Henry Ford finançait les mouvements nationalistes et
antisémites d’Adolf Hitler à Munich… Le portrait d’Henry Ford était
disposé sur les murs du bureau personnel d’Hitler[...]

[...] Le financement de Ford fut utilisé par Hitler pour fomenter la
rebellion bavaroise. Celle-ci échoua et Hitler fut capturé [...]

[...] Hitler fut condamné à une peine mineure de prison qu’il mît à
profit pour rédiger son livre “Mein Kampf”. Le livre d’Henry Ford “Le
juif international”, fut auparavant circulé par les nazis, qui le firent
traduire dans une douzaine de langues; Hitler utilisa des sections
complètes verbatim de ce livre pour écrire “Mein Kampf”.

Nous verrons plus tard que le soutien d’Hitler dans les années 1920
et 1930 venait plus des cartels industriels de la chimie, de l’acier et
de l’électricité que d’industriels. En 1928, Ford fusionna ses biens
allemands avec le cartel chimique d’IG Farben… Simultanément aux
Etats-Unis Edsel Ford rejoignît le comité de direction d’IG Farben USA.

Henry Ford est décoré par les Nazis

En Août 1938, Henry Ford dut décoré de l’ordre de la grande croix de
l’aigle allemand, une décoration nazie pour leurs soutiens étrangers
distingués[...]

La compagnie Ford Motors assiste l’effort de guerre allemand

Un sous-comité du congrès enquêtant après la guerre sur le soutien
américain à l’effort de guerre nazi, décrivit la manière par laquelle
les nazis réussirent à obtenir l’assistance financière et technique des
Etats-Unis comme étant “assez fantastique” [...]

[...] D’après les preuves présentées à ce comité, Ford-Werke A.G fut
techniquement transformée en compagnie allemande dans les années 1930.
Tous les véhicules et leurs pièces de rechange furent produits en
Allemagne, par des ouvriers allemands utilisant du matérial allemand,
sous une direction alemande et étaient exportés dans les territoires
européens et outre-mer aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Toutes les
matières premières, caoutchouc et métaux non-ferreux, furent obtenus par
la compagnie Ford. L’influence américaine fut plus ou moins convertie
en une position de soutien logistique (hilfsstellung) pour les usines
allemandes de Ford[...]

[...] Bien qu’il existe des preuves que que les usines européennes
propriétés de partis intéressés de Wall Street ne furent pas bombardés
par l’US Air Force dans la seconde guerre mondiale, cette restriction
n’atteignît apparemment par le commandement britannique. En Mars 1942,
la RAF bombarda l’usine Ford de Poissy en France. Dans une lettre qui
suivit le raid de la RAF, Edsel Ford commenta à son gérant en chef
Sorenson: “des photos du l’usine en feu ont été publiées dans des
journaux américains, mais fort heureusement aucune référence ne fut
faite concernant la compagnie Ford Motor.”

Quoi qu’il en soit, le gouvernement de Vichy paya 38 millions de
francs à Ford en compensation des dégâts infligés à l’usine de Poissy.
Ceci ne fut pas rapporté dans la presse américaine et n’aurait pas du
tout été apprécié par les Américians en guerre avec le nazisme [...]

[...] En bref, il y a des preuves documentées que Ford Motor Company
travailla pour les deux cotes de la belligerance durant la seconde
guerre mondiale. Si les industriels nazis qui furent traduits en justice
au procès de Nüremberg étaient coupables de crimes de guerre et de
crimes contre l’humanité, alors il en va de même avec leurs
collaborateurs dans la famille Ford, Henry et Edsel Ford. Mais
l’histoire de Ford fut cachée par Washington, comme tout ce qui du reste
aurait pu porter préjudice au nom et à la réputation de l’élite
financière de Wall Street.

Chapitre 7

Qui finança Adolf Hitler ?

[...] Le financement d’Hitler et du mouvement nazi se doit toujours d’être exploré de manière plus exhaustive.

Quelques soutiens d’Hitler de la première heure

Nous savons pour sûr que d’importants industriels européens et
américains finançaient tous les groupes totalitaires de cette époque,
que ce soit les communistes ou les groupes fascistes et nazis. Le comité
américain Kilgore enregistra:

“Dès 1919, Krupp donnait déjà un soutien financier à un des groupes
politiques réactionnaires, qui semèrent les graines de l’idéologie nazie
présente. Hugo Stinnes était un contributeur financier de la première
heure du parti NSDAP (National Socialistische Deutsche Arbeiter Partei
ou nazi en abrégé). Dès 1924, d’autres industriels et financiers
importants comme Fritz Thyssen, Albert Voegler, Aldolph Kirdorf et Kurt
von Schröder, donnaient secrètement des fonds aux Nazis. En 1931 les
membres de l’association des propriétaires de mines de charbon dont
Kirdorf était le directeur, s’engagèrent à payer 50 pfennigs sur chaque
tonne de charbon vendue; les fonds ainsi collectés allaient à
l’organisation qu’Hitler était en train de construire.”

Le procès d’Hitler à Munich en 1924 donne les preuves que la parti
nazi reçut l’équivalent de 20 000 dollar US de la part d’industriels de
Nüremberg. Le nom le plus intéressant à noter dans cette ériode est
celui d’Emil Kirdorf, qui fut auparavant l’homme par qui fut permis le
financement allemand de la révolution bolchévique en Russie [...]

[...] Au début des années 1930, l’assistance financière à Hitler
commença à être plus fluide et régulière. Il y eut une série de réunions
en Allemagne, documentés de manière irréfutable par plusieurs sources,
réunions entre des industriels, Hitler et plus souvent des représentants
d’Hitler comme Hjalmar Schacht et Rudolf Hess. Le point critique est
que les industriels allemands qui finançaient Hitler étaient de manière
prédominante, des directeurs de cartels avec des associations, avaient
des titres de propriété, des participations ou certaines formes de
sous-traitances avec des firmes américaines. Les soutiens financiers
d’Hitler n’étaient pas loin s’en faut, des entreprises d’origine
purement allemande ou représentant des familles du monde des affaires
allemand. Mis à part Thyssen et Kirdorff, il y avait dans la plupart des
cas des entreprises allemandes multinationales, comme par exemple IG
Farben, AEG, DAPAG, etc; qui avaient été construites avec des prêts
américains dans les années 1920 et qui dans les années 1930, avaient des
directeurs américains et une participation financière américaine très
importante [...]

[...] De manière similaire en France (le 11 Janvier 1932), Paul
Faure, ancien député, accusa l’entreprise industrielle française
Schneider-Creuzot de financement d’Hitler et impliqua Wall Street de
manière incidentelle dans d’autres réseaux de financement [...]

[...] L’usine Skoda de Pilsen, dit alors Faure, était contrôlée par
la famille française Schneider et ce furent les directeurs de Skoda Von
Duschnitz et von Arthaber qui firent les versements à Hitler, Faure
conclut:

“.. Je suis dérangé en constatant que les directeurs de Skoda,
contrôlée par Schneider, soutient la campagne électorale de Mr Hitler;
je suis dérangé de voir vos entreprises, vos financiers, vos cartels
industriels s’unir avec le plus nationaliste des Allemands…”

La compagnie Fritz Thyssen et W.A. Harriman de New York

Un autre cas élusif est celui du financement rapporté d’Hitler par
Fritz Thyssen, le magnat de l’acier allemand, qui s’associa avec le
nazisme au début des années 1920.

Interrogé en 1945 dans le cadre du projet Dustbin (Ndt: “dustbin” =
ramasse poussière), Thyssen se rappelle qu’il fut approché par le
général Lüdendorf en 1923, au moment de l’occupation française de la
Ruhr. Peu de temps après cette réunion, Thyssen fut introduit auprès
d’Hitler et débloqua des fonds pour les nazis qui furent attribués par
le truchement du général Lüdendorf. En 1930-31, ce fut Emil Kirdorff qui
approcha Thyssen et qui envoya Rudolph Hess pour négocier plus de fonds
pour le parti nazi. Cette fois, Thyssen arrangea un crédit de 250 000
Reichsmark à la banque Voor Handel en Scheepvaart N.V de Rotterdam en
Hollande, banque qui fut fondée en 1918. Cette banque était une
sucursale de la banque August Thyssen d’Allemagne, connue auparavant
sous le nom de: Banque von der Heydt A.G. C’était l’institution
banquière personnelle de Thyssen et elle était affiliée avec les
intérêts financiers de W.A. Harriman de New York [...]

[..] Les associés américains de Thyssen étaient bien sûr des membres
importants de l’establishment financier de Wall Street. Edward Henry
Harriman, la magnat des chemins de fer du XIXème siècle, avait deux
fils: W. Averell Harriman (né en 1891) et E. Roland Harriman (néen
1895). En 1917, W. Averell Harriman était un des directeurs de la
Guaranty Trust Company et fut impliqué dans la révolution bolchévique
[...]

[...] Le financier nazi Hendrik Josef Kouwenhoven, un co-directeur
avec Roland Harriman de l’Union Banking Corporation de New York, était
le managing director de la banque Voor handel en Scheepvaart N.V (BHS)
de Rotterdam. En 1940, la BHS tenait a peu près 2,2 millions de dollars
dans l’Union banking Corporation, qui en retour faisait la plupart de
ses affaires avec la BHS. Dans les années 1930, Kouwenhoven était aussi
le directeur du Vereinigte Stahlwerke AG, le cartel de l’acier fondé
avec les fonds de Wall Street dans les années 1920. Tout comme le baron
von Schröder, il était un grand supporteur d’Hitler…

[...] Cette affiliation entre les intérêts d’affaires mutuelles
d’Harriman et de Thyssen ne suggèrent pas qu’Harriman finança
directement Hitler. Par contre, elle montre que les Harriman étaient
intimement liés avec des nazis importants tels Kouwenhoven, Groeninger
et une banque façade du financement nazi, la banque voor Handel en
Scheepvaart de Rotterdam. Il y a toutes les raisons de penser que les
Harriman connaissaient le soutien de Thyssen pour les nazis. Dans le cas
des Harriman, il est important de toujours garder à l’esprit leur
relation intime et de longue durée avec l’URSS et la position des
Harriman au centre de la politique de la Nouvelle Donne de Roosevelt et
du parti démocrare américain. L’évidence suggère que quelques membres de
l’élite de Wall Street sont connectés avec et ont certainement eut une
influence avec tous les groupements politiques significatifs de monde
contemporain s’impliquants dans le vaste spectre de l’idée socialiste,
que ce fut le socialisme soviétique, la national socialisme hitlérien
ainsi que le socialisme du new deal rooseveltien.

Le financement d’Hitler pour l’élection de Mars 1933

En Mai 1932 se tînt “la réunion Kaiserhof” entre Schmitz d’IG Farben,
Max Ilgner d’IG Farben USA, Kiep d’Hamburg America Line et Diem du
trust allemand Potash Trust. Plus de 500 000 Reichsmark furent collectés
à cette réunion et déposés à La Deutsche Bank sur le compte de Rudolf
Hess. Il convient ici de noter, à la lumièrre du “mythe Warburg” décrit
dans le chapitre 10, que Max Ilgner d’IG Farben USA contribua de 100 000
reichsmarks, soit 20% du total de la somme collectée…

Il existe des preuves documentées irréfutables d’un rôle encore plus
prominent des banquiers internationaux et des industriels dans le
financement du parti nazi et du Volkspartei pour l’élection allemande de
Mars 1933. Au total, 3 millions de Reichsmarks furent contribués par
d’importants hommes d’affaire et entreprises, fonds “lavés” de manière
utile au travers d’un compte à la banque Delbrück Schickler pour ensuite
passer entre les mains de Rudolf Hess pour l’utilisation par Hitler et
le NSDAP. Ce transfert de fonds fut suivi par l’incendie du Reichstag,
l’abrogation des droits constitutionnels et la consolidation du pouvoir
nazi. L’accès au Reichstag par les criminels s’opéra par un tunnel
depuis une maison où restait Putzi Hanfstaengel; cet incendie fut
utilisé par Hitler comme un prétexte pour abolir les droits
constitutionnels. Ainsi, dans les semaines qui suivirent le gros
financement d’Hitler, il y eut une chaîne d’évènements majeurs: le
financement substantiel venant de banquiers et d’industriels importants
pour l’élection de 1933, l’incendie du Reichstag, l’abolition des droits
constitutionnels et la saisie du pouvoir par le parti nazi.

La réunion de levée de fonds fut organisée le 20 Février 1933 dans la
maison de Goering, qui était alors le président du Reichstag, avec
Hjalmar Horace Greeley Schacht agissant comme l’hôte officiel. D’après
le témoignage de von Schnitzler d’IG Farben, il y avait présent à la
réunion: Krupp von Bohlen qui était en 1933 le président de la
Reichsverband der Deutschen Industrie Reich, association de l’industrie
allemande, le Dr. Albert Voegler de Vereinigte Sthalwerke, von
Loewenfeld, Dr. Stein, patron de la Gewerkschaft Auguste-Victoria, une
mine qui appartien à IG Farben [...]

[...] Après qu’Hitler eut parlé, Krupp von Bohlen exprima
concrètement le soutien des banquiers et des industriels rassemblés sous
la forme d’une donation de 3 millions de RM pour le financement
politique de la campagne. Cela s’avéra même être de trop pour s’emparer
du pouvoir puisque 600 000 RM demeurèrent après les élections [...]

[...] Brièvement, 45% de la totalité des fonds de la campagne
électorale de 1933 provinrent d’IG Farben. Si nous regardons qui étaient
les directeurs d’IG Farben USA, la sucursale américaine d’IG Farben,
nous touchons très près de la racine de l’implication de Wall Street
avec Hitler. Le comité de direction d’IG Farben USA à cette époque avait
à bord quelques uns des plus beaux fleurons des industriels américains
tels Edsel Ford de Ford Motors, C.E. Mitchell de la banque de la réserve
fédérale de New York et Walter Teagle, directeur de la banque de la
réserve fédérale de New York, de la Standard Oil du New Jersey (NdT: à
dominante Rockefeller) et président de la fondation Franklin D.
Roosevelt Georgia Warm Springs.

Paul M Warburg, le premier directeur de la banque de la réserve
fédérale de New York et PDG de la banque de Manhattan, était un
directeur de Farben et en Allemagne, son frère Max Warburg était aussi
un directeur d’IG Farben. H.A. Metz d’IG Farben était aussi un des
directeurs de la banque Warburg de Manhattan et finalement, Carl Bosch
d’IG Farben USA était aussi un des directeurs de Ford Motor Company AG
en Allemagne.

Trois membres du comité directeur d’IG Farben USA furent jugés
coupables au procès de Nüremberg: Max Ilgner, F. Ter Meer er Hermann
Schmitz. Comme nous l’avons déjà noté, les membres américains, Edsel
Ford, C.E. Mitchell, Walter Teagle et Paul Warburg , ne furent pas
inculpés ni déférés devant le tribunal et aussi loin que les archives
soient concernées, il apparaît qu’ils ne furent même pas questionnés sur
leur connaissance de la provenance des fonds de la campagne électorale
d’Hitler.

Les contributions politiques de 1933

Qui sont donc les industriels et les banquiers qui mirent des fonds
de campagne à a disposition des nazis en 1933 ? La liste des
contributeurs et la somme de leur contribution est comme suit:

Contributions financières à Hitler: 23 Février au 13 Mars 1933

(Le compte de Hjalmar Schacht de la banque Delbruck-Schickler)


  • Verein für die Bergbaulichen Interessen (directeur: Kirdorf) => 600 000 US$
  • IG Farbenindustrie (directeurs: Edsel Ford, C.E. Mitchell, Walter Teagle et Paul Warburg) => 400 000 US$
  • Automobile Exhibition, Berlin => 100 000 US$
  • AEG, General Electric Allemagne (directeurs: Gerard Swope, Owen Young, CH Minor et Arthur Baldwin) => 50 000 US$
  • Osram GmbH (directeur: Owen Young) => 40 000 US$
  • Telefunken Gesellschaft => 85 000 US$
  • Accumulatoren-Fabrik AG (sucursale AEG) => 25 000 US$
  • Total reçu de l’industrie: 1 310 000 US$

Plus les contributions politiques d’hommes d’affaires privés:


  • Karl Hermann => 300 000 US$
  • Directeur A. Steinke de BUBI AG) => 200 000 US$
  • Directeur Karl Lange de l’industrie de la machinerie industrielle => 50 000 US$
  • Dr. F. Springorum, PDG de la Eisen-und Sthalwerke Hoeasch AG) => 36 000 US$
  • Total des fonds individuels privés: 586 000 US$

Comment pouvons-nous prouver que ces versements ont bien eu lieu ?

Les versements de fonds pour la dernière étape du chemin de Hitler
vers le pouvoir et la dictature nazie furent effectués par le biais de
la banque privée Delbruck-Schickler. Cette banwue était une sucursale de
la Metallgesellschaft AG (“Metall”), un g´ánt industriel, la plus
grosse entreprise de métaux non-ferreux d’Allemagne et l’influence
dominante mondiale dans le commerce des métaux non-ferreux. Les
principaux actionnaires de “Metall” étaient IG Farben et la British
Metal Corporation. Notons au passage que les directeurs britanniques de
“Metall” Aufsichsrat étaient Walter Gardner (Amalgamated Metal
Corporation) et le capitaine Oliver Lyttelton (aussi dans le comité
directeur d’Amalgamated Metal et paradoxalement plus tard durant la
seconde guerre mondiale, devint le ministre britannique de la
production).

Les bordereaux bancaires de transfert de fonds existent dans les
archives du procès de Nüremberg, transferts émanant de la branche
bancaire d’IG Farben et des autres firmes citées, à la banque
Delbruck-Schickler de Berlin, informant la banque du transfert de fonds
de la Dresdner Bank et d’autres banques sur leur compte de la Nationale
Treuhand (trust national). Ce compte fut débité par Rudolf Hess pour les
dépenses du parti nazi durant les élections. (NdT:
suit la traduction d’un des bordereaux de transfert du département
financier d’IG Farben, daté du 27 février 1933 et à destination de la
banque Delbruck Schickler).

A ce point de l’analyse nous devons prendre note sur les efforts qui
ont été faits pour diriger notre attention ailleurs que sur les
financiers américains (et les financiers allemands connectés avec des
entreprises affiliées américaines) et qui étaient impliqués dans le
financement d’Hitler. En règle générale, le blâme du financement
d’Hitler retombe toujours sur Fritz Thyssen ou Emil Kirdorf [...]

[...] Comme nous l‘avons vu la preuve concernant le soutien politique
et financier d’Hitler pour sa prise de pouvoir à un moment crucial en
Allemagne, est irréfutable; de plus le discours d’Hitler aux industriels
révéla clairement que la prise de pouvoir et la coercition qui s’en
suivit furent intentionnelles et préméditées.

Nous savons exactement qui contribua, de combien et par quelle voie.
Il est à noter que les plus grands contributeurs IG Farben, General
Electric Allemagne (AEG) et sa sucursale Osram et Thyssen, étaient
affiliés avec les financiers de Wall Street. Ces financiers de Wall
Street étaient au cœur même de l’élite de la finance internationale et
ils étaient très influents dans la vie politique américaine du moment.
Gerard Swope de la General Electric a été l’auteur du New Deal de
Roosevelt, Teagle fut un des administrateurs de pointe du NRA, Paul
Warburg est ses associés d’IG Farben USA étaient les conseillers de
Roosevelt. Peut-être cela n’est-il pas qu’une simple coïncidence que le
New Deal de Rossevelt, qui fut appelé une “mesure fasciste” par Herbert
Hoover, ressembla si fort au programme d’Hitler pour l’Allemagne et qu’à
la fois Hitler et Roosevelt prirent le pouvoir le même mois de la même
année: Mars 1933.


http://resistance71.wordpress.com/2011/10/27/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-montee-en-puissance-dhitler-professeur-antony-sutton-2eme-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:55

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 3ème partie.




1ère partie

2ème partie



4ème partie



~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



Chapitre 8

Putzi l’ami d’Hitler et de Roosevelt

Ernst Sedgewiek Hanfstaengl (ou Hanfy ou Putzi, comme il était plus
communément appelé), tout comme Hjalmar Horace Greeley Schacht, était un
autre germano-américain au cœur même de la montée de l’hitlérisme. Né
d’une bonne famille de la Nouvelle-Angleterre… Il fut introduit auprès
d’Hitler au début des années 1920 par le capitaine Truman-Smith, attaché
militaire de l’ambassade américaine à Berlin, Putzi devint un ardent
supporteur d’Hitler, finança les nazis en quelques occasions et d’après
l’ambassadeur William Dodd: “.. il est dit qu’il sauva la vie d’Hitler
en 1923.”

Coïncidence, le père du chef des SS Heinrich Himmler fut un
professeur de Putzi au lycée royal bavarois Guillaume; ses amis lors de
sa période à Harvard furent de “futurs grands noms” comme Walter
Lippman, John Reed (dont on parle beaucoup dans “Wall Street and the
Bolshevik Revolution”) et Franklin Delano Roosevelt [...]

[...] En bref, Putzi était un citoyen américain qui évoluait au cœur
de l’entourage d’Hitler et ce dès les années 1920 et jusqu’à tardivement
dans les années 1930. En 1943, après ne plus avoir été favori des nazis
et interné par les alliés, Putzi fut sauvé des misères d’un camp de
prisonnier canadien par son ami et protecteur, le président Franklin
Delano Roosevelt [...]

Le rôle de Putzi dans l’incendie du Reichstag

L’incendie du Reichstag du 27 Février 1933 est un des évènements clef
des temps modernes. L’incendie fut utilisé par Hitler pour dire ses
craintes d’une imminente révolution communiste en Allemagne, suspendre
les droits constitutionnels et saisir le pouvoir de manière totalitaire.
Ce fut le point de non-retour pour l’Allemagne, le monde entra dans la
ligne définie de la seconde guerre mondiale.

A cette époque, l’incendie fut blâmé sur les communistes, mais il y a
très peu de doutes dans une perspective historique que le feu fut mis
délibérément par la nazis pour donner une excuse de saisir le pouvoir.
Fritz Thyssen fit ce commentaire dans ses interrogatoires de
l’après-guerre: “Quand le Reichstag brûla, tout le monde était certain
que cela était l’œuvre des communistes. J’appris bien plus tard en
Suisse que cela était un mensonge.”

(NdT: Notons au passage la similitude extraordinaire avec les évènements du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis…)

Le Reichstag fut délibérément incendié par un groupe d’experts,
probablement en utilisant un liquide inflammable. C’est ici
qu’intervient Putzi.

La question clef est la suivante: comment un groupe de vandales, ont pu avoir accès au Reichstag pour faire le travail ?

Il n’y avait qu’une seule possibilité pour le groupe de pénétrer dans
le Reichstag avec du liquide inflammable: par un tunnel qui relie le
Reichstag et le palais de résidence du président du Reichstag. Hermann
Goering était le président du Reichstag et vivait dans le palais. De
notoriété publique, il y avait beaucoup de SA et de SS dans la palace.
Des mots du chercheur écrivain Dimitrov:

“L’utilisation du tunnel, avec toutes ses complications, n’était
possible que par les nationaux-socialistes, l’accès et la retraite par
les coursives d’incendie n’étaient possibles qu’avec la conivence
d’employés haut-placé du Reichstag. Chaque indice, chaque probabilité
pointent dans la direction que l’incendie ru Reichstag fut l’œuvre des
nationaux-socialistes.”

Comment Putzi Hanfstaengel se retrouve t’il dans cette intrigue ?

De sa propre admission, il était dans le palace au moment des faits,
dans la pièce à l’autre bout du tunnel qui menait au Reichstag.

Dimitrov déclare également:

“les leaders nationaux-socialistes, Hitler, Goering et Goebbels,
ensemble, avec les officiels nazis, Daluege, Hanfstaengl et Albrecht,
étaient à Berlin le jour de l’incendie et ce malgré le fait que la
campagne électorale atteignait son point d’orgue à travers toute
l’Allemagne, six jours avant le scrutin. Goering et Goebbels, sous
serment, fournirent des explications contradictoires quant à leur
présence “impromptue” à Berlin avec Hitler en ce jour précis. Le
national-socialiste Hanfstaengl était présent dans le palace adjacent au
Reichstag, en tant “qu’invité” de Goering. Il était là lorsque le feu
se déclara, malgré que son hôte lui, ne l’était pas à ce moment précis.”

D’après le nazi Kurt Ludecke, il y a eu un document signé par le
leader des SA Karl Ernst, qui de manière supposée mit le feu et fut
éliminé par ses compaeses nazis plus tard, complot meurtrier qui
impliqua Goering, Goebbels et Hanfstaegl.

La Nouvelle Donne (New Deal) de Rossevelt et l’ordre nouveau d’Hitler

Hjalmar Schacht défia ses interrogateurs au procès de Nüremberg avec
l’observation que le programme de l’ordre nouveau D’Hitler était le même
que le programme de la nouvelle donne de Roosevelt aux Etats-Unis. Les
interrogateurs raillèrent et rejettèrent l’observation de manière
compréhensible. Mais une recherche a minima suggère que non seulement
les deux programmes étaient similaires dans leur contenu, mais que les
Allemands n’avaient aucun problème à observer ces similitudes. Il existe
dans la bibliothèque Roosevelt un petit livre qui fut présenté à FD
Roosevelt par le Dr. Helmut Magers en décembre 1933. Sur la page de
garde de cet exempaire du livre est écrit:

“Au président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, en
admiration profonde de sa conception d’un nouvel ordre économique et en
toute dévotion à sa personnalité. L’auteur, Baden, Allemagne, le 9
Novembre 1933.”

La réponse de FDR à cette marque d’admiration pour son nouvel ordre économique fut celle-ci:

“Mon cher Dr. Magers, Je désire vous remercier pour l’exemplaire de
votre petit livre dont je suis avec “la nouvelle donne”, le sujet. Bien
que, comme vous le savez, j’ai été à l’école en Allemagne et étais
capable de parler l’Allemand avec un bon degré de fluidité à cette
époque, je lis votre livre non seulement avec le plus grand intérêt,
mais aussi parce qu’il m’aidera avec mon allemand. Très sincèrement
vôtre.” [...]

[...] En bref, l’ordre nouveau hitlérien et la nouvelle donne de
Roosevelt furent tous deux soutenus par les mêmes industriels et étaient
très similaires dans leur contenu. Les deux doctrines planifiaient pour
un état corporatif (NdT: “corporate state” en anglais
pour lequel il n’y a pas de traduction directe en français, si ce n’est
par une expression de “fusion de l’état et de l’industrie”, ce qui était
la définition même du fascisme donnée par Mussolini.)

Ainsi, il y avait des ponts corporatifs et individuels entre
l’Amérique de FDR et l’Allemagne d’Hitler. Le premier de ces ponts
étaient IG Farben USA, la succursale américaine du géant allemand IG
Farben, la plus grosses industrie allemande. Siégeait au comité
directeur d’IG Farben USA, Paul Warburg de la Banque de Manhattan et de
la réserve fédérale de New York. Le second pont s’effectuait par
International General Electric, succursale totalement propriété de
General Electric et AEG (la succursale de GE en Allemagne). Gerard
Swope, qui formula la “nouvelle donne” de Roosevelt était le président
d’International General Electric et siégeait au comité directeur d’AEG.
Le troisième pont fut établi entre la Standard Oil du New Jersey et
Vacuum Oil, avec sa succursale allemande, Deutsche-Amerikanische
Gesellschaft (DAG). Le président de la Srtandard Oil du New Jersey était
Walter Teagle de la réserve fédérale de New York. Il était un trustee
de la fondation F D Roosevelt Georgia Warm Springs et un administrateur
clef nommé par FDR de son administration pour la convalescence nationale
(National Recovery Administration ou NRA).

Ces entreprises furent profondément impliquées à la fois dans le New
Deal (“nouvelle donne”) de Roosevelt et la construction de la puissance
militaire de l’Allemagne nazie. Le rôle de Putzi Hanfstaengl au début et
jusque la moitié des années 30, fut celui d’un lien informel entre
l’élite nazie et la maison blanche [...]

Chapitre 9

Wall Street el le cercle intime nazi

Adolf Hitler, Hermann Goering, Josef Goebbels et Heinrich Himmler, le
cœur intime du nazisme, étaient en même temps à la tête de mini-fiefs
au sein de l’état nazi. Les groupes de pouvoir ou les cliques politiques
étaient recentrés autour de ces leaders nazis, et de manière plus
important après la fin des années 1930, autour d’Hitler et d’Himmler,
alors le Reichsführer de la SS (l’Unité tres crainte des forces
spéciales de la Schutzstaffel). Le plus important de ces cercles intimes
nazis fut créé sur l’ordre d’Hitler et fut connu au préalable sous le
nom de cercle Keppler et puis plus tard sous le vocables du cercle des
amis d’Himmler.

Le cercle Keppler avait pour origine un groupe d’hommes d’affaires
qui soutenait Hitler et sa montée au pouvoir avant et durant l’année
1933. Vers le milieu des années 30, le cercle Keppler se retrouva sous
l’influence et la protection du chef SS Himmler et sous le contrôle
organisationnel du banquier de Cologne et homme d’affaire nazi influent
Kurt von Schroder. Schroder, si nous nious rappellons bien, était à la
tête de la banque J.H. Stein en Allemagne, elle-même affiliée avec la L.
Henry Schroder Banking Corporation de New York. C’est dans ce véritable
sein des saints du nazisme que nous trouvons Wall Street lovée, y
compris la Standard Oil du New Jersey et ITT, représentées dans ce cœur
vital de 1933 jusqu’à la fin de 1944.

Wilhem Keppler, le fondateur du cercle original d’amis, exemplifie le
phénomène bien connu de l’homme d’affaires politisé, à savoir, un homme
d’affaires qui cultive plus pour son profit l’arène politique que le
marché plus impartial. Ce genre de businessmen ont été intéressés à
promouvoir les causes socialistes, car une sociétee socialiste planifiée
pourvoit de très bonnes opportunités lucratives pour gains de contrats
au travers de l’influence politique [...]

[...] En mars 1933, Keppel fut élu au Reichstag et devint l’expert
financier d’Hitler. Ceci fut de courte durée. Il fut remplacé par le
plus compétent Hjalmar Schacht et fut envoyé en Autriche où il devint en
1938 le commissaire du Reich; il continua à utiliser sa position pour
acquérir un pouvoir non négligeable au sein de l’état nazi [...]

[...] En bref, Keppler était le président de l’entreprise qui
utilisait la technologie américaine pour produire son indispensable
essence synthétique ce qui permettrait à la Wehrmacht d’entrer en guerre
en 1939.

Les membres originaux du cercle de Keppler (avant 1932) étaient:


  • Wilhem Keppler: Président de la succursale d’IG Farben
    Braunkohle-Benzin AG (qui utilisa la technologie de la Standard Oil du
    New Jersey pour produire du pétrole depuis le charbon de manière
    synthétique)
  • Fritz Kranefuss: Neveu de Keppler et aide de camp de Himmler. Membre du comité directeur de BRABAG
  • Karl Vincenz Krogmann: Maire de Hambourg
  • August Rosterg: directeur général de Wintershall
  • Emil Meyer: membre du comité directeur de succursales d’ITT et de la General Electric
  • Otto Steinbrick: Vice président de la Vereinigte Stahlwerke (cartel
    de l’acier allemand, financé par les prêts de Wall Street en 1926)
  • Hjalmar Schacht: président de la Reichsbank
  • Emil Helffrich: président du comité directeur de la German-american
    Petroleum Co (propriété à 94% de la Standard Oil du New Jersey)
  • Friedrich Reinhardt: président du conseil de la Commerzbank
  • Erwald Hecker: président du conseil de la Ilseder Hütte
  • Graf von Bismark: président de Stettin

Le cercle d’amis de la SS

Le cercle original rencontra Hitler en Mai 1932 et entendit une
présentation des objectifs des nazis. Himmler devint ensuite un
participant plus fréquent des réunions et par Himmler, d’autres
officiers de la SS et d’autres hommes d’affaires rejoignirent le groupe.
Avec le temps, ce groupe étendu fut connu sous le nom du cercle des amis d’Himmler, Himmler agissant en qualité de protecteur et d’expéditeur de ses membres.

Conséquemment, les intérêts de la finance, de la banque et de
l’industrie étaient très lourdement représentés dans le cercle restreint
du cœur du nazisme et leurs contributions pré-1933 furent largement
amorties. Des cinq plus grosses banques allemandes la Dresdner Bank
était celle qui avait le plus de connexions avec les nazis, au moins une
douzaine de membres du comité directeur de la banque avaient un grade
élevé dans le parti nazi et pas moins de sept directeurs de la Dredsner
Bank appartenaient au cercle étendu des amis de Keppler, qui n’excéda
jamais 40 membres.

Quand on examine les noms d’à la fois le cercle pré-1933 et de celui
post-1933 qui était devenu le cercle des amis d’Himmler, nous trouvons
une très forte représentation des multinationales de Wall Street, plus
encore que tout autre groupe institutionnel. Prenons et examinons chaque
multinationale de Wall Street ou leurs associés allemands, celles-la
même qui furent identifiées au chapitre 7 et prouvées être
financièrement liées à Hitler et examinons leurs liens avec Keppler et
Himmler.

IG Farben et le cercle Keppler

IG Farben était très représentée dans le cercle Keppler avec pas
moins de huit directeurs d’IG membres du cercle de 40 membres [...]

[...] Combien de ces membres du complexe IG Farben étaient-ils affiliés avec Wall Street ?

Membres du cercle original Keppler associés avec des multinationales états-uniennes:


  • Wilhem Keppler: président de la succursale d’IG BRABAG
  • Fritz Kranefuss: comité directeur de BRABAG
  • Emil Meyer: dans les comités directeurs de toutes les succursales allemandes d’ITT: Standard/Mix et Genest/Lorenz
  • Emil Helffrich: chairman DAPAG (propriété à 94% de la Standard Oil du New Jersey)
  • Friedrich Flick: IG Farben et comité directeur d’AEG (succursale allemande de la General Electric)
  • Kurt von Schroder: dans les comités directeurs de toutes les succursales d’ITT en Allemagne

Wall Street dans le cercle SS

D’importantes multinationales américaines étaient aussi présentes et
bien représentées dans le cercle des amis d’Himmler qui prit la
succession du cercle Keppler après 1933; celles-ci firent des
contributions financières aux SS (le Sonder Konto S) et ce jusqu’en
1944, alors que la seconde guerre mondiale était bien avancée.

Près d’un quart des contributions du Sonder Konto S de 1944 venait
des succursales d’ITT représentée par Kurt von Schröder. Les paiements
des succursales d’ITT pour 1943 sur le compte spécial s’affichaient
comme suit:


  • Mix & Genest AG: 5 000 Reichsmark (RM)
  • C. Lorenz AG: 20 000 RM
  • Felten & Guilleaume: 25 000 RM
  • Kurt von Schröder: 16 000 RM

Les paiements pour 1944:


  • Mix & Genest: 5 000 RM
  • C. Lorenz AG: 20 000 RM
  • Felten & Guilleaume: 20 000 RM
  • Kurt von Schröder: 16 000 RM

Sosthenes Behn d’ITT transféra le contrôle de Mix & Genest, C.
Lorenz et les autres intérêts d’ITT de l’Allemagne en guerre à Kurt von
Schröder, qui était un membre fondateur du cercle Keppler, organisateur
et trésorier de cercle des amis d’Himmler. Emil Meyer, Untersturmführer
de la SS, membre de la Vorstand de la banque Dredsner, AEG et un
directeur de toutes les succursales d’ITT en Allemagne, était aussi un
membre du cercle des amis d’Himmler, ce qui donnait à ITT deux
représentants influents au cœur même de la SS [...]

[...] Deux autres directeurs de la branche allemande de General
Electric (AEG), faisaient partie du cercle des amis d’Himmler et firent
des contributions personnelles en 1943 et 1944 au Sonder Konto S:


  • Friedrich Flick: 100 000 RM
  • Otto Steinbrinck: 100 000 RM

[...] La Standard Oil du New Jersey fît également une contribution
substantielle sur le compte spécial d’Himmler par le biais de sa
succursale allemande dont elle était la propriétaire à 94%, la
Deutsche-Amerikanische Gesellschaft (DAG). En 1943 et 1944, les
contributions furent comme suit:


  • Staatsrat Helfferich of Deutsch-Amerikanische Petroleum AG: 10 000 RM
  • Staatsrat Lindemann de la DAG: 10 000 RM + don personnel: 4000 RM

[...] En bref, l’élite financière de Wall Street était très bien
représentée à la fois au sein du cercle Keppler et plus tard dans le
cercle des amis d’Himmler.

Chapitre 10

Le mythe de “Sidney Warburg”

Une question vitale, seulement partiellement résolue, est de savoir
si l’aide fournie à Hitler pour son accession au pouvoir en 1933 par les
financiers de Wall Street était une aide directe. Nous avons jusqu’à
présent démontré preuves à l’appui que l’aide indirecte était avérée au
travers des firmes affiliées allemandes (comme par exemple dans le cas
d’ITT) et qu’il y avait un effort volontaire, délibéré et en toute
connaissance de causes du soutien au régime nazi. Ce financement
indirect pouvait-il également devenir un financement direct ?

Après l’accession d’Hitler au pouvoir, les entreprises et les
individuels américains travaillèrent pour le compte du nazisme et
profitèrent très certainement de l’état nazi. Nous savons des notes de
William Dodd, l’ambassadeur américain à Berlin, qu’en 1933, bon nombre
de banquiers de Wall Street et d’industriels s’enregistrèrent auprès de
l’ambassade des Etats-Unis de Berlin, exprimant leur admiration pour
Adolf Hitler et très anxieux de trouver des moyens de faire encore plus
d’affaires avec le nouveau régime totalitaire. Par exemple le 1er
Septembre 1933, Dodd enregistra que Henry Mann de la National City Bank
et Winthrop W. Aldrich de la Chase Bank, rencontrèrent tous deux Hitler
et ces deux banquiers “pensèrent qu’ils pouvaient travailler avec lui…”
Ivy Lee, l’agent de relation publique des Rockefeller “se montra
d’emblée comme capitaliste et un avocat du fascisme”, toujours d’après
Dodd.

Ainsi nous pouvons identifier sans problème des réponses
complaisantes voire sympathiques à la dictature nazie, qui ne va pas
sans rappeler la manière avec laquelle les banquiers internationaux de
Wall Street acceuillirent la nouvelle Russie de Lénine et de Trotski en
1917.

Qui était “Sidney Warburg” ?

La question posée dans ce chapitre est celle de l’accusation sur
quelques financiers de Wall Street (Les Warburg et les Rockefeller ont
spécifiquement été accusés) ayant planifié et financé la prise de
pouvoir d’Hitler en 1933 et qu’ils le firent depuis Wall Street. Sur
cette question particulière le soi-disant “mythe de Sidney Warburg” est
très intéressant.

A ce sujet, le nazi Franz von Papen écrivit dans ses “Mémoires”:

“… la plus grande documentation de l’acquisition soudaine de fonds
par les nationaux-socialistes fut trouvée dans un livre publié en
Hollande en 1933 par la vieille maison d’édition Van Holkema &
Warendorf, appelé “De Geldenbronnen van Het Nationaal-Socialisme (Drie
Gesprekken Met Hitler)” sous le nom de plume de “Sidney Warburg”.

Un livre sous ce titre en néerlandais fut effectivement publié en
1933, mais ne resta sur les étales que quelques jours. Le livre fut
ensuite retiré de la vente et détruit. Un des trois exemplaires
originaux échappant à la destruction fut traduit en anglais. La
traduction fut à une époque déposée au British Museum, mais a été
maintenant retirée de la circulation publique et n’est plus consultable
pour la recherche. Personne ne sait ce qui est advenu de la copie
néerlandaise du livre qui servît de base à la traduction en anglais.

Le second exemplaire en néerlandais était la possession de chancelier
Schussnigg d’Autriche, et rien ne transpire aujourd’hui sur où il se
trouve. Le troisième exemplaire se retrouva en Suisse et fut traduit en
allemand. La traduction allemande a survécue jusqu’à aujourd’hui (NdT:
1976) et se trouve à la Schweizerischen Sozialarchiv de Zürich en
Suisse.

Une traduction allemande certifiée conforme à l’originale entreposée
en Suisse a été achetée par l’auteur du présent en 1971 et traduite en
anglais. C’est sur le texte anglais de cette traduction allemande que ce
chapitre s’appuie.

La publication du livre de “Sidney Warburg” fut rapportée par le New
York Times le 24 Novembre 1933 sous le titre: “On craint un canular sur
les nazis”. Un article bref nota que le pamphlet de “Sidney Warburg”
apparut en Hollande et que l’auteur n’est pas le fils de Félix Warburg.
Le traducteur en était J.P Shoup, un homme de presse belge vivant au
Pays-Bas. L’éditeur et Shoup “se demandent s’ils ne sont pas les
victimes d’un canular”.

Le Times ajouta même:

“Le pamphlet réitère une vieille histoire prenant en compte le fait
que des Américains influant, incluant John D. Rockefeller, auraient
financé Hitler de 1929 à 1932 à concurence de 32 millions de dollars,
leur objectif étant de “libérer l’Allemagne de l’étau financier de la
France en y amenant une révolution”. Beaucoup de lecteurs de ce pamphlet
ont dit qu’il contenait un certain nombre de faits inexacts.”

Pourquoi la version hollandaise fut-elle retirée de la circulation en
1933 ? Parce que “Sidney Warburg” n’existait pas et qu’un “Sidney
Warburg” prétendait en être l’auteur. Depuis 1933, le livre de “Sidney
Warburg” a été dit par différentes parties être une forgerie ou un
document inexact. La famille Warburg elle-même a souffert quelque peu à
essayer de prouver la forgerie.

Que dit le livre ? Que dit le livre concernant ce qu’il se serait
passé en Allemagne au début des années 1930 ? Ces évènements
ressemblent-ils aux faits reconnus véritables par les preuves apportées ?

D’un point de vue de la méthodologie de la recherche, il est bien
plus préférable de considérer que le livre de “Sidney Warburg” est une
forgerie, un canular, tant qu’on ne puisse pas prouver le contraire.
Ceci est la procédure que nous adopterons ici. Pourquoi, nous
demanderez-vous ? Il y a au moins deux bonnes raisons à cela au-delà de
la curiosité académique:


  • Premièrement, l’affirmation des Warburg que le livre est une
    forgerie possède un curieux et important inconvénient. En effet, les
    Warburg clâment la forgerie alors qu’ils n’ont ni vu ni lu le livre en
    question. Le déni des Warburg ne se cantonne spécifiquement qu’au fait
    qu’un Warburg n’en est pas l’auteur. Ceci est parfaitement acceptable,
    mais ceci ne prévaut en rien sur la validité ou la véracité de son
    contenu. Le refus des Warburg ne concerne de fait que le déni que
    quelqu’un de la famille ne l’ait écrit.
  • Deuxièmement, nous avons déjà identifié IG Farben comme étant un des
    financiers clef d’Hitler. Nous avons fourni la preuve photographique
    (voir la page 64 du livre) du bordereau de transfert bancaire de 400 000
    RM d’IG Farben sur le compte d’Hitler à la “Nationale Treuhand” qui
    était administré par Rudolph Hess. Il est probable, même presque certain
    que “Sidney Warburg” n’a jamais existé. D’un autre côté, c’est inscrit
    dans les archives publiques que les Warburg étaient très intimement liés
    avec IG Farben en Allemagne et aux Etats-Unis. En Allemagne, Max
    Warburg était un des directeurs d’IG Farben et aux Etats-Unis, l’autre
    frère Paul Warburg (père de James Paul Warburg) était un directeur d’IG
    Farben USA. En bref, nous avons des preuves irréfutables que quelques
    uns des Warburg, incluant le père de James Paul, le dénonciateur du
    livre de ‘Sidney Warburg”, étaient des directeurs d’IG Farben. De plus
    IG Farben est connue pour avoir financé Hitler. “Sidney Warburg” était
    un mythe, mais les directeurs d’IG Farben Max et Paul Warburg, eux,
    n’étaient pas des mythes. Ceci est une très bonne raison donc de pousser
    l’enquête plus loin.

Résumons donc le livre décrié comme une forgerie par James Paul Warburg.

Un résumé du livre supprimé de “Sidney Warburg”

Le livre “Les sources financières du national-socialisme” s’ouvre sur
une conversation supposée entre “Sidney Warburg” et le co-auteur /
traducteur Shoup. “Warburg” raconte pourquoi il donnait à Shoup une
version anglaise du manuscript pour qu’il le traduise en néerlandais et
que la publication se fasse en Hollande; voici les mots du mythique
“Sidney Warburg”:

“Il y a des moments où je désire tourner le dos à ce monde de tant
d’intrigue, de tricherie, de volte-face et de manipulation du marché
boursier… Savez-vous ce que je ne comprendrai jamais ? Comment cela
est-il possible que des gens bons et honnêtes, pour lesquels j’ai
beaucoup de preuves de ce que j’avance, puissent participer à des
escroqueries et des fraudes, sachant pertinemment que cela va affecter
des milliers de gens.”

Shoup décrit ensuite “Sidney Warburg” comme “étant le fils d’un des
plus grands banquiers des Etats-Unis, membre de la grande firme
financière Kuhn, Loeb & Co de New York. “Sidney Warburg” dit ensuite
à Shoup qu’il (“Warburg”) veut laisser une trace dans l’histoire que le
national-socalisme allemand a été financé par les banquiers et
financiers de New York.

La première section du livre est simplement intitulée “1929” [...]

[...] En Juin 1929, il y eut une réunion entre les membres de la
réserve fédérale et des membres du leadership des banquiers américains
afin de décider ce qui devait se faire à propos de la France et
particulièrement de la calmer concernant les réparations de guerre de
l’Allemagne. Cette réunion fut suivie par (d’après le livre de
“Warburg”) les directeurs de la Guaranty Trust Company, les présidents
de la réserve fédérale, ainsi que cinq banquiers indépendants, “le jeune
Rockefeller” et Glean de la Royal Dutch Shell. Carter et Rockefeller,
d’après le livre, “dominèrent les discussions, les autres écoutant et
opinant de la tête”.

Le consensus qui ressortit de cette réunion fut que le seul moyen de
libérer l’Allemagne des griffes de la finance française était par la
révolution, soit communiste, soit nationaliste. A une réunion
précédente, il fut conclut de contacter Hitler afin “d’essayer de savoir
s’il serait favorable à un soutien financier américain”. Rockefeller
avait récemment vu une brochure germano-américaine au sujet du mouvement
national-socialiste d’Hitler et le but de cette seconde réunion était
de savoir si “Sidney Warburg” était prêt à aller en Allemagne comme
émissaire et prendre contact directement avec Hitler.

En retour d’un soutien financier, Hitler devrait conduire “une
politique étrangère agressive et remuer l’idée d’une revanche sur la
France.” [...]

[...] “Warburg” accepta la mission proposée et quitta New York pour
Cherbourg sur le transatlantique Ile de France avec “un passeport
diplomatique et des lettres de recommandation de Carter, Tommy Walker,
Rockefeller, Glean et Herbert Hoover.

Apparamment “Sidney Warburg” éprouva quelques difficultés à
rencontrer Hitler. Le consul américain de Munich n’arriva pas à prendre
contact avec les nazis et finalement “Warburg” passa directement par le
maire de Munich Deutzberg. Avec la recommandation du consul américain et
une demande de conduire “Warburg” à Hitler [...]

[...] Le financement des nazis fut discuté à ce meeting. Hitler
demanda 100 millions de RM (24 millions de dollars).. Après avoir
consulté avec Wall Street, 10 millions de dollars furent offerts[..]

La seconde partie du livre est intitulée “1931” et s’ouvre sur une
discussion de l’influence de la France sur la politique internationale…

Dans la réunion suivante entre “Warburg” et Hitler, celui-ci est cité
pour dire: “la révolution coûtera 500 millions de RM, la prise de
pouvoir légale sera plus longue et ne coûtera que 200 millions de RM,
que décideront vos banquiers ?”

Après cinq jours d’attente, un câble parvînt à “Warburg” en
provenance de la Guaranty Trust. Le câble est cité dans le livre comme
suit:

“Les sommes suggérées sont tout à fait hors de question. Nous ne le
voulons ni ne le pouvons. Expliquez à l’homme que de tels transferts en
Europe exploseraient les marchés financiers. Ceci est sans précédent en
territoire international. Attendons long rapport avant que la décision
ne soit prise. Restez là-bas. Continuez l’enquête. Persuadez l’homme de
l’impossibilité de sa demande. N’oubliez pas d’inclure dans votre
rapport votre opinion personnelle sur le futur de l’homme.”

“Warburg” câbla son rapport à New York et reçu la réponse suivante trois jours plus tard:

“Rapport bien reçu. Préparez-vous à délivrer 10, maximum 15 millions
de dollars. Avertissez l’homme de la nécessité d’agression contre la
menace étrangère.”

Les 15 millions furent acceptés pour l’option de la prise de pouvoir
légale et non pas pour le plan de révolution. L’argent fut transféré de
Wall Street à Hitler en passant par “Warburg” de la façon suivante: 5
millions de dollars payés à Mendelsohn & Co à Amsterdam, 5 millions à
la Rotterdamsehe Bankvereinigung de Rotterdam et 5 millions à la Banca
Italiana.

La troisième section du livre est intitulée “1933”.

Elle relate le troisième et dernier meeting de “Warburg” avec Hitler, la nuit de l’incendie du Reichstag [...]

[...] Le livre se cloture avec cette tirade de “Warburg”:

“J’ai mené ma mission jusqu’au bout dans ses moindres détails. Hitler
est dictateur du plus grand pays européen. Le monde l’a maintenant
observé à l’œuvre depuis plusieurs mois. Mon opinion sur lui n’a
maintenant plus aucune importance. Ses actions prouveront s’il est
mauvais, ce que je pense qu’il est. Pour le bien du peuple allemand
j’espère de tout cœur me tromper. Le monde continue de souffrir sous un
système qui a plié devant un Hitler pour rester sur ses pieds. Pauvre
monde, pauvre humanité.”

Ceci est le résumé de ce livre censuré sur l’origine financière du national-socialisme allemand[...]

[...] Pourquoi le livre fut-il retiré de la circulation et supprimé ?
La raison officielle de ceci est que “Sidney Warburg” n’existait pas,
que le livre était un faux, et que la famille Warburg déclarait que le
livre contenait des propos antisémites et calomnieux.

L’information du livre fut ressucitée après la seconde guerre
mondiale et publiée dans d’autres livres dans un contexte antisémite qui
n’existe pas dans le livre original de 1933. Deux de ces livres écrits
après la guerre sont “Spanischer Sommer” de Rene Sonderegger et “Liebet
Eure Feinde” de Werner Zimmermann.

Plus important, James Paul Warburg de New York signa un acte notarié
écrit sous serment en 1949, qui fut publié en index des mémoires de von
Papen. Cette déclaration sous serment réfuta de manière emphatique
l’authenticité du livre de “Sidney Warburg” et clama que c’était une
fraude. Malheureusement, James Warburg se focalise sur le livre
antisémite de Sonderegger en 1947 “Spanischer Sommer” et non pas sur le
livre original de 1933 de “Sidney Warburg”, dans lequel l’antisémitisme
n’émanait que des seuls supposés commentaires qu’Hitler avait fait.

En d’autres termes, l’acte notarié sous serment de James Warbug soulevait plus de questions qu’il n’en résolvait.

Regardons donc de plus près cet acte notarié de James Warburg écrit
en 1949 et niant l’authenticité du livre “Les sources financières du
national-socalisme”.

L’acte notarié de James Paul Warburg

En 1953, le nazi Franz von Papen publia ses mémoires. C’était le même
von Papen qui avait espionné pour l’Allemagne aux Etats-Unis durant la
première mondiale. Dans ses mémoires, von Papen discute du financement
d’Hitler et place le blâme sans équivoque sur l’industriel Fritz Thyssen
et le banquier Kurt von Schröder… Dans ce contexte, von Papen mentionne
le livre de “Sidney Warburg” “les sources financières du
national-socalisme” ainsi que les deux livres plus récents de
Sonderegger et Zimmermann [...]

[...] Il y a deux sections dans l’index II du livre de von Papen.
D’abord une déclaration de James Warburg, puis l’acte notarié daté du 15
Juillet 1949.

Le paragraphe d’ouverture de la déclaration enregistre qu’en 1933, la
maison d’édition hollandaise Holkema et Warendorf publia le livre “De
Geldbronnen van Het Nationaal-Socialisme. Drie Gesprekken met Hitler” et
ajoute ceci:

“Ce livre est supposé avoir été écrit par “Sidney Warburg”. Un
associé de la Warburg & Co informa James Paul Warburg de la
publication de ce livre; Holkema & warendorf furent informés
qu’aucune personne du nom de “Sidney Warburg” existait. Ils ont donc
retiré le livre de la vente et de la circulation.”

James Warbug fait ensuite deux déclaration successives et contradictoires:

“… Le livre contenait une masse de matériel calomnieux à l’encontre
de plusieurs membres de la famille et contre un nombre conséquent de
maisons banquières et de personnes de New York. Je n’ai pas jusqu’à ce
jour vu une copie de ce livre. Apparamment seuls quelques exemplaires
ont échappé au retrait du livre par l’éditeur.”

Donc, d’un côté Warburg déclare n’avoir jamais vu une copie du livre
de “Sidney Warburg” et déclare par la même occasion qu’il est
“calomnieux” et bâtit par la suite un acte notarié sous serment écrit
phrase par phrase, pour réfuter des informations publiées dans un livre
qu’il dit n’avoir jamais vu ! Il est très difficile d’accepter la
déclaration de Warburg “qu’il n’a jamais vu une copie du livre”. Ou si
de fait il ne l’a jamais vu, alors son acte notarié n’a absolument
aucune valeur [...]

[...] La première page de la déclaration de James Warburg concerne le
livre de 1933. Après la première page, il introduit Rene Sonderegger et
un autre livre écrit en 1947. Une analyse attentive de la déclaration
notariée montre que ses dénis et assertions se réfèrerent
essentiellement au livre de Sonderegger et non celui de “Sidney
Warburg”. Sonderegger était antisémite et probablement membre d’un
mouvement néo-nazi après la seconde guerre mondiale, mais l’argument
d’antisémitisme ne peut pas être retenu pour le livre de 1933 et ceci
est le cœur de la question. En bref, James Paul Warburg commence par
déclarer discuter d’un livre qu’il n’a jamais vu, mais qu’il sait être
calomnieux et antisémite, puis sans avertissement aucun passe à des
accusations sur un autre livre, qui était sans aucun doute antisémite,
mais écrit plus de dix ans plus tard. Ainsi la déclaration notariée de
James Warburg fait la confusion entre les deux livres de telle manière
que le lecteur est amené à condamner le mythique “Sidney Warburg” en
même temps que Rene Sonderegger.

Note des traducteurs:

Ici, Antony Sutton commente certaines déclarations de l’acte notarié de James Paul Warburg du 15 Juillet 1949.

Dans ses commentaires variés, Sutton dit ceci: “James Paul Warburg
dit qu’il n’a jamais vu le livre original de “Sidney Warburg” publié en
Hollande en 1933. Ainsi son acte notarié de déni ne s’applique qu’au
livre de Sonderegger, qui lui est effectivement imprécis et remplis
d’erreurs. “Sidney Warburg” peut bien être un mythe, mais l’association
de Max et et Paul Warburg avec IG Farben et Hitler n’est pas un mythe.”

= = =

L’intention de James Paul Warburg est-elle d’induire en erreur ?

Il est juste que “Sidney Warburg” peut-être une invention en ce sens
qu’il n’a jamais existé. Nous devons donc assumer que le nom est faux;
néanmoins, quelqu’un a écrit ce livre. Zimmermann et Sonderegger ont
peut-être calomnié, ou pas, le nom des Warburg, mais malheureusement,
quand on analyse de près l’acte notarié de déni de James Paul Warburg
tel qu’il est publié dans les mémoires de von Papen, nous n’y voyons pas
plus clair pour autant. Il y a trois questions importantes qui
demeurent sans réponse:


  • Pourquoi James Paul Warburg clâme qu’un livre qu’il n’a pas lu est une forgerie, une falsification ?
  • Pourquoi l’acte notarié de James Paul Warburg élude t’il la question
    clef et emmène la discussion loin de “Sidney Warburg” et vers le livre
    antisémite publié par Sonderegger en 1947 ?
  • Pourquoi James Paul Warburg serait-il insensible à la souffrance des
    juifs durant la seconde guerre mondiale pour publier son acte notarié
    dans les mémoires de Franz von Papen, qui était un nazi important et qui
    évoluait au cœur même du mouvement de Hitler depuis les premiers jours
    de 1933 ?

Non seulement la branche allemande des Warburg fut persécutée par
Hitler en 1938, mais des millions de juifs ont perdu la vie dans la
barbarie nazie. Cela semblerait élémentaire pour quiconque de penser que
qui que ce soit qui ait souffert et est sensible aux souffrances
passées des juifs, éviterait les nazis, le nazisme et tout livre
néo-nazi comme la peste. Et pourtant, nous avons ici le nazi von Papen
qui agit comme un hôte littéraire génial pour l’anti-nazi autoproclamé
James Paul Warburg, qui de toute évidence se réjouit et profite de
l’opportunité offerte. De plus, les Warburg ont eu de très amples
occasions de faire publier un tel acte notarié de déni avec une grande
publicité et sans utiliser les voies néo-nazies.

La seule explication logique est que les faits relatés par “Sidney
Warburg” sont soit vrais, soit très proche de la vérité ou alors sont
très embarrassants pour James Paul Warburg. Nous ne pouvons pas conclure
que Warburg ait l’intention d’induire en erreur (bien que cela puisse
être une conclusion évidente), arce que les hommes d’affaires sont
notoirement des écrivains et penseurs illogiques et nous ne pouvons pas
exempter Warburg de cette catégorisation.

Quelques conclusions de l’affaire “Sidney Warburg”

“Sidney Warburg” n’a jamais existé, en ce sens le livre original de
1933 est une œuvre de fiction. Néanmoins, bon nombre des petits faits
d’alors peu connus et relatés dans le livre sont justes; l’acte notarié
de déni de James Paul Warburg ne cible pas le livre original, mais bien
le livre antisémite qui fut publié plus d’une décennie plus tard.

Paul Warburg était un directeur d’IG Farben USA et était connecté
avec le financement d’Hitler. Max Warburg, un directeur d’IG Farben
Allemagne, signa avec Hitler, le document qui appointa Hjalmar Schacht à
la Reichsbank. Ces connexions vérifiables entre les Warburg et Hitler
suggèrent que l’histoire de “Sidney Warburg” ne peut pas être abandonnée
totalement comme étant un faux sans une autre analyse détaillée.

Qui a écrit le livre et pourquoi ?

[...] Un gouvernement quelconque forgerait-il le document ?
Certainement pas les gouvernments britannique et américain, qui sont
tous deux indirecrtement impliqués dans le livre. Certainement pas le
gouvernement nazi allemand, bien que James Warburg semble suggérer cette
possibilité. Cela pourrait-il être la France ? ou l’URSS ? ou
l’Autriche ? La France serait possible car elle avait peur de la montée
du nazisme. Il est donc plausible que la France, l’Autrice et l’URSS
auraient pu avoir mis la main à la pâte dans l’élaboration du livre
[...]

[...] Le seul motif qui semble acceptable est que l’auteur inconnu du
livre avait la connaissance que la guerre se préparait et espérait une
réaction de l’opinion publique contre les fanatiques de Wall Street et
leurs amis de l’industrie allemande avant qu’il ne soit trop tard. De
manièrre évidente, qui que ce soit qui ait écrit le livre, l’objectif
était de prévenir contre l’agression hitlérienne à venir et montrer du
doigt les sources originelles de Wall Street, parce que l’assistance
technique des compagnies américaines contrôlées par Wall Street était
toujours nécessaire pour qu’Hitler construise sa machine de guerre. La
patente d’hydrogénisation de la Standard Oil et le financement pour le
pétrole depuis le charbon, les viseurs de bombardier et toute les autres
technologies nécessaires, n’avaient pas encore été complètement
transférées quand le livre de “Sidney Warburg” fut écrit. Conséquemment,
ce livre aurait très bien pu être fait pour briser les reins des
soutiens étrangers d’Hitler, d’inhiber le transfert du potentiel
américain de fabrication pour la guerre et d’éliminer le soutien
financier et diplomatique de l’état nazi. Si ceci était le but, il est
très regrettable que le livre ait échoué à réaliser chacun de ces
objectifs.


http://resistance71.wordpress.com/2011/11/03/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-montee-en-puissance-dhitler-professeur-antony-sutton-3eme-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 21:58

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la
montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 4ème et
dernière partie.





Voici donc la quatrième et dernière partie de la traduction
du travail du Professeur Sutton sur “Wall Street et la montée d’Hitler”.


Nous attirons tout particulièrement l’attention des lecteurs sur
la conclusion de l’ouvrage (chapitre 12), qui se veut aussi être une
conclusion sur son œuvre trilogique sur “Wall Street”; le tout en
gardant présent à l’esprit que ceci fut écrit par Sutton en 1977, il il a
donc 34 ans !… Regardez et analysez le monde d’aujourd’hui à la lumière
de ses conclusions d’il y a plus de trente ans… Sutton est l’exemple
même de la véracité de la formule qui dit qu’il faut connaître le passé
pour comprendre le monde d’aujourd’hui et anticiper celui de demain.


Encore faut-il toujours avoir les bonnes informations disponibles
! Sutton, Zinn et quelques autres nous y aident, merci à eux pour leur
courage et leur honnêteté intellectuelle et pour avoir passé leur vie à
contre-courant.


– Résistance 71 –



1ère partie

2ème partie

3ème partie



~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



Chapitre 11

La collaboration de Wall Street et des Nazis dans la seconde guerre mondiale



Derrière les fronts de batailles de la seconde guerre mondiale, par
l’intermédiaire de la Suisse et de l’Afrique du Nord, l’élite de la
finance new-yorkaise collabora avec le régime nazi. Dews dossiers
capturés après la guerre ont donné une quantité importante de preuves
pour démontrer que pour certains éléments des affaires internationales,
la période 1941-45 fut une période lucrative pour des affaires vues
comme normales.

Un rapport officiel du ministre des finances américain d’alors
Morgenthau incrimine Ford Motors ainsi que la Chase Bank des Rockefeller
et leurs filiales françaises, le rapport conclut:

“Ces deux situations (Ford et Chase Bank) nous ont convaincu qu’il
devenait nécessaire d’enquêter immédiatement sur les lieux des activités
des succursales de quelques unes des plus grosses entreprises
américaines qui étaient actives en France durant l’occupation
allemande…” [...]

[...] IG Farben USA dans la seconde guerre mondiale

La collaboration entre les hommes d’affaires américains et nazis dans
l’axe Europe se faisait en parallèle de la protection des intérêts
nazis sur le sol des Etats-Unis. En 1939, IG Farben USA fut renommée
General Aniline & Film avec la succursale General Dyestuffs agissant
comme son agent exclusif aux etats-Unis. Les noms déguisaient de
manière efficace le fait que IG Farben USA était un producteur important
de matériels de guerre majeurs, ceci incluant L’atabrine, le magnesium,
et le caoutchouc synthétique. [...]

[...] Encore plus de questions se posent quand nous observons les
bombardements de l’Allemagne par l’USAF. Il n’a jamais été prouvé qu’IG
Farben ait reçu un traitement de faveur et pourtant ses usines ne furent
pas bombardées. [...]

Les industriels et financiers américains étaient-ils coupables de crimes de guerre ?

Le procès de Nüremberg pour crimes de guerre proposa de sélectionner
ceux responsables de la seconde guerre mondiale, de sa préparation et
des atrocités commises et de les placer devant un tribunal. Que cette
procédure soit moralement justifiable est sujet à débat et il y a des
raisons pour dire que Nüremberg fut une farce politique très, très
éloignées du principe légal. Quoi qu’il en soit, si nous admettons qu’il
y a effectivement une telle justification légale et morale, alors
certainement nous nous accorderons pour dire qu’un tel procès se doit
d’être appliqué à tous, indépendemment de la nationalité. Qu’est-ce qui
devrait par exemple exempter Winston Churchill ou Franklin Delano
Roosevelt, mais pas exempter Adolf Hitler ou Goering ? Si le crime est
la préparation de la guerre et non pas la vengeance, alors la justice
doit être impartiale.

Les directives préparées par le conseil de contrôle américain en
Allemagne pour l’arrestation et la détention des criminels de guerre se
réfère à “nazis” et “sympathisants nazis” et n’emploie pas le terme
“Allemands”. Ci-dessous les extraits ayant trait à ce que nous disons:

“Vous rechercherez, arrêterez et maintiendrez en détention jusqu’à
plus amples instructions quant à comment en disposer: Adolf Hitler, ses
chefs nazis associés, d’autres criminels de guerre et toutes les
personnes qui ont participées à la planification, à la mise en place et à
l’exécution des entreprises nazies impliquant ou résultant en atrocités
ou crimes de guerre.”

Puis suit une liste de catégories de personnes à mettre en état d’arrestation, incluant

8- Les nazis et sympathisants ayant tenus des positions clef et importantes dans:

a) les organisations économiques et civiles nationales

b) les corporations et autres organisations dans lesquelles le gouvernement avaient des intérêts financiers majeurs

c) l’industrie, le commerce, l’agriculture et la finance

d) l’éducation

e) le judiciaire

f) la presse, les maisons de publication et leurs agences disséminant les informations et la propagande

Les industriels et financiers américains cités dans ce présent
ouvrage font tous partie des catégories citées ci-dessus. Henry et Edsel
Ford ont respectivement financé Hitler et ont profité de la production
de guerre allemande. Standard Oil du New Jersey (NdT: dont les
Rockefeller étaient les actionnaires principaux), la General Electric,
la General Motors et ITT ont certainement fait des contributions
financières et/ou techniques ce qui est une preuve prima facie de leur
“participation dans la planification ou l’exécution d’entreprises
nazies”.

Il y a en bref des preuves irréfutables qui pointent sur:

(i) Coopération avec la Wehrmacht (Ford Motors, Banques Chase et Morgan)

(ii) Aide au plan quadriénal nazi et mobilisation économique pour la guerre (Standard Oil New Jersey)

(iii) Créer et équioer la machine de guerre nazie (ITT)

(iv) Produire et entreposer des matériels critiques pour les nazis (Ethyl Corporation)

(v) Affaiblissement des ennemis potentiels des nazis (IG Farben USA)

(vi) Perpétration de propagande, de renseignement et d’espionage (IG
Farben USA et le chargé des relations publiques des Rockefeller Ivy
Lee)

Au minimum, il y a suffisamment de preuves pour demander une enquête
approfondie et impartiale. Mais comme nous l’avons précédememnt noté,
ces mêmes entreprises et financiers sont ceux-là même qui furent
proéminents dans l’élection de Roosevelt en 1933 et avaient suffisemment
d’influence politique pour faire détourner les menaces d’enquête [...]

[...] Ces compagnies américaines étaient-elles au courant de leur
assistance à la machine de guerre hitlérienne ? D’après les intéressés,
bien sûr que non ! Ils clâment leur innocence à avoir aider Hitler et
l’Allemagne nazie…

Malheureusement, les preuves présentées sont contraires. La Standard
Oil du New Jersey non seulement aida la machine de guerre hitlérienne,
mais en avait parfaitement connaissance. Emil Helfferich, président du
conseil d’administration de la succursale de la Standard Oil, était un
membre du cercle Keppler avant qu’Hitler n’accède au pouvoir; il
continua à contribuer au financement du cercle des amis d’Himmler jusquà
fin 1944.

Ainsi, il n’était pas difficile d’envisionner pourquoi les
industriels nazis furent troublés par “l’enquête” et pensèrent à la fin
de la guerre que leurs amis de Wall Street les sortiraient d’affaire et
les protégeraient de la fureur de ceux qu’ils avaient tant fait
souffrir. Ces attitudes furent présentées au comité Kilgore en 1946:

“Vous serez sûrement intéressé de savoir Mr le président, que les
top exécutifs d’IG Farben et autres, lorsque nous les avons questionné
sur ces activités, étaient parfois enclins à être indignés. Leur
attitude générale et leur attente étaient que la guerre était finie et
que nous devrions maintenant consacrer du temps et des efforts à les
aider à remettre sur pied IG Farben et le reste de l’industrie
allemande. Quelques uns d’entr’eux ont ouvertement dit que cet
intérogatoire et cette enquête étaient à leurs yeux, un simple phénomène
de courte durée, car dès que les choses se seront un peu décantées, ils
étaient en attente de voir leurs amis des Etats-Unis et d’Angleterre
venir les sortir de là. Leurs amis, disaient-ils, mettraient un terme à
ces enquêtes et veilleraient à ce qu’ils soient mieux traités et qu’une
assistance leur sera donnée pour ré-établir leur industrie.”


Chapitre 12

Conclusions

Nous avons démontré avec preuve documentée un certain nombre
d’associations critiques entre les banquiers internationaux de Wall
Street et la montée d’Hitler et du nazisme en Allemagne.

Premièrement: Que Wall Street a financé les cartels industriels
allemands dans les années 1920, ce qui en retour a amené Hitler au
pouvoir.

Deuxièmement: Que le financement d’Hitler et de ses voyous de rue SS
venait en partie de filiales et de succursales d’entreprises
Etats-Uniennes, incluant Henry Ford en 1922, les paiements par IG Farben
et General Electric en 1933, suivis par les paiements subsidiaires de
la Standard Oil du New Jersey et d’ITT à Heinrich Himmler jusqu’en 1944.

Troisièmement: Ques les multinationales américaines sous le contrôle
de Wall Street ont généreusement profitées du programme de construction
militaire d’Hitler pour l’Allemagne dans les années 1930 et ce jusqu’à
au moins 1942.

Quatrièmement: Que ces mêmes banquiers internationaux ont utilisé
leur influence politique aux Etats-Unis pour maquiller et cacher leur
collaboration de guerre et à cette fin, ont infliltré la commission de
contrôle américaine pour l’Allemagne.

Notre preuve pour ces quatre affirmations peut-être résumée comme suit:

Dand le chapitre 1 nous avons présenté la preuve que les plans Dawes
et Young pour les réparations de guerre allemandes avaient été formulés
par des gens de Wall Street, qui portaient temporairement une casquette
d’hommes d’état et que ces prêts ont généré une pluie de bénéfices pour
ces banquiers. Owen Young de la General Electric, Hjalmar Schacht, A.
Voegler et d’autres étaient intimement connectés avec l’accession
d’Hitler au pouvoir et tous avaient été précédemment des négociateurs
pour à la fois le côté américain et le côté allemand. Trois grosses
firmes de Wall Street: Dillon, Read; Harris & Forbes et la National
City Company, ont géré les trois-quarts des prêts aux Allemands pour
leurs réparations de guerre afin de créer le système de cartel allemand,
ceci incluant les très dominantes IG Farben et Vereinigte Stahlwerke,
qui ensemble ont produit 95% des substances explosives nazies pendant la
seconde guerre mondiale.

Le rôle central d’IG Farben dans le “coup d’état” d’Hitler fut
analysé dans le chapitre 2. Les directeurs d’IG Farben USA frent
identifiés comme étant d’importants hommes d’affaires américains: Walter
Teagle, un associé proche de FD Roosevelt et administrateur du NRA, le
banquier Paul Warburg (son frère Max étant à la tête d’IG Farben en
Allemagne..) et Edsel Ford. Farben contribua de 400 000 RM directement à
travers Schacht et Rudolf Hess pour l’utilisation dans les élections de
1933 et Farben a été subséquemment à la pointe de développement
militaire nazi [...]

[...] En fait presque tous les directeurs de la branche allemande de
la General Electric (AEG) étaient des soutiens inconditionnels d’Hitler,
soit directement par AEG, soit indirectement au travers d’autres
entreprises allemandes…

Nous avons aussi conclu que les usines d’AEG ont su échapper au bombardement des alliés par une manœuvre jusqu’ici inconnue.

Un examen du rôle de la Standard Oil du New Jersey (qui était
contrôlée par les intérêts des Rockefeller) fut entrepris dans le
chapitre 4. La Standard Oil n’a apparemment pas financé l’accession
d’Hitler au pouvoir en 1933 (cette partie du “mythe de Sidney Warburg”
n’a pas été prouvée). Mais d’un autre côté, des paiements furent faits
par la Standard Oil jusqu’à 1944, pour le développment de l’essence
synthétique à des fins de guerre au bénéfice des nazis et aussi au
travers de sa succursale, au cercle des amis d’Himmler pour des buts
politiques.

Le rôle de la Standard Oil fut aussi d’assistance technique pour le
développment nazi de caoutchouc et d’essence synthétiques au travers
d’une entreprise de recherche états-unienne qui était sous le contrôle
et la gestion de la Standard Oil: La Ethyl Gasoline Company, propriété
jointe de a Standard Oil du New Jersey et de General Motors; celle-ci
fut instrumentale pour procurer de l’éthyl de plomb si vital pour
l’Allemagne nazie et ce en faisant fi de la protestation écrite du
gouvernement des Etats-Unis par le biais de son ministère de la défense.
Ceci fut fait en toute connaissance de cause à savoir que l’éthyl de
plomb était pour des buts militaires nazis.

Dans le chapitre 5 nous avons démontré que l’International Telephone
and Telegraph Company (ITT), une des multinationales les plus célèbres,
travailla pour les deux côtés de la belligérence dans la seconde guerre
mondale au travers du Baron Kurt von Schröder, de la Schroder Banking
Group. ITT détenait également 28% des parts de la compagnie aéronautique
Focke-Wolfe, qui fabriquait d’excellents avions de combat pour
l’Allemagne. Nous avons égalemement exposé l’implication de Texaco
(Texas Oil Company) dans les aventures nazies par l’avocat allemand
Westrick, mais la compagnie licencia son directeur du conseil
d’administration quand ces aventures furent officiellement révélées.

Henry Ford fut un soutien d’Hitler de la première heure (dès 1922) et
Edsel Ford continua la tradition familiale en 1942 en encourageant la
filiale française de Ford à faire des affaires et bénéfices en armant la
Wehrmacht allemande. Subséquemment, ces véhicules produits par Ford en
France furent utilisés contre des soldats américains lorsqu’ils
débarquèrent en 1944. Pour sa reconnaissance de la première heure et son
assistance indéfectible aux nazis, Henry Ford reçu une décoration nazie
en 1938.

Le chapitre 7 a repondu à la question de savoir qui a financé Adolf
Hitler ? Ce chapitre accuse Wall Street et incidemment personne d’autre
de conséquence aux Etats-Unis si ce n’est la famille Ford. La famille
Ford n’est nornalement pas associée avec Wall Street mais fait
certainement partie de “l’élite du pouvoir” américaine [...]

[...] Dans le chapitre 10 nous avons révisé un livre publié en 1933
et censuré en 1934 et le “mythe de Sidney Warburg”. Le livre censuré
accusa les Rockefeller, les Warburg et les compagnies pétrolières
majeures d’avoir financé Hitler[...]

[...] Finalement dans le chapitre 11, nous avons examiné les rôles
des banques Morgan et Chase dans la seconde guerre mondiale,
spécifiquement leur collaboration avec les nazis en France alors qu’un
guerre majeur faisait rage.

En d’autres termes, à l’instar de nos deux examens précédents sur les
liens entre les banquiers internationaux de New York et des évènements
historiques majeurs (NdT: Sutton parle ici de ses deux
ouvrages sur Wall Street et la révolution russe et Wall Street et FD
Roosevelt), nous trouvons un schéma concordant et une manipulation
politique.

L’influence envahissante des banquiers internationaux

Après avoir observé et analysé un très large spectre de faits
historiques présentées dans les trois volumes de la série sur Wall
Street, nous retrouvons avec insistance les mêmes noms qui reviennent
sans cesse: Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch,
etc… De même pour les banquiers internationaux: JP Morgan, Guaranty
Trust, Chase Bank (Rockefeller) et toujours la même adresse: 120
Broadway, New York.

Ce groupe de banquiers internationaux a soutenu la révolution
bolchévique en 1917 et ont subséquemment fait beaucoup de bénéfices sur
l’établissement de la Russie soviétique. Ce même groupe a soutenu
Roosevelt et a grandement profité du socialisme du New Deal. Ce groupe a
aussi soutenu Hitler et a certainement profité du réarmement de
l’Allemagne dans les années 1930. Quand le monde du gros business aurait
dû s’occuper de gérer ses affaires qui à Ford Motors, qui à la Standard
Oil dans le New Jersey etc… nous trouvons ce monde du gros business
impliqué dans des arrangements politiques, une guerre et des révolutions
dans trois pays importants.

La version historique présentée ici est celle qui dit que l’élite
financière a assisté en toute connaissance de cause et avec
préméditation, la révolution bolchévique de 1917, de concert avec les
banquiers allemands.

Après avoir dégagé de gros bénéfices de la détresse
hyper-inflationiste allemande de 1923 et avoir planifié de placer la
lourde charge des réparations de l’Allemagne sur le dos des
investisseurs américains, Wall Street réalisa qu’elle avait amené la
crise financière de 1929.

Deux hommes furent alors soutenus comme les leaders des pays
occidentaux d’importance: Franklin Delano Roosevelt aux Etats-Unis et
Adolf Hitler en Allemagne. La “nouvelle donne” de Roosevelt et le plan
quadriénal d’Hitler avaient de très grandes similarités. Les plans de
Roosevelt et d’Hitler étaient des plans faits pour une prise en main
fasciste de leur pays respectif. Alors uqe le NRA de Roosevelt fut un
échec à cause des restrictions constitutionnelles valides, le plan
d’Hitler fut un succès [...]

[...] Le 1er Mai 1918, alors que les Bolchéviques ne contrôlaient
qu’une petite partie de la Russie (et furent même bien près de perdre
cette petite fraction à l’été 1918), l’Americain League to Aid and
Cooperate with Russia fut créée à Washington DC afin de soutenir les
Bolchéviques. Ceci n’était pas un type de comité du style “enlevez vos
sales pattes de la Russie” formé par le parti communiste américain ou
ses alliés, non… C’était un comité créé par Wall Street avec P. Whalen
de la Vacuum Oil Company (Rockefeller) comme trésorier et Coffin et
Oudin de la General Electric, avec aussi Thompson du système de la
réserve fédérale, Willard de la compagnie de chemins de fer Baltimore
& Ohio et d’autres socialistes associés.

Quand nous analysons ls montée d’Hitler et du nazisme, nous trouvons
également la Vacuum Oil et la General Electric en grande représentation.
L’ambassadeur américain en Allemagne Dodd était stupéfait de la
contribution financière et technique de la société Vacuum Oil contrôlée
par les Rockefeller au développement des usines de production d’essence
pour l’armée allemande. L’ambassadeur essaya de prevenir Roosevelt, car
il croyait dans sa grande naïveté sur les affaires du monde que
Roosevelt interviendrait, mais Roosevelt lui-même était soutenu par ces
mêmes intérêts pétroliers et Walter Teagle de la Standard Oil du New
Jersey et du NRA était également au comité directeur de la fondation
Roosevelt Warm Springs; ainsi dans un des nombreux exemples possibles,
nous trouvons la compagine des Rockefeller Vacuum Oil assistant de
manière importante à la création et au développement de la Russie
bolchévique, de la montée en puissance de l’Allemagne nazie et en même
temps soutenant également le New Deal de Roosevelt.

Les Etats-Unis sont-ils dirigés par une élite dictatoriale ?

Dans cette dernière décennie, certainement d epuis le début des
années 1960, il y a eu une parution d’un flot incessant d’informations
qui présente la thèse que les Etats-Unis sont dirigés par une élite
non-élue qui se perpétue elle-même [...]

[...] Une source substantielle d’information très souvent citée est Carroll Quigley,
professeur de relations internationales à l’université de Georgetown,
qui publia en 1966 un livre d’histoire monumental intitulé “Tragedy and Hope”.
Le livre de Quigley se démarque des autres ouvrages révisionistes par
le fait qu’il est basé sur une recherche de deux ans sur les documents
internes d’un des centres du pouvoir. Quigley retrace l’histoire de
l’élite du pouvoir:

“…La puissance du capitalisme financier a eu un autre but aux
ramifications tentaculaires, qui n’est rien d’autre que la création d’un
système mondial de contrôle financier dans des mains privées et capable
de dominer le système politique de chaque pays et l’économie du monde
dans son entièreté.”

Quigley démontre également que le Council on Foreign Relations (CFR),
la National Planning Association et d’autres groupes sont des corps de
fabrication politique “semi-secrets” sous le contrôle de l’élite du
pouvoir… Quigley va loin dans la fourniture de la preuve de l’existence
de cette élite du pouvoir, mais ne pénètre pas dans le monde
opérationnel de cette élite [...]

[...] Il est intéressant de noter que les documents utilisés par
moi-même proviennent de sources gouvernementales, des archives au jour
le jour des actions de Trotski, Lénine, Roosevelt, Hitler, JP Morgan et
des multiples banques et firmes impliquées.

D’un autre côté des auteurs comme Jules Archer, Gary Allen, Helen P.
Lasell et William Domhoff ont écrit de différents points de vue
politiques et sont tous consistant avec l’évidence de l’implication de
Wall Street. Ces écrivains présentent tous l’hypothèse d’une élite au
pouvoir manipulant le gouvernement américain. Ma trilogie sur “Wall
Street” démontre comment cette hypothétique élite du pouvoir a manipulé
des évènements historiques très spécifiques.

De manière évidente l’exercice de ce type de pouvoir sans limite et
supra-légal est inconstitutionnel, même s’il est enrobé dans des actions
qui semblent être légales. Nous pouvons donc poser la question de
l’existence même d’une force subversive visant à enlever la garantie des
droits constitutionnels (NdT: ce livre fut écrit en
1977, regardons où en est l’Amérique aujourd’hui et surtout depuis le 11
Septembre 2001 qui a vu l’avènement du Patriot Act pour l’augmentation
de la “sécurité” des Etats-Unis au détriment des libertés individuelles
et du droit constitutionnel. Tous les évènements de ces trente dernières
années ne tendent qu’à confirmer et non pas infirmer les recherches des
professeurs Quigley et Sutton ainsi que de gens comme Gary Allen, dont
nous avons du reste traduit et publié ici même de larges extraits de son
“Dossier Rockefeller”...).

L’élite new-yorkaise comme force subversive

L’histoire du XXème siècle, telle qu’elle est enregistrée et
divulguée dans les journaux et les livres d’histoire de l’establishment,
est incorrecte. C’est une narration de l’histoire qui n’est basée
exclusivement que sur des documents officiels dont les différentes
administrations ont jugé bon de divulguer au public. Mais un narratif
juste de l’histoire ne peut pas être basé sur l’accès partiel et
sélectif de documents d’archives. Une justesse demanderait un accès à
TOUS les documents. Dans la pratique, alors que nous commençons à avoir
accès à des documents qui étaient classifiés “confidentiel ou secret”,
provenant des archives du ministère des affaires étrangères américain,
du Royaume-Uni et d’Allemagne, une nouvelle version de l’histoire a
émergée, une version qui nous donne la vision officielle de
l’establishment comme n’étant pas uniquement fausse, mais de fait
fabriquée pour cacher un dogme pénétrant du mensonge et de la conduite
immorale [...]

[...] Avec cette trilogie (NdT: “Wall Street and the Bolshevik Revolution”, “Wall Street and FDR” et “Wall Street and the Rise of Hitler”),
nous avons identifié le siège réel du pouvoir politique aux Etats-Unis
pour trois évènements historiques majeurs, le pouvoir de derrière le
rideau, l’influence cachée sur Washington, comme celui de la finance de
New York: les banquiers privés internationaux, et plus spécifiquement
les maisons financières de JP Morgan et la Chase Manhattan Bank que
Rockefeller contrôle et à l’époque d’avant la fusion de la Manhattan
Bank avec l’ancienne Chase Bank, la famille Warburg.

Les Etats-Unis et ce malgré sa constitution et ses restrictions supposées qu’elle implique, devient un état quasi totalitaire.

Alors que nous n’avons pas (encore) les pièges inhérents à la
dictature, les camps de concentration et la frappe à notre porte sur le
coup de minuit, nous avons néanmoins des menaces et des actions qui
ciblent la survie même des critiques, l’utilisation de l’Internal
Revenue Service (NdT: L’IRS aux USA est le fisc) pour
ramener les dissidents dans la droite ligne de conduite et la
manipulation de la constitution par un système judiciaire qui est
politiquement soumis à l’establishment.

Il est de l’intérêt pécunier des banquiers internationaux de
centraliser le pouvoir politque et cette centralisation ne peut-être le
mieux achevée que dans une société collectiviste, comme la Russie
soviétique, l’Allemagne national-socialiste ou la société socialiste
Fabian des Etats-Unis.

Il ne peut pas y avoir de compréhension et d’apréciation complètes de
la politique américaine et de sa politique étrangère du XXème siècle,
sans vraiment comprendre que l’élite financière monopilise de manière
très effective la politique de Washington.

Cas par cas, jour après jour, de la nouvelle documentation
consultable implique l’élite et confirme cette hypothèse. Les versions
révisionistes de l’entrée des Etats-Unis dans la première et la seconde
guerres mondiales, en Corée et au Vietnam, révèlent l’influence et les
objectifs de cette élite.

Pour la plus grande part du XXeme siècle, le système de la réserve
fédérale et tout particulièrement la banque de la réserve fédérale de
New York (qui échappe à la juridiction du congrès, qui n’a pas été
contrôlée et qui a le pouvoir d’imprimer l’argent et de créer le crédit à
volonté) a exercé un monopole virtuel sur toute l’économie américaine.
Dans les relations internationales et la politique étrangère, le CFR,
qui est supposé être superficiellement un forum tout à fait innocent
d’intellectuels, d’hommes d’affaires et de politiciens, contient en son
sein même, peut-être même de manière inconnue de la plupart de ses
membres, un centre de pouvoir qui détermine de manière unilatérale la
politique étrangère des Etats-Unis. L’objectif principal de cette
politique étrangère submergée, mais très subversive, est l’acquisition
de marchés et de puissance économique (bénéfices en d’autres termes),
pour un petit groupe de mega-multinationales sous le contrôle virtuel de
quelques maisons financières et banques d’investissement et les
familles qui les contrôlent.

Par le truchement de fondations contrôlées par cette élite, la
recherche en tout domaine faite par des universitaires obédients et
veûles, qu’ils soient “conservateurs” ou “libéraux”, a été dirigée et
contrôlée par une canalisation utile aux objectifs de l’élite
essentiellement pour maintenir cet appareil de pouvoir subversif et
anticonstitutionnel.

Par les maisons d’édition contrôlées par cette même élite financière,
les ouvrages indésirables ont été écrasés et éliminés et ceux qui lui
sont utiles promus… Par le contrôle d’une douzaine environ de journaux
importants, gérés par des rédacteurs en chef qui pensent tous la même
chose, l’information divulguée au public peut presqu’être contrôlée à
volonté. Hier le programme spatial, aujourd’hui la crise énergétique ou
une campagne pour l’écologie et demain une guerre au Moyen-Orient ou
toute autre “crise” fabriquée.

Le résultat absolu de la manipulation de la société par l’élite de
l’establishment a été quatre guerres majeures en soixante ans, une dette
nationale handicapante, un abandon de la constitution, la suppression
de la liberté et de l’opportunité et la création d’un vaste gouffre de
crédibilité entre l’homme de la rue et Washington DC. Le tout pendant
que l’outil futile des deux partis politiques majeurs trompettent leurs
différences artificielles dans un cirque de réunions électorales et que
le cliché de la “politique étrangère bipartisane” n’est plus du tout
crédible, l’élite financière reconnaît elle-même que sa politique manque
de reconnaissance publique, il est de plus en plus évident que tout
cela est préparé pour continuer sans même avoir le soutien de l’opinion
publique.

En bref, nous devons maintenant considérer et débattre pour savoir si
cette élite basée à New York est une force subversive opérant avec
délibération et connaissance de cause pour supprimer à terme, la
constitution et la société libre. Ceci sera la tâche de la prochaine
décennie.

La vérité révisioniste émerge lentement

L’arène de ce débat et la base de nos accusations de subversion est
la zone d’évidence donnée par l’historien révisioniste. Doucement, au
travers des décennies, livre par livre, presque ligne par ligne, la
vérité sur les évènements historiques récents a émergé au fur et à
mesure que des documents sont accessibles, sondés, analysés et mis dans
une meilleure perspective, plus valide, du cadre historique.

Considérons deux exemples historiques. L’entrée dans la seconde
guerre mondiale des Etats-Unis, a été supposément précipitée, d’après la
version de l’establishment, par l’attaque des Japonais sur la base
navale de Pearl Habor. Depuis, des historiens révisionistes ont
fermement établi que Franklin D. Roosevelt et le général Marshall
avaient connaissance de l’imminente attaque japonaise et ne firent
absolument rien pour en avertir les autorités militaires de la base de
Pearl Harbor. L’establishment voulait la guerre avec le Japon.
Subséquemment, le pouvoir fît egalement en sorte que l’enquête du
congrès sur les évènements de Pearl Harbor soit en accord avec la ligne
de Roosevelt. Des mots de Percy Greaves, chercheur expert en chef de la
minorité républicaine du comité joint du congrès pour l’enquête sur
Pearl Harbor:

“Les faits dans leur entièreté ne seront jamais connus. La plupart de
la soi-disant enquête n’a été que la tentative de supprimer, de
dérouter et de brouiller ceux qui recherchaient la vérité. Du début à la
fin, des faits et des dossiers ont été éludés afin de ne révéler que
les pièces d’information qui sont au bénéfice de l’administration étant
sujette à l’enquête. Ceux qui cherchent la vérité s’entendent dire que
d’autres faits et documents ne peuvent pas être révélés parce qu’ils
sont imbriqués dans des journaux et des notes personnelles, relatent de
nos relations avec d’autres pays ou ne contiennent soi-disant aucune
information de valeur.”

Ceci ne fut pas la première fois qu’on tentait d’amener les
Etats-Unis en guerre, et ce ne fut pas la dernière. Les intérêts de la
famille Morgan, de concert avec Winston Churchill, ont essayé de faire
entrer les Etats-Unis dans la première guerre mondiale aussi tôt qu’en
1915 et ne furent couronnés de succès qu’en 1917. L’ouvrage de Colin
Thompson “Lusithania” implique le président Woodrow Wilson dans
le torpillage du Lusithania, un moyen horrible pour forcer la main de
l’opinion publique à supporter une entrée en guerre des Etats-Unis
contre l’Allemagne. Thompson démontre dans son livre que le président
Wilson savait bien longtemps à l’avance que le Lusithania transportait
six millions de cartouches plus des explosifs et ainsi savait que “les
passagers qui acceptèrent de naviguer sur ce vaisseau le faisaient en
violation des statuts de cette nation.”

La commission d’enquête britannique sous les auspices de Lord Mersey
fut “instruite” par le gouvernement britannique “qu’il était considéré
comme politiquement correct que de déclarer le capitaine du Lusithania
Turner, comme étant le responsable principal de ce désastre.”

Rétrospectivement, et au vu des preuves apportées par Colin Thompson,
le blâme de la tragédie devrait plus logiquement être imputé au
président Wilson, au “colonel “ House, à JP Morgan et à Winston
Churchill; ceete élite conspiratrice aurait dû être trainée devant les
tribuanux pour négligence volontaire, si pas haute trahison. Il est à
mettre à l’éternel crédit de Lord Mersey, qu’après avoir “rempli son
devoir” sous les instructions du gouvernement de sa majesté et donc
placé la responsabilité sur le capitaine Turner, il démissionna, refusa
son salaire et à cette date, refusa d’être nommé dans les commissions
d’enquête du gouvernment britannique. A ses amis, Lord Mersey ne dira du
Lusithania que “ce fut une sale affaire”. (NdT: “dirty business” en
anglais).

Puis en 1933-4 vint la tentative faite par la firme de JP Morgan
d’installer une dictature fasciste aux Etats-Unis. Des propres mots de
Jules Archer, cela était planifié à la manière d’un putsch fasciste pour
prendre le pouvoir et le “contrôler par le moyen d’un dictateur pour
les bénéfices des banquiers et des industriels américains”. Une fois de
plus, une seule personne courageuse émergea. Le général Smedley
Darlington “Butch” Butler, qui donna l’alerte sur la conspiration de
Wall Street; et une fois de plus le congrès, surtout les députés
Dickstein et MacCormack, se distingua par sa couardise en refusant une
enquête appronfondie et ne conduisit une enquête que pour blanchir les
intéressés.

Depuis la seconde guerre mondiale, nous avons vu la guerre de Corée,
la guerre du Vietnam, des guerres qui ont coûtées beaucoup d’argent et
de vies humaines et qui n’avaient aucun autre but majeur que de générer
des contrats de multi-milliards de dollars en armement. Ces guerres
n’ont certainement pas été faites pour contenir le communisme, car
depuis plus de 50 ans, l’establishment a pomponné et sponsorisé l’URSS
qui suppléa l’armement à toutes les oppositions dans ces deux guerres de
Corée et du Vietnam. Ainsi notre histoire révisioniste prouvera que les
Etats-Unis ont armé directement ou indirectement les deux côtés de la
belligérence d’au moins la guerre de Corée et celle du Vietnam [...]

[...] Ce que l’histoire révisioniste nous apprend réellement est que
notre volonté en tant que citoyens individuels à abandonner le pouvoir
politique à une élite a coûté au monde environ 200 millions de vies
humaines entre 1820 et 1975. Ajoutons à cela la misère non-dite des
camps de concentration, des prisonniers politiques, de la suppression et
de l’oppression de ceux qui essaient d’amener la vérité au grand jour.

Quand cela s’arrêtera t’il ? Cela ne s’arrêtera pas tant que nous
n’agissons pas selon un axiome très simple: que le système du pouvoir ne
continue que tant que les individus veulent qu’il continue et cela
continuera seulement tant que les individus essaient d’avoir quelque
chose pour rien. Le jour où une majorité d’individus déclarera ou agira
comme s’ils ne voulaient rien du gouvernement, déclarera qu’elle
s’occupera elle-même de ses intérêts et de son bien-être, alors ce jour
là les élites du pouvoir seront finies. La tentation attractive “d’aller
avec ces élites du pouvoir” est l’attraction vers le quelque chose pour
le rien. C’est l’appât. L’establishment offre toujours quelque chose
pour le rien: mais ce quelque chose est toujours pris à quelqu’un
d’autre, soit comme impôt, taxe ou pillage et donner quelque part
d’autre en échange de soutien politique.

Les crises et guerres périodiques sont utilisées pour obtenir un
soutien pour des autres cycles de pillage-récompense, ce qui a pour
effet de resserer le nœud coulant autour du cou des libertés
individuelles. Bien sûr nous avons également les hordes d’éponges
intellectuelles, d’hommes d’affaire amoraux et de profiteurs, pour agir
comme les récipients non productifs du pillage.

Arrêtons le cycle du pillage et de la récompense immorale et les
structures élitistes s’effondreront. Mais pas avant qu’une majorité ne
trouve le courage moral et la force intérieure de rejeter ce jeu truqué
du quelque chose pour rien et de le remplacer par des associations
volontaires, des communes volontaires ou des réglementations locales et
des sociétés décentralisées, pour que cesse enfin le meurtre et le
pillage.

FIN


http://resistance71.wordpress.com/2011/11/10/au-coeur-du-nouvel-ordre-mondial-wall-street-et-la-montee-en-puissance-dhitler-professeur-antony-sutton-4eme-et-derniere-partie/
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MessageSujet: Re: Sutton sur Wall Street, Hitler et la Révolution bolchevik en français   27/7/2012, 22:18

En complément de ces deux ouvrages : si un livre peut éclairer lumineusement ces deux livres d'Antony Sutton et ces deux périodes clés de l'histoire que sont la Révolution bolchevique et la Seconde Guerre Mondiale,c'est bien "Le Complot mondial mythe ou réalité" publié aux éditions LIESI,livre qui contient,en plus d'annexes très intéressantes,l'interrogatoire du haut initié juif-maçon Christian G.Rakowski à un agent soviétique lors de sa capture :

Citation :




Le contenu de cet interrogatoire prouve que la pérestroika
est une stratégie du KGB, au service d’un pouvoir supérieur. A partir
de sa lecture, bien des événements futurs pourront être appréhendés…

L'interrogatoire de Rakovski n'est pas un simple syllogisme, mais
l'étalage complet de l'Histoire pré-établie : ce que sera la Deuxième
Guerre mondiale, ainsi que l'explication et l'application de la doctrine
communiste avant et après la victoire de Staline. Plus encore, il déborde sur un futur qui semble bien proche de nous depuis les attentats du 11 septembre 2001 : la mise en oeuvre d’une Troisième Guerre mondiale !

Si Rakovski n’était pas un membre du « Comité X » il fut probablement très proche du sommet ! Cet interrogatoire est assurément un document d’Histoire exceptionnel. Il atteste ce que confiait un initié tel que Balzac : "Il
y a deux Histoires : l'Histoire officielle, mensongère, qui nous est
enseignée, et l'Histoire secrète où se trouvent les vraies causes des
événements, une Histoire honteuse"
.

Sa lecture éclairera lumineusement le jeu de dupe dans lequel tout le
monde est quasiment tombé, depuis la création de la révolution russe de
1917 : à savoir, que les Etats-Unis et la Russie ne sont pas
sous le contrôle de deux blocs de commandement distincts et opposés,
mais, en réalité, ils sont sous la coupe d’un POUVOIR SUPERIEUR
qui va maintenant organiser ‘sa’ Troisième Guerre mondiale… le « Comité X ».



Enfin, cet ouvrage prouve qu’un COMPLOT existe réellement : il le
prouve à partir de documents implacables. C’est une arme de combat, même
si, et nous le regrettons, sa diffusion reste limitée, car les hommes
de ce temps préfèrent le mensonge à la vérité. Et pourtant, ce que
confiait le haut initié Lénine à Bakou, en 1919, va bientôt se réaliser…
« la crise économique et la crise sociale… telle que l’Europe tombera comme un fruit mûr. »
Le leurre de la pérestroika touche à son terme et les réseaux dormants
trotskistes ne vont pas tarder à réaliser les deux dernières étapes du
plan soufflé à Lénine… Ceux qui savent décortiquer les informations ont
déjà remarqué une vive inquiétude de la part de certains gouvernements
européens. Cet ouvrage, peu volumineux, est une CLE explosive dans la
lecture de l’actualité de demain.

L’interrogatoire de RAKOVSKI est suivi de plusieurs annexes très documentées :

- Les Financiers de la Révolution Mondiale. - Qui se cache derrière l’idéologie révolutionnaire ?

- L’objectif final de la Révolution Mondiale. - Qui est à la tête du Pouvoir Occulte ?… le « COMITE X ».

A l’heure où l’on ironise sur l’existence d’un COMPLOT, cet
ouvrage prouve sa réalité au moyen de documents trop peu connus et
perspicaces


http://www.liesi-delacroix.com/vers-une-troisieme-guerre-mondiale/30-le-complot-mondial-mythe-ou-realite-.html

L'interrogatoire de Rakowski (tirée du livre "La symphonie rouge") est également disponible en pdf ici :

http://www.histoireebook.com/index.php?q=symphonie+rouge
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